Le patrimoine

  Jean  Marie LE GUILCHER,   «  l’homme des clochers »

     Ce Guingampais a sillonné toutes les communes des Côtes d’Armor et quelques autres encore dans les départements limitrophes. C’était une vraie célébrité.

   Chez lui pas de problèmes d’arthrose et de rhumatisme. Il tutoyait les nuages en escaladant à mains nues les trois-quarts du temps quand les clochers se prêtaient à ce genre d’exercice: on le voyait monter avec une agilité déconcertante le long d’un clocher de pierre, un coq fraîchement restauré accroché a sa taille; mais à l’église Saints Pierre et Paul d’Erquy, il fallait des échelles, l’escalade à mains nues s’avérant impossible. Il s’adonnait également à la réparation des paratonnerres, remettait les cloches au son, usait de ses talents de charpentier et de maçon pour effectuer quelques réparations urgentes. Ses interventions, si impressionnantes, étaient de véritables attractions. Il faut dire que l’individu avait un grand sens du spectacle et savait attirer l’intérêt de son public.  Jean-Marie Le Guilcher, l’homme des clochers saluait le foule venue nombreuse.

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Jean-Marie Le Guilcher au sommet du clocher d’Erquy en 1955 (Photo Dupas)

 

    Avant la mise en place, on assistait à une véritable parade: le nouveau coq était juché sur le toit d’une traction décorée comme il se doit pour un tel événement, puis baptisé en grandes pompes.

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Parade

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 Bénédiction du coq

(Remerciements a Françoise MORIN pour le prêt de ses photos)

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     Ce coq a trôné sur le clocher de 1955 à 1989 la marraine était Michèle Le Bouil et le parrain Claude Briend.

 

(Contribution de Christian Frémont)

Historique des Magasins d’Erquy (1)

    À compter d’aujourd’hui, nous publierons régulièrement des articles sur l’historique des Magasins d’Erquy. Et, pour commencer la visite, c’est le long de la rue  Foch (anciennement Joffre) que nous emmènent nos reporters.

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 3 RUE FOCH

( MAGASIN DE CHAUSSURES  REHEL DEPUIS 1994)

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De 1930 à 1968 : AGENCE TILLON

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       L’agence a été créée en 1930 par Madeleine TILLON (née LEMONNIER). Sous le nom d’ Agence Moderne, elle apparaît dès cette année dans le Guide Illustré du Syndicat d’Initiative d’Erquy. Cette publicité est particulièrement intéressante sur le plan sociologique. Elle nous permet de constater que le « Gérant » est en théorie C. (Constant) TILLON. En effet, bien qu’il n’eût jamais de rôle gestionnaire dans cette entreprise, il en était juridiquement « responsable » puisqu’il fallut attendre une loi de 1938 pour abolir « l’incapacité juridique d’une femme mariée » Cette publicité nous indique également que l’agence peut « trouver bonne ou employé ». Nous sommes, en effet, six ans avant la loi instaurant les congés payés et les prémices d’un tourisme populaire. Elle était donc destinée à des touristes plutôt aisés qui venaient passer un mois (voire deux) et qui souhaitaient retrouver le mode de vie qu’ils avaient chez eux. Rennes et Paris fournissaient à l’époque le contingent le plus important de ces  baigneurs  (les Briochins préférant aller à l’Ouest, Les Rosaires, Binic , St Quay Portrieux.).

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   En 1930, l’agence est sise rue Clémenceau à Ker Jean, elle déménagera très rapidement pour s’installer au 3 rue Foch (ex rue Joffre) sur un terrain vierge de toute construction où Madeleine édifiera tant sa maison d’habitation que l’agence au rez-de-chaussée.    Le quotidien de l’agence est relativement différent de celui  d’une agence d’aujourd’hui. Certes les ventes et locations font partie du quotidien (le syndicat de copropriété est alors inexistant), mais le rôle que l’on qualifierait aujourd’hui de tour opérateur  est également important. Les agences (TILLON et VETIER) organisent de nombreuses excursions pour satisfaire les besoins de visite des touristes qui ne disposent pas de moyens de locomotion et que l’on emmène jusqu’au Mont St Michel et même à Auray, à Ste Anne et à l’Ile de Bréhat.

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    De même, il était courant que Madeleine loue draps et linge de maison, aille chercher à la gare les clients (et leurs bagages) qui ne prenaient pas les camionnettes GARNIER ou les cars de la C.A.T (compagnie armoricaine de transport). Ces services disparurent au début des années 1960 avec la démocratisation de l’automobile.  Madeleine aimait bien discuter : un jour, une passante lui racontait qu’il y avait eu un incendie dans la commune , et comme elle écoutait et travaillait, en réponse à une demande de location de draps, elle a répondu  « Tous les draps sont brulés ». Tout le monde a bien rigolé, y compris le client.

    Madeleine et Constant eurent trois enfants : Madeleine (1928-1988), Odette (1930-1996) et Pierre (1931-2011). Pierre  reprit l’agence en 1965. Ancien footballeur professionnel , il avait joué successivement à Sedan (avec qui il gagna la coupe de France 1956), à l’Olympique de Marseille et au RC Metz. Il avait arrêté sa carrière en 1963  suite à une blessure. Pierre reconnaissait volontiers que sa renommée footballistique lui permettait de nouer facilement des relations et favorisait les transactions dont il s’occupait à l’agence tandis que son épouse gérait l’activité location avec l’aide de Martine TALBOURDET, secrétaire de l’agence.

       En 1968, l’agence est transférée au 11 rue Foch dans ce qui était un magasin de chaussures appartenant à Monsieur AVRIL depuis 1950. C’est en 1995 que Martine et Christian TALBOURDET reprirent l’agence. De formation commerciale, Christian suivit un perfectionnement en négociation immobilière: on le retrouve à la partie « négociation » et Martine à la « gestion locative ». En Février 2014, Béatrice LECLERC, auparavant négociatrice au sein de l’étude notariale SCP DEQUAIRE.LECLERC, à Pleneuf, reprend l’agence qui se situe toujours au 11 de la rue Foch.

Qu’est devenu l’emplacement commercial entre 1968 et 1994 ?

    Tout d’abord, seule la vitrine de gauche (en regardant l’immeuble) a été dévolue à la partie commerciale, la vitrine de droite était la fenêtre de la salle à manger de Madeleine. Puis à son décès, avec la totalité de l’immeuble de sa fille Odette Le Bail, il à été loué à différents commerces.

     De 1968 à 1994 (des magasins se sont succédé) pendant quelques années :

    Magasin de vêtements  tenu par Madame MILLET, en complément   de sa boutique Place de l’Eglise « Au Progrès ».

     Magasin de Souvenirs Bretons ( jusqu’en 1975)  et plus particulièrement de faïence de Quimper,  tenu par Madeleine SEVENOU, avant d’être transféré en face au 4 rue Foch. Il y a eu également (en saisonniers) un fromager, un vendeur de cartes postales qui n’ont pas laissé de traces indélébiles dans la mémoire des Rhoeginéens.  

     Magasin de souvenirs, cadeaux, bijoux  fantaisies tenu par Réjane DAUVILLIERS-LE BAIL  de 1983 à 1992  

      Agence immobilière. Ce fut une activité éphémère (de 1992 à 1993).                               

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    Depuis 1994 et jusqu’à ce jour,  on y trouve le magasin de chaussures tenu par M. & Mme REHEL.

FAU 3 RUE FOCH 2 (2)

 

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    A coté, dans l’impasse appartenant à la famille Le Branchu : un marchand de fruits et légumes Mr Marty (originaire du sud ouest) s’installait pendant la saison. C’était un personnage pittoresque qui savait par sa verve attirer la clientèle. Il bluffait tout le monde par ses capacités en calcul mental. Peu rapide pour servir, quand un client demandait  » un kilo de …….., » il répondait toujours  » Et voilà que c’est fait Madame, et voilà que c’est fait »…

 

    

 

 HISTOIRE DE L’OFFICE DE TOURISME D’ERQUY (suite)

(d’après les archives de l’office du tourisme)

Le 6/05/1950 : Réclamations à la C.A.T. relatives aux bagages et correspondances en provenance de Lamballe. Interdire aux nomades et forains le stationnement sur le lais de mer et à l’ancienne gare !  Supprimer les fils de fer barbelés subsistant sur le territoire de la commune.

Le 30/04/1951 : Programme financier ? Comment se fait-il qu’à Erquy nous ne puissions bénéficier des largesses gouvernementales ou départementales, sommes nous des citoyens de seconde zone ?

 Le 8/06/1951 : Monsieur le Président fait connaître que tous les vestiges allemands vont être enlevés par M. Bourgault et demande à tous de signaler les endroits où se trouvent ces ferrailles ! Il est décidé d’écrire à la C.A.T.  pour qu’il soit donné plus de satisfaction que l’an dernier aux clients d’Erquy, et qu’on ne laisse pas les gens en panne à Pléneuf.

Le 5/12/1951 : Quelques doléances de touristes… : Un client de l’Hôtel des Bains  se plaint du prix des loyers et du coût de la vie trop élevé par rapport à Paris ! Et demande l’interdiction des chiens sur la  plage de Caroual ! Un autre de l’Hôtel Emeraude  demande d’éloigner les enfants des colonies de vacances à l’ouest de la plage de Caroual, afin de ne pas gêner les estivants qui se trouvent à l’est de cette plage ! Les membres du bureau réclament un arrêté municipal qui fixerait les lieux de promenades et de jeux des enfants des colonies, la multiplicité des colonies risquant de porter un préjudice grave à la prospérité et à l’avenir de la station, plage de famille par excellence ! Des trottoirs seront construits rue Joffre et rue Foch. Le SI déplore la mauvaise tenue de la plage du Centre, qui est un véritable dépotoirLa colonie de Caroual

Le 29/11/1952 : Le gala des commerçants aura lieu le 10/ 02 à l’Armor Ciné.

Le 4/03/1952 : M. l’abbé David est chargé de faire la publicité du bal de la mi-carême  dans la presse.

Le 4/04/1952 : Il faut interdire l’enlèvement de sable sur la dune par les particuliers qui creusent des trous du plus mauvais effet ! Il faut limiter le nombre des colonies de vacances dans notre station !

Le 7/10/1952 : Le SI s’est ému devant les chiffres dérisoires versés par certains hôteliers à propos de la taxe de séjour ! A Caroual, il est demandé d’enterrer les lignes télégraphiques et électriques lors de leur déplacement. Felicitations au Conseil Municipal pour l’achat du camping de Caroual.

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Le Camping de Caroual

Le 17/02/1953 : Voeux : aménagement de l’accès aux plages du Guen, Caroual et du Portuais. Nivellement de la dune plage du centre. Prévoir une digue et élargissement du bd de la mer. Continuer la route touristique existant jusqu’aux Sables d’Or par les Hopitaux ! Remettre en état le « sentier des douaniers ». Prévoir de nouveaux hôtels qui sont insuffisants pour une clientèle nombreuse. Création d’un foyer municipal, d’une nouvelle poste, de bains-douches, d’une salle des fêtes, d’une piscine… Aménagement du port et  réfection de la route menant au canot de sauvetage.

0-3La construction de la Salle des Fêtes

Le 15/06/1953 : L’abbé David demande le transfert de l’église à la mairie d’un bas-relief rappelant Romulus et Rémus.(*)

Le 22/06/1953 : Le SI souligne l’intérêt que le nouveau Conseil Municipal   porte aux problèmes du tourisme ! L’idéal pour M. Cornu, maire, est de faire d’Erquy, joyau naturel, une resplendissante station. Adhérents au SI : en 1950 : 135, en 1951 : 193, en 1952 : 215.

Andre CornuAndré Cornu, Maire d’Erquy (1953-1971)

Le 7/09/1953 : Voeux : Nouvelle affiche publicitaire. Installation d’une sirène pour incendie… Le SI est toujours dans un petit pavillon.

Le 30/11/1953 : Le président propose que la nouvelle affiche publicitaire de la station représente une aquarelle du regretté artiste peintre : M. Léon Hamonet. De nombreux estivants demandent le plan détaillé d’Erquy et de ses promenades ! Voeux : amélioration de l’éclairage dans les rues. Installation d’une horloge sur la façade de la nouvelle mairie….

Le 25/01/1954 : Voeux : le bureau souhaite que les grandes vacances commencent le 1 juillet ! Il est décidé de placer des flèches de signalisation jusqu’à la grotte de « Galimoneux ». Le SI envisage l’organisation au cours de la saison d’un concours de maisons fleuries.

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La Grotte de Galimoneux

Le 5/04/1954 : Plan d’Erquy : on remplace le mot  grève  par plage  et plage d’Erquy par plage du Centre !

Le 23/04/1954 : Le SI très satisfait par les réalisations engagées par la commune : élargissement du bd de la mer et construction de la mairie, de la poste, de la salle des fêtes, des bains douche et  du cours complémentaire; remise en état des routes… Voeux : transformation de la voie ferrée en route de la gare à Caroual et en route cyclable par ailleurs. Ne pas perdre de vue le grand projet de route touristique reliant Erquy à Sables d’Or par une route digue à la Bouche ! Interdiction de la jetée aux autos et aux vélos !

Le 22/11/1954 : Projet de libération du terrain des sports soit pour le marché soit comme parc à autos.

Le 14/02/1955 : L’abbé David est chargé de rédiger un article pour La Bretagne hebdomadaire parisien  à titre publicitaire.

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Le 4/04/1955 : Souhait de voir remplacer le parking de la mairie par un square avec fleurs et bancs.

Le 19/04/1955 : Route du Guen achevée. Création d’un Office du tourisme  Côte de Penthièvre-Fréhel pour coordonner les efforts des  SI situés dans la région comprise entre Fréhel et la pointe d’Hillion.

Le 19/09/1955 : Voeux des estivants : meilleur eclairage, aménager des bancs sur la dune, aménager des WC, prévoir à Caroual un autre camping plus grand !

Le 30/01/1956 : Un cliché en « couleur » est pris par Mr Dupas pour l’affiche publicitaire.

Le 16/05/1956 : Deux panneaux publicitaires placés, l’un à La Couture, l’autre aux Jeannettes. M. Loncle se plaint de la présence des nomades autour de la chapelle Notre-Dame et sur l’emplacement de l’ancienne gare (présence indésirable pour tous). M. Guégan demande que la commune achète le terrain classé de M. Parchaud !

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L’ancienne gare d’Erquy

Le 28/05/1956 : Où en est le projet de construction d’un barrage ? Il est demandé à la colonie de vacances de Caroual (maison fleurie) d’agrémenter son immeuble !

Le 27/08/1956 : Ce qui a été fait ; route d’accès au Guen, st Michel, la Moinerie, route du Gault… Il est demandé par un habitant que l’Angelus du matin soit sonné une heure plus tard !

Le 19/11/1956 : M. de la Bourdonnaye veut bien demander à M. Anouilh (**) de préparer un poème sur Erquy en introduction  du nouveau guide. Souhait de l’extension du service de l’eau jusqu’au bout de Tu-ès-Roc. Souhait de remise en état de l’escalier du Pendu après autorisation des carrières de l’Ouest. Souhait également d’une surveillance de la plage de Caroual par un maître nageur ayant un bateau et le matériel nécessaire à sa disposition. Il est décidé de masquer le petit couloir entre le pavillon du SI et la propriété de Ker Edouard.

                                                                                                                   A Suivre…

 

(*) Diverses sources signalent l’existence de ce bas-relief : Jean-Pierre Le Gal La Salle n’y croit pas et d’autres l’imaginent  enfermé dans la maçonnerie;  il faut bien pourtant que l’abbé David l’ait vu pour le proposer ainsi à la mairie… Mais les registres du Conseil Municipal restent muets sur son compte.

(**) Jean Anouilh résidait à Erquy pour les vacances d’été dans les années 50-60.

Recherches: Sylvie Moret (et Christian Frémont pour les illustrations)

Lettre Ouverte à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer

Monsieur le Directeur,

C’est avec stupéfaction que les habitants d’Erquy ont assisté aux grandes manœuvres diligentées par vos services sous prétexte de restauration du caractère naturel du domaine public maritime sur la plage de Caroual.

Il s’agissait de s’en prendre à d’innocents blocs de béton circulaires qui avaient eu, depuis près de soixante-quinze ans, l’intelligence de ne pas faire parler d’eux, de se tapir au pied de la Roche Jaune, de se recouvrir de concrétions marines et même de se laisser noyer à chaque marée.

Mais, après tout ce temps, la Direction Départementale des Territoires et de la Mer 22 n’a pas manqué de les débusquer et de les condamner sans autre forme de procès : les engins de chantier passent à l’assaut et, en un tournemain, pour la bagatelle de 7140 euros, débarrassent la plage de ces incongrus.

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Ma foi, tant pis si avec eux disparaît un peu de la mémoire d’Erquy : car ces gros cylindres étaient de ceux qui supportaient les fameuses asperges de Rommel (ou plus exactement les Nussknackermine: mines casse-noix) dont l’occupant nazi avait truffé le rivage dans le cadre du Mur de l’Atlantique – avant d’être entreposés là lorsque la plage fut rendue aux « baigneurs ». A leur façon, discrète et modeste, ils étaient des témoins de l’Histoire, au même titre que les blockhaus clairsemés çà et là sur nos côtes.

C’est pourquoi l’Association Mémoire d’Erquy qui, comme son nom l’indique, tente de sauvegarder les traces du temps passé proteste vigoureusement contre cette action de vos services. Une chose est de restaurer le caractère naturel du domaine public maritime, une autre est de s’en prendre au patrimoine culturel.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de mes sentiments distingués,

                                                                                                               Le Président

                                                                                                             Bernard Besnier

 

NB. Comme par une étrange prémonition, le Bulletin n°4 de Mémoire d’Erquy présente un article sur ces blocs de béton.

 

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Pierre Gouédard et « l’Aile Rhoeginéenne »

        Ebéniste de son état (certaines maisons d’Erquy sont encore sans doute meublées de pièces qu’il a réalisées), M. Pierre Gouédard s’est aussi passionné pour la colombophilie.

       À cet égard, sa rencontre avec M. Tomme, propriétaire du cinéma et du bar l’Eden, s’est avérée décisive.  Celui-ci, en effet, originaire d’Halluin, haut-lieu de cette discipline, l’invite en 1950 à visiter avec lui quelques colombiers réputés du Nord et de la Belgique. Et, revenu de la région lilloise avec ses premiers pigeons, Pierre Gouédard les installe chez lui rue du Château d’Eau (aujourd’hui de l’Horizon bleu) avant de jeter en 1953 avec quelques autres, Pierre Pellan, Marcel Allain, Armand Robert…, les bases de la Société l’Aile Rhoeginéenne et d’envisager une participation aux premiers concours.

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    Il faut, précise-t-il dans un article d’Ouest-France du 20 octobre 1990, choisir soigneusement ses premiers pigeons, construire son pigeonnier bien exposé, les accoupler. Lorsque les jeunes arrivent, le grand travail commenceIl faut une grande patience, les soigner les nourrir et surtout les aimer, c’est la condition de la réussite.

       Quand il a posé la gouge et le ciseau, Pierre entraîne ses pigeons, les lâchant dès l’âge de trois ou quatre mois à quelques kilomètres, puis allongeant peu à peu les distances, jusqu’au moment où il les sent prêts pour les concours départementaux ou fédéraux. Les chiffres de cette participation sont impressionnants : c’est ainsi que, en 1987, pendant la saison sportive d’avril à juillet, mille quatre cents pigeons de la société l’Aile Rhoeginéenne participent à seize concours.

     Ses filles, Soizick et Josie, se rappellent encore le rituel auquel donnait lieu la préparation du concours : en amont, la séparation du mâle d’avec sa colombe, puis le baguage des pigeons engagés, l’établissement des bordereaux, l’enlogement dans les grands paniers plombés, et l’embarquement dans les camions qui allaient emmener les oiseaux à plusieurs centaines de kilomètres, vers Agen (550km), Toulouse (640km), Perpignan (785km), Cerbère (825km).

        Après le lâcher des pigeons si loin de leurs bases, vient l’attente pour l’éleveur : Josie Gouédard la revit encore : il se postait sur la pelouse, les yeux rivés au ciel pour ne pas louper le caïd qui se poserait le premier sur la trappe du colombier. Dans ces moments-là, il fallait qu’aucun bruit ne se fasse entendre dans les alentours, et si par malheur un chien aboyait ou une voiture klaxonnait, mon père se mettait dans tous ses états. En effet, ces perturbations risquaient d’effrayer l’athlète ailé en l’empêchant de se poser sur la trappe retardant ainsi le moment où mon père devait récupérer la bague…

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                                                Pierre Gouédard devant son colombier

         Sitôt le pigeon posé, la bague est introduite dans le constateur, appareil d’horlogerie plombé qui enregistre l’heure d’arrivée. Pierre Gouédard affirme que les grands as réussissent par temps favorable à rentrer le jour même sur une distance de 900km après 14 ou 15 heures de vol ; leur vitesse moyenne est de 72 à 75km/h, mais elle varie en fonction du vent. Parfois, mais c’est rare, le pigeon ne revient pas, victime de la fatigue ou d’un coup de fusil.

         Vient alors l’instant de vérité et le sacre du vainqueur. Tout au long de son histoire, L’Aile rhoeginéenne s’enorgueillit de compter dans ses colombiers plusieurs champions :  Zeus, de Pierre Gouédard, qui fait un doublé comme as-pigeon (vainqueur départemental) de la saison en 1959 et 1961, et Zeus II, champion fédéral à trois reprises en 1963, 1965 et 1966 ; mais aussi Passe-Partout, de Frédéric Huguet, classé à six concours de 450 à 800 km est sacré champion de Bretagne en 1987. D’autres éleveurs remportent des mentions enviables : Albert Teffault, « meilleur colombier », ou Marcel Coquelin, deuxième au classement départemental des jeunes licenciés. Ouest-France se fait régulièrement l’écho des succès de l’Aile rhoeginéenne.

           Pierre Gouédard s’éteint en 1996. Il semble bien que la Société colombophile qu’il a dirigée pendant quarante ans ne lui ait pas beaucoup survécu ; et l’on ne scrute plus guère aujourd’hui l’arrivée des pigeons bagués dans le ciel d’Erquy…

Bernard Besnier

 

 

 

 

HISTOIRE DE L’OFFICE DU TOURISME D’ERQUY (suite)

(d’après les archives de l’office du tourisme)

Le 27 janvier 1937 : Réunion à la mairie des hôteliers et agences de location : les chemins de fer de l’état proposent pour l’année 1937 des « semaines à la mer ». Réponse favorable des hôteliers.

Le 15/06/1937 : Présentation du nouveau dépliant dont le succès est très grand. Voeux : qu’un arrêté soit prix pendant la saison pour interdire le stationnement nocturne des autos dans les rues !! Abandon de la surveillance des bains sur la plage de Caroual : le doris qui y était affecté n’ayant pas d’abri a subi de gros dommages !!

Le 27/08/1937 : Félicitations à M. Doradoux, l’actif et dévoué professeur d’éducation physique qui a su amuser les enfants et distraire les parents et se faire aimer de tous ! Constat que les prix et le coût de la vie ne sont pas plus élevés à Erquy qu’ailleurs. Le président lève la séance dans une atmosphère de confiance et de cordialité.

Le 16/11/1937 : Réunion des débitants pour décider des prix à pratiquer : vins ordinaires ou de qualité, café arrosé, petits verres (35°) apéritifs secs ou à l’eau, vins sur table (bouteilles)…

Le 12/O3/1938 : Réunion des loueurs de meublés. Souhait de les voir payer une cotisation au SI puisqu’ils profitent de la publicité faite par celui-ci ! En raison du coût de la vie le prix des locations augmentera de 20 à 30 %. Protestation est faîte auprès de la Cie des eaux contre les tarifs abusifs !

Le 21/03/1938 : Lettre à M. le Maire: les loueurs de meublés demandent à la municipalité la révision des contrats d’abonnement auprès de la Cie des eaux (le m3 à plus de 25 Frs) ce qui est absolument abusif ! Nécéssité de trouver un emplacement pour le Camping : possibilité d’un emplacement sur la Garenne !!

Le 27/08/1938 : Réunion du bureau. Réduction de la publicité et concentration sur les affiches dans les gares et centres de tourisme. Etablissement pour 1939 d’horaires des marées. Protestation contre les campements sauvages actuels ! Recherche d’un terrain de camping à aménager correctement. Discussion à propos de la location du « lais de mer ».

Le 12/09/1938 : Adhérents : 62 en 1934, 268 en 1938. Demande de renseignements : 718 en 1938 (328 en 1935). Souhait : avoir des hôtels plus confortables et qu’ils aient au moins tous l’eau courante ! Désirs de distractions les jours de pluie. Goudronnage des routes, trottoirs dans le centre. Achat aux domaines du lais de mer le long de la plage du centre. Intensifier la publicité. Attirer des touristes en mai et juin.

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Le 07/02/1939 : Une affiche commandée : problème du financement soulevé ! Côtes du Nord, ajouté sous Erquy et son port  à la suite de ses bois ! Le SI loue le lais de mer (aux Ecrites) aux Domaines afin d’éviter l’invasion des campeurs sur cesite. Les Cabines de bains devront disparaître.(photocopie d’un communiqué à la presse régionale au sujet du temps le 15/06/1961)

01/1940 :  Les hoteliers protestent contre le fait de la présence de 250 officiers polonais au Val André et autant à Sables d’Or alors qu’Erquy a été oubliée !

Le 17/03/1940 : Etant donné les circonstances, évènements à l’étranger, les frais de publicité se borneront à quelques annonces dans Paris-Soir et Ouest-éclair !

Le 16/04/1940 : Trois questions se posent : 1. Y aura t il une saison ? 2. Dans quelle proportion travaillera l’hotellerie ? 3. Etablissement d’un menu avec prix …. en supprimant la boisson et un plat à chaque repas.

Le 1/08/1940 : Erquy en plus des réfugiés volontaires, doit heberger 1200 évacués. Des Belges et des habitants du Nord. Des cantines sont aménagées à leur intention à la « Fosse Eyrand », à « l’hotel des terrasses », à « l’hotel des bains » et à la pension « Bon Accueil ». La question délicate est celle du ravitaillement pour approvisionner ces cantines ! Fin juillet, presque tous les réfugiés sont repartis. Notre pays reste sous l’occupation allemande. En attendant, des jours meilleurs……

*

Le 12/03/1945 : Reprise de l’activité et réunion du bureau du syndicat d’initiative en vue d’une saison balnéaire, au cas où les hostilités seraient terminées.20190917_103209

Le 14/03/1945 Assemblée Générale à l’ « Armoric Cinéma »

Le 06/02/1946 : Le comité émet le vœu que le sémaphore soit placé plus sur la pointe afin de libérer les terrains environnants de leur servitude ce qui pourrait permettre des constructions ! Voeux divers : nomination d’un garde-champêtre. Nettoyage des rues, du lai de mer…, destruction du blockauss de Caroual !

Le 27/01/1947 « Jeu de tennis » (à propos de son rétablissement):  demande à Me Heitz propriétaire du terrain, de le louer gratuitement !!

Le 3/02/1947 : Pourparlers avec Mr Dufretet au sujet d’un terrain possible pour l’établissement « du jeu de tennis » éventuel ! Accord pour faire placer aux gares Montparnasse et St Lazare un panneau de publicité suivant offre faîte par les bureaux de tourisme de la S.N.C.F.

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Le 4/03/1947 : Démarche auprès de M. Hamonet en vue du projet d’affiche du syndicat. M. Hamonet effectuera volontiers cette esquisse et désire que Mr Gagey soit informé auparavant de sa décision. Une tombola ou souscription proposée pour proposer des recettes au syndicat !

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Le 1/04/1947 : Le bureau proteste contre la création en divers points de la commune de dépôts d’ordures !

Le 3/06/1947 : Voeux divers : niveller de la dune; maintenir  l’interdiction du pâturage des bestiaux sur la plage durant la saison estivale; prévoir des trottoirs dans les rues principales. Protestation contre l’occupation par les ambulants, forains, nomades qui envahissent la plage, hors de propos (sic) .

Le 5/05/1947 : Examen de la question du ravitaillement en « lait » principalement pour les enfants des estivants.

Le 6/10/1947 : Etant donné les difficultés rencontrées au sujet du ravitaillement en « lait » des estivants et de la population, le SI s’est vu dans l’obligation d’assurer ce ravitaillement par ses propres moyens et d’avancer les fonds nécessaires à cet effet.Proposition est faite de procéder à l’aménagement du chemin d’accès de la grotte de « Galimoneux ».

Le 4/11/1947 : Demande de création de plusieurs dépôts de lait dans le bourg ! Nivellement de la dune. Aménagement de terrains de camping. Construction de trottoirs dans le bourg. Construction de plongeoirs. Couverture de la rivière. Exercice effectif du « garde champêtre ».

Le 2/12/1947 : Suggestions en vue de l’organisation du concours de « chant crochet » du 3O décembre.

Le 06/01/1948Accord avec le CM pour l’acquisition du lais de mer et la construction de  deux tennis, emprunt envisagé.

Le 3/03/1948 : Demande à la municipalité d’améliorer le passage jugé très dangereux « du port au pendu » par l’établissement d’une rampe de protection.

Le 4/051948 : Proposition d’organisation d’une semaine de gala de cinéma au profit du SI.

Le 6/07/1948 : Proposition pour le 18/07 de l’inauguration du nouveau pavillon du S.I. Suivie d’un bal de nuit.

Le 23/08/1948 : Réclamations de plusieurs estivants relatives au mauvais approvisionnement en beurre et en huile. Un adhérent réclame la réglementation du stationnement des voitures dans l’agglomération. Ce vœu est adopté. Demandes de constructions de cabines de bains.

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Le 7/09/1948 : Réclamations des loueurs en meublés protestant contre le taux trop élevé de la patente.

Le 15/11/1948 : Le bureau émet le vœu, relativement à la suppression à partir du 1/01/1949 du trafic du chemin de fer départemental, que les rails dudit chemin de fer soient conservées ! Et que soit étudiée l’éventualité de la remise à une entreprise privée, sous forme de concession, de l’exploitation de cette ligne.

Le 23/02/1949 : Le bureau est d’accord de construire simultanément les deux courts de tennis. Renouvellement de la publicité faite l’an dernier aux gares Montparnasse et St Lazare.

Le 6/04/1949 Décision d’organiser un concours de chant crochet dans la salle de l’Armoric cinéma le 12 Mai.

Le 20/07/1949 Constitution d’un futur « tennis club » dont le bureau siègera au SI.

Le 6/09/1949 : Organisation d’un bal dans le courant de septembre.

Le 8/11/1949 : Alerte du Conseil Général pour éviter une pénurie d’eau la saison prochaine. Appel aux hôteliers pour qu’ils présentent des « plats régionaux ». Réclamation pour que les cars soient plus nombreux jusqu’à Erquy. Le plan Marshall offre des fonds pour travaux d’amélioration touristique. Voeux pour l’établissement de « bancs et de water closets » à la plage du Bourg et à Caroual. Prévoir la signalisation des principaux sites et la pose de plaques d’indication des rues. Prévoir le plus tôt possible la construction de trottoirs dans les rues principales !

(d’après les archives de l’office du tourisme)

Contributeur : l’Equipe Mémoire d’Erquy

                                                                                                       (A suivre)

Les Journées Portes Ouvertes

de l’Association Mémoire d’Erquy

se tiendront

les 2, 3 et 4 août 2019

de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h30

à la Salle des Fêtes d’Erquy

 

Les Amis de la Chapelle Saint-Michel s’associent à l’exposition

LES SOIRÉES DES JEUNES

(racontées par son créateur Gilbert JOSSET)

        Dans les années 60, les soirées des jeunes à Erquy ont marqué la vie estivale de nombreux jeunes Rhoeginéens et jeunes vacanciers.

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     Voilà comment tout a commencé : en 1965, dans la salle paroissiale du presbytère, cinq jeunes rhoeginéens : Gilbert JOSSET, Roger BOURDON, Henri L’HOTELIER, Edouard LANDIER et Annick OLIVIER, décident de créer une association afin que les jeunes d’Erquy puissent pratiquer des activités : ping- pong, labo photo etc… et  également  rencontrer leurs copains de Pleneuf-Val André.

       En Février 1966 , l’association organise au Foyer Rural une soirée dansante, avec une vente de crêpes faites par des bénévoles, afin que la recette soit destinée au foyer des jeunes.

       L’été arrive et Gilbert est contacté par Gilles LACOMBE et Lucien LOGETTE qui ont entendu parler de l’association et souhaitent organiser des soirées régulières pour les jeunes pendant l’été. A l’époque il n’y avait vraiment rien pour ces derniers. Les bals ne leur plaisaient pas, la musique leur paraissant trop désuète… Gilbert allait souvent à Pléneuf assister aux répétitions d’un groupe de jeunes musiciens de la commune dans le grenier au-dessus de la boucherie LE NAOUR. Les deux fils Jean-Pierre et Jean-Yves démarraient leur groupe : les STRAUSS !! Les autres membres étaient Daniel MICHEL, Louis MORIN, Christian HILLION, le chanteur Alain PIETE. Nicolas CARVER (le saxo) un Anglais ,  les a rejoints plus tard  ainsi que John le trompettiste qui est venu consolider le groupe avec trois cuivres permettant ainsi de développer le répertoire en rhythm and blues .

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    Immédiatement et suite à la conversation qu’il a eue avec Gilles et Lucien, Gilbert pense tout de suite à eux pour venir jouer dans leurs soirées.  N’ayant pas de budget, il leur fait une proposition et pour la première soirée, l’entrée est fixée à 1fr. A l’époque l’entrée d’un bal était de 10frs (exemple : bal de Jo Haguet, connu dans la région) Il est convenu que les STRAUSS  auraient comme cachet 75 % de la recette des entrées. 25% seraient consacrés aux frais de fonctionnement (location de la salle etc…). La recette de la buvette (bière, Coca, Orangina..), non négligeable, était réservée pour le foyer des Jeunes.

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      1ère soirée : 200 entrées. Sans pub, uniquement par le bouche à oreille.                                  2ème soirée ; 400 entrées. L’entrée passe à 2frs. Ensuite le prix est resté constant.                3ème mercredi: 600 personnes ! Toujours sans pub.                                                                    Pendant les mercredis du mois d’août : 1000 personnes (à peu près 4 personnes au m2) !

      Dehors, pour se restaurer, un camion de frites, tenu par « La Frite » remporte un vif succès. Il s’installait devant chez M. et Mme SIDENIER.

   Madame SIDENIER, Mado, participait très activement et était la seule adulte à contribuer à l’organisation.

      Petite anecdote : durant l’été, Gilbert se rend à la kermesse paroissiale sur le terrain des sports. Là, il se fait apostropher par le recteur et une partie du conseil municipal, qui étaient extrêmement mécontents de ce rassemblement de jeunes et voulaient faire interdire les soirées. Gilbert les informe alors qu’une banderole sera apposée sur la salle des fêtes stipulant l’interdiction par la Conseil Municipal et les laissent imaginer la réaction des jeunes . Heureusement, et avec l’appui toujours de Mado les soirées continuent. A la grande joie des jeunes Rhoeginéens et des vacanciers .

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        A la fin de la saison, début Septembre, le bénéfice est de 12 000frs. Ne sachant pas comment utiliser cette somme d’argent, Gilbert, qui pratique l’équitation au manoir de la Ville-Rogon, et connaissant les difficultés du club hippique menacé de fermeture, décide d’acquérir un grand nombre de cartes d’abonnement pour douze leçons d’équitation. Elles furent distribuées dans les différentes écoles d’Erquy, publiques et privées et également au collège. Cela permit de relancer l’activité du club pendant plusieurs années et de faire plaisir à de nombreux élèves.

      La deuxième année, il a été convenu que chaque soirée serait organisée par une association différente (Union bouliste, Cols bleus, pompiers, USE, FNACA….) et que le bénéfice reviendrait à ces associations. Ensuite les soirées ont continué avec le même tarif pendant six ans, avec toujours ce succès phénoménal qui ramenait des jeunes de toute la région. Ces soirées avaient tellement de succès que par la suite s’en sont inspirés les casinos du Val André et des Sables d’Or. L’appellation « soirée des jeunes » impliquait alternance de slows( de longue durée) et de rock, jerk, etc… Ce qui fit le succès de ces soirées était le répertoire des STRAUSS : les Beatles, les Rolling Stones, Otis Redding, du Rhythm and blues…Ils ont fait un bon bout de chemin et ces soirées ont contribué par la suite à leur popularité car ils ont également connu un vif succès dans les nombreuses soirées dansantes dans toute la Bretagne.

                                                                             *

                 Ce 15 Août 2019, aura lieu une soirée spéciale de commémoration pour les 50 ans de ces soirées, à la salle des fêtes, organisée par Gilles LACOMBE, Lucien LOGETTE, avec le soutien de Gilbert JOSSET, bien évidemment.

                 Que ceux qui ont connu cette mémorable époque viennent nombreux à cet anniversaire pour partager ce moment « remember ». Il y a 25 ans une soirée anniversaire avait déjà eu lieu,  et rendez-vous avait été pris pour les 50 ans !!!!!

Les Bâtiments du Stade

Les Bâtiments du Stade

Dès le début de la deuxième guerre mondiale les allemands réquisitionnent le stade de foot, ils édifieront deux bâtiments de trente mètres de long (chacun) en briques, enduits au ciment et couverts en fibro-ciment. A l’intérieur, au sol, du parquet, les murs et les plafonds étaient recouverts de lambris. Ces baraquements étaient destinés à héberger des ouvriers (volontaires ou pas) venus du nord de la France, afin de participer à la construction des blockhaus (surtout au niveau du ferraillage de ces derniers.)

Quand l’occupant libère ces locaux, la résistance forme ses hommes pour aller combattre sur le front de Lorient .

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Laissés libres à la fin du conflit, ces deux baraquements seront mis en vente par adjudication par les domaines. Le 2 décembre 1946, la municipalité se porte acquéreur de cet ensemble, afin de créer le groupe scolaire primaire des garçons.

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Le bâtiment Est : Sera réservé dans sa plus grande partie à l’école primaire des garçons ; CP en 1, CE en 2, CM en 3 et, une petite partie, au milieu, sera réservée aux vestiaires du club de foot U.S.E. en 4, ainsi que dans le hall à l’extrémité comme vestiaires des arbitres, également occupé quelques fois par le Dr Dayot Paul, Mme Leménère et Melle Virot, pour des séances de vaccinations obligatoires pour tous les enfants en 5.

Le bâtiment Ouest : Une grande salle avec une estrade en 10, en travers du fond était à la disposition des écoles pour leurs animations, mais également pour les répétitions du groupe folklorique d’Erquy, très important à cette période en 6, également vestiaires des visiteurs en 6. Dans l’extrémité ouest, la cuisine de la cantine était installée (cuisinières Mme Lucas et Mme Rouinvy) en 7, le réfectoire des garçons occupait une partie de la grande salle en 6.

Les toilettes extérieurs étaient à l’entrée côté rue du parc des sports en 9, pour l’eau, un seul robinet d’eau froide à l’extérieur, sans eau en périodes de gel, qui étaient longues et nombreuses à l’époque, en 8.

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Dans les années 1962, les bâtiments seront détruits par le feu au cours d’une manœuvre par les sapeurs pompiers car les boiseries intérieures étaient infectées de termites et devaient êtres brûlées afin d’empêcher la prolifération de ses dernières.

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Les sapeurs pompiers au cours de la destruction par le feu des bâtiments

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1965 : construction des tribunes par l’entreprise Bravin frères.

 

Contributeurs : Ernest Brouard & Christian Frémont