Le Professeur Lucien Daniel (1848-1940)

        Une petite chapelle néo-gothique, située à l’angle sud-ouest du cimetière d’Erquy, abrite les restes du Professeur Lucien Daniel. Mayennais par ses origines, Rennais par sa profession, il était depuis plus de quarante ans devenu Réginéen de coeur.

        Issu d’une famille d’agriculteurs de la Dorée, en Mayenne, Lucien Daniel suit une longue et sinueuse carrière d’instituteur, de répétiteur, de professeur de sciences physiques, en même temps qu’il gravit les échelons universitaires jusqu’au doctorat ès-sciences naturelles. Il occupera pour finir la chaire de Botanique appliquée à la Faculté des Sciences de Rennes. Les travaux qu’il poursuit parallèlement sur la greffe de la vigne et les différents procédés pour la mettre en oeuvre sans dénaturer le vin, le placent au centre d’une ardente polémique lors de la grave crise viticole du début du 20ème siècle.

        S’il mène l’essentiel de ses expériences dans les jardins de la Faculté, il en conduit aussi à Erquy, où il passe les beaux jours dans sa villa Les Tamaris, située au Rond-Point (actuel carrefour des rues Foch et de Gaulle).

        Dans le Pré à Lucas [1], qui s’étend alors sous ses fenêtres, il se livre, avec plus ou moins de bonheur, à de multiples expériences, dont il tirera un recueil intitulé La Flore d’Erquy (1912).  Mais l’une des nécrologies [2] qui lui sont consacrées rapporte, non sans une certaine cruauté, l’expérience ratée par laquelle, en transportant des plants d’asphodèles de Rennes à Erquy, il prétendait montrer l’influence du climat marin sur l’évolution d’une plante; mais la hâte et un certain défaut de rigueur dans l’expérimentation l’avaient conduit à des conclusions erronées qui sont aussitôt vivement contestées par la communauté scientifique.

         Il s’attache aussi à acclimater des plants de vigne (de l’espèce Baco) sur certaines pièces de terre d’Erquy, à la Brèche des Rues [3]  et à la Ville-Bourse. François Ruellan, dans son ouvrage, Erquy, se rappelle non seulement avoir vu ces vignes, mais avoir goûté l’excellent vin qu’en avait tiré M. Guinard. Et le peintre Lucien Callé (1909-1988), familier d’Erquy, a gardé, le souvenir de la vigne de la Ville-Bourse dans une huile de jolie facture.

          Nul doute, donc, que le professeur Daniel se serait réjoui de lire le très récent article d’Ouest-France [4]consacré à la filière viticole bretonne dont, voici un siècle, Erquy hébergeait les premiers balbutiements !…

Le Professeur Daniel devant Les Tamaris

Christian Frémont & Bernard Besnier


[1] Le Pré Lucas se trouvait là où se sont par la suite élevés le cinéma L’Eden et le Garage Clérivet, remplacés depuis par la Villa Marine.

[2] Dans le Journal d’Agriculture et de Botanique appliquée, 1941.

[3] C’est dans ce secteur d’Erquy sur les coteaux de Tu-ès-Roc que fut baptisée une « rue du Professeur Daniel ».

[4] 0uest-France, 20-21 novembre 2021.

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