Le patrimoine

1934 : un nouveau carillon à l’église d’Erquy

Source : registre de la paroisse – abbé Cabaret

    L’événement marquant pour notre paroisse en cette année 1934, c’est la bénédiction de deux nouvelles cloches.

    Ravissante cérémonie qui eu lieu le dimanche de Pentecôte, 20 mai, sous la présidence de M. le Chanoine Rose, vicaire général, délégué de Mgr l’Evêque.

    Après avoir longtemps hésité, je me décidais enfin à faire l’acquisition de deux nouvelles cloches pour tenir compagnie aux deux autres qui se balançaient dans notre vieux clocher, depuis trente-sept ans, dans un carillon un peu écourté. C’est la maison Paccard, d’Annecy qui me les a fournies ; avant de relater la cérémonie de leur bénédiction, je veux consigner ici les inscriptions relevées sur les deux vieilles : ce sont des détails d’histoire paroissiale qui ont leur valeur.

    Première cloche : poids 1.250 kilos, note Ré #. Inscription : L’an 1898, j’ai été nommée Julie-Marie par M. Jules de Kerjégu mon parrain, et Mme Julien Rouget née Marie Pasturel ma marraine. M. Célestin Nogues, recteur. MM. Auguste Duchêne et Henri Gourio, vicaires. MM. Alfred Lemordan de Langourian, maire d’Erquy, François Pasturel et François Lévêque, adjoints. MM. Julien Rouget, président de la fabrique, Jean Caillibotte, trésorier, Jean-Baptiste Dobet-Desforges, Alfred Guinard, Julien Renault, membres. Prêtres nés à Erquy : MM. Jean Gour, recteur de Gommené, Jean Le Forestier, vicaire à Plestan, Edouard Brien, précepteur, Jacques Denoual, vicaire à Pléneuf, Constant Dutemple, professeur à l’école des Cordeliers de Dinan.

    Deuxième cloche : poids 900 kilos, note Fa. Inscription : L’an 1853, j’ai été nommée Marie-Louise Françoise. Parrain : M. Louis Le Mordan de la Villecochard ; Marraine : Melle Rose Pasturel. Clergé de la paroisse : M. Mathurin Lechien, recteur ; Mathurin Launay et Jean Desvaux, vicaires. Autorités civiles : M. Constant Renaut, maire, M. Gilles Revel, adjoint. Fabriciens : M. Pierre Rouget, président, Louis Le Mordan de la Villecochard, trésorier, Jacques Denis, secrétaire, Gilles Dobet, Julien Renault. Prêtres nés dans la paroisse : M. Joseph, M. Renault, chanoine honoraire ancien curé de Saint-Michel de Saint-Brieuc, Jacques Diveu, recteur de Quintenic, Casimir Renaut, directeur du séminaire, Jacques Le Dollédec, ancien curé dans le diocèse de Luçon, Louis Dobet-Desforges, aumonier de la Marine.

    J’ai été refondue l’an 1897, MM. Nogues, recteur, Lemordant de Langourian, maire d’Erquy, Julien Rouget, président de la fabrique.

    Les deux nouvelles : Celle donnant le Sol, diamètre : 1 mètre, pèse 650 kilos et celle donnant le Si bémol, diamètre 0,85 mètre, pèse 380 kilos.

    La première appelée Victoire Marie Constance a eu pour parrain Constant Landier qui perdit trois frères à la guerre, et pour marraine Marie Renault de Caroual, qui elle aussi en perdit deux. Entre autres inscriptions elle porte celle-ci : Les parents de nos grands morts  et les noms des principaux donateurs : abbés Allés, David, Briend ; des familles Besnier, de Pontbriand, de la Bourdonnaye, Françoise Lucas, de Kerjégu, Gagey.

    La 2ème appelée Bernadette Marguerite Françoise eut pour parrains Cyrille Vautier et Rémi Lepage, et pour marraines Marguerite Houzé et Francine Hamet, tous les quatre enfants de la première communion. Elle porte en particulier cette inscription : Les confirmands du 30 mai 1934.

    La cérémonie de la bénédiction eut lieu après les vêpres en présence d’une immense et enthousiaste assistance. Les cloches ne gagnèrent leur poste aérien que dans la semaine, car il fallut préalablement aménager un nouveau beffroi en fer à deux étages, l’ancien en bois ne pouvant pas recevoir quatre cloches.

 

Contributeur : Jean-Michel Mori

Pension de Famille « BELLATRIX »

L’établissement se situait au n° 1 de la rue du Port et au 79 de la rue Maréchal Foch. Madame Allain était la propriétaire (grand mère de J.-P. Allain, notre ancien libraire).

Pension de famille nouvelle et moderne

Vue sur la mer

Bon accueil et bonne table. Prix modérés.

    Vu la proximité de la plage du Centre, les résidents pouvaient profiter des bains de mer ; le port était à quelques minutes de marche, la découverte du monde de la pêche : un loisir très apprécié.

     A la fermeture de l’établissement ce dernier sera transformé en deux villas.

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La partie hôtel

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La partie habitation des propriétaires

 

 

Contributeur : Christian Frémont

Les mariages à Erquy sous le Consulat et le 1er Empire (1799 – 1815)

            A partir du 10 novembre 1799, date du coup d’état du 18 brumaire an VIII, jusqu’au 22 juin 1815, date de l’abdication de Napoléon 1er, nous avons passé ‘en revue’ les mariages qui se sont déroulés à Erquy pour essayer de mieux connaître les Réginéens vivant à cette époque. Nous avons recensé 217 mariages sur cette période, permettant l’identification de 2 004 participants, représentant moins de personnes car les parents peuvent marier plusieurs de leurs enfants et les témoins le sont souvent à plusieurs reprises.

        Il y avait en général une dizaine de mariages chaque année, mais certaine années en ont enregistré un nombre bien plus élevé. En effet, 23 mariages en 1807, mais 39 en 1813 … que se passait-il donc ? Les Réginéens étaient-ils très amoureux ? La réponse est ‘hélas’ plus terre à terre ! Pour 1813, elle est le reflet de la conscription extraordinaire pour les armées de l’Empire ; il faut savoir que les hommes mariés sont dispensés. Un premier « pic » était apparu en 1806 au moment ou l’Empire prélève pour la première fois une grande quantité d’hommes.

       Nous allons essayer de donner l’image de l’époux : L’âge médian ressort aux environs de 29 ans, les ¾ des époux ont moins de 34 ans et 8 % sont mineurs (18 – 19 – 20 ans concernent notamment les mariages de 1813 : nous en avons vu la raison !) ; le plus âgé avait 67 ans. La quasi-totalité des époux sont nés dans le département dont 49 % à Erquy et 20 % d’une proche zone géographique (Hénansal, La Bouillie, Saint-Alban, Plurien, Pléneuf). Les époux nés dans d’autres départements sont soit des artisans des départements très proches (Finistère, Ille et Vilaine, Manche, Loire Atlantique, …), soit des militaires venant de plus loin et qui se fixent (Dordogne, Haute Saône, Seine et Oise). JEAN seul ou suivi d’un autre prénom représente près du quart des prénoms attribués. Les prénoms les moins courants étant Florian, Isidore, Toussaint ou Zacharie. (suite…)

Le moulin de Quélard

     Nos grands parents M. Barbu Joseph et Mme, née Valot Constance ont acquis le moulin au printemps 1920 de la famille Briend Joseph d’Erquy (serrurier et commerçant au bourg) : l’acte se fit chez Maître Vaillant Albert, notaire à Erquy (successeur de Maître Gorvel).

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                                                                           En 1978

     Dans la famille de notre grand-mère paternelle, il y avait trois meuniers : son frère Emile Valot qui menait le moulin de Montafilan à Plurien et sa sœur Rosalie Valot, épouse Mierre, qui menait le moulin de Noyal (d’ailleurs à l’heure actuelle, seul son petit fils exerce toujours cette profession). Avant de venir à Quélard, nos grands-parents menaient le moulin de l’Epine (moulin à eau juste en dessous de celui de Montafilan) mais durent renoncer à celui-ci car difficile d’accès à cette époque.

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   Constance et ses enfants, Emile et Madeleine

    Notre grand-père, décédé en juillet 1929, mémère Constance continua l’activité du moulin mais en louant les services d’une famille. En 1949, elle mit fin à la location afin de le donner en exploitation à nos parents. Le moulin a fonctionné jusqu’en 1966, car plus assez de clients. (suite…)

Les paysans d’Erquy à la foire de Montbran – septembre 1938

Texte de Florian Le Roy dans la revue illustrée Bretagne:

Au haut de la sente à pic, un cavalier surgit, précédant l’étrange cavalcade. A cru, ou sur des couvertures vertes, ou sur des selles qui datent de l’Empire, ça chevauche à la queue-leu-leu, le gros conseiller municipal, le pâtourd, et le gars qui, la casquette de travers, sera du prochain tirage. Et derrière chaque jument, avec sa caboche de sale gosse et ses singeries, batifole un poulain.

Ce sera lui qui hennira fièrement en atteignant la crête, comme s’il savait que cette journée est dédiée à sa gloire et que la foire de Montbran est la fête des poulains.

La crinière mignardement tressée sur le front, des rubans aux œillères, on les aligne, mère et enfant, dans la rabine qui sert de foirail. Câlinement, le laiteron pose son menton sur l’échine maternelle, où il se remet goulûment à téter, et les maquignons passent, avec leur air de ne pas y voir. Des maquignons normands aux chairs insolentes comme leurs souliers jaunes, ou des maquignons en sabots de Landivichau, avec leurs faces de prêtres narquois. Appuyés sur le bâton à dragonne de cuir, et bien que le défilé n’en finisse pas de sourdre de la brume, ils font le gros bec : « N’y a rien du tout comme poulains … »

En regardant les cavaliers arriver en colonne par un et se courber, au haut de la côte, sous le noyer énorme dont les branches forment une charpente de poutres tordues, on se demande pourtant si l’allée à la longue perspective sera assez large pour contenir tout ce stud-book : les demi-sang, les percherons, les corlays, les bidets, les bais, les alezans, les mourettes et les bichettes. Dans une prairie proche, les chevaux pie des romanichels flairent machinalement l’herbe que leur queue balaie, parias qui doivent se tenir en marge des races.

Et, par-dessus les haies, dans un crachin opaque et odorant déjà comme la pomme qui s’échauffe en tas, des champs entiers se remplissent de chars à bancs.

La bête dételée, dans les brancards, avance ses grandes babines pour happer des pompons rouges à la botte de trèfle. Tout le monde mange, debout, les mains loin du corps. L’âcreté des fritures se mêle à la fumée des ajoncs qui flambent dans les braseros des boutiques enguirlandées de brasses de saucisse rose, et la chantepleure grince continuellement aux tonnes équilibrées sur des charrettes.

Mais, entre les hennissements des juments et des poulains qu’on fait courir à la remorque les uns des autres, on perçoit un tapage de volailles effarouchées.

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Dans la procession équestre, sont intercalés des troupeaux d’oies que touchent des femmes déhanchées. Pour escalader une bosse de terrain, les jars, qui mènent le train, une plume en travers des narines, étendent funambulesquement leurs ailes et balancent leur lourd croupion. Contre les murettes que débordent des dahlias, les pauvres oies, détrempées par la bruine, vont s’amonceler en tas gris et blancs, d’où sortent des cous qui se dégonflent avec les mêmes plaintes bouffonnes que les musiquettes des garçailles. (suite…)

Enquête au pied de La Roche Jaune

       Près de soixante-dix blocs cylindriques de béton se trouvent à la limite de l’estran sur la plage de Caroual, devant la Roche Jaune. On ne peut que s’interroger sur leur provenance et leur utilité ?

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       S’agit-il d’une protection de l’érosion du littoral à un endroit sensible ? Est-ce simplement une opportunité pour se débarrasser d’objets lourds et encombrants ?

            Comme le montre l’image suivante, chaque bloc présente une alvéole en forme de H d’un côté avec six crochets de manipulation ! et un trou de l’autre côté.

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       Après quelques recherches, la réponse est apparue : Nous sommes en présence des restes des défenses du Mur de l’Atlantique mises en place par l’armée allemande en 1944. En effet, il s’agit d’un dispositif installé sur les plages pour se protéger d’un débarquement de bateau ou de chaland venant de la mer.

      Celui-ci fonctionnait de la manière suivante : à l’emplacement des barres du H, on installait des mines plates de type anti-char ; au milieu, une barre (type rail de chemin de fer) de quelques mètres de hauteur était installée pour pouvoir se déplacer vers l’un ou l’autre côté des barres du H. Ainsi, en cas de ‘bascule’ importante de la dite barre, la mine explosait et la seconde, par mimétisme, également …  Le nom donné par les troupes allemandes à cet ensemble était « Nussknackermine » autrement dit une « mine casse-noix » !

      Avec tous les autres dispositifs ainsi mis en place sur nos plages, les défenses de la côte ressemblait à une véritable forêt d’obstacles pour immobiliser autant que faire se peut l’éventuel assaillant.  Il apparaît que ce type de bloc de béton est également présent sur les plages de la Ville-Berneuf, de Nantois, des Vallées, voire du Val-André mais en moindre quantité, probablement aussi en fonction des marées et des hauteurs de sable.

      Il existait aussi un modèle avec une base carrée,  au lieu de cylindrique, comme le montre le schéma ci-après :

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Contributeur : Jean-Michel Mori

PENSION DE FAMILLE « LES FALAISES »

L’établissement se situait aux 2-4-6 rue de Lourtouais à Tu Es Roc. La pension de famille était tenue par Madame RAULT (propriétaire). Cuisine bourgeoise, le service était fait par la famille.

Les pensionnaires profitaient d’une belle vue ainsi que de la tranquillité et de la proximité du cap d’Erquy et des plages de Lourtouais et du Portuais et pouvaient trouver le calme et le repos.
Les résidents pouvaient découvrir la vie dans les carrières de grès rose, et observer Monsieur RAULT maître carrier travailler et sculpter la pierre.

Sculpture de Monsieur RAULT Augustin en 1934

 

Contributeur : Christian Frémont