Les témoignages

1903 – Erquy dans Le Journal de Pléneuf et ses Environs

(source : Archives Départementales des Côtes d’Armor)

N° 1 – dimanche 25 janvier 1903
Le naufrage de la ‘Fleur-de-Marie’
Le 9 janvier 1899, vers huit heures du matin, Joseph Le Can, âgé de 29 ans, et son frère Francisque, âgé de 36 ans, ainsi que les deux frères Rollier, Pierre et Auguste, ce dernier seulement âgé de 21 ans, tous d’Erquy, prenaient la mer sur la Fleur-de-Marie, pour aller à la pêche du congre, près du rocher le « Gros Blanc », à la pointe d’Erquy, le temps était couvert, la brise très forte ; au moment où ils relevaient leurs filets, la mer devint houleuse et le bateau sombra, les malheureux pêcheurs ne revinrent pas. Leurs cadavres ne furent pas retrouvés.
Le Tribunal de Saint-Brieuc vient de constater judiciairement le décès de l’équipage.

N° 6 – dimanche 8 février 1903
Voleurs de poules
Mme Juvaux, aubergiste au bourg d’Erquy, a été victime d’un voleur, qui s’est introduit la nuit dans sa cour, et s’est emparé de 6 poules, dont 3 entièrement noires et trois autres noires également mais avec quelques plumes blanches.
La gendarmerie de Pléneuf, prévenue, a fait une enquête et procédé à des perquisitions, mais sans résultat.

Terrible chute du haut de la falaise sur la grève de Nantois – 9 mètres de hauteur
Le jeune Pierre Gautier, âgé de 11 ans, écolier, demeurant à La Ville-Pichard, en Pléneuf, a fait une chute du haut de la falaise sur la grève de Nantois, dans les circonstances suivantes :
Dimanche dernier, vers 2 heures du soir, Pierre Gautier partit à la rencontre de son oncle et de sa tante, les époux Eveillard, qui étaient allés se promener au village des Hôpitaux, en Erquy.
N’ayant pu les rencontrer, il alla jusque chez la mère de la femme Eveillard, qui voulut le garder chez elle pour y passer la nuit, mais le jeune Gautier, qui n’avait pas prévenu ses parents, se remit en route. Il longeait le sentier des douaniers lorsque l’obscurité le surprit, la pluie tombait à torrents, et l’orage grondait, aveuglé par un éclair, ne retrouvant plus sa route, Pierre Gautier trébucha et tomba du haut de la falaise sur la grève. Il perdit connaissance et ne retrouva ses sens que le lendemain matin.
Malgré une terrible blessure qui laissait à nu l’os frontal, tout couvert de sang, pieds nus, la main gauche gravement blessée, le courageux enfant reprit le chemin de sa demeure, où il arriva vers sept heures du matin.
Les siens qui avaient passé la nuit dans une attente mortelle, s’empressèrent de faire prévenir M. le Docteur Jones, qui a dû recoudre les chairs du front. Bien que le petit blessé soit atteint de fièvre, le docteur espère que cette terrible chute n’aura pas de suites graves.
Pierre Gautier était d’abord tombé sur la tête d’une hauteur de 2,50 mètres dans une petite excavation où l’argile de la falaise porte une trace significative, de là il a roulé sur un trajet de plus de 6 mètres sur la grève, où son béret et ses sabots ont été retrouvés par M. Louis Eveillard, son oncle.
C’est vraiment miracle que le pauvre petit ne se soit pas tué dans cette chute.

N° 7 – dimanche 15 février 1903
Voleur de bois
Mme veuve Diveu, demeurant au bourg d’Erquy, constatait depuis quelque temps que son tas de bois diminuait dans des conditions anormales et elle se décida à prévenir les gendarmes.
Des traces visibles de pas conduisant à la demeure de Pierre P., aubergiste à Erquy, une perquisition fut faite chez ce dernier et amena la découverte du bois volé.
Malgré cette preuve indiscutable, P. voulut nier, mais il finit par avouer.
Sa réputation est mauvaise. Il est craint de tous ses voisins qui le soupçonnent de bien d’autres méfaits, mais n’osent pas le dénoncer.
Une étape qu’il a déjà faite à la prison de Dinan, n’a pu le corriger de ses habitudes de rapines.
Le bois volé ayant été rendu, P. a seulement été condamné à un mois de prison, jeudi dernier, par le Tribunal correctionnel de Saint-Brieuc.

N° 8 – dimanche 22 février 1903
Destruction des petits oiseaux
Deux jeunes gens du bourg d’Erquy qui se livraient au plaisir de la chasse, à l’aide de lance-pierres, au village de La Jeannette, se sont laissés pincer par les gendarmes qui leur ont dressé procès-verbal.

N° 10 – dimanche 8 mars 1903
Erquy
M. Gorvel Victor, notaire à Erquy, est appelé à siéger comme juré pour la session des Assisses qui doit s’ouvrir le 1er avril prochain, à midi.

Voiture de messagerie non éclairée
Louis Paillardon, cocher, au service de M. Garnier, entrepreneur de voitures publiques à Erquy, a été surpris par un gendarme de Lamballe, conduisant une voiture contenant des voyageurs, qui n’était pas éclairée.
Paillardon donne pour excuse que son maître avait toujours refusé de lui donner de la lumière.
M. Garnier a protesté contre cette allégation et se plaint de la brutalité de son garçon à l’égard de ses chevaux. Il a dû le congédier à ce sujet.
Paillardon a été condamné à 16 francs d’amende et son patron a été déclaré civilement responsable.

Vol d’outils
Un carrier demeurant au village des Hôpitaux, en Erquy, le sieur Le Dolédec, ayant travaillé à la carrière du Val, en Plurien, y avait laissé ses outils : deux masses en fer, d’une valeur de 30 francs. Lorsqu’il revint pour continuer son travail, les masses avaient disparu.
Aimé B., journalier à La Basse Caillibotière, en Plurien, avait jugé bon de les ramasser et de partager avec son camarade, Eugène Le C., carrier à La Fonderie. B. ayant commis l’imprudence de faire réparer une de ces masses chez M. Dutemple, forgeron et conseiller municipal à Erquy, se fit pincer et Le Dolédec porta plainte.
B. et Le C. ont été poursuivis pour vol devant le Tribunal correctionnel de Saint-Brieuc.
La culpabilité de Le C. n’étant pas bien établie, il a été acquitté, mais B. a été condamné à un mois de prison avec le bénéfice de la loi Bérenger.

N° 12– dimanche 22 mars 1903
Arrestation d’un conseiller municipal – Outrages envers la gendarmerie
Passant devant l’auberge tenue à Erquy par les demoiselles Lhotellier, le maréchal des logis Ambroise s’entendit appeler par un individu en état d’ivresse qui l’invitait à prendre une consommation. Sur le refus du maréchal des logis, cet individu, qui n’était autre que le sieur Emile R., 44 ans, cultivateur et conseiller municipal, l’injuria.
Mis aussitôt en état d’arrestation, R. entra dans une violent colère et opposa une vive résistance aux gendarmes qui durent lui passer les menottes.
Conduit au Parquet à Saint-Brieuc, R., dégrisé, manifesta son repentir et fut remis en liberté.
R. a comparu à l’audience de jeudi dernier, au Tribunal correctionnel de Saint-Brieuc et a été condamné à 16 francs d’amende avec le bénéfice de la loi Bérenger.

N° 13 – dimanche 29 mars 1903
Erquy
C’est par erreur que, dans notre dernier numéro, nous avons indiqué le sieur Emile R., condamné pour outrages envers la gendarmerie, comme faisant partie du Conseil municipal d’Erquy. Nous savons maintenant que cet individu ne fait pas partie de cette digne assemblée.

N° 15 – dimanche 12 avril 1903
Vol de choux
La veuve Balan, cultivatrice au hameau de la Guégoude, ayant eu besoin de couper un chou dans son champ, constatait, mardi de la semaine dernière, qu’une grande quantité de choux avait été arrachés.
Ces légumes auraient été retrouvés au domicile d’une voisine, la femme G. qui aura à répondre de ce larcin.

N° 16 – dimanche 19 avril 1903
Chambre de Commerce
Port d’Erquy – Lecture est donnée d’une dépêche ministérielle prescrivant une nouvelle enquête sur le projet de conversion de l’emprunt.

N° 18 – dimanche 3 mai 1903
Une voleuse de choux
Le 31 mars dernier, la veuve Balan, du hameau du Guégoude, en Erquy, constatait que de nombreux choux lui avaient été soustraits dans son champ. Ses soupçons se portèrent avec raison sur sa voisine, la femme G. qui nourrit, paraît-il, ses bestiaux avec les récoltes d’autrui.
Plainte ayant été portée, les gendarmes firent une enquête et retrouvèrent les choux chez la femme G.
Cette femme qui ne jouit pas d’une bonne réputation, nia le fait effrontément.
Elle est revenue à de meilleurs sentiments et a avoué sa faute, à l’audience du Tribunal correctionnel, jeudi dernier.
Le Tribunal, tenant compte de son repentir, ne lui a infligé que 48 heures de prison avec le bénéfice de la loi Bérenger.

N° 19 – dimanche 10 mai 1903
Classement en 1903 des Chevaux, Juments, Mulets et Mules susceptibles d’être requis en cas de mobilisation de l’Armée.
Itinéraire de la commission pour la région :
… ; Erquy : 4 juin, 1 heure, place de la Mairie.

N° 22 – dimanche 31 mai 1903
Un portail qui disparaît
Mlle Bourgault, commerçante à Erquy, avait fait placer, il y a quelques jours, un portail ayant plus de deux mètres de haut, pour clôturer un jardin au ‘Goulet’, en Erquy.
Jeudi, l’un des côtés de ce portail a disparu. Après bien des recherches, il a été retrouvé dans une propriété appartenant à Mlle Rouget, où il avait été jeté par-dessus un mur élevé d’au moins 1,50 mètre.
Cet acte de méchanceté, que l’on ne s’explique guère, a dû être accompli par plusieurs personnes, car le portail est très pesant.

N° 24 – dimanche 14 juin 1903
Une alerte
A l’occasion de la première communion d’un de ses enfants, M. Joseph Lefebvre, carrier au Gault, en Erquy, avait invité à dîner son voisin, Louis Boullau. Au cours du repas, un feu de cheminée se déclara et Boullau réussit à l’éteindre en montant sur la toiture.
Dans l’après-midi, le bruit se répandit à Erquy que le feu s’était de nouveau déclaré chez Lefebvre. Ce dernier, qui se trouvait au bourg, se rendit en toute hâte à son domicile. La toiture en chaume avait, en effet, commencé à flamber, mais grâce au dévouement de Boullau, qui ‘avait pas hésité à arracher le chaume en feu, l’incendie avait été enrayé.
Sans l’intelligente intervention de M. Boullau, la maison occupée par Lefebvre, eût été certainement brûlée et, comme le vent soufflait avec violence, il y avait à craindre pour le hameau tout entier.
La maison appartient à Mme Guinard, commerçante au bourg d’Erquy.
Le préjudice causée au propriétaire et au locataire, tous deux assurés, d’ailleurs, est de peu d’importance.

N° 25 – dimanche 21 juin 1903
Le déluge !
Nous subissons depuis quelques temps une série de pluies diluviennes qui menacent de compromettre les récoltes et qui ont occasionné des dégâts dans diverses propriétés. Ca tombe ! ça tombe ! que c’en est une bénédiction !
Mais quelqu’un qui n’est pas content, c’est Joseph Loncle, maçon, du fief Pilange, en Erquy, en rentrant chez lui, samedi, il constata avec stupéfaction que son habitation était transformée en lac au milieu duquel toute une flottille de sabots donnait l’aspect d’une baie en miniature, un jour de régates.
(suite…)

Le Journal de Régine – 1944

Nous publions ici quelques extraits du journal (fictif) tenu, de janvier à juin 1944, par une jeune mère de famille et commerçante d’Erquy. Ces quelques pages visent à présenter au lecteur ce que pouvait être alors la vie quotidienne dans notre commune occupée.

2 janvier 1944 – Nous nous sommes retrouvés aujourd’hui plusieurs familles à l’hôtel Vétier pour préparer les colis de nos prisonniers. La Croix-Rouge était là aussi pour nous aider et compléter nos envois. Le colis de Louis contenait du chocolat, du tabac, des haricots en conserve – les derniers qui me restaient que j’avais préparés l’été dernier, du lard et du pain, plus les photos que j’avais fait faire des enfants avec une lettre que lui avait écrite Anne et un dessin d’Yves. Moi aussi bien sûr, je lui ai mis un mot, mais je n’arrive pas vraiment à lui écrire une lettre, sachant qu’elle sera lue par les Allemands à l’arrivée au camp.

7 janvier – Gagné 1.500 francs à la Loterie Nationale avec un billet finissant par 00. J’aurais préféré le gros lot (six millions), mais c’est toujours bon à prendre.

9 janvier – Aujourd’hui dimanche, je suis allée en vélo voir Papa et Maman chez eux à Plurien. J’ai confié les enfants à Marie-Jeanne qui les a emmenés à la messe. Ca m’a fait du bien de me sentir un peu libre pour une fois. Enfin, libre, c’est façon de parler parce que, à la Chapelle, j’ai été arrêtée par deux Allemands qui m’ont demandé mes papiers ; tout s’est bien passé et ils m’ont laissée repartir mais je n’ai pas aimé la façon insistante dont m’a regardée l’un d’entre eux.

J’ai mangé du bourguignon avec mes parents (quel bonheur !) et ils m’ont donné un rosbif pour régaler les petits, m’ont-ils dit, plus deux bouteilles de cidre, un chou et des pommes. Je suis rentrée en milieu d’après-midi, et, après nous être bien emmitouflés, nous sommes sortis faire un tour sur le Boulevard de la Grève, Anne, Yves et moi : ils ont joué un moment dans les sables de la dune pendant que je relisais la lettre de Louis à l’abri d’une cabine de bain. J’ai pensé en pleurant à toutes ces années perdues sans Louis, aux enfants qui ne connaissent plus leur papa, et que leur papa ne connaît pas non plus (ou si peu en tout cas) …

10 janvier – Pendant que j’étais à l’épicerie ce matin, Mme Legal, la couturière, est passée à la maison pour refaire la garde-robe d‘Anne : elle a astucieusement rallongé ses jupes avec des bandes de tissu qu’elle avait apportées. Esthétiquement, le résultat est un peu moyen, mais enfin c’est toujours ça… Et puis elle a repris plusieurs draps qui commençaient à faiblir en les coupant par la longueur pour remettre au milieu les bords moins usagés. Je ne l’ai pas payée en argent, mais en tickets de rationnement et en nature : elle m’avait dit qu’elle voulait de l’ersatz de café et du beurre que j’ai apportés du magasin.

11 janvier – Rien de spécial aujourd’hui. J’ai dû refuser de vendre aujourd’hui à plusieurs personnes qui n’avaient plus de tickets. Ca me fait mal au cœur, mais si je commence à faire des exceptions, je sais bien que je ne m’en sortirai pas. Une dame (que je ne connaissais pas) m’a insultée et m’a même traitée à voix basse de collabo.
Le soldat allemand, le même qu’avant-hier, est venu seul au café à un moment où il n’y avait personne (c’était en début d’après-midi). Il avait l’air de très bien savoir que c’est moi qui le tiens (m’a-t-il suivie ?). Il a commencé à me faire du gringue avec ses gros sabots. Je feignais de ne pas l’entendre, mais c’était difficile, vu que nous étions seuls lui et moi, et je ne pouvais pas non plus être grossière pour ne pas m’attirer d’ennuis. Alors je l’ai servi et je suis passée côté épicerie faire un peu de rangement. Il a voulu me suivre, mais heureusement la mère Jacques est entrée à ce moment-là. Du coup il est parti en me laissant son dû sur le comptoir. J’espère qu’il va m’oublier…

12 janvier – M. Zeller, de la villa le Goulet, est venu faire quelques courses à l’épicerie : je ne sais pas s’il faut croire tout ce qu’on raconte sur lui et les expéditions qu’il mène pour le compte de la Gestapo ; si oui, ça fait froid dans le dos. (suite…)

Les Journées de Fêtes à Erquy avant 1914

(source : Archives Départementales des Côtes d’Armor)

Nous avons trouvé les affiches de présentation des fêtes organisées à Erquy : la première date de 1893 et la dernière de 1911, soit sur une période de 19 années ; après la guerre de 1914 – 1918, nous disposons du programme de l’année 1925 qui a occupé 2 dimanches consécutifs – les 2 et 9 août – et, il semble, que d’après les témoignages de certaines personnes, les fêtes se seraient arrêtées avant le début de la guerre de 1939 – 1945.
Nous n’évoquerons que les fêtes d’avant 1914 (par cohérence) en indiquant que sur la période, elles ont été organisées par le même ‘comité directeur’ :
Président : M. le Maire, A. Le Mordan de Langourian,
Vice-Président : J. de Kerjégu,
Commissaire général : Du Boislouveau,
Trésorier secrétaire : L. Renault, remplacé en 1907 par J.-B. Chatellier.
C’est dans la seconde quinzaine du mois d’août qu’une journée de fête se déroulait à Erquy. Si en 1893, c’est le 13 août qui fut choisi, en 1896, la date retenue fut le 30 août ; et nous trouverons dans l’ordre les 16, 18, 19, 20, 21, 22 et 27 !
Jusqu’en 1900, la journée commençait à 7 heures 30 du matin par une distribution de pain aux pauvres de la commune. Par la suite, cette pratique n’est plus mentionnée.
Ensuite :
Le Tir à la cible
A 7 heures 30 ou 8 heures du matin, ‘Tir à la cible aux Ecrites sur la plage d’Erquy’, sachant que seul l’usage du fusil de chasse est admis. La participation est de 0,25 franc par coup de fusil.
Le premier prix est de 30 francs en 2 séries, soit 20 francs pour la 1ère série et 10 francs pour la deuxième ; le second prix est de 20 francs, soit 15 francs pour la 1ère série et 5 francs pour la deuxième.
Mais cette organisation de 1893 semble compliquée car dès 1894, on s’est orienté vers un ‘prix unique de 30 francs’ avant d’interrompre cette épreuve pour la retrouver en 1898 avec comme prix ‘un objet d’art’ et en 1899 avec un ‘prix unique de 15 francs’ ; l’arrêt est ensuite définitif.
Les Régates
Elles étaient programmées, en fonction du niveau de la mer, généralement le matin vers 9 heures ou 10 heures, mais il y eu également 8 heures et même 7 heures 30 ! ou dans l’après midi vers 15 ou 16 heures.
Il est prévu que seuls les bateaux de pêche compris entre le Cap Fréhel et Dahouët sont admis à concourir. Le départ de chaque course est annoncé par un coup de canon.
En 1893, l’organisation est la suivante :
(suite…)

Le Naviplane « Ingénieur Jean BERTIN » sur la plage de Caroual

Le Naviplane N500 était un aéroglisseur de transport commercial construit par la SEDAM – Société d’Etude et de Développement des Aéroglisseurs Marins basée à Pauillac. Le N500-02 « Ingénieur Jean Bertin » fut commandé par la SNCF pour le trafic trans-Manche entre la France et l’Angleterre et construit en 1977.

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Une fois les premiers essais terminés (une trentaine de vols sur la Gironde), il convenait de livrer l’appareil à la société Seaspeed (filiale commune de British Rail et de la SNCF) à Boulogne-sur-Mer dans la perspective d’une mise en service à l’été 1978. C’était l’occasion de réaliser un périple de 750 milles (1.400 kms) entre Pauillac et Boulogne-sur Mer, soit 25 heures de vol avec escales. Le départ, initialement prévu le dimanche 20 novembre 1977, avec tout un dispositif pour assurer les contrôles et les ravitaillements de l’appareil sur le parcours, dû être reporté au vendredi 25 novembre, en raison d’une météo très mauvaise sans amélioration immédiate. Le jour dit, la première étape du voyage Pauillac – Le Verdon (embouchure de la Gironde) est couverte en 50 minutes de vol. Le lendemain, le temps est beau et l’appareil rallie Quiberon tôt dans la matinée. Il se pose sur la plage du camping de Pen-er-Lé où un camion citerne l’attend pour le premier ravitaillement. Le Naviplane repart à 13 h 30 en direction de Douarnenez où le point d’atterrissage, d’abord prévu à Sainte-Anne-la-Palud est déplacé à la Lieue de Grève. Il s’y pose vers 17 h 00 et une foule considérable se masse sur la plage. Le dimanche 27, le Naviplane part en direction de Cherbourg, mais il fait escale à Erquy, sans doute par précaution après un incident sur deux jupes entre les Sept-Iles et Bréhat. (suite…)

HISTOIRE DE LA POSTE D’ERQUY (4ème partie)

(d’après les délibérés du Conseil Municipal)

Le 24 août 1941 :
Le programme des grands travaux établi par le Conseil Municipal est le suivant :

Septembre 1949

Septembre 1949

1°) Achat du terrain Caillibotte pour construction d’une Mairie.
2°) Constructions d’édicules (c’est un terme d’architecture qui recouvre plusieurs petites constructions isolées dans l’espace public ou des espaces ouverts, d’emploi et de statut variés) au Bourg et à la plage de Caroual (cabines de bain).
3°) Construction de la vigie au Guen.
4°) Construction du chemin de Caroual à la mare dit « bigneuf ».
5°) Construction du chemin de Saint-Pabu à la limite de Pléneuf dit « la ville pierre ».
6°) Construction du chemin du Doublet à la Ville Pilange.
7°) Construction du tertre des Hôpitaux, chez Eugène Renault.
8°) Construction des trottoirs des rues principales.
9°) Goudronnage des rues.
10°) Continuation de la digue de Caroual devant chez M. Breton.
11°) Construction d’abris aux haltes du chemin de fer à Saint-Pabu et aux Hôpitaux.

Le 24 mai 1942 :
Le Conseil Municipal vote un crédit de 300 F en faveur de M. CORDON Jean, le « tambour afficheur ».

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Le Bateau de sauvetage « La Marie »

(Ouest-Eclair du samedi 5 décembre 1903)
La Société Centrale de Sauvetage des Naufragés a doté le port d’Erquy d’un bateau de sauvetage, la ‘Marie’. C’est une baleinière de 10 mètres de long.
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La bénédiction a eu lieu dimanche, 29 novembre [1903], en présence de M. Granjon de Lépiney, président de la société. M. et Mme Vianelli étaient les parrain et marraine.
Le comité local est ainsi composé : M. Le Mordan de Langourian, maire, président ; M. Pincemin, garde-maritime, secrétaire-trésorier ; MM. de Kerjégu, armateur, Le Couturier, receveur des douanes, Henry, maître de port, membres.
L’équipage est composé comme suit :
Patron : Jean Rollier.
Sous-patron : Pierre Nevot.
Matelots : Jean Lefebvre ; Julien Lefebvre ; Ernest Lequelennec ; Julien Rault ; Jean Peignon ; Louis Coallan ; Louis Besrest ; Constant Rollier ; Auguste Lamothe ; Mathurin Macé ; Jean Rault ; Léonore Lequelennec ; Louis Jaffrelot ; Jules Pays ; Jean Corniet ; Marie-Ange Duclos ; Emile Rollier ; Joseph Corniet. »
marie_2wLa SCSN était une association créée en 1865, dont la mission était d’assurer le sauvetage des personnes en difficultés en mer. Elle était sous la protection de l’impératrice Eugénie qui offrit le premier canot. Ses ressources consistaient en dons et legs. Dès 1866, 20 stations étaient en service, pour atteindre 70 stations en 1883.
La ‘Marie’ était un canot à rames et à voiles (une grande voile et une misaine) construit en 1903 par le chantier Augustin-Normand du Havre. L’embarcation mesurait 10,10 mètres de long, 2,27 mètres de large au maître-bau ; son tirant d’eau était de 0,47 mètre. Disposant d’un arrière pointu et d’une étrave très haute, ses deux extrémités comportaient un caisson en cuivre rempli d’air ; elle était équipée d’une lourde quille de fer. Ainsi cette baleinière était insubmersible et à redressement après chavirement.
Cette opération devait être impressionnante comme le démontre le texte que nous avons retrouvé : « En cas de chavirage, ces dispositifs (caissons et quille) obligeaient le canot à se redresser (en 4 secondes d’après les essais effectués). Les canotiers étaient entraînés pour faire le tour avec l’embarcation en restant cramponné à leur banc, munis de leur ceinture de sauvetage. L’eau embarquée était automatiquement évacuée (en 22 secondes) par 6 larges tubes de cuivre reliant le pont au fond du canot. »
Ce bateau fut donc affecté à la première station de sauvetage d’Erquy qui était installée sur la dune de la plage du Bourg au niveau de l’hôtel Beauregard.
marie_3wUne sortie d’exercice avait lieu chaque mois. Par force 3 à 4, l’équipage, aux avirons, rejoignait le rocher de l’Evette à 3 milles au large d’Erquy.
Au cours de sa carrière, la ‘Marie’ n’effectua que six sorties pour des sauvetages réels dont la dernière se produisit le 14 mars 1934 : le ‘Saint-Georges’ de Saint-Malo avait coulé sur Rohinet.
Il fut remplacé par un canot de sauvetage à moteurs dont le baptême eut lieu le 28 juillet 1935 à 15 heures. Le ‘Vice-Amiral-Courbet’ était stationné dans un nouveau bâtiment situé à l’anse de la pointe du Cap.
marie_4wLa ‘Marie’ fut vendu en 1937 à un particulier d’Erquy. Des avirons (4 mètres de long) sont actuellement conservés dans la chapelle des Marins.
L’abri de sauvetage de 1903 fut déclassé pour sa mission initiale et, après différentes affectations, finalement détruit en janvier 1981.
Contributeurs : Christian Frémont & Jean-Michel Mori

« AUX BANCS « , les Terre-Neuvas.

« Mon grand-père fut capitaine à Terre-Neuve de 1905 à 1928. Mon père et ma mère passaient les deux mois d’été chez lui. A table il nous racontait ses histoires vécues à « la grande pêche ». Nous étions bien souvent lassés de les entendre. Elles commençaient toutes par : « AUX BANCS …. Alain Erhel.

Les Rhoeginéens furent très nombreux à faire « Terre-Neuve », nous vous proposons  trois épisodes vidéo, le premier sur le recrutement et le départ,  le deuxième  sur la vie sur le bateau et enfin le retour.

Première vidéo: le recrutement.

Alain Erhel petit fils du cap’taine Erhel  propose un document sur la vie de son grand père, cliquez ici AUX BANCS.

A écouter la complainte des Terre-Neuvas: cliquez ici : https://youtu.be/wTmiprWeIwA

Un singulier coup de filet en 1906

Bateau assailli par des pieuvres
(source : Le Petit Journal du dimanche 2 décembre)
Une grande barque de pêche, La Perle, de Cancale, se trouvait dans la baie d’Erquy, sur le banc des Ruinais.
Les pêcheurs s’apprêtaient à remonter à bord le filet traîné à l’arrière du bateau, quand soudain ils éprouvèrent une résistance inaccoutumée. C’était en perspective la pêche miraculeuse : aussi l’équipage tout entier se précipita-t-il au treuil.
Stupéfaction : le filet apparut à la surface de la mer, entièrement rempli de pieuvres ; le nombre de celles-ci a été évalué à au moins quinze-cents ; Certaines étaient pourvues de tentacules dépassant deux mètres de longueur.
19061202_image La situation ne laissait pas d’être angoissante. Il fallait décharger le filet des dangereux poulpes et éviter d’être enserré par leurs tentacules. A un moment donné, les pieuvres couvrirent un des côtés de la barque de leurs terribles lanières. Le patron n’eut que le temps de crier l’ordre de couper le câble reliant le chalut à la barque. Les huit pêcheurs, armés de haches, tranchèrent la corde du chalut et échappèrent ainsi à une submersion qui, sans cette mesure, eût été inévitable.
Il fut ensuite possible de débarrasser les flancs du bateau de celles des pieuvres qui avaient eu le temps de s’y attacher. Un certain nombre d’entre elles furent recueillies à bord et livrées au bateau terre-neuvier Consonne, qui s’en servira comme appât de pêche.

Quant au filet, il est entièrement perdu, et c’est un gros dommage pour le malheureux patron.

Une contribution de JM Mori.

Mémoire de marin, Yves Meslin.

Yves Meslin dialogue avec Jean Cornillet pour Mémoire d’Erquy

Les marins d’Erquy ont fait partie des équipages de la grande pêche sur les bancs de Terre-Neuve dès le début du 16ème siècle, en partance du port de Dahouët et plus tard du port de Saint-Malo. Islande fut une destination moins fréquente au cours de la seconde moitié du 19ème siècle et dans le 1er quart du 20ème siècle. Les marins d’Erquy (en particulier ceux du village de Tu Es Roc et des Hôpitaux), allaient souvent travailler dans les carrières pendant la saison d’hiver.
(suite…)