AU 3, 3 bis, 5 et 7 square de l’Hôtel de ville

(SUITE des MAISONS de SAINT CYR)

                       

3 & 3bis square de l’Hôtel de Ville

(actuellement Agence Cabaret et atelier désaffecté)

De 1945 jusqu’au début des années 50 (date d’installation rue Foch), la famille Poissonneau tenait au 3 et 3 bis :

Poissonneau-cycles-motos-armes-munitions-vente-réparations-pêche.

M Poissonneau réparait les vélos. C’était l’époque où les pneus et les chambres à air étaient rares. Il fallait coller des rustines après avoir repéré le trou en plongeant la chambre à air gonflée dans une bassine remplie d’eau et ainsi l’air sortait par le trou. Souvent il fallait mettre deux pneus usagés l’un par-dessus l’autre pour éviter de crever la chambre à air sur les cailloux ou autres objets pointus. Ainsi harnaché, les cotes étaient dures à monter. Il fallait en avoir sous la pédale. (Plus les pneus étaient épais et lourds, moins c’était facile de rouler).

Les vélos étaient munis de carter sur le pédalier pour éviter de graisser avec la chaine les pantalons et les mollets. Les garde boue étaient munis de filets pour éviter aux robes de se prendre dans les rayons.

Les propriétaires de vélos devaient s’acquitter d’une redevance qui donnait droit à une plaque nominative et qui devait être accrochée à la potence du guidon.

Il y avait peu de voitures, les balades du dimanche se faisaient à vélo. Si un jeune homme allait au bal pour épater sa belle, il ne pouvait pas lui dire qu’il avait une Mercédès s’il avait oublié d’enlever ses pinces à vélo.

Joel, le fils
Camélia et Joël, départ pour la pêche
Camélia et Joel, départ pour la pêche
M et Mme Poissonneau et des ami
Tandem très mode pour les premiers congés payés.

Félix PANSART (réparations et ventes de vélos): Coureur cycliste bien connu.

Vers les années 1955 /1960, A. Le TAILLENDIER (reprend le magasin).

Les vélos étaient remplacés par les solex et les mobylettes. Les dames d’un certain âge en faisaient l’acquisition. Elles n’étaient pas toujours prudentes.

Jeanine se souvient : Reine, notre voisine tournait à la Ville Ory sans s’occuper de la circulation. Mon père lui dit : « mets ton bras pour prévenir que tu tournes. » Réponse de Reine: « depuis le temps que j’habite là ils savent bien que je vais tourner ».

Ensuite :

BRETAGNE MARINE, Vêtements pour pêche et sports de mer (la publicité est toujours sur le mur).

AU 5 square de l’hôtel de ville

(actuellement Blaise ameublement)

Vers 1950 : M. Biheux : électricité, mécanique, électro ménagervente et réparation

1970  /1977  Roger Gortais :Télévision-Radio, vente et dépannage, appareils ménagers, électricicté générale.

Journal 1973

Se sont succédé:

Studio photo : M. Levesque

DRAO Studio photo 

Julien Perrot

2007-2010  Magasin des Trois Pierres, Épicerie fine-cadeaux-souvenirs produits régionaux             

AU 7 square de l’hôtel de ville

(actuellement maison d’habitation)

En 1953 : Galeries Ménagères

C’est à cette date que M. Briend a construit son magasin pour agrandir sa surface de vente. Il a voulu garder sa forge dans la cour avec une entrée directe sur la rue à gauche de la maison.

Il faisait des dragues pour ramasser les praires. Pour la fabrication des dragues, les pêcheurs donnaient leurs instructions. Les bricoles se payaient en poissons ou crustacés..

En 1965 à 1981 : GALERIES MENAGERES.

M. Sidenier C. (beau-père de M. Morgand) a repris la forge. Il tenait également avec son épouse, les Galeries ménagères. 

Depuis avril 2000 : LE MARTIN PECHÊCHEUR, tenu par Bruno Le Bail et Isabelle Augagneur


 [F1]

AU 4 -6 -8 RUE DE L’EGLISE

Ce groupe de maisons faisait partie de  LA MAISON DE SAINT-CYR

 

« La maison de Saint-Cyr, au bourg, fut naguère maison noble mais cette qualité, cessa de lui être reconnue à l’époque moderne Elle relevait de Bien-Assis à qui elle devait trois deniers de rente le jour de Noël. Cependant cette mouvance fut refusée à Bien-Assis en 1737  faute d’inféodations récentes.Son jardin, sa cour, ses issues et déports étaient situés entre les actuelles rues (Clémenceau- Godenet- de l’Eglise- Square hôtel de ville). Y avait-il en ce lieu un sanctuaire dédié à Saint-Cyr ? peut-être. Aucun document écrit n’en rappelle le souvenir. »

                                                                        Extrait de Histoire d’Erquy de J.-P. Le Gal la Salle

AU 4 RUE DE L’EGLISE

Depuis 1900, la ferme était tenue par M Julien Bourgault, capitaine fourrier en 1911 et pompier volontaire, et Joséphine Launay, veuve Peignon. Les écuries étaient rue Foch à l’emplacement de la librairie actuelle. Mme Bourgault tenait également une petite épicerie. Ils eurent deux filles : Suzanne qui se maria à Georges Briend propriétaire du Bistro et de la faïencerie Bretonne – Place du centre. Simone qui se maria à Georges Hervé infirmier dit le Piquou.

Jusqu’en 1943, M. Eugène Bosrepere et Joséphine Launay, veuve Bourgault, ont continué d’exploiter la ferme. Ils eurent également deux filles : Yvette qui se maria à Marcel Trévilly, cordonnier, et Denise qui se maria à Eugène Toublanc mécanicien très apprécié aux garages Clérivet et ensuite Thomas.

Mme Bosrepere et ses filles Yvette et Denise

1943 à1954 :  Cordonnerie Trévilly

Marcel faisait lui-même les sabots de bois, il les accrochait au plafond de son atelier pour les faire sécher. Tandis qu’Yvette s’occupait du magasin.

1954  :   Eugène Morin,  » à votre disposition pour tous travaux : marbrerie – installation, décoration magasins et maisons

Eugène gérait également les Pompes Funèbres

Eugène et son épouse Germaine eurent quatre enfants, trois sont nés dans la maison Aux Jumelles, venelle de la Sacristie, Jacqueline, Yannick, Françoise, tandis que Marie-Claire est née rue de l’Eglise.

De 1979 à 1984      Prunabel

Depuis 1984 se sont succédé      

La Rozell, crêperie -salon de thé

 Magasin de vêtement, tenu par Yvonne Morin

Magasins de vêtement, tenu par Nadine Nicol-Lemasson

                                                 

AU 6 RUE DE L’EGLISE 

                                   Actuellement maison d’habitation

Cabinet dentaire

M. Menu. Il était assisté de sa fidèle employée Francine Bertin.

Le jeudi, en attendant leur tour pour les soins, les enfants jouaient sur le trottoir, et la grosse rigolade était « va-t-on entendre les gargouillis du ventre du dentiste » cela leur faisait oublier le désagrément de la roulette.

M. MAZURE a ensuite pris la suite.

Francine est restée au service de M. Mazure. Elle assurait ses repas à son domicile. Il arrivait avec sa 2 CV dont l’arrière était rempli de vieux journaux, de publicité, de cartons etc…

Brigitte se souvient qu’il ramenait sa grand-mère Henriette Couelan chez elle à Tu ès Roc après ses consultations et qu’il restait manger avec elle après un « p’tit » apéro. La table était réputée pour être bonne. M. Mazure était bohème, mais très professionnel

                         

  AU 8 RUE DE L’EGLISE

                                               Actuellement     CHALALA et ASSITANCE PERSONNES

Vers 1900        Quiincaillerie – Droguerie – Forge Joseph Briend

C’était une affaire de famille montée par les grands-parents Briend.  Quincaillerie – droguerie, sur la rue de l’Eglise. La forge était derrière dans la cour qui donnait directement sur le square de l’Hôtel de Ville juste en face du verger de ‘Tasie’ (Anastasie Caillibotte) emplacement de la Mairie, de la Poste et de la Salle des Fêtes. Le n° 7 n’était pas encore construit.

A la saison des pommes, Maryvonne, la petite-fille, se souvient qu’avec les voisins ils avaient l’habitude de se servir étant donné que ‘Tasie’ laissait pourrir les fruits. Mais quand même… Elle prévenait les gendarmes qui arrivaient à vélo, et là ils remplissaient leurs sacoches en prétextant que c’était des pièces à conviction. Cela se passait dans la bonne humeur.

Juste une petite enseigne pour signaler le commerce

Le grand-père a formé son fils au métier de forgeron, ainsi que Joseph Morel, qui est devenu propriétaire de la forge, rue Notre Dame. Pendant la guerre, la forge de Joseph Briend a été réquisitionnée par les allemands pour ferrer leurs chevaux.

Mme Briend a succédé à sa belle-mère en 1933, le magasin était bien achalandé (appareils ménagers et de chauffage, peinture, décoration). Elle fournissait les cierges pour les cérémonies religieuses ; il s’appelait à juste titre : « GALERIES MENAGERES ». C’est Loulou qui avait peint les lettres de l’enseigne, c’était un artiste, le voir faire était un spectacle tellement il avait les gestes surs et précis.

Sur le pas de la porte, Joseph Briend et sa fille Maryvonne.
Maryvonne devant les Galeries Ménagères
Le neveu, Claude Briend, qui faisait de la publicité gratuite.

En 1959 : affaire reprise par M. et Mme Barall

De 1963 à 1985 : Mme Arlette Vincent (née Gesrel).

De 1985 à 1989 : M. Christophe Perennes

A partir de 1989 se sont succédé : M. Langlais.

Et ensuite

ERQUY PAS CHER, tenu par Michel et Dominique ERARD.

AU 2 RUE DE L’EGLISE

(Magasin d’antiquités depuis 1992)

Au début du siècle, à cet endroit il y avait une ferme.

Sur la carte postale ci-dessous, on aperçoit le store de la mercerie tenue par Melle Francine Hamet jusqu’en 1927, date de son mariage avec M Provost.

Sur la carte postale ci-dessous, on aperçoit le store de la mercerie tenue par Melle Francine Hamet jusqu’en 1927, date de son mariage avec M Provost.

C’est en 1942 que M. et Mme Houzé achètent les bâtiments de la ferme, c’est à cette époque que Mme Houzé, connue sous son nom de jeune fille,  Sophie Piron, a créé le magasin AU CAPRICE 

Toutes les marchandises étaient dans des boites bien étiquetées posées sur les étagères en bois, la quantité de références était impressionnante (multitude de boutons, de liserés, de croquets, d’épaulettes, etc.…).

1952  :   M. et Mme Van Marle.

Les couturières portaient à M. Van Marle un morceau de tissus correspondant au vêtement qu’elles confectionnaient, et celui-ci recouvrait avec un système de clip des boutons en métal avec le tissu fourni. Ainsi c’était bien assorti.

Anecdote de Christian : M. Van Marle était un pêcheur en eau douce chevronné, c’est grâce à lui que j’ai découvert les étangs du Guébriant et des Ponts Neufs.

Ensuite se sont succédé :

Mme BOURDON

Mlle LEVEQUE Denise

Mme ESNAULT

Depuis 1992  :  M. Vallat – Antiquaire

AU 7 & 9 RUE DES ANCIENNES ECOLES et AU 1 & 3 RUE DE L’EGLISE

Ce quartier historique d’Erquy était très vivant et animé jusqu’aux années 1965.

« Avant d’appartenir à la famille PROVOST ce groupe de maison se nommait la « MAISON DE LA FRANCHISE » ou « MAISON FRANCHE D’ERQUY », ainsi nommée parce qu’elle possédait l’exemption ou franchise du droit de billot (impôt sur la vente des vins), bref c’était l’un des deux débits de boisson d’Erquy, bien placé à la sortie de l’église.

En 1789 la maison se compose de deux bâtiments. Le bâtiment donnant sur la rue de l’église présente un four à pain. » (1)

                                                                    (Extrait de Histoire d’Erquy, par J.-P Le Gal la Salle)

AU 7 rue des ANCIENNES ECOLES

Jusqu’en 1930 M Adrien Blanchet travaillait aux carrières de l’Ouest.

L’activité des carrières de l’ouest fut à son maximum de 1900 à 1927; ensuite la production faiblit progressivement. En 1930 Les carrières de la Fosse-Eyrand périclitent ; c’est à ce moment-là que M. Julien Blanchet s’installa au 7 rue des Anciennes Ecoles en qualité de MARECHAL FERRANT. Bien sûr il ferrait les chevaux mais sa principale activité était les réparations du matériel agricole.

Marie Caillibotte qui était dans les années 1945 pensionnaire chez les sœurs de St-Vincent de Paul se souvient qu’elle s’endormait et se réveillait au son de l’enclume.

Céline Poilvé sa femme était très appréciée des voisins à qui elle rendait de multiples services.

Adrien et Céline eurent un fils Didi qui après avoir appris le métier de pâtissier, commença à faire des gâteaux dans la cuisine familiale. Il les vendait surtout le dimanche à la sortie de la messe sur des tréteaux dans la petite cour. Ils étaient appréciés et en plus ils étaient plus gros que ceux de la concurrence. Ensuite Didi s’est installé au 7 rue de l’Église.

Didi a eu deux fils : Jean-François et Alain.

AU 9 RUE DES ANCIENNES ECOLES

(SAUR COMPAGNIE DES EAUX)

Vers 1930   :      GUSTAVE CHEVALLIER   – BOURRELIER

Gustave travaillait souvent sur le pas de sa porte, à la sortie de l’école nous aimions le regarder, bourrer les licols avec du crin et les coudre avec l’alène qui lui permettait de passer le ligneul bien enduit de poix qui sentait la réglisse. Cécile sa femme était bedeau. 

Gustave et Cécile eurent deux filles (Germaine et Maryvonne) et un fils Pierre.

CABINET INFIRMIER (transféré à la maison médicale en 2019)

Après avoir exercé sente du Paradis, Brigitte Guinard, qui avait assuré la suite de Sœur Florestine, a ouvert fin 1989 son cabinet infirmier au 9 rue des anciennes Ecoles, Sylvie Boutier l’a rejointe courant 1990.

                                     AU 1 RUE DE L’EGLISE

                                        (Magasin fermé)

1920     PEINTURES COULEURS L’HOSTIS

1950 -1963 : Décoration intérieure – Peinture- Vitrerie – Papiers peint Revêtement de sol et moquette, repris par Mme Vincent, née Duclos, soeur de Mme L’Hostis.

Ensuite magasins éphémères:

  • Cabinet d’architecte Pierre Albertson (dans les années 80-90)
  • Magasin de vêtements
  • Magasin des senteurs

Au 3 rue de l’église

Salon de coiffure tenu par Sabrina Roussilhe

 1927/1950   :  PRINTANIA –   PROVOST-HAMET (Tissus- Mercerie – Laines- linge de table et de maison – Ameublement – souvenirs régionaux)

Avant son mariage en 1927 avec M. Provost qui était officier de marine, Mlle Francine Hamet tenait une mercerie au 2rue de l’Eglise. Mme Provost était souvent appelée  » La Hamette » car son nom de jeune fille était Hamet et il était mis au féminin. Il y avait au- dessus de son comptoir un mètre en bois fixé au plafond, qu’elle pouvait monter ou descendre pour mesurer les différents tissus destinés à ses clients. M. Provost qui avait du mal à se mouvoir était souvent assis sur un coin du comptoir. M. & Mme Provost eurent deux enfants, Madeleine (1928 et Francisque 1934).

Le magasin est resté sans activité durant plusieurs années 

Francisque Provost et Sabrina Roussilhe la responsable du salon de coiffure pendant les travaux.

(1) Se reporter à l’article « histoire de la maison de la Franchise » bulletin N° 1 page 28

5 et 7 rue de l’Église

(magasin fermé et parking)

« La maison au coin du chemin de l’Eglise et du chemin montant à la croix
Thébault (actuel emplacement du parking et du magasin fermé) s’appelait la
maison des « des Criées de Noël » et relevait de Bien-Assis. Le jour de Noël,
son propriétaire devait crier dans l’Eglise « qui reçoit les rentes de Bien-
Assis ? » ; alors le receveur se levait et donnait son nom. Il devait aussi porter au
seigneur de Bien-Assis assis sur « sa chaire » les trois deniers de rente
féodale : un denier à la messe de la nuit, un denier à la messe du point du jour,
un denier à la grand-messe. (cf. Les fêtes religieuses)
« La Criée de Noël « consiste en deux maisons dont l’une existe toujours et la
deuxième à été abattue en 1971 (parking actuel) »
Extrait du livre de J.-P Le Gal la Salle

Ferme tenue par Francois Bourgault.
Dans une pièce mitoyenne avec la famille Provost (3 rue de l’Eglise) se tenait
un pressoir qui servait aux deux familles. La ferme englobait une partie du parking actuel. L’épicerie était tenue par Marie Hervé (épouse de François). Elle était native de la petite Ville-ès-Mares. On y trouvait que l’utilitaire pas de stock superflu. François, son petit-fils, se souvient qu’il n’y avait que des bonbons à la menthe (gourmandise pour les enfants et médicament pour digestions difficiles). Le café vert arrivait par sac de 25 kilos, François devait tourner la manivelle du rouleau qui était sur le feu pour le torréfier. « Quelle responsabilité pour l’enfant que j’étais ! Surtout que ma grand-mère était intransigeante «. Ensuite il fallait l’ensacher en paquet de 250 grammes et pesé au plus juste.
M et Mme Bourgault ont eu deux enfants : Marie épousa Francis Lefaucheur et François qui épousa Marie Joseph L’Hotellier.

Marie décéda en 1944 en laissant un petit garçon, Claude, qui fut élevé par sa grand-mère. Francis décéda en 1945 à PARIS en revenant de la guerre. Claude qui était pupille de la nation fut pris en charge et ainsi appris le métier d’horticulteur. Il épousa Lili (Amélie) Leclerc, ils eurent quatre enfants. Martine,
Nelly, Patrick, Éric.

François géra la ferme des Champs-Noël, terrain acheté en 1910 à M. Le Mordan de Langourian.

A cette époque la rue de l’Eglise était animée avec les fêtes religieuses
Sur cette photo donnée par Maryvonne nous apercevons le magasin Le Faucheur

1955 : C. LEFAUCHEUR – Fleurs naturelles. Jardin – plants divers- horticulteur – fruits et l
Tenu par CLAUDE et LILI

Claude cultivait un grand champ à la ville Ory à l’emplacement actuel de « La pépinière des Caps » entreprise tenue par Nadine et Stéphane Etienne. Lili tenait une épicerie de produits de première nécessité. Elle s’occupait surtout de la commercialisation des légumes cultivés dans leur jardin. C’était le début des circuits cours.

Claude Lefaucheur était Adjudant-chef de corps des Pompiers d’Erquy. Le voici
ci-dessous avec M. Ruellan, Maire d’Erquy.

RESTAURANT LE NELUMBO:
Se sont succédé

MAartine Le Faucheur (fille de Claude et Lili)

Pascal Schmit et Carole Doublet

Sophie & Jean-Marc Giorgi

CREPERIE LA GROSSE TUILE

Galettes et crêpes – Carte et menu à volonté
Tenue par Nathalie Février

AU 7 RUE DE L’EGLISE
(voir photo du parking ci-dessus)
Avant d’être un commerce, cette bâtisse (photo ci-dessous) était une maison d’habitation. La famille Chapelain l’a occupée un certain temps. Yvonne se souvient que (comme la majorité des familles à cette époque), elle élevait un cochon. Le fermier qui fournissait l’animal tous les ans s’appelait Aristide. De
ce fait tous leurs cochons s’appelèrent Aristide. Dommage que cette maison qui était l’une des plus anciennes d’Erquy, ait été abattue en 1971 pour faire un parking.

1950 PATISSERIE BLANCHET, installée à cette adresse par Didi Blanchet.

1952 – 1968 CREPERIE EMERY

Les galettes étaient excellentes. Mme Emery faisait des galettes au chocolat
inégalées à ce jour. René Emery faisait des galettes et des crêpes à gauche en rentrant dans le
magasin. La fenêtre était toujours ouverte. Nous pouvions le voir faire et
discuter avec lui, acheter les galettes et les crêpes sans rentrer dans le magasin.
Ci-dessous René et son taxi

René faisait taxi des ports avec les marins du commerce et de la grande pêche ; il emmenait les marins dans les ports, Le Havre, Boulogne, Brest, allant même jusqu’à Bordeaux. Les marins partaient pour plusieurs mois. Ils avaient beaucoup de bagages, René ajoutait une remorque. Brigitte se souvient qu’il venait les chercher à la gare de Lamballe afin de passer leurs vacances d’été chez leurs grands-parents à Erquy. Nous n’étions pas habitués au transport en voiture et les virages de la Couture nous étaient souvent
fatals…

M. et Mme Emery ont eu trois garçons; ci-dessous deux d’entre eux.

Anecdote : Christian se souvient que sa mère et Mme Urban allaient vendre des galettes-saucisses sous une tente lors des fêtes sur la plage du bourg ou Caroual.

Ci-dessus la tente installée au port
Ci-dessus Marie Frémont et Jeannette Urban.

Les Lavoirs d’Erquy

         Les lavoirs étaient des bassins publics municipaux, creusés dans le sol maçonnés ou cimentés, et alimentés par une source ou un ruisseau. Ils étaient utilisés par les femmes pour laver et rincer le linge qui demandait des quantités d’eau propre importantes.

         On peut voir dans les archives municipales et dans le livre de M. Le Gal La Salle qu’ il existait déjà des lavoirs sur la commune dans les années 1700:  ils connaîtront une période d’expansion à partir des années 1850 alors que les épidémies de choléra, variole, typhoïde faisaient de nombreuses victimes en France. Cette prise de conscience hygiéniste entraîna en 1851 le vote par l’assemblée législative d’un crédit spécial pour subventionner à la hauteur de 30% la construction de lavoirs. Dans les années 1900 la commune reconnaît leur utilité en votant des crédits pour l’entretien les lavoir existants et en créer de nouveaux.

Lavoir  alimenté par un ru (Photo Mémoire d’Erquy)
Lavoir  alimenté par une fontaine à l’aide d’un caniveau en grès d’Erquy (Photo Mémoire d’Erquy)

         Voici quelques délibérations du conseil municipal:

1900             :  on parle du lavoir public du bourg… le Pussoué et Guérinet

23 fév.1908   :  le conseil vote 1100 francs pour la construction d’un lavoir à Langourian et 250 francs pour un autre à la Couture

23 mai 1909 :  le conseil municipal vote 31,50 francs pour la construction du lavoir du Port (la chaussée)

25 nov.1917  : le conseil municipal vote pour la construction d’un lavoir à la Noé-Niheu et une subvention pour la réfection du lavoir du Bignon.

15 oct. 1922  : vote du conseil municipal 100 francs pour la réfection du lavoir de Saint-Carreuc.

13 juil. 1930 : le conseil municipal vote pour la construction d’un lavoir à la Vieuville

28 sept.1932 : demande d’autorisation de couvrir le lavoir du Doué Neuf (lavoir de la Bastille).

9 avril 1934 :  921 francs alloués par le conseil municipal pour la réfection du lavoir des Moutiers.

1 déc. 1935 : demande par le Conseil Municipal d’un devis à MM. Le Frost, Bussi,et Thomelier pour la construction de lavoir au Saint Sépulcre, à Saint Pabu et Saint Aubin. 

28 fév. 1937 : demande de création d’un lavoir au Vaubourdonnet par M. Marbaud.

         On peut voir que chaque hameau et groupe de maisons, ainsi que quelques fermes, avaient leurs propres lavoirs. La distance entre le lavoir et la maison devait être la plus courte possible pour permettre à la lavandière, souvent employée à la journée pour la lessive (la buée), de ne pas perdre trop de temps en allers et retours avec la brouette chargée de linge.

      Il fallait emporter, outre le battoir, la caisse en bois remplie de paille ou garnie de chiffons pour protéger les genoux : la lavandière pouvait rester agenouillée plusieurs heures pour mieux laver, frotter avec une brosse en chiendent si nécessaire, rincer, battre le tissu afin de l’essorer au maximum. Le métier de lavandière était très pénible. Les grosses pièces (draps) étaient bien souvent essorées à deux personnes en le tordant une dans un sens l’autre dans le sens inverse.  
    Quelques lavoirs qui étaient couverts, protégeaient ces femmes exposées aux intempéries et pour qui les journées d’hiver étaient très difficiles. La lessive était un moment important dans la vie des femmes : elle leur permettait de se retrouver, de discuter ; les lavoirs résonnaient souvent des discussions, c’était là que convergeaient les nouvelles et les rires de ces femmes. Comme chaque lavandière avait sa pierre attribuée, si par malheur l’une prenait la place de l’autre, le ton montait et pouvait en venir aux mains.

         Dans certaines maisons, on ne voulait ou on ne pouvait pas aller au lavoir communal; on faisait alors l’acquisition d’un lavoir en ciment à un ou deux bacs, auprès de l’entreprise Bussi, rue Foch à Erquy. La citerne ou le puits fournissait l’eau nécessaire au lavage et au rinçage de la lessive.

Modèle de lavoir de l’entreprise Bussi
Modèle de lavoirs de l’entreprise Bussi

         Le terme de lavandière désigne toute femme qui lavait autrefois le linge essentiellement avec des cendres et de l’eau chaude, puis à la main ou au battoir, dans un lavoir ou un cours d’eau. Cette profession était reconnue unanimement pour sa dureté. 

Une lavandière à la rivière de la Ville Ory (Crédit photo J.Fassier)
Lavandière à Saint-Cano  (Crédit photo B.Besnier)

      La grande buée était une opération d’envergure qui avait lieu une fois à l’automne et une fois au printemps, pour laver l’ensemble du linge d’une famille, notamment les draps et le gros linge qui étaient stockés dans un grenier. Les petites lessives avaient lieu une fois par semaine, généralement le lundi, pour de petites quantités de linge, essentiellement des vêtements

Le matériel indispensable à la lavandière était constitué de :

–    la brouette en bois devait être à claire voie afin d’être le plus léger   possible

      – la caisse à laver en bois garnie de paille ou vieux chiffons et le battoir en bois de hêtre ou peuplier (le chêne n’était pas utilisé à cause de son tanin qui risquait de tacher le linge).

      – le savon de Marseille qui était stocké à sécher au grenier pendant au moins un an afin qu’il ne s’use trop vite et la brosse en chiendent

      Jusqu’à la fin du 19ème siècle n’existaient ni le savon ni la lessive : la femme lavait à la cendre. Au début du 20 ème siècle, on voit apparaître les cristaux de soude, les premières poudres à laver les boules bleues, le savon et après 1918, la lessiveuse à champignon : cela devient plus facile de faire la lessive. En 1920, première machine à laver motorisée est présentée à la foire de Paris et en 1929, apparaît la première machine à laver française avec essorage intégré.   

        Du fait de ces progrès fait, on la fait plus souvent : une fois par mois, puis une fois par semaine. Les détergents de synthèse font leur apparition en 1952.

Une lessiveuse (ci-dessus et dessous)

Nous avons recensé quarante-trois lavoirs dont deux incertains (aucun document). Aujourd’hui sur notre commune il reste treize lavoirs qui ont échappé à la destruction : il serait bon de les signaler et de les nettoyer.

 (0)   Lavoir de Saint Cano; (1) Le Moulin aux moines (Saint Cano); (2) Rue du chemin de fer (chez monsieur Sabin Patrick); (3) La vallée Saint Pabu; (4) Le Dréneuf; (5) La Ville Denais; (6) Caroual village; (7) Doublet; (8) Rue de la Sourdiére  (Privé); (9) Le Vaubourdonnet; (10) Rue de Doué de la cuve; (11) Place de la Bastille(12) Rue des plages sauvages (Pussoué); (13) 33 Rue des Hôpitaux (Maison J.-J. Trepps, privé); (14) Rue des Hôpitaux, avenue Hamonet (Privé); (15) 11 bis rue du val (maison R. Balan, privé);  (16) Impasse de la source du Val; (17) Les Ruault(18); La ville Gour(19); La Mare-ès-loups; (20) La Ville Louis (maison Jan, privé); (21) Ruelle du Bignonnet;  (22)Les Montiers (Privé); (23) Rue du Lormet; (24) Ferme du Guen (Privé); (25)Ferme du Portuais (Privé); (26) Lourtouais; (27) Rue de la Basse rue (Sous les doués); (28)    Rue des Prés Biard; (29) Saint Aubin; (30); La Corderie (appelé le lavoir des Lépreux); (31) Le Guigoude; (32) Langourian; (33); La Ville Louis; (34) La Noë-Niheux; (35) Lislet; (36) L’Abbaye; (37) Bien Assis; (38) La Couture; (39) Saint Carreuc; (40)  rue de la marre des Noés; (41) la Chaussée  (sans certitude); (42) La Vallée Roussel (sans certitude).

Il faut encore ajouter à cette liste quelques lavoirs sommaires (simples trous d’eau sans aménagement):

La mare de la couture; le bois de Cavé (Famille Sive); le lac Bleu; la ville Bourse; la Ville-Ory plusieurs (le long de la rivière); Quélard; le Vauroual.

Le bois de Cavé vers 1908
Le lac Bleu

         Angèle aimait raconter les buées au lavoir de Lourtouais.  

       Angèle habitait dans une petite maison de grès rose construite par son père à son retour de nombreuses campagnes sur les goélettes au large de l’Islande.

         Cela se passe vers 1929 au début du printemps, lors de journées ensoleillées, tôt le matin, plusieurs femmes de pêcheurs, quittaient Tu-es-roc (qu’on prononçait Tieuro) en poussant des brouettes (bérouettes) chargées de linge sale, en direction de Lourtouais. 1,5 km environ avec une belle côte à gravir avant de plonger sur le chemin menant au lavoir. Les nombreux enfants qui suivaient, leurs mères,

C’était le début d’une journée merveilleuse, de l’espace, des terrains accidentés avec de nombreuses cachettes, la plage un peu plus bas,  « la liberté». Les femmes s’installaient autour du lavoir lavaient, brossaient, battaient, rinçaient, tordaient le linge avant de l’étendre sur les ajoncs, genets et la bruyère où il séchait.

       Les laveuses et les enfants réunis après ce dur labeur profitaient d’un pique-nique bien mérité ; c’était un moment de gaîté qui permettait d’oublier l’absence des pères ! Nostalgiques en regardant vers le nord une mer légèrement houleuse, certaines femmes pensaient aux jours lointains où elles viendraient au même endroit pour essayer de voir passer au large les goélettes de retour d’Islande. Angèle allait souvent avec sa mère surveiller l’arrivée des goélettes en haut de Lourtouais.

Le lavoir de Lourtouais et l’oratoire Notre-Dame des bruyères édifié par M. Barbes en 1972

                                                                                                                                                                                Christian Fremont et  Claude Spindler

La « commune libre » du Portuais

A Erquy comme ailleurs en France, les années post 1968 ont modifié moeurs et mentalités.

Notre commune, déjà fréquentée par des touristes durant la saison estivale, vit s’installer plus durablement des jeunes de banlieues de grandes villes. La période des années 1970 étant très florissante dans le domaine de la pêche, les patrons-pêcheurs de l’époque ont bien accueilli cette main-d’œuvre jeune et courageuse.

C’est durant ces années fastes qu’on fit la connaissance de « la bande du Portuais ». Plusieurs Rhoeginéennes  et Rhoeginéens ont sympathisé avec ces jeunes fêtards et ont formé une équipe joyeuse et parfois provocatrice. L’époque était à la fête et nous nous souvenons que les bars de l’époque comme les Salines, le Fréhel, la Chaumière ou le bar du Centre, ne désemplissaient pas en fin de semaine. Il fallait jouer des coudes pour arriver jusqu’au bar et se faire servir un verre.

Les jeunes, installés à la ferme du Portuais, aimaient faire la fête et ils étaient très inventifs. Ils ont ainsi instauré « la commune libre du Portuais », ont « élu » un maire et leur slogan était « Pouères* de tous les pays, unissez-vous ! ». Evidemment, rien de politique dans tout cela, tout était prétexte à faire la fête et à boire « sans modération » dirait-on de nos jours !

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    Violette et Julot, chienne et chien de leur état, étaient aussi des « citoyens » à part entière de cette petite société de la ferme du Portuais.  Joël s’adressait à sa chienne en l’appelant « ma mie ». « S’il vous plaît ma mie, asseyez-vous ! » Et Violette s’exécutait ! Il n’était pas rare non plus de voir Violette et son maître, chacun une serviette de table autour du cou, attablés face à face dans un de leur établissement favori, déguster tranquillement leur repas, le maître conversant avec sa chienne aucunement troublée par cette situation. Et personne ne trouvait rien d’anormal à la scène !

    Un jour on organisa le « mariage » des deux animaux. Encore une occasion de faire une fête ! On put lire aussi l’annonce de la naissance des « enfants » de Violette et de Julot dans le Petit Canard, feuille de chou bien connue de l’époque !

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Un moment mémorable de cette époque fut sans doute la fête organisée lors du 1er mai 1973 : une kermesse avec des jeux inventés là aussi par ces « néo ruraux » des années 70, tels qu’un véritable casse-tête : les volontaires, à genoux, plaçaient la tête sur une planchette et recevaient des projectiles de tous ordres de la part de participants à la kermesse.

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Le clou de l’après-midi fut sans conteste un combat de boxe entre deux Rhoeginéens bien connus à l’époque. Le gagnant ne fut, bien entendu, pas celui que le public pressentait, Pierre-André surnommé « L’Eventreur du Grand Léjon » cela aurait été trop « normal »!

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Un méchoui avait été prévu pour clore la fête mais personne n’eut jamais le cœur de tuer Alexandre qui continua tranquillement sa vie de mouton au milieu des champs autour du Portuais.

Un peu de provocation, souvent de la dérision pour se moquer du monde « d’avant », mais jamais de méchanceté chez ces jeunes. Ils avaient envie de s’amuser, c’est tout. Nombre de Rhoeginéens ont su, je crois, sourire et même rire franchement à toutes ces farces.

                                                                                                                        Maryvonne Chalvet

 

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* « un pouère » est un mot utilisé par nos anciens pour désigner un cochon.

 

Le Château de Noirmont

           par Brigitte Maurer et Christian Frémont

         C’est un château moderne de belle allure, magnifiquement situé au-dessus de la Chaussée, bâti en 1845 en moellons d’Erquy cachés par un enduit. Seules les pierres d’angle ainsi que l’encadrement des portes et fenêtres sont en granit de l’Ile-Grande. Il domine tout Erquy. Il est adossé aux falaises de grès couvertes de pins maritimes qui le protègent des vents du nord et nord-ouest.

C’est Adolphe Le Mordan de Langourian, né au lieu-dit Langourian le 27 mai 1818, qui construisit le château du Noirmont sur une partie de la lande d’Erquy en face de la vieille « échaussée ». On lui doit aussi le boisement de la propriété. Il épouse en 1848 Virginie Herpin à Dinan. Il décède en 1887 au Noirmont laissant le château à son fils Alfred.

Alfred Le Mordan de Langourian, né en 1851, épouse en 1879 Louise Guilhe la Combe de Villers née également en 1851. Il fut maire d’Erquy de 1888 à1911.

Alfred Le Mordan de Langourian 

     

Louise de Guilhe la Combe de Villers,
épouse d’Alfred Le Mordan de Langourian

      Leur fille Germaine épousa Alain du Breil de Pontbriand.

Alain du Breil de Pontbriand

L’entrée principale se situe rue de Tu-es-Roc ; on y accède par un portail en fer forgé.  Un petit panonceau nous indique « fondation du patrimoine ». Une allée tracée dans une étendue d’herbe mène à la demeure et fait découvrir une superbe vue d’Erquy.

La plus grande partie du parc est planté de pins maritimes et de quelques feuillus. Au détour des sentiers nous découvrons des grottes. La grotte principale, St-Gilles, était aménagée en lieu de recueillement. La statue de Saint-Gilles avec son loup était entourée de deux anges monumentaux, surmontée d’une statue de la Vierge dans une petite niche en pierre. Une seconde grotte abritait une statue de Sainte Marguerite écrasant le dragon. Ces statues ont malheureusement disparu aujourd’hui.

Au-dessus de la chaussée à flanc de falaise se trouvait un belvédère entouré d’un petit muret, le Petit Fort, qui permettait de passer des après-midis et de recevoir des amis tout en admirant le va-et-vient des bateaux de pêches ainsi que la superbe plage du centre. Aujourd’hui, le belvédère a disparu. Un autre point de vue, le Môle, avait été aménagé plus à l’Ouest.

A l’est du domaine se situaient les communs, appelée la Maisonneuve. On y trouvait les écuries, une mare appelée mare aux chevaux, ainsi qu’une basse-cour (poules pintades etc…). Un couple de paons signalait la présence d’un visiteur par leurs cris « Léon Léon !» Evelyne et Michel habitaient près du parc. Ils se souviennent qu’ils attendaient avec impatience la période de mue afin de ramasser les superbes plumes de ces volatiles. Jean Anouilh (1910 – 1987), qui possédait une maison à la Chaussée, aimait se promener dans le domaine. Les paons l’accueillaient de leurs cris. Inspiré par ce cri, le dramaturge donna le nom de Léon à l’un des personnages principaux d’une de ces pièces, Le nombril écrite en 1981.

Un espace pour des tortues, le parc à tortues, avait été aménagé. Ces dernières suscitaient la curiosité des enfants.

Par ailleurs, le fameux peintre Léon Hamonet avait l’habitude de poser son chevalet dans le parc face à la mer.

M. et Mme de la Bourdonnaye ont eu huit enfants tous nés au Noirmont : Francoise, Hervé, Patrick, Brigitte, Olivier, Marie Madeleine, Aliette, Raoul. Françoise et Marie-Madeleine se marièrent au Noirmont.

Ils employaient sept salariés pour l’entretien du château et l’éducation des enfants : une cuisinière, une aide-cuisinière,deux femmes de ménage, un jardinier, un chauffeur et une « demoiselle » pour l’éducation des plus jeunes. Ensuite les garçons allaient à Saint-Pierre et les filles à Notre-Dame. Mme Hélène Guérin, était la lavandière du domaine. Elle passait une journée ou deux par semaine de bonne heure le matin à tard le soir à laver, rincer et essorer le linge de toute la famille. Elle était souvent aidée par la cuisinière quand celle-ci était disponible. Francois le jardinier entretenait le parc. Le potager, de toute beauté, possédait des serres.

Une employée et la lingère, Jeannette
(photos de M. Chadelas)

En juin 1940, les Allemands ont voulu occuper le château. M. de la Bourdonnaye a fait sortir ses huit enfants, ce qui a dissuadé l’officier. A cette époque les occupants coupaient des arbres dans le cadre de la construction du  Mur de l’Atlantique. Le parc n’échappa pas à la règle. Ces derniers étaient transportés sur la plage du Bourg et de Caroual pour la construction des « asperges » dites de Rommel (du nom du Maréchal Rommel qui avait conçu ce dispositif de défense), destinées au minage des plages.

En 1944, le jour de Pâques, la mère de Mme de la Bourdonnaye, de la fenêtre de sa chambre, prit des photos du va-et-vient des camions allemands chargés de troncs de sapin. Un Allemand l’aperçoit : elle est arrêtée aux vêpres et emmenée à la Kommandantur (à l’hôtel de la Plage). M. Raoul Dupas (photographe à Erquy) ouvrit son labo afin de développer la pellicule et ainsi prouver aux Allemands qu’il n’y avait rien de suspect. Ils la prenaient en effet pour une espionne.

Les garçons et leur père avaient construit dans le parc, un abri couvert avec quelques vivres et couvertures pour se replier dans l’hypothèse d’un débarquement sur les plages d’Erquy. Ils avaient été informés que le Noirmont, se trouvant sur la trajectoire sémaphore de Tu-es-Roc-plage du centre , n’aurait pas résisté aux bombardements.

M. et Mme de la Bourdonnaye aimaient ouvrir leur parc lors de diverses manifestations. En particulier les fêtes de Tu-es-roc, les kermesses paroissiales, les retraites de communions etc…

*

Souvenirs d’une employée durant les années 1944-1945.

par Liliane Lemaître

Cette brève période durant laquelle elle séjourna épisodiquement au château du Noirmont, fut pour ma mère une page heureuse dans l’album des souvenirs.

   La demeure paternelle était à deux pas du domaine et le comte avait accepté d’employer la jeune fille en tant que couturière dans la lingerie, une jolie chambre dont la fenêtre donnait sur le bois tout rempli de chants d’oiseaux et de grimpettes d’écureuils. Du côté de la ferme, on entendait se lamenter le paon, poussant sa plainte sempiternelle… C’était un havre de paix et l’on y oubliait les aigreurs et les contraintes familiales.

Jeanne Lemaitre

A peine franchi, le premier muret d’entrée, Jeanne ne prenait pas la peine d’ouvrir la grille et sautait prestement dans le domaine enchanté. Pas de maisons à l’horizon, juste le babillage des bêtes de la ferme…  Pressés les uns contre les autres, les grands arbres se déhanchaient pour regarder l’intruse. Ils étaient tous là, alignés derrière leur clôture de pierre et dans les allées et les sentiers, ils se côtoyaient jusqu’au Cap d’Erquy, tout près des lacs bleus . Face à la vaste demeure, un bois de pins sombres à la forme pyramidale s’ébouriffait joliment. Lorsqu’on parcourait le domaine, les allées ménageaient toujours quelques jolies surprises au visiteur, petites clairières, plantées d’un ou deux palmiers ou statues désuètes qui rappelaient peut-être les « fabriques » des grands parcs anciens…  Impossible de savoir leur date de création et d’épiloguer à leur sujet ! Simplement, on peut affirmer qu’elles étaient charmantes.

  Les châtelains, écoutaient eux aussi avec plaisir, la voix des oiseaux. M. de Pontbriand avait composé une chansonnette dédiée aux tourterelles au refrain plutôt répétitif.

   « Paies-tu un coup, Ponpon

Payes-tu un coup ? » 

  Quant à Madame, elle possédait un hibou, qu’elle se plaisait à nommer mon « Z’ibou »

  Le comte adorait ses arbres. Imaginez donc son désespoir lorsque l’occupant allemand, dépêcha des groupes de travailleurs réquisitionnés pour couper les fûts des plus beaux spécimens et les planter comme moyen de défense, sur les plages.

C’était la guerre… Les soldats ennemis, se promenaient donc l’arme au poing et hantaient les bois… Il n’était pas rare que l’un d’eux se plante devant la fenêtre de la lingerie et pousse la chansonnette pour charmer la jeune lingère !  La fenêtre se fermait alors brutalement et le ténor en était pour ses frais !

    Le père de la jeune fille n’était pas tendre avec l’ennemi qu’il exécrait. Un jour maladroitement, elle remarqua admirativement la prestance de ces régiments à l’allure martiale et arrogante. Jeanne reçut aussitôt une cuisante taloche qui la mortifia pour longtemps car elle avait ces régiments en aversion.

Oui, c’était la guerre. Les garçons avaient quitté leur collège, le collège St-Francois-Xavier à Vannes et avaient été confiés aux bons soins d’un précepteur doté de son bachot. Ce jeune homme n’était autre qu’un ancien prisonnier de guerre évadé et recueilli dans le domaine pour la bonne cause.

  De leur côté, les garnements faisaient la guerre à leur vêtement qu’on retrouvait toujours en piètre état… Jeannette travaillait donc également sur ce front et le faisait au mieux pour réparer l’irréparable !

Le précepteur éduquait les jeunes gens mais il était également sensible au charme de la lingère et lui débitait force poèmes et extraits d’œuvres choisies.  Jeanne y prêtait une oreille complaisante car elle adorait les Lettres et avait été contrainte d’abandonner ses études à la suite d’une longue maladie. Lorsque le précepteur demanda la main de la jeune fille qui avait à peine vingt ans, elle se trouva bien ennuyée d’autant plus que ses parents souhaitaient fort ce mariage…  Mais comme on le sait, « l’amour est enfant de bohême et n’a jamais connu de lois. »

Hervé de La Bourdonnaye et son précepteur.

Jeannette rêvait de partir faire les vendanges avec la famille du comte qui possédait des vignobles mais… ce fut peine perdue !

 Il y avait tout de même de bons moments. Parfois, la cuisinière Yvonne demandait à la petite lingère de l’aider dans le service de table, surtout lorsqu’il y avait du beau monde au château.  Ces jours-là, les dames gardaient leurs grands chapeaux par élégance sans doute mais surtout par souci de l’étiquette. Il fallait prendre soin de passer les plats du bon côté et ce n’était guère facile…. Le service se faisait au rez-de-chaussée et l’on accédait à la salle à manger par un étroit escalier où l’on devait par un jeu de contorsions, maintenir les vastes plats. Naturellement, l’entrée, solennelle, s’effectuait sur les notes convenues du traditionnel « madame est servie ».

Menu de « retour de noces  » au Noirmont en 1913.
On remarquer le design Art Nouveau de ce menu
ainsi que le nombre impressionnant des services : bouchées Montglas (garnies de salpicon ornées de petites escalopes de foie gras et de lames de truffes), pré-salé, poulet rôti et foie gras précédant les inévitables entremets et dessert.

Ce jour-là, madame ne fut pas servie, car le plat de légumes, mal équilibré, atterrit dans la place, dans le silence glacé des assistants figés par l’horreur du désastre. Il n’y eut pas de commentaires ! On faisait parfois des « chanciaux », plat plus simple du Berry.  Il s’agissait d’une crêpe épaisse fourrée aux pommes. Tous se régalaient alors autour de cette cuisine bon enfant.

   Ainsi allait la vie avec ses joies et ses peines.

Avant de quitter le pays, l’occupant avait mijoté une dernière destruction. Jeanne se trouvait au château ce jour-là, occupée à fignoler de petits travaux de couture dans la lingerie. Justement, elle venait d’achever une petite croix de Lorraine qu’elle avait brodée. Tout à coup, sa tête pensa exploser sous un fracas épouvantable. D’abord tétanisée par la peur, elle s’était précipitée à l’extérieur. Aliette, la petite dernière, « mademoiselle Pompadour », comme la surnommait sa maman qui admirait son teint délicat, la suivait en hurlant. Jeannette la prit dans ses bras. Yvonne secouait en pestant son tablier sali par les cendres que transportait le vent. C’était un dernier sale coup des « boches ».  Au nord, à l’arrière du domaine, le ciel noir roulait de grosses nuées d’incendie. Le sémaphore venait d’être détruit.

 – Ah ! Qu’ils aillent donc au diable ! Qu’ils nous fichent la paix ! Ils ont fait assez de mal comme ça !

C’était vrai que le pays avait payé son tribut de morts et de malheur à l’ennemi. Elle revoyait l’hommage de la population aux résistants et aux otages fusillés, autour des onze cercueils chargés de fleurs, sur la place de l’église, après les derniers combats. Pourtant, elle avait peu souffert de ces années d’occupation. 

   Lorsque la guerre fut finie, que la vie reprit tranquillement, Jeanne se rendait souvent dans les bois du Noirmont. Elle y était accompagnée par une petite fille qui lisait et passait son temps à s’émerveiller des grottes découvertes au détour d’un sentier, ou de la forme des feuilles qu’elle tressait en guirlandes.  Elle fit même sa retraite de communion dans ce bel endroit qui lui a toujours semblé un peu magique.

*

Nous remercions M. et Mme Patrick de la Bourdonnaye ainsi que leurs fils Arnaud et Éric pour leur accueil et leur participation.