AU 32 RUE CLEMENCEAU

Actuellement : Maison d’habitation

Jusqu’en 1950          Mme Simon : Bar tabac – confiserie

Tous les enfants connaissaient Mme Simon, qu’ils appelaient familièrement Fifine ; elle acceptait de vendre des bonbons au détail. Colette Martin se souvient que sa tante lui donnait le dimanche deux petites pièces pour mettre à la quête. Avant d’assister à la messe, elle se rendait à la boutique où avec l’une des pièces elle s’achetait des bonbons.

Mme Simon cèdera son commerce quelques années à M Guillot avant de le reprendre en 1959.

De1950 à 1959               Monsieur Louis GUILLOT : Bar- tabac

M. Guillot a eu l’autorisation d’ouvrir un bureau de tabac (c’était très réglementé).

A la Foire exposition de Saint-Brieuc, 1955.
De dte à gche: Louis Guillot et ses amis Ange et Maria Lemaitre ainsi que leur petite fille Liliane.

Le bureau de tabac Louis Guillot

Avant de porter le nom solennel de Jubilé, la recette buraliste, petite et sombre ne me semblait pas d’un grand intérêt. Les messieurs enfouissaient leur bien dans leurs vastes poches et repartaient avec leur précieux étui cartonné de gitanes bleues ou leur paquet de gris pour nourrir leur pipe culottée ou tout simplement « s’en rouler une ».

 Jamais je n’aurais remarqué la vitrine si elle n’avait contenu en son mitant un énorme – enfin, je le voyais ainsi – distributeur vitré de boules multicolores de chewing-gum. Une merveille, une fontaine de jouvence d’où s’écoulaient d’interminables chapelets de délicieuses, odorantes et fondantes friandises.

  Louis était un grand ami de la famille et il n’hésitait pas pour me faire plaisir à m’offrir l’une ou l’autre de ces billes savoureuses dont j’étais très friande et qu’il désignait précieusement par l’appellation : « chewing-goum ».

 Quelques clientes fréquentaient aussi la recette mais, à l’époque, c’était surtout pour dépanner leur mari et lui éviter un insupportable sevrage qui l’aurait fait enrager. Ainsi, la cigarette au coin de la lèvre, pouvait-il vaquer tranquillement à ses occupations, relever ses filets ou réparer la mécanique défectueuse…

 Mon père était naturellement un grand client de Louis et lorsque je voulais lui offrir un petit cadeau, je savais qu’il apprécierait ses cigarettes favorites. Je lui avais offert plusieurs pipes et même une magnifique blague à tabac, caoutchoutée dont les plis se refermaient joliment en forme de corolle.

  Pourtant, Louis n’avait pas toujours le cœur gai. Il s’ennuyait ferme et vivait difficilement sa vie de célibataire. C’était un ami précieux, au grand cœur qui ne savait quoi inventer pour nous faire plaisir. Presque tous les soirs, il venait pousser visite à la famille pour égayer ses moments de solitude. On entendait la porte d’entrée, doucement s’ouvrir, puis celle de la cuisine laissait passer une tête un peu embarrassée qu’il excusait de sa voix traînante, par son petit compliment habituel :

« Ah ! J’étais venu vous dire bonsoir… je ne vais pas rester longtemps… Je ne voudrais pas vous déranger… »

  Deux heures plus tard, Louis était toujours là, dans la bonne humeur et tous étaient heureux de le voir. Il partageait secrets et confidences avec mes parents.  On emmenait Louis au cirque, au cinéma et même à la foire exposition de Saint Brieuc.

   A la foire, il avait tenu à faire un petit cadeau à la plus jeune et il était revenu avec un baigneur noir en celluloïd, dans les bras. Tu l’appelleras Bamboula, c’est un nom bien de là-bas ! C’était effectivement le plus beau bébé noir que je serrais contre moi et naturellement, je demandai à ma mère de lui faire un habit… le jaune serait du plus bel effet !

  Un soir, Louis nous invita à souper. On entendait chanter les couvercles des casseroles sur la gazinière.

« Ah ! Vous allez vous régaler s’exclama le chef cuistot, la mine réjouie. Je vous ai préparé… des tripes ! »

 Je me sentis alors défaillir. Ma mine horrifiée ne trompa pas Louis qui comprit tout de suite la disgrâce jetée sur son plat par la gamine !

  Bon enfant, comme de coutume, il me consola rapidement :

 « Ce n’est pas grave si elle n’aime pas ça ! Elle va manger du chewing-goum » !

Liliane Lemaître

A partir de 1959     :    Bar-Confiserie repris par Mme Simon

Ensuite,  M. et Mme Hellequin : Tapissier, Réfection de matelas

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