Le patrimoine

L’ABBE PROSPER DAVID (1908 – 1975)

 

 

   L’abbé Prosper David est né à Erquy le 8 mars 1908, décédé le 3 avril 1975 impasse Foch, toujours à Erquy ; il était le fils de Prosper David, mort pour la France le 6 novembre 1914 à Langemarck en Belgique, et d’Anne-Marie Guihot tenancière de débit de boisson rue Clémenceau à Erquy.

        Commerce des parents de l’abbé David

    Reconnu pupille de la nation le 17 mars 1921, Prosper fréquenta d’abord l’école communale, avant d’entre au petit séminaire de Saint-Brieuc où, disait-il, la vie était rude : il y avait souffert du froid et même de faim. Ordonné prêtre le 1er avril 1933, il fut professeur à l’école Saint-Charles avant d’être nommé vicaire successivement à Plumaudan, Lanrelas, Langueux et enfin Plérin au début de la Seconde Guerre Mondiale. Démissionnaire pour raison de santé le 1 février 1946, il se retire à Erquy, impasse Foch.

    Les archives de l’Évêché  conservent cet éloge qui lui a été consacré par Pierre Clément: L’abbé Prosper David a voulu travailler de tout son cœur jusqu’à l’épuisement de ses forces, à la construction de la Maison de Dieu parmi les hommes. Tous ceux qui l’ont connu savent que toutes ses possibilités étaient tendues vers Jésus-Christ. A sa manière, parfois très personnelle avec ses limites comme avec ses dons particuliers, il a essayé d’ouvrir à ceux qu’il rencontrait le chemin qui monte vers Dieu. « Bon pasteur », il le fut. Ordonné prêtre en 1933, lors du jubilé de la Rédemption, il avait en grande estime son sacerdoce. Que ce soit à St Charles, Plumaudan, Lanrelas, Langueux ou Plérin, partout il a travaillé courageusement. Dans toutes les paroisses, malgré sa faible constitution, il parcourt routes et chemins, pour visiter toutes les familles avec le secret désiré de connaître chacun personnellement. Homme de devoir pas toujours compris, il continue avec opiniâtreté son travail. Confident de tous, ami des pauvres et des malades qu’il comprend mieux, son âme sensible était douloureusement atteinte par la détresse des jeunes. C’est cette estime des jeunes qui le poussa, au cours de sa retraite à Erquy, à accepter la Présidence de l’U.S.E. Il fallait voir sur la touche ce prêtre tout courbé, au verbe haut, se défendre de son mieux pour encourager son équipe parfois impatient et nerveux, il lançait des invectives bien frappées, mais sans méchanceté. « Serviteur souffrant »,comme le Christ, il le fut une grande partie de sa vie. Ce que nous n’oublierons pas, c’est qu’il savait trouver une plaisanterie pour qu’on oublie sa souffrance. Il a voulu être fidèle à la pensée de son vieux Maître, le Chanoine Jégou, qui traduisait avec talent la vérité de tout apostolat :

Ces affamés du ciel!Le Maître te les donne

Vis pour eux,aime-les jusqu’au dernier soupir.

Fais les gestes divins!Souffre,guéris,pardonne.

Songe aussi que tu viens,comme lui,pour servir

          *

     Malgré son infirmité, l’abbé David aimait rendre services à toutes les personnes qui le lui demandaient, célébrer un baptême, un mariage, des obsèques… Après chaque cérémonie, il aimait rencontrer les familles pour un mot de réconfort, ou de joie, voir une plaisanterie.

L’abbé David célébrant un mariage en 1963

    Le matin il n’était pas rare voir ce prêtre courbé dans sa soutane noire revenant de l’église sa canne dans une main et son coffret à calice dans l’autre :  malgré l’autorisation de dire la messe à son domicile il aimait rejoindre le lieu de culte le matin lorsque la douleur lui était supportable.

 

Un coffret à calice

    Sur son chemin retour l’Abbé David parlait à tout le monde, en s’asseyant sur sa canne afin de se redresser pour regarder son ,interlocuteur, demandant des nouvelles des uns et des autres. Quand on le sollicitait pour visiter des malades ou des anciens c’était toujours avec un immense plaisir qu’il promettait de rendre visite, ce qui lui donnait l’occasion de sillonner en 4CV les chemins de campagne,  y compris des communes limitrophes. Son véhicule avait été adapté, au niveau aussi bien des pédales que du levier de vitesse lui facilitant ainsi la conduite.

Une 4cv Renault

    L’Abbé David était passionné de foot depuis sa plus tendre enfance, il a même été licencié. En arrivant à Erquy en 1946, la place de président de l’U.S.E, étant vacante il a été nommé Président, en 1945/1946 puis de 1958 à 1961. Il fallait le voir sur la touche encourageant son équipe, ou lors des mi-temps dans le vestiaire sollicitant l’un ou l’autre sur sa façon de jouer… le discussions étaient souvent houleuses mais toujours dans le respect de l’autre et la bonne humeur.

L’Abbé David entouré des dirigeants de l’équipe de foot L’U.S.E.

    l’Abbé David jouissait d’une grande popularité. Combien de parents dont les enfants avaient des difficultés en latin, en français ou encore en math faisaient appel à lui pour quelques cours particuliers ? Il accueillait ces jeunes pendant les vacances avec un immense plaisir.

    Bon vivant, toujours souriant (Liliane se rappelle son sourire « à la Voltaire »), se moquant volontiers de son infirmité, il aimait blaguer. Je voudrais, disait-il, que le tonnerre me tombe dessus ! Il parait que cela foudroie! Ou encore ceci : La bombe atomique est la plus grande découverte au monde ! (On s’étonne : Comment un ecclésiastique peut-il penser cela?) – Eh bien, oui, ni Monsieur le Recteur, ni Eugène Morin (pompes funèbres) ne feront des affaires : on meurt tous le même jour. On cite encore cette anecdote qui se passe sur la place du champ de foire de Lamballe : un homme se moque de l’abbé David qui tient un corbeau (il faut savoir que les prêtres à l’époque portaient la soutane et était familièrement appelé les corbeaux) : d’où la réplique de l’abbé : quand les corbeaux arrivent la charogne n’est pas loin

    Un souvenir personnel de Patrick enfin : c’est l’abbé David qui m’a fait passer mon examen de 1ere communion qui s’est terminé par des questions de foot… Résultat 1er ex-aequo avec Daniel Mehouast, de l’école publique – qui, lui aussi, aimait ce sport. Le catéchisme se faisait à l’église le dimanche avant les vêpres. Une fois, j’avais demandé à l’abbé Méléard de sortir à la fin du « caté » pour un besoin urgent ; l’abbé m’avait dit oui à condition de laisser mon missel sur le banc. Une fois dehors, direction le stade où se jouait un match de foot !… Et là je retrouvais l’abbé David qui assistait lui aussi au match : j’ai prétexté avoir oublié mon missel sur mon banc et il me l’a gentiment rapporté à la maison. Merci l’abbé !…

 

 

   Contributeur: Christian Frémont

 

 

 

  Mémoire d’Erquy remercie particulièrement M. Raymond Granié de sa contribution.

La population d’Erquy au 19ème siècle

 

    L’examen conjoint du recensement de 1841 et des archives notariales des années 1864-1897 permet d’entrevoir la réalité professionnelle des quelque deux mille habitants d’Erquy et de leurs « métiers » au 19ème siècle.

 

     Sur les 1089 femmes recensées en 1841, quatre cents sont présentées comme des ménagères – ce qui n’empêche pas les femmes d’agriculteurs de contribuer aussi activement à l’exploitation. Cent cinquante autres femmes apparaissent avec des dénominations variées : filandières, blanchisseuses, lingères, repasseuses, et autres couturières – autant de métiers qui s’exercent le plus fréquemment à domicile et non en entreprise. On trouve encore au moins cinquante servantes – peut-être davantage, certaines se cachant probablement sous l’appellation unisexe de « domestiques » ; deux fermières, deux cuisinières, une institutrice et une sage-femme. Mais le compte n’y est pas : sans doute faut-il voir dans les absentes de ce décompte (40% environ) les filles, enfants et adolescentes, et les femmes âgées – qu’on ne nommaient pas encore des retraitées; à l’inverse, 20% seulement du nombre total des hommes ne sont pas identifiés: peut-être cela tient-il à ce que les jeunes garçons ne tardaient pas à entrer dans un métier (et s’y voyaient donc comptabilisés).

Une lavandière

 

     Les hommes,  au nombre de 979, offrent une palette plus étendue de métiers. Ceux de la mer et ceux de la terre occupent à eux seuls une bonne moitié de la population masculine d’Erquy. Les premiers qui se répartissent en terre-neuvas, capitaines, marins embarqués au long cours et pêcheurs sont proportionnellement beaucoup plus présents qu’aujourd’hui ; les seconds (près de deux cent cinquante) qui comprennent les laboureurs (propriétaires), cultivateurs (métayers) et journaliers, rappellent le morcellement de la propriété agricole au 19ème siècle comparée à celle de nos jours.  

     l’équipage du Saint-Michel à la manoeuvre

 

 

                                                                                          scène de battage

 

     Dans le « secteur tertiaire », le commerce est représenté par cinq cabaretiers, sept poissonniers et un marchand au profil indéfini – peut-être tient-il l’ébauche d’un bazar ou d’une épicerie. La fonction publique, avec son maire, son percepteur, ses dix douaniers ( ! ), ses divers préposés, ses deux instituteurs, se taille la part du lion – loin devant les métiers de la santé – un médecin, un officier de santé, qui, joints à la sage-femme déjà mentionnée, ne dépassent guère en nombre les gens d’église – le recteur et ses deux vicaires.

     L’artisanat est bien représenté sous les formes les plus diverses qui, pour beaucoup, témoignent de l’importance alors de ce que nous nommons « microentreprises » et « circuit court » : un bourrelier, quatre charpentiers, deux charrons, dix couvreurs (dont cinq « en paille »), quatorze cordonniers, quatorze forgerons, un horloger, quarante maçons, dix-huit menuisiers, neuf meuniers, sept tailleurs, seize tisserands… La présence enfin de trois carriers montre que l’exploitation industrielle des veines de grès roses du Cap n’a pas encore commencé.

    Un absent de taille parmi les artisans-commerçants est à signaler : le boulanger. Il faut souvenir ici que la confection du pain a longtemps été une activité domestique – dont s’acquittaient les femmes : pétrissage manuel, pénible et fastidieux, suivi jusqu’en 1789 de la cuisson au four banal, moyennant les droits dus au seigneur ; ces derniers une fois supprimés par la Révolution, chacun put édifier un fournil contre son pignon (Erquy possède encore quelques exemples) mais les ménagères n’étaient pas pour autant libérées de la corvée du pétrissage ; et il faut attendre 1863 pour que l’Etat, assouplissant des règlements très contraignants, permette la création de boulangerie dans les bourgades.

 

                                                                                                   *

     La consultation des archives notariales – légèrement postérieures au recensement que nous venons d’examiner – donne un angle de vue différent : certes plus partielles (seuls figurent les clients de l’étude), elles nous permettent pourtant de compléter notre perception des métiers.

     Nous retrouvons certains métiers déjà rencontrés plus haut : une (ancienne) institutrice, Marie-Louise Hercouët, demeurant à La Banche ; des laboureurs, François Houzé et Auguste Michel ; un maçon, Zacharie Renault, des Hôpitaux ; des charpentiers, Joseph Clément, de la Chaussée, ou Louis Renault, du Doublet ; des aubergistes – les plus nombreux, comme Marie Allain, Jean-Marie Buchon, Constant Chatellier. Mais surgissent également quelques métiers nouveaux : un maréchal-ferrant (était-ce jusque-là le forgeron qui en tenait lieu ?), un peintre-vitrier, Hilarion Choine, un chaisier (fabricant de chaise) et même un coquetier (collecteur et revendeur d’œufs), Yves-Marie Aleu, de Langourian. Le commerce quant à lui s’élabore lentement : un boulanger, Pierre Rault, et deux bouchers, Joseph Lucas et Pierre Hillion ont ouvert boutique et Anne-Marie Guérin est présentée comme charcutière et « maîtresse d’hôtel » – indice que les touristes commencent à arriver.

     Cette double fonction exercée par Anne-Marie Guérin n’a rien qui doive surprendre : beaucoup, comme elle, exercent en effet non pas un mais deux métiers pour compléter leurs revenus. Loin de n’être que laboureurs, François Houzé, du Moulin au Moine, et Auguste Michel, , du Verger,  sont  aussi respectivement meunier et couvreur ; les agriculteurs Désiré Jason et Joseph Lefort sont aussi cordonniers ; à ses moments perdus, Joseph Jasson est charpentier, Jean-Baptiste Barbedienne maréchal-ferrant, Jean-Marie Carré et Joseph Coupé tisserands ; Constant Chantoisel peut à l’occasion faire le bourrelier, et Joseph Bertin le voiturier – concurrençant en cela Alexandre Garnier – lequel, parallèlement, tient lui-même une auberge. Mais les marins également, après avoir posé leur sac à terre au retour de Terre-Neuve ou d’Islande, revêtent volontiers un autre costume – particulièrement le tablier d’aubergiste (rôle dans lequel les remplace leur épouse quand ils sont à la mer) : c’est le cas de Jean-Marie Décemat, de la Chaussée, de François Bouguet et de Marie-Ange Cabaret, au bourg ; mais ils peuvent être aussi carriers ou laboureurs, comme Henri Jéhan ou Joseph Forêt.

 

                                                                 Les carriers d’Erquy, par Y. Jean-Haffen

                                                                                                  *

Ainsi la lecture du recensement et des archives notariales nous offre-t-elle une image de la sociologie réginéenne bien différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. Certains traits frappent d’emblée : la faible part des commerces ou du secteur de la santé ; une école embryonnaire ; l’absence de toute banque, de toute agence immobilière et d’une façon générale de toute « entreprise » ; l’écrasante proportion des gens de mer et des paysans ; la nécessité, souvent, de compléter ses revenus par l’exercice d’une autre profession. Autant de caractéristiques qui donnent à voir une petite société, restée largement autarcique et quelque peu rudimentaire, que le progrès n’avait encore versée ni dans la consommation à outrance ni dans la mondialisation.

 

                                                                                                                                             Claude Spindler et Bernard Besnier.

 

Note sur les illustrations:  elles sont sensiblement postérieures à la période concernée par cet article (une trentaine d’années pour les photographies N. et B. dues à Ernest Besnier, davantage pour la gouache d’Y. Jean-Haffen); mais elles nous ont semblé pourtant pouvoir  figurer ici, les conditions matérielles d’existence de la population d’Erquy n’ayant guère évolué dans l’intervalle.

Historique des Commerces d’Erquy: 31, rue Foch

 

 

 

 

de 1933 à 1983
MAISON BAUDY
A L’ALLIANCE D’OR
Souvenirs bretons, Horlogerie- Bijouterie

 

C’est Madame BAUDY, originaire de l’Ile-et-Vilaine qui a acheté la maison. Son fils Raymond y a fondé la bijouterie. Il s’est marié en 1934 avec Germaine Renault; ils ont tenu la bijouterie jusqu’en 1983. Ils ont eu deux filles: Christiane et Marie-José.Henriette, ( Mme Rault) sœur de Mme Baudy  y a été vendeuse pendant toutes ces années. Elle a eu deux filles: Henriette et Odette. Elle est décédée accidentellement à 104 ans; elle s’est étouffée en avalant une dent couronnée.

Tous les rhoeginéens et les habitants des alentours ont eu  pour leur baptême , leur communion , leur mariage ,un cadeau acheté chez BAUDY. C’était un magasin ou nous trouvions de  tout. Des montres, Des livres de messe, des chapelets, des chaines, des médailles et des croix des couverts et les timbales en argent pour les bébés, des bagues de fiançailles et des alliances. Pour les mariages un très grand choix de vaisselle et d’accessoires en porcelaine de Quimper. La maison a été inoccupée de 1983 à 2003, puis vendue  à la famille Clérivet.

 

 

Collectrices: S. Moret, J. Fassier, B. Maurer

 

 

 

 

 

Chez Baudy

                                                                                             par Liliane Lemaître

 

   Noël, la fête des mères et bien sûr celle des pères… Des jours sacrés où il fallait absolument combler ceux que j’aimais et leur offrir un magnifique présent ! J’étais bien jeune et ma tirelire, une cloche jaune en plastique transparent ne regorgeait pas de « gros sous ». Je les comptais fiévreusement… Allais-je demander à papa de m’aider ou de m’accompagner ? « Non, pensais-je fièrement, je suis une grande fille et je vais me débrouiller toute seule ! »  Je trouverai bien quelque chose chez Baudy.

   Cette boutique, en principe, une bijouterie, était pour moi la caverne d’Ali Baba débordant de trésors. Lorsque je revenais de l’école ou que j’allais consciencieusement faire quelque petite course dans l’une des épiceries, je m’arrêtais naturellement devant le magasin magique. Ses trois grandes vitrines étaient richement garnies et ravissaient le regard :

  Celle de gauche présentait les bijoux les plus précieux : bagues de fiançailles sur leur présentoir, bracelets, montres, colliers dont l’or luisait sous les lumières. Sur les étagères supérieures trônaient d’autres objets. Suivant les circonstances, il s’agissait parfois de beaux chapelets de nacre blanche montée sur des chaînettes en argent ou en métal doré. Ceux-là me plaisaient bien et je pensais que dans quelques années, j’aurai plaisir à en tenir un dans mes mains jointes et gantées d’organdi…On voyait aussi tout auprès, de jolis missels couverts de cuir fin incrusté d’un liseré doré… Puis c’était de beaux crucifix de bois vernis orné de fins Christs en bronze, de petits bénitiers ouvragés que l’on pouvait fixer aux murs de sa chambre… Objets pieux qui feraient le bonheur des enfants de la communion solennelle et que famille et amis allaient choisir et offrir aux communiants avant de s’attabler au festin préparé avec grand soin par les mamans… Naturellement, surplombant l’équipement du communiant, trônaient les bijoux de circonstance : Médailles de la Vierge ou du Sacré Cœur et croix en or ou en « bon plaqué, Fixe, le meilleur, Murat, Oria… » Bon investissement ! d’après la bijoutière. Ces médailles pouvaient aussi être vendues pour les baptêmes et étaient plus ou moins grandes. Au verso, on ferait graver le prénom de l’enfant, la date et la circonstance solennelle qui le sanctifiait pour la vie… Naturellement, il ne fallait pas oublier la chaîne pour les suspendre au cou des petits. A côté, serpentaient  de petites gourmettes que l’on graverait elles aussi au nom du nourrisson qui s’empresserait malencontreusement de perdre sa jolie chaînette en promenant au gré du hasard ses menottes aventureuses… Puis on voyait luire de courtes timbales en métal argenté que maman placerait dans un buffet, bébé goûtant fort peu le métal à la dureté froide et à l’odeur discutable… Quelques écrins ouverts présentaient sur leur satin blanc  artistiquement plissé comme des objets sacrés, de beaux couverts argentés que l’on pourrait faire graver au nom de leur heureux destinataire…

    Dans La vitrine de droite, d’autres bijoux en argent, ornés de symboles bretons et de pierres d’améthyste, bagues, croix, bracelets faisaient aussi rêver.  Des vases, de la faïence de Quimper, des lampes décoratives et tant d’autres objets … Une grande variété régnait dans la troisième vitrine qui remontait dans l’impasse Foch. Des poupées de collection, joliment costumées voisinaient avec de beaux foulards folkloriques et toujours des faïences, des cuivres, des coffrets à bijoux en bois travaillé avec des motifs celtiques, ou incrustés de coquillages et des bateaux décoratifs agrémentaient l’ensemble… Des baromètres et tant d’autres choses rappelaient à l’œil étonné du passant leur caractère utile voire indispensable.

    Je montais donc les marches de pierre insérées entre les deux vitrines et pénétrais dans le « sanctuaire ». Alertée par la sonnette musicale de la porte vitrée, l’hôtesse se tenait derrière son comptoir. Là encore des vitrines captaient mon regard. Avec celles du dehors, elles conféraient à  l’endroit  une fantastique atmosphère d’aquarium où se côtoyaient de rares espèces que je ne me lassais pas de contempler.

     La dame connaissait mes habitudes, mes attentes et aussi mes modestes moyens.

    – Je cherche un cadeau pour la Fête des Mères…

    Elle acquiesçait et sortait aussitôt.

    – Je vais chercher le coffre. Je reviens tout de suite.

    Deux secondes plus tard, elle déposait sur la transparence du comptoir, le plus merveilleux des coffres à trésor. Elle en rabattait le couvercle.

    – Je te laisse faire ton choix. Tous les prix sont notés sur les articles.

    Elle repartait vers des lieux mystérieux me laissant en tête à tête avec les bijoux : Aventurière, éblouie par le butin de ses rêves, je puisais la main dans le coffre de bois et étalais colliers de léger cristal aux riches couleurs. Certains brillaient de l’éclat de leurs perles factices, d’autres, plus modernes jouaient sur des compositions insolites et très harmonieuses. Il y avait aussi des bracelets mais ils me semblaient clinquants, des bagues… jolies mais la taille des doigts était difficile à apprécier, des broches… Hum… J’hésitais.

   Enfin, je trouvais le cadeau idéal et je repartais, ravie, avec un joli paquet. Avec un beau dessin et un joli poème de ma composition, maman allait être comblée.

   Sans doute était-ce un peu puéril mais ce lieu était vraiment pour moi mythique et je le retrouvais parfois dans mes rêves.

   Tant de trésors exposés à la convoitise des passants devaient forcément se voiler au passage du Bon Dieu. Aussi, les dimanches de Fête-Dieu, alors que nous défilions sur les routes décorées de pétales de fleurs et de frises de marc de café somptueusement dessinées et colorées en brandissant nos bannières chamarrées, alors que le prêtre brandissait solennellement l’ostensoir et que la clique célébrait les moments de recueillement devant les majestueux reposoirs, je m’étonnais que la vitrine de Baudy soit modestement masquée par de grands draps blancs immaculés parsemés de roses rouges. Ainsi avait-on réservé le seul hommage au créateur !   

 

 

Histoire de l’Office du Tourisme d’Erquy (suite)

 

1974

    Le 28 mars : Vœux : Aménagement de la descente du Goulet; suppression du dépôt d’ordures existant dans la descente de Caroual ! Il faut interdire aux restaurants du Port de déverser leurs ordures dans la mer ! Envisager un muret pour une retenue d’eau dans la mare dite aux « Renault » pour les enfants. Des demandes de constructions de « cabines de plage » à Caroual

   1975

     Le 02 mai  : Création d’un auto collant « Cap sur Erquy »

     Le 23 mai  : Le SI a répondu à 1874 lettres ! Beaucoup d’étrangers. La saison s’annonce bonne, tout est loué ! Toujours les mêmes problèmes : rue Foch souhaitée en sens unique , le déballage des commerçants sur les trottoirs, la signalisation incomplète du port, du cap, des lacs bleus …  Enfin la pendule de la mairie est installée.

    Le 03 décembre  : Beau temps durant la saison. Le SI aorganisé deux fêtes de la bière en juillet et août. Quelques difficultés avec la S.N.C.F. (bagages et billets ).

1976

    Le 22 janvier  : Transfert éventuel du bureau du SI à l’ancienne Crêperie Emery dans le centre d’Erquy.

    Le 29 juin  : Assemblée Générale: des suggestions : éclairage de la ville un peu plus tard. Supprimer l’Angelus (bruit gênant). Des réalisations : eau potable : 1. le plan d’eau de Quélard utilisé. 2. raccordement au barrage de l’Arguenon. Une digue est envisagée sur la plage du centre.

    Le 22 juillet  : Suggestion de faire circuler un questionnaire auprès des estivants :  « comment êtes vous venus à Erquy ? Pourquoi ? Reviendrez vous ?… » Projets : concours de bridge, concours de photos, bal….

1977

    Le 09 septembre  : Bilan de la saison : sèche, beaucoup de monde et d’étrangers.Campings affichant complets, beaucoup de camping sauvage ! Demande de deux plongeoirs. Etude pour la création d’un catalogue avec les anciennes photos d’Erquy. Location d’un petit train comme distraction.

      Le 17 février  : Le SI passe désormais à l’appellation « office de tourisme » Pétition pour empêcher la construction d’une porcherie au St Sépulcre !

      Le 17 juin  : Assemblée Générale: Saison passée excellente, avec un temps très chaud et beaucoup de monde. Réponses au questionnaire de 33 questions : « Erquy plaît par son site et son climat ». Une charte des meublés les classe en 3 catégories : normale, confortable, et de luxe.Après analyse, les eaux du littoral sont très bonnes sauf au Bourg où elles sont seulement bonnes. Deux nouveaux campings vont fonctionner cet été :  Bellevue et le Pussuet ».

      Le 23 juin : Election du nouveau président : Mr Loizel.

      Le 22 juillet  : Il est évoqué le problème des sabliers travaillant dans la baie de st Michel, apportant un amoncellement de galets sur nos plages ! Après le naufrage de l’Amoco Cadiz, le courrier est resté nul : des efforts sont faits pour rassurer la clientèle étrangère !

1978

      Le 07 septembre  : Assemblée Générale: Juin : temps froid et pluvieux; de mi-Juillet à  fin août, beau . Le plein de clients est fait à Erquy avec cependant une légère baisse en juin. Demande de distraction pour les jeunes.

1979

      Le 19 janvier  : Propositions faites : promenades en mer (pêche), excursions, circuits pédestres, visites guidées etc….

      Le 03 mai  : Organiser un feu d’artifice pour le 14 juillet à La Heussaye. Cotisations difficiles à faire rentrer ! Ne pas perdre de vue l’aménagement d’un port en eau profonde, intérêt touristique incalculable ! Ouverture du club Mickey dès le mois de juin ! Engagement d’une hôtesse d’accueil pour juillet et août. L’OTSI pratiquera des opérations de change le dimanche matin, le lundi et les jours fériés lors de la fermeture des banques.

      Le 2 novembre  : Déficit de la clientèle (les Français partent de plus en plus à l’étranger). Moins d’étrangers (marée noire en cause).

     Le 19 novembre : Le futur port d’Erquy sera classé « Port d’abri » ! Un club hippique ouvrira en juin .

1980

     Le 10 janvier  : Changement du dessin de « la flamme ».  Cap sur Erquy : remplacement de « j’aime la Bretagne » par « en toute saison » et ajouter le code postal : 22430

      Le 27 mars  : La Bretagne à nouveau touchée par une marée noire (naufrage du Tanio) mais heureusement pas à Erquy . Un encart prévu dans la presse étrangère pour signaler que les plages d’Erquy n’ont pas été souillées.

    Le 22 septembre  : La saison 1980 moyenne vu le temps médiocre en juin et juillet et le malaise économique.

    Le 8. décembre : Moins de Francais et plus d’étrangers : anglais, belges allemands, et hollandais. Séjours raccourcis. Accueil, animations à améliorer ! Golf miniature à prévoir sur la dune d’Erquy.

1981

    Le 18 janvier  : Saison estivale bonne dans l’ensemble. Beaucoup d’Anglais. 33000 personnes escomptées. Développer la publicité pour attirer les Parisiens, d’autant plus qu’il n’existe pas de droit de péage en direction de la Bretagne (édit promulgué par la duchesse Anne).

    Le 7 décembre  : Évocation du stand à la foire de Paris : Cap sur Erquy (guide touristique) ayant reçu une médaille de bronze.  Il est question de l’installation de « bouchots » à moules sur la plage de St Pabu. Entière opposition du SI.

1982

     Le 04 juin  : Organisation d’une fête « inter-quartiers », le SI y tiendra un stand de pêche à la ligne. L’hôtesse d’accueil est engagée pour deux  mois.

    Le 29 octobre  : Saison moyenne : beaucoup de monde en août. Etrangers en augmentation.

    Le 29 novembre : Assemblée Générale. Mise en place d’une centrale de réservations, équipée d’un ordinateur, très appréciable pour les campings et l’hôtellerie. Ouverture de l’école de voile en juin et création d’un poste permanent de directeur toute l’année. Réclamations : le bruit et la propreté des plages ! Aménagement du bord de Mer… Projets : 6 courts de tennis au Portuais et une salle omnisport avec un tennis couvert à l’intérieur. Limitation des places de forains au marché estival.La partie est de la plage de Lourtuais est réservée pour les « naturistes ». 

1983

    Le 08 avril  : Les vacanciers ne louent plus que pour 15 jours se réservant pour les congés d’hiver… Problème de l’étalement des vacances ! Des allemands pendant la période du 23/07 au 8/08. Les britanniques se raréfient ! Augmentation des prix des meublés. Développement du « char à voile » sur la plage de St Pabu.

    Le 02 décembre : L’école de voile participera au salon nautique en janvier 1985 à Paris. Opération Cap Armor prévue en 1984.

    Le 26 décembre  : Assemblée Générale: Saison courte en raison du mauvais temps en juillet !Les excursions ont bien marché. Réclamations : propreté et divagations des chiens sur les plages.

1984

    Le 11 octobre  : Saison médiocre en juin et en septembre. Succès de Cap Armor.

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1985

     Le 28 janvier  : Assemblée Générale: Décision de participer aux foires de Paris et de Lille en 1985. Poursuite de l’opération Cap Armor couronnée de succès. Saison 84 très satisfaisante en juillet et en août.Erquy dernière station à ne pas appliquer de taxe de séjour.Souhait d’une subvention de 120 000 Frs de la part de la mairie.

     Le 19 juillet 1985 : Réunion du Conseil d’Administration. La majorité des membres émettent un avis défavorable à l’extension de la porcherie des Ruaux.et à l’implantation d’un établissement  d’engraissement porcin à la Ville Ory. Nuisances préjudiciables à la vie économique et touristique d’Erquy !

1986   

Le 24 novembre  : La candidature de Mlle Laurence Merdrignac à l’OT comme secrétaire permanente est retenue avec une période d’essai d’un mois.

1987

    Le 13 avril 1987 : Présentation d’un projet de nouveau local pour l’OTSI sur le terrain de l’école St Pierre.

   1988

    Le 09 février : Débat avec M. le Maire à propos du projet de « port en eau profonde ».

   Le 08 avril  : Grande satisfaction du travail effectué par Mlle Laurence Merdrignac. Remplacement de la vieille machine à écrire mécanique par une machine à traitement de textes très  perfectionnée !

   Le 28 juin  : Avis défavorable à la demande d’extension d’une porcherie à la Ville-aux-Fermes. Demande de subvention pour « un tournoi de volley ball » international.

   Le 28 décembre  : Accord unanime pour la création d’un port en « eau profonde ». Création d’une carte postale (avec les compliments de l’OTSI)

1989

   Le 30 mars  : Assemblée Générale: classement des meublés amenant une émulation, une incitation à l’amélioration. « Point  I  » à la Couture. Réalisation d’enveloppes communales avec un sigle pour tous les commerçants. Les randonneurs souhaitent un prolongement de la promenade au-delà du port vers le Cap.

  Le 23 juin  : Pavillon breton absent sur le boulevard de la mer. Refus d’aménager une route menant à Lourtouais. Restauration du four à boulets.

 

   Le 21 septembre  : Saison satisfaisante favorisée par un été idéal. Prévoir un panneau indiquant la direction du Cap par le chemin des Coches.

1990

   Le 02 février : Création d’une nouvelle association : les Caps.

   Le 05 février : Bonne année touristique  malgré le non étalement des vacances. Organisation d’un « pot » d’accueil des touristes un mardi sur deux. Projet d’implantation d’une « maison des caps » à Tu es Roc (association animation des caps Fréhel-Erquy). 9 campings; 4 agences; 16 hotels/restaurants/crêperies; 6 professions libérales/banques; 24 commerçants; 34 particuliers et loueurs en meublés. Aide accrue à l’école de voile et au club de plongée.Balisage de la plage de Caroual avec une zone de baignade.

   Le 14 février : Révision du plan touristique d’Erquy

 1992  

  Le 02 mars : La saison se limite toujours à  six semaines… Comment faire venir les touristes hors-saison ? Fonctions diverses de L’OTSI : accueil, information, promotion, vente d’excursions.

     Projet de création d’un « logo ».

     Mr Catros, maire d’Erquy, offre 3 pôles d’activités : la pêche, l’agriculture, le tourisme. Les deux premiers sont en crises, le tourisme est peut être le pole d’avenir. La commune se penche sur la restructuration du centre ville, le devenir du camping de Caroual et le développement raisonnable de l’immobilier !! Problème l’accueil et son amélioration. Les campings-cars : où les parquer ?

     Le 20 mars : Mme de Kerjégu, nouvelle présidente de l’OTSI.

    Le 01 juin : Sponsorisation du cyclo-club de Plurien, de l’école de voile, des estivales de volley.Les circuits de randonnées pédestres très demandées.

    Le 19 octobre  :Pour le dépliant choix d’une photo représentant « l’îlot st Michel », endroit très prisé des touristes.

Fichier:Ilot Saint-Michel close-up 01.jpg

   1993

    Le 04 janvier: Participation de l’OT à la fête de la coquille St Jacques. Edition d’un poster avec photo d’Erquy.

    Le 25 janvier  : Assemblée Générale: Saison moins bonne que les précédentes, l’une des raisons invoquées : le raccourcissement des vacances. Le classement des meublés pose toujours problème. L’OT va être en difficulté au niveau de sa trésorerie pour le premier trimestre 93. Nouveau logo d’Erquy « la Bretagne de grès rose ». Le maire : « un moyen peu onéreux, à la portée de tous, de satisfaire nos touristes : « la qualité de l’accueil : sourires et disponibilités! »

                                                                                                                                                                                 (à suivre)

Au 28 rue Foch

 

CREDIT MARITIME (agence fermée).

 

 A cet emplacement de la rue Foch :

 De 1950 à 1958, M. Frémont (qui travaillait chez Mr Morel, marchand de chaussures et cordonnier rue de la Saline) réparait les chaussures dans son échoppe – une cabine de plage achetée à Doudou qui vendait auparavant ses gâteaux sur la plage de Caroual. Le terrain sur lequel M. Frémont a monté sa cabine appartenait à la famille du Fretay. Celle-ci l’avait vendu pour faire un lotissement à la condition que la rue s’appelle « Halna du Fretay »; mais elle s’appelle désormais rue Fleurie. Pour anecdote, Mr Frémont a réparé les talons des chaussures d’Edwige Feuillère pendant le tournage du Blé en Herbe. Les écoliers, surtout ceux de la campagne, passaient régulièrement voir M. Frémont afin de mettre des fers sous leurs galoches. Il fallait passer sous un porche et l’atelier se trouvait au fond d’un couloir sombre ou tous les enfants cavalaient pas très rassurés !

M. Fémont sur le seuil de son échoppe

 

Quand la journée était terminée, M. Fremont faisait un petit signe à M. Le Glas qui tenait le cours des halles au 29 de la rue Foch.(actuellement commerce de toilettage pour chiens.) Ils partaient tous les deux boire un « ptit coup » au bar de l »Eden, au bout de la rue Foch, où ils refaisaient le monde.

*

En 1958, Mme Dayot, modiste, s’est installée au 28 rue Foch où elle a succédé à M. Frémont, le cordonnier, parti s’installer rue Fleurie. La mode des chapeaux n’étant plus d’actualité, Mme Dayot ajoute le prêt-à-porter à son activité, qui connait un grand succès. C’est ici que l’on venait s’habiller pour les cérémonies, le classique chic côtoyait la fantaisie. Mme Dayot cessera son activité à 70 ans.

 

Auparavant, de 1938 à 1958, Mme Dayot était au numéro 40  où elle était modiste (métier appris à Saint-Cast).

maison construite en 1938 par Jean Dayot

 En ce temps là les femmes se rendaient à l’église coiffées d’un chapeau. La coutume voulait quelles en aient un neuf au printemps ainsi qu’à l’automne. Mme Dayot travaillait également beaucoup aux moments des cérémonies (mariages communions baptêmes).Les hommes se fournissaient en casquettes bérets chapeaux.

Les enterrements lui donnaient également beaucoup de travail. A cette époque les voiles de crêpes étaient à la mode et certaines familles aisées souhaitaient que ceux ci soient ajourés.

Tous les dimanches matin, Mme Dayot se rendait à Henanbihen où elle possédait un dépôt devant l’église chez Mme Meheut. Le mardi matin c’est a Pleneuf quelle se rendait près de l’église dans son dépôt chez Mme Ledoledec.

Mme Dayot a reçu chez elle des célébrités: Edwige Feuillère pendant le tournage du film « Le blé en herbe » et Michel Bouquet qu’elle a hébergé pendant le tournage du film « Pattes blanche ( c’était une des seules maisons qui possédait une salle d’eau à l’étage attenante à la chambre).

Mme Dayot cesse son activité à 70 ans.

 

A propos de chapeaux 

  « Je me souviens fort bien de mes quelques visites chez madame Dayot pour acquérir quelques accessoires d’élégance… Elle m’avait cependant fait remarquer avec une moue hautaine qu’une toilette de cérémonie sans chapeau était dépourvue de l’essentiel et qu’elle-même n’aurait jamais eu l’extrême mauvais goût de se présenter sans ce précieux élément  qui donnait toute sa classe et son accomplissement  à l’ensemble ! Quelques années plus tard, elle cédait son temple à sa fille Maino, où je n’hésitais plus à choisir de jolis articles de prêt à porter.

  L’ancienne modiste, amoureuse de son métier où s’exprimaient ses talents de créatrice (Ses coiffures étaient très renommées et l’on venait de loin pour les acquérir !) était encore imprégnée de l’ancienne mentalité qui faisait du chapeau un élément indispensable et incontournable de la toilette. Jusqu’à la première guerre mondiale et particulièrement au XIXème siècle, la femme sans chapeau, « la femme en cheveux » était considérée comme une femme de peu ou une ouvrière. Le chapeau était en quelque sorte, un marqueur social. Depuis la fin des années 1960, il était, hélas, tombé en désuétude et on le regardait même avec un léger amusement… C’était une parure un peu désuète qui pouvait  paraître à certains, teintée de ridicule. Certaines anciennes photos de mariage nous présentent des galurins insensés dont l’architecture pyramidale fait rêver.

  Ma mère qui avait été employée comme couturière au château du Noirmont dans les années 1944-45, me racontait qu’elle y assurait également le service de table. Bien souvent, il fallait servir les dames de la haute société qui gardaient suivant le bon usage, leurs impressionnants chapeaux à table. Périlleux exercice pour une fille de vingt ans, car il fallait passer les plats du bon côté et contourner sans verser une goutte de sauce, les impressionnantes conviées !

                                                                                                                                                                     Liliane Lemaitre

 

De 1980 à 2002 : Sa fille Maino (Mme Renault) lui a succédé et a continué dans le même esprit. Voici sa vitrine et la jolie carte imaginée pour fidéliser la clientèle.

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                                                                                                                                                                                                                     C’est en 2002 que le Crédit Maritime, succédant à ce commerce,  s’est installé au 28 de la rue Foch; il s’y est maintenu jusqu en 2020.

 

(Collectrices : Sylvie Moret, Jeanine Fassier, Brigitte Maurer)

27 RUE FOCH

 

(actuellement maison d’habitation)

 

De 1935 jusqu’aux années 50 (environ), Boucherie moderne DURAND-CHATELLIER

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C’était une entreprise familiale: La grand-mère n’était jamais loin; les  deux frères Durand étaient mariés à deux sœurs – Jules à Louisette et  Eugène à Elise. Elise  pesait et tenait la caisse; Jules tenait la boucherie et Eugène s’occupait surtout de l’achat des bêtes et des abattages. Les Durand possédaient deux abattoirs, l’un dans la cour derrière leur commerce, le deuxième rue Leon Hamonet près du camping du Guen:  ils sont restés en service jusqu’en 1950.

Je ne passe jamais devant la petite maison proche du camping municipal sans éprouver un frisson. Tant de bêtes y ont souffert et y sont mortes! Maman m’en a parlé dès mon enfance. Elle connaissait bien l’endroit car mon grand-père, lorsqu’il est venu s’installer définitivement à Erquy, avait loué un terrain voisin pour venir y  cultiver des légumes et guérir sa tuberculose. (Liliane Lemaitre)

Le champ du Guen accueillait les moutons se refaisant une santé avant de trépasser. En 1950, nous habitions près de l’ancienne poste et nous entendions les hurlements des cochons lors de leur mise à mort. La conversation de ces dames Durand tournait essentiellement autour des études de Jacqueline, leur fille,  l’unique descendante de la famille. Ils étaient tous très fiers de sa réussite professionnelle, puisqu’elle était professeur de français.(Claude Spindler)

 Les frères Durand avaient un berger allemand, Louky, qui allait faire les courses avec un sac dans la gueule, chez Hamon  » Aux quatre saisons  » et à la librairie. Ensuite il s’asseyait sur les marches du magasin. Les enfants qui passaient le caressaient. Il était très gentil. Quand le facteur M., Lebrun arrivait  c’est lui qui portait  le courrier à ses maîtres. Un jour, ce brave Toutou  s’était blessé sous une patte. M. Frémont, le cordonnier, lui avait fait une petite botte en cuir souple et  ainsi il avait pu continuer ses occupations.(Christian Frémont)

L’un des frères Durand était assermenté par les services vétérinaires pour estampiller les viandes chez les bouchers des alentours (tampons bleus). L’abattoir du Guen (rue Hamonet) a été acheté par la commune pour faire partie du camping du Guen: 1989/1990. (Patrick Thomas)

(Collectrices: Sylvie Moret, Jeanine Fassier, Brigitte Maurer)

Historique des Commerces d’Erquy: le 26 rue Foch

26 rue Foch, aujourd’hui auto-école Sylvain

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C’est là que  s’installe en 1949  le magasin de cycles d’Ange Lemaître

Il avait débuté deux ans plus tôt un peu plus bas dans la rue Foch face à l’ancienne poste:

 

Un nouveau magasin à Erquy en 1947.

 

    Après sa période d’apprentissage, Ange souhaitait plus que tout, se « mettre à son compte ». Il avait vingt six ans et des projets plein la tête… Les réparations de cycles, c’était du bricolage et ça rapportait peu. Il fallait se lancer dans le commerce et monter un magasin !

 – Mais… qu’est-ce que tu vas donc vendre ? lui demandaient ses proches.

– Des vélos neufs, des accessoires… et puis peut-être plus tard, des voitures d’enfants. On verra ce qui rapporte !

– Tout ça, c’est bien joli mais…

– Mais ?

– C’est que ça coûte cher un magasin !

     Haussant les épaules, Ange rêvait. Il avait pensé à tout. D’abord, ce serait dans le garage de la maison dans laquelle il s’était installé après son mariage, un an plus tôt ( Les Rosiers, aujourd’hui le 47): un bon emplacement face à la poste dans la rue Foch, une rue bien passante fréquentée par tout le pays… Il y aurait une belle vitrine sous son nom en gros caractères. Ca aurait de l’allure même si ça n’était pas grand ! La concurrence ne lui causerait guère de tort. Y en avait pas beaucoup à faire ce genre d’articles dans le pays ! La vente était quasiment assurée. Sa femme tiendrait la comptabilité et puis, si ça marchait, on verrait plus grand et on s’installerait dans le centre, dans un vrai magasin !

Le premier magasin d’Ange Lemaître, face à l’ancienne poste

 

 

    En 1949, Ange ouvre un beau et grand magasin au centre du bourg (l’actuel n°26 de la rue Foch).

 Ange et sa fille Liliane devant son magasin neuf en 1949

      Il a travaillé dur, n’hésitant pas à aller chercher lui-même les vélos commandés  chez son fournisseur à Paris, ce qu’il fera assez longtemps. Les livraisons s’effectuent difficilement en cette période d’après guerre et tout cela n’est pas sans risque. Ange a donc choisi d’aller chercher la marchandise. Il ramène les bicyclettes deux par deux et passe la nuit dans le train. A l’arrivée, le client, ravi vient chercher son nouvel engin.

 

 

  Construit tout en longueur sur une étroite bande de terrain, le magasin attire l’œil avec son toit à gradins, ses deux entrées et ses vitrines à travers lesquelles on peut admirer les bicyclettes et bientôt les mobylettes qui séduiront les jeunes générations. L’atelier, sur la gauche, s’ouvre largement sur le trottoir où son garés les engins des visiteurs. Très fier du domaine qu’il a construit, Ange l’a transformé en un lieu vivant et convivial que tout le monde fréquente dans la bonne humeur. A l’époque, la sympathie et une franche camaraderie règnent entre les commerçants qui n’hésitent pas à se retrouver autour d’une table du café de l’Eden cinéma… On plaisante, on commente les évènements locaux, les films et naturellement ceux qui ont été tournés dans le pays et la région : Patte blanche dont on a côtoyé les acteurs Fernand Ledoux et Paul Bernard venus se rafraîchir à l’Eden. On s’amuse des moyens techniques utilisés pour certaines scènes du  Blé en Herbe au tournage desquelles on a assisté. On évoque les figurants nordiques à la blonde chevelure et la haute taille qui jouent dans Les Vikings au Fort Lalatte et qui circulent quotidiennement dans les rues et sur les plages.

 En 1980, Ange quitte son domaine et prend une courte retraite bien méritée avant de s’éteindre quatre ans plus tard… le magasin est toujours là, livré aux atteintes du temps. Il abrite pour l’instant une auto école…

                                                                                                                                                                            Liliane LEMAITRE

 

  Se sont succédé ensuite à cet endroit:

les Produits de beauté BIO;

le cabinet infirmier Gildas Meury;

Auto école « Mad da Gas Kar ».

 

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Historique des Commerces d’Erquy: 25 rue Foch (aujourd’hui habitation)

 Avant 1950

  ENTREPRISE BUSSI  MACONNERIE

(dans l’impasse du 25 rue Foch)

 La maison voisine était habitée par M. BRIEND

 

Après 1950

 Etablissement  JUTTIN

Electricité – chauffage – sanitaire – électro ménager

toutes compositions florales: mariage – deuil – fleurs- plantes.

publicité dans le Magazine Erquy 1973

Publicité dans le Magazine Erquy 1975

 

Histoire des Commerces d’Erquy: 24 et 24 bis, rue Foch

 

24 rue Foch

coiffure EPITHETE Mme BLANCHARD  (depuis 2006)

 

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   Début des années 70

  SALON DE COIFFURE  F. JOUAN 

 coiffure dames- soins du cheveu, postiches- produits de beauté.

(publicité dans le magazine Erquy 1973)

Se sont ensuite succédé:

SALON DE COIFFURE.- NIZETTI JACKY

et SALON DE COIFFURE -MEHEUST JOELLE ( jusqu’en 2006)

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AU 24 BIS (actuellement)

(magasin fermé)

.Dans les années 1970:      

AGENCE ERQUY EXTENSION – J LOIZEL

     LOCATIONS- VENTES

                                                                                        prêts immobiliers – crédit auto

 

 

Se sont ensuite succédé

LA SOCIETE GENERALE

et

LA  POISSONNERIE PANIER DE CRABES

( fermée en 2017)