AU 21 rue de la Corniche

                                        

   Actuellement HOTEL BEAUSEJOUR, tenu par M. Miriel.

                                                     

  C’est en 1930 que Me Henry Aubry, notaire à Dinan – dont la famille venait en villégiature à Erquy depuis une cinquantaine d’années déjà, construit avec sa sœur Jeanne sur la route de la Corniche une importante maison de vacances, capable d’abriter leurs deux tribus réunies. Tournée face à la mer, elle est conçue en deux parties symétriques reliées entre elles par un corps central et respectivement nommées les Écrites pour celle de droite (du nom de la mare qui existe encore aujourd’hui dans le creux de la Heussaye), et la Lohouas pour l’autre (du nom de la terre d’origine des Aubry près de Dinan). Les deux familles y passent une dizaine d’été, entourées de leurs nombreux cousins, avant que la maison ne soit réquisitionnée d’abord pour accueillir les réfugiés en 1939, puis par les Allemands sous l’Occupation.

Vidée de son mobilier et endommagée, elle est en partie louée et en partie vendue à la Libération.

Villa Aubry, avec à dte les Écrites et à gche la Lohouas

En 1949, Mme Marie Thomas ouvre l’Hôtel Beauséjour.

Marie a fait abattre le mur qui séparait les deux habitations pour obtenir une grande pièce centrale. Dans la cour un jeu de boules a été aménagé, des tonnelles installées sur le bas-côté. Afin d’aider sa femme, Jo Thomas démissionnera de son poste d’officier de marine en tant que chef de rang sur le Normandie.

1972, le personnel:
En bas à gauche : Ernest Thomas, Michel Clech – au fond, au milieu ;      Marie Thomas, à sa droite Hélène Morin – en bas à droite : Jean-Jacques Thomas, Mme Massu

Anecdote

Marie voyant arriver une famille et persuadée que ce sont des étrangers, appelle son mari Jo qui est polyglotte afin de les accueillir. Jo leur souhaite la bienvenue en Anglais, Allemand et Italien. Aucune réaction, quand soudain l’un d’entre eux dit « Vous ne parlez pas Français ? »Cette famille créera à Caroual un petit café_- Restaurant – « Le Clapotis » en face le dancing « la Potinière » suivi quelques années plus tard d’une crêperie du même nom. C’est à la cessation d’activité de la crêperie que le Clapotis  deviendra à son tour « la Potinière ». C’est en 2021 lors du ravalement du restaurant que le nom de Clapotis est réapparu et que le Restaurant a repris son nom d’origine.

Marie était en avance sur son temps puisque tous les ans elle organisait en fin de saison, des cousinades réunissant ses deux frères Joseph et Claude Erhel ainsi que sa sœur Tina Brouard. Belles sœurs beau-frère ainsi que leurs petites tribus se réunissaient autour d’un bon gueuleton. La bonne humeur était de mise.

1973 REPRISE DE L’HOTEL par M. et Mme THEBAULT

Comme la quinzaine d’hôtels en exercice alors dans la station (ils ne sont plus que trois aujourd’hui), l’établissement est encore à l’époque une pension « dans son jus », qui comporte une dizaine de chambres, qu’on appelait les « bains », d’un confort très relatif – toilettes sur le palier et salle de bain partagée, équipée seulement d’un broc et d’une cuvette.

       A l’arrière, il ouvre sur une vaste prairie où, pour le plus grand plaisir de la clientèle, paissent des vaches et à l’occasion l’âne d’un client qui randonne dans la région ; et, pour compléter le cheptel, quand ils rouvrent l’hôtel à la belle saison, M. et Mme Thébault viennent de Merdrignac avec leurs poules qui n’hésitent pas à paraître parfois dans la salle à manger… Ils entreprennent la création de cabines de douche dans les chambres, ce qui nécessite un renouvellement complet de la plomberie lorsque les premiers usagers descendent se plaindre en peignoir et la tête toute moussue de shampooing !

1982 : Patrick et Arlette Thébault rachètent l’hôtel à leurs parents. Ils s’engagent dans l’amélioration du confort et l’agrandissement en construisant deux avancées symétriques, l’une pour le salon, l’autre pour la salle à manger, ainsi que de nouvelles chambres au second étage. L’hôtel prend ainsi peu à peu de l’ampleur : en plus de Patrick (en cuisine) et d’Arlette (à la réception et en salle), il faut compter un aide cuisinier, deux femmes de chambre et deux serveuses.

  A la retraite depuis 2017, ils soulignent combien le métier a changé avec l’évolution du mode de vie et aiment évoquer la relation personnelle et très gratifiante qu’ils ont pu tisser au long de leur carrière avec leur clientèle ; ils ne comptent plus les cadeaux qu’ils ont reçus de la part d’hôtes reconnaissants – jusqu’au prêt d’e’un chalet à la montagne ! Ils citent aussi la fidélité de certains estivants « abonnés » d’une année sur l’autre à telle ou telle chambre, qu’ils n’auraient changée pour rien au monde, et laissant une partie de leurs affaires à l’hôtel en perspective de leur prochaines vacances – la palme allant incontestablement à cette cliente revenue… quarante ans de suite ! Des enquiquineurs ? Oui sans doute, ils en ont eu, comme ce client du restaurant qui, protestant trop bruyamment contre le contenu de son assiette, s’était fait sortir par la salle tout entière ; ou cet assoiffé qu’il fallait accompagner à minuit jusqu’à sa dix-septième bouteille de bière ; on en rit après coup !… Dans leurs souvenirs enfin, quelques célébrités parfois et puis, cette élégante, habituée sans doute des palaces, qui, à son arrivée, s’informe du dress-code pour le dîner le plus sérieusement du monde !..

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