Auteur : memoirederquy

Un natif d’Erquy au contact des deux guerres mondiales (3)

(source ‘Journal de Route’ d’Albert Guyomard)

3ème partie : 1918 – 1919

1918

            Toujours dans le même secteur, en ce début mai, nous sommes près d’Ostel. « Nous n’avons naturellement pas remodelé la position. Nous nous sommes bornés à consolider casemates et abris à personnel. Au calme depuis plusieurs semaines, la vie s’écoule sans surprises désagréables. »

         « Le 18 ou 19 mai, je bondis de joie à la suite d’un coup de téléphone du groupe : ‘Un tel est rentré, c’est à vous de partir en permission’. J’ai vite pris mes dispositions afin d’éviter toute perte de temps. J’ai rejoint la route de Soissons avec mon sac, lourd des douille et fusée récupérées près du point d’observation. … A quatre heures du matin, je descends à Lamballe, l’esprit obscurci par le manque de sommeil. J’attendrai patiemment dans une salle d’attente encombrée de valises, parmi des gens allongés sur les banquettes, l’ouverture de l’hôtel de la mère Bertin, bien connu de tous les Réginéens. Un jus chaud pris vers six heures me ‘recaupit’ avant le départ du premier courrier. »

            « Les vacances de la Pentecôte me donnent le plaisir de revoir toute la famille rue Saint-Jean, à l’exception de mon beau-frère Moisan. Le prisonnier d’Hammelburg, sujet à de sérieuses crises hépatiques, va probablement être évacué en Suisse. Les retrouvailles du couple séparé depuis bientôt quatre ans, pourraient être ainsi sérieusement avancées. »

            « On me présente un après-midi, une cousine germaine inconnue arrivée depuis peu dans le bourg avec ses trois petites filles. Jeanne Guyomard, veuve Tropinel, a trouvé refuge dans une maison basse à la sortie du centre, sur la route du village des Hôpitaux. Exubérante, insouciante, un tantinet j’m’enfichiste, notre Parisienne n’engendre pas la mélancolie. Son caractère contraste singulièrement avec celui de mes sœurs, réservées, amoureuses de la solitude. »

(suite…)

Un natif d’Erquy au contact des deux guerres mondiales (2ème partie : 1917)

(source ‘Journal de Route’ d’Albert Guyomard)

1917

  Le 7 janvier, relève et arrivée à Blercourt à 14 h 00.

 Le 21 janvier, retour en ligne vers Villers-les-Moines.

 Le 12 février, « votre permission est signée, monsieur l’aspirant. Vous pouvez partir quand vous voudrez ! »

« Le dernier courrier d’Erquy est parti quand je débarque à Lamballe le 13 février vers 16 heures. Passer la nuit à l’hôtel Bertin ne me tente pas. Louer une bicyclette ? Je n’en trouverai que d’usagées susceptibles de me laisser en panne en pleine campagne. La meilleure solution est encore de gagner Erquy à pied. »

« La joie de revenir au pays me donne des ailes. Malgré le poids de ma valise, j’abats près de 6 kms à l’heure. La nuit tombe à Saint-Aaron, elle est complète à La Bouillie ; je me sens toutefois proche du but et m’attaque plus hardiment aux 8 derniers kilomètres. Je surprends ma mère, ma marraine, son mari en instance de réforme, rassemblés devant un feu de bois pétillant dans la cheminée. »

« Mes 4 heures de marche m’ont ouvert l’appétit. J’avale goulûment le repas impromptu rapidement préparé. Dans le décor familier, rustique et simple de mon enfance, tout le passé m’assaille. J’en arrive à me demander si je n’ai pas rêvé les évènements des derniers mois. Chambitoux sa fange et Douaumont et sa crête, Villers-les-Moines et ses nuits, la côte du Poivre enfin, quittée depuis 3 jours à peine. »

« La fatigue se fait sentir. Désireux de sommeil je réponds distraitement aux questions posées, laisse rapidement les miens seuls, tendre les mains vers les flammes ondulant en feux follets. Les prochaines veillées m’apprendront, détaillées, tous les récents potins, les rares nouvelles de la commune. Les prochaines veillées, car les Guégan enseignant à Plurien, bourg distant de 5 kms, partent tôt le matin à bicyclette, rentrent seulement à la nuit. Je serai seul dans la journée avec ma mère, certainement plus préoccupée de ma santé, de mes aventures, que des derniers évènements survenus au pays. On me les racontera le soir, au coin du feu. »

 « La conversation traînera parfois ; Je profiterai de ces temps morts pour raviver une foule de souvenirs, ceux de ma prime jeunesse en particulier, les plus enchanteurs, si proches, si lointains déjà. Je me reverrai, blotti contre les genoux de ma mère dans le demi-cercle familial formé devant la dalle du foyer. J’écoutais, ravi et contracté, les histoires de revenants aux yeux de feu, aux linceuls blancs. A la lueur d’une bougie baveuse ou d’une petite lampe Pigeon, qui dégageait à grand’peine des ténèbres les contours de la pièce envahie d’ombres inquiétantes … Ces contes affreux, envoûtants, me laissaient frémissant et troublé. D’autres détendaient heureusement l’atmosphère. Je m’esclaffais par exemple au rappel de certaines farces du père Garnier, voiturier des années 1900. De sa voix profonde de patriarche à longue barbe, ne dit-il pas un jour à un certain simplet de son voisinage :

  • Qué malheur pour la paroèsse mon pauv’e X., la bonne vierge a foutu l’camp d’l’église. D’pé l’temps qué l’était su’son soc’ tu comprends, é commençait à s’emmerder … Paraîtrait qu’é prend l’air dans les champs à Noël. Vas-y don’ vouèr et conduis la au recteur qu’est sans dessus d’sous. Il a promis eune forte récompense à ç’ui qui la li ramèn’rait.

L’homme vient confier l’échec de ses recherches au presbytère :

  • C’est le père Garnier qui est à la source de ton expédition, lui demande-t-on amusé,
  • Oui, m’sieur l’recteur.
  • Et bien sois tranquille, la bonne vierge a retrouvé sa place. Elle n’est pas, crois-le bien, sur le point de recommencer … »

(suite…)

Erquy autrefois et aujourd’hui (2)

     Nous continuons  de présenter les montages photographiques de M. Thierry Toublanc auxquels nous nous permettons d’ajouter quelques commentaires.

   Trois vues à nouveau – une de la Vieille Echaussée, une du rond-point du bout de la rue Foch et une du Boulevard de la Mer à hauteur du Chemin du Doué de la Cuve. Ce qui frappe en premier lieu peut-être est l’omniprésence du bitume (en remplacement des chemins de terre), de la signalisation routière (panneaux, marques au sol) et de leur corollaire, l’automobile – qui ont, dirait-on,  fait fuir les promeneurs. Le bâti, pour sa part, s’il a évolué, n’a pas considérablement changé: en dehors de la surélévation de certaines maisons et de l’apparition du vélux, qui remplace volontiers le chien-assis, la modification la plus notable est, vers 1930, la construction de la villa Gagey en remplacement d’une maison pré-existante (troisième montage, à droite). Et les arbres, comme il est naturel, ont bien poussé: ils cachent à présent le Noirmont et, le pin maritime (qu’on discerne à demi derrière l’arbre du premier plan sur la photo ancienne du deuxième montage) dépasse allègrement aujourd’hui le calvaire.

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Erquy autrefois et aujourd’hui (1)

   Nous remercions vivement l’un de nos adhérents et contributeurs, M. Thierry Toublanc, qui a bien voulu nous permettre de publier une série de montages photographiques qu’il a réalisés sur le thème: Erquy autrefois et aujourd’hui. Ce travail permet de mesurer les modifications apportées au paysage urbain d’Erquy en l’espace d’un siècle; nous en signalons certaines.

le Port

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        Sur ce premier montage, le changement le plus net est constitué par la disparition de l’estacade qui avait été réalisée pour le chargement des pavés (il ne reste plus qu’un tronçon des rails – au premier plan): les annexes l’ont remplacée. A remarquer aussi: l’alignement du quai (au-delà de l’estacade) et la densification du bâti, principalement voué au commerce.

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    Si l’habitat s’est, ici aussi, densifié par le remplissage des « dents creuses » et l’érection d’immeubles de rapport, on retrouve sans peine la silhouette générale de la plage du bourg; à remarquer toutefois, le remplacement de la dune primitive par une digue bétonnée vers 1970.

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    Sur ce troisième montage, en dehors de la disparition des rails (devenus inutiles depuis la fin de l’exploitation des carrières) et l’apparition de l’éclairage public, le plus frappant est sans doute, à l’arrière-plan, l’extension de l’habitat sur la corniche. Quant à la flottille de pêche, peu importante et entièrement à voile au début du vingtième siècle, elle s’est aujourd’hui déplacée vers le nouveau port, laissant la place aux bateaux de plaisance… à la belle saison.

                                                                                                                                    (à suivre)

 

Le Tu-ès-Roc de mon enfance

(source : Le Cap Magazine n°42 d’avril 2012)

 

   Le Tu-ès-Roc de mon enfance était un village de pêcheurs, un quartier d’Erquy où retentissaient des cris et des rires d’enfants jouant dans la rue dès la belle saison, familles ancrées là-haut depuis des générations. On surnommait ses habitants les « sabots râpés ». Peut-être les usaient-ils à force de remonter du port jusqu’à ce village perché sur les hauteurs, si bien exposé, qu’on l’appelait aussi « Petite Algérie » ?

     Dans ce « village », on comptait deux cafés-épiceries : chez M. et Mme Pellois et chez Mme Kremer ; plus un café : chez Henriette Gour. Le « bout du village », après la pompe, comportait aussi une boulangerie tenue par la famille Dubreuil. Les femmes et les enfants  allaient fréquemment chez Mme Kremer pour y acheter un kilo de sucre, une boîte d’allumettes ou un carambar … Les hommes venaient, le soir, y « boire une bolée », discuter de leur pêche passée ou future, jouer aux cartes à « la luette » ou à « la vache », avant de rentrer prendre le repas familial.

   Les rues du village évoquent encore aujourd’hui les métiers de ces hommes du passé, marins-pêcheurs ou carriers pour la plupart : la rue des Grès roses, la rue des Cap Horniers, la rue des Terre-Neuvas, autrefois surnommée la rue des « coques de moules » car on y bouchait généreusement les « nids de poules » avec les coquilles de moules des repas familiaux.

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   Les femmes menaient une vie souvent rude : il fallait élever les enfants, compléter les maigres revenus du mari en allant, elles aussi, aux moules, à la pêche à pied pour manger ou pour vendre. Certaines faisaient du porte à porte pour vendre leur pêche. D’autres femmes pêchaient des moulessur les rochers de Lourtuais, remontaient par la falaise leur « pouchée » de moules sur leur dos et l’emmenaient dans la brouette jusqu’au port. Là, elles séparaient les « blétrons » et nettoyaient les coquillages pour mieux les vendre. Je me souviens, petite fille habitant le port à l’époque, avoir été fascinée par ces femmes travaillant autour de leur tas de moules qui me paraissait gigantesque !

    Ma grand-mère paternelle faisait partie de ces femmes et mères de pêcheurs. Elle cheminait, dans un camion « citron » (de marque Citroën), qu’elle menait du côté de La Bouillie, Ruca, Matignon et revendait le poisson que ses fils étaient allés pêcher.

    La vie était rude pour ces grandes familles de cinq, six, voire sept enfants ; les fils devenaient pêcheurs eux-mêmes très tôt, dès l’âge de quatorze ans, après le certificat d’études ; les filles épousaient souvent des pêcheurs et le cycle recommençait …

    La découverte des bans de praires puis de coquilles Saint-Jacques dans les années 1950 et 1960 a profondément modifié le métier et grandement amélioré le sort des pêcheurs actuels.

    Aujourd’hui, Tu-ès-Roc est un village qui se transforme doucement. Les commerces ont tous disparu depuis longtemps, les maisons sont souvent fermées dix mois de l’année ou plus et les pêcheurs ont déserté ce quartier typique pour d’autres lieux d’Erquy plus accessibles et propices à leur activité. Nos anciens disparaissent les uns après les autres : Mme Bertin, 92 ans, décédée en décembre dernier (2011), fille et femme de pêcheur, Mme Rault, la doyenne de près de 104 ans, décédée en janvier 2012, Mme Bouguet, 96 ans, décédée en mars. Pourtant, quelques descendants de ces familles de pêcheurs, dont je fais partie, s’accrochent encore à ce Roc et à leurs souvenirs et ont la chance d’avoir pu conserver la maison familiale et d’y vivre toute l’année.

 

Contributeur : Maryvonne Chalvet

 

Musique, maestro!…

     Pour commencer cette nouvelle année 2018-2019, nous publions deux pièces musicales. Elles sont dues à une compositrice passablement inconnue, Elisa Bosch, qui vivait dans la deuxième partie du 19ème siècle, sans doute à Versailles (c’est là en tout cas qu’elle fait éditer ses partitions). Il faut croire qu’elle fréquenta la toute jeune station balnéaire d’Erquy puisqu’elle lui consacra ces deux pièces, Brise d’Erquy et Caroual.

         La première, Brise d’Erquy, est une valse (à écouter plutôt qu’à danser en raison des changements de tempo)  dont le thème, basé sur une montée chromatique, évoque le vent qui tourne, ascendant et descendant, à la fois léger et omniprésent. La deuxième, Caroual, est un pas de quatre à danser en couple, de facture très classique et de style léger, délicat et élégant.

       C’est à M. Pascal Rault que nous devons l’interprétation de ces deux pièces musicales que nous avons pu retrouver dans les trésors de la BNF. Nous lui adressons nos bien vifs remerciements.

 

Bernard Besnier

José Bertin, un pêcheur réginéen vers 1960

     José Bertin, c’était pour moi tout simplement ‘quelqu’un de bien’. Ce qui me frappait en premier, c’était sa gentillesse, sa simplicité, sa voix et son rire franc découvrant une dent en or si caractéristique … Il aimait les gens et particulièrement les ados que nous étions.

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   José Bertin

      C’était aussi et bien évidemment la pêche, son métier. Mais à cette époque, la rentabilité et l’amortissement du « batiau » n’étaient pas la priorité des priorités. C’était un remarquable pêcheur, mais on aurait pu dire un artisan pêcheur. Je n’ai pas bien connu ses matelots *(1). Il était donc pour moi son propre patron. Il pêchait la praire, la coquille Saint-Jacques, les crustacés, le maquereau et tous les autres poissons de la baie.

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Le bateau de Bertin au premier plan sur une carte postale du port

     Il était particulièrement imbattable à la pêche aux araignées à bord de son doris, en maniant le crochet de 5 mètres et la chopine d’eau huilée, qui servait à éclaircir le plan d’eau. Son matelot « nageait » (ramait) debout dans le doris, face à l’avant et José était calé dans la pointe du doris. Très habilement, il guidait son matelot afin de bien positionner le doris, et d’un coup rapide il plongeait son crochet pour saisir ses proies. Un artiste en la matière … qui parfois emmenait mon père, « Dédé », avec lui. [Mon grand-père possédait ces longues perches en bois avec crochet. En retraite de capitaine à Terre-Neuve, il pratiqua aussi la « petite pêche » et notamment ce type de pêche aux araignées. Dans l’eau, à quelques mètres de profondeur, il était bien difficile d’approcher le crochet près des crabes.] (suite…)

Promenade historique sur la Plage du Centre

   Le promeneur, arrivant sur le Boulevard de la Mer à hauteur de la rue des Salines, voit s’ouvrir devant lui un véritable livre de souvenirs.

   De part et d’autre de la rade tout d’abord, la Heussaye et le Cap gardent tous deux la trace des temps immémoriaux où, bien avant l’âge des dinosaures, la terre se formait à grands fracas, hésitant encore à disposer ici ou là les pièces du puzzle des continents que nous connaissons aujourd’hui. Voici plus de 600 millions d’années, le formidable choc des plaques tectoniques, préparant la chaîne des monts cadomiens, génère des explosions sous-marines dont les projections basaltiques instantanément refroidies par les eaux se retrouvent dans la roche même de la Heussaye sous la forme de pillow-lavas. En face, sur le Cap, c’est autre chose : 130 millions d’années plus tard, l’érosion arrache peu à peu aux monts cadomiens toutes sortes de débris que des torrents charrient, émiettent puis déposent dans leur lit ; quelques millions d’années s’écoulent et voilà pétrifiée cette sédimentation, rose pâle ou lie-de-vin, au grain tantôt fin (grès) et tantôt grossier (poudingue) ; plusieurs millions d’années encore et, sous l’effet de quelque puissant plissement, la roche se dressera contre le ciel comme elle est aujourd’hui.

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   Entre les deux pointes de la Heussaye et du Cap, le Boulevard : avec ses villas centenaires et sa promenade, il pourrait faire oublier ce qu’il était encore il y a un peu plus de cent cinquante ans : une dune sauvage derrière laquelle, tout comme aux Sables d’Or, s’étendait un marais que la mer venait envahir en période de vives eaux en empruntant le lit du ruisseau du Val, aujourd’hui busé sous le Chemin du Doué de la Cuve. Si ce marais, loti dans le cours du 19ème siècle, a aujourd’hui disparu, on se rappelle encore les inondations auxquelles a longtemps donné lieu dans le centre-ville la conjonction de grands pluies et de marées hautes. Quant à la dune elle-même – avec son club de plage Douradou, puis Logette, son minigolf et, durant l’été, ses fêtes foraines et les cirques enfin qui, après y avoir planté leur chapiteau, y faisaient paître lamas et chameaux – elle reste dans le souvenir de beaucoup ; on en perçoit toujours aisément la déclivité intérieure en plusieurs endroits : voies d’accès au Boulevard en pente légère, propriétés en contrebas. C’est à partir de 1850 que la dune se construit progressivement de villas entourées de grands parcs, bientôt divisés, puis subdivisés au gré des héritages pour donner en définitive le front de mer quasi continu d’aujourd’hui. Il faut attendre les années 1970 pour la voir disparaître définitivement sous la digue de béton qui borde désormais la plage – laquelle aura vu défiler sur son sable blond toutes les modes de costumes de bain, des plus aux moins habillés.

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