L’ancienne gare

     Suite a la fermeture de la ligne de chemin de fer Saint Brieuc-Matignon en fin 1948,
l’espace rendu libre retrouve des activités particulières.

Vers 1950, l’entreprise Eugène Morin. s’installe coté Est; ce n’est pas un grand chantier mais un simple petit bâtiment en bois,toujours ouvert. Nous, les gamins du quartier, allions le voir sculpter ses monuments funéraires et ses plaques de souvenirs. En son absence, même si la porte restait
ouverte, nous regardions sans toucher à quoi que ce soit par peur de nous faire houspiller.
En 1951, lors des travaux de construction de la mairie et de la poste ainsi que du
collège, tous les arbres et une grande partie des déchets de terrassement furent entreposés
derrière le bâtiment de l’ancienne gare : ce fut pour nous un terrain de jeux extraordinaire –
cabanes, parties de cache-cache, de gendarmes et voleurs, cachette pour pouvoir fumer une
cigarette – une « P4 ». Cet emplacement a toujours été le terrain de jeux préféré des enfants du quartier. La seule partie herbeuse surplombant la route départementale 186 et qui avait résisté à tous ces
chamboulements nous servait de terrain de foot ; aujourd’hui les footballeurs en herbes ont
été remplacés par des châtaigniers. Par contre les plus petits traversaient les mares d’eau
avec leur vélo un bonheur.

     L’ancien bâtiment de la gare était transformé pendant la saison estivale en dépôt et
expédition de colis et bagages ses derniers qui arrivaient de Saint-Brieuc par un camion de la
C.A.T. M. Gicquel, responsable du dépôt arrivait par le car de la C.A.T. du matin; comme
le local n’avait aucun confort, il prenait ses repas du midi au Café de l’Arrivée, qui a
l’époque recevait avec ses provisions, et rentrait à Saint-Brieuc par le car du soir. Les
bagages, colis et autres marchandises étaient triées avant que M. Pierre Garnier
assure la distribution chez les destinataires avec son camion. Nous aimions regarder M. Gicquel coller les étiquettes, muni de sa boîte de conserve pleine de colle et de son pinceau, vigilant à ne pas se tromper sur la destination. Il aimait discuter avec nous; il devait trouver le temps moins long…
Du côté Ouest, nous avions l’habitude de rentrer de l’école par l’ancienne gare, mais très
souvent, nous étions empêchés par la peur: les gens du voyage – les bohémiens comme l’on
disait à l’époque – y établissaient leurs quartiers, parfois pour plusieurs semaines. Les chiens, les
chevaux, les habitants des roulottes nous faisaient peur, alors nous changions de route.
Au cours de l’hiver et au printemps, un couple (Job et Marie )venait coller sa
roulotte le long du bâtiment pour être à l’abri du vent et, étant au sud, pouvait profiter du
soleil. Job était le conducteur d’un cylindre « Richier » utilisé par les Ponts et Chaussées sur
tout le canton. La roulotte était toujours propre et fleurie. Quand Job faisait l’entretien de
son cylindre, il aimait nous expliquer la commune où il travaillait, la vitesse de son engin, le
temps de son séjour sur Erquy. Un couple charmant et d’une extrême gentillesse.

 

     Les Ponts et Chaussées se servaient de cet espace vacant pour entreposerdes tas de gravillons et graviers ainsi que des fûts de goudron nécessaire à l’entretien de nos routes.
Un drôle d’engin stationnait toute l ‘année à divers endroits, c’était la remorque
(chèvre) de l’entreprise Mascard Allez qui n’était pourvue d’aucun système hydraulique et dont toutes les manœuvres se faisaient à la force des bras de deux employés, les frères Blanchet: ceux-ci devaient livrer des poteaux électriques fabriqués à Quintin dans le département et parfois en dehors.

Une équipe de l’entreprise Allez devant cet engin


Dans les années 1960, le chauffage au fuel se développant, l’entreprise de plomberie Collet père et fils, faute de place stockait dans son hangar ses lourdes cuves noires sur le quai de déchargement avant de
les livrer à leurs destinatairesDans les mêmes années, au début des fêtes de le Saint-Jean, le « Rieu » (feu de joie), avait lieu au bout de la rue Notre Dame : le comité de la fête avait réussi à faire goudronner
une petite partie de cette esplanade pour que les danseurs aient un endroit à peu
près correct pour profiter de ces soirées et danser jusqu’au bout de la nuit.
Mais dans les années 1965 un grand projet va bouleverser la vie de cet endroit : la
municipalité décide d’aménager cet espace, ce terrain étant devenu bien privé communal après la disparition du chemin de fer départemental. Deux parties dans ce projet: un jardin public avec des espaces plantés ou gazonnés, aux reliefs accentués, isolés les uns des autres, des emplacements pour jeux d’enfants pourvus de matériel rustique pour les jeux, ainsi que des bancs pour les parents en bordure du jardin, des cours de repos d’où l’onpourra admirer la baie d’Erquy; mais aussi une partie privative : la municipalité souhaitant regrouper les différents services, un bâtiment doit être édifié. L’aménagement est confié à M. Cholet, architecte
de Rennes et les gros œuvres à la C.M.A. De Saint-Brieuc. Trois travées pour les sapeurs- pompiers, les deux autres pour les services techniques, ainsi que deux logements seront attribués à
deux sapeurs-pompiers afin que ces derniers assurent l’appel téléphonique du 18 qui arrivait
à la mairie. Par la suite les deux services se développent , après la construction du sloop « la
Sainte Jeanne » le hangar sera reconstruit à la ville Louis tous les services techniques y seront regroupés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Par la suite, coté est, un transformateur électrique sera implanté en bordure de la
route départementale 786.

   En 1991 derrière le centre de secours un boulodrome couvert est édifié: ce bâtiment
comprenait à l’origine deux allées ainsi que des sanitaires et un club-house. L’union bouliste
aménagera six allées à l’extérieur, dernièrement une troisième allée sera créée et la couverture du
local refaite et isolée. La construction du boulodrome a été effectuée par les employés
municipaux avec l’aide de bénévoles des boulistes.

Christian Frémont.

Historique des Commerces d’Erquy: 7 rue Foch

 

 

Aujourd’hui, librairie- papeterie . (Xavier et Catherine PROUST depuis 1998)

Dans les années 1900, à cet emplacement il y avait les écuries de la ferme Bourgault qui était située 4 rue de l’ Eglise.

                                                                                               * 

De 1950? à 1978 LIBRAIRIE- PAPETERIE- JOURNAUX

tenue par M. et Mme MICHAUD

inauguration de la librairie en présence du sénateur maire Mr Cornu. Jean. Pierre Allain est le jeune homme à droite qui croise les jambes.

Mr et Mme Michaud dans leur librairie.

Mr et Mme Michaud devant leur librairie.

1956 : Jean-Pierre, le petit fils qui reprendra plus tard la librairie. Les commerces que l’on aperçoit derrière lui sont le Fréhel, actuellement, et à l’angle la pâtisserie Douriez, agence Vetier actuellement.

Inventaire aout 1965: reprise par camion des invendus. Ceci représente la collecte d’invendus de la semaine.

 Attente du défilé folklorique devant la librairie. sur le coté du magasin, on peut apercevoir le mur de la propriété qui existait avant la construction de l’économique.

M. Michaud éditait lui même ses cartes postales comme on peut le constater au verso de celle ci-dessus.

  •  

Jusqu’en 1998 LIBRAIRIE -PAPETERIE- JOURNAUX,

tenue par M. et Mme Jean-Pierre ALLAIN

 

Mme Nicole Allain dans son magasin.

Anecdote

L’atelier de réparation de voitures anciennes de Jean Pierre ( sa grande passion) était derrière la librairie, son magasin était derrière la librairie, son magasin était organisé de sorte qu’il pouvait passer en voiture par l’intérieur.

Collectrices: S. Moret, B. Maurer, J. Fassier.

 

33, 35 et 37 rue Foch (actuellement immeuble Villa Marine)

.

 

 Garage  Rault-Clérivet, 33 rue Foch

Pendant la guerre 14/18, Edmond Rault (le grand père maternel d’Yvette Vallee, et de Bernard Clerivet) a sympathisé avec un Franco Grec Emtoniou Valsamis Constatin dit « Costa ».

M. Edmond Rault (1928)

En 1919 fut créé le Garage Rault et Cie rue Joffre à Erquy avec Costa comme associé (répartition des parts inconnue).

 La Rue Joffre est rebaptisée rue Foch et le garage se situe au n°33.

En 1929, Costa et Rault se séparent. Costa crée le garage Renault. Le garage devient alors Garage Edmond Rault.

 

En juillet 1931, Edmond Rault et son épouse Yvonne achètent à Caroual sur la route de Pleneuf un terrain de 950m2 pour y construire « la Maison Fleurie » :  un hôtel en meublé comprenant à l’étage: douze appartements de 4 pièces y compris cuisines. Au rez de chaussée, se tient un  garage (tel qu’on le comprenait à l’époque c’est à dire un endroit pour garer son véhicule la nuit), et une station de lavage de voitures. En extérieur, se trouvent les pompes à essence.

 

 

 

En 1932 Edmond Rault a vendu le premier moteur de bateau de pêche. Il fut également mécanicien du bateau de sauvetage de 1935 a 1939 et son gendre, Georges Clerivet, a été mécanicien du Vice-Amiral Courbet juste après la guerre. La mécanique est à cette époque toujours réalisée rue Foch par Edmond Rault et son équipe.

 De gauche à droite : Jean Hamon, André Dolo, Armand Carnec, Edouard Rauch-Georges Clérivet

 

En 1935 il embauche Georges Clerivet comme mécanicien. Celui ci devancera l’appel (service militaire), afin de se marier plus rapidement avec Yvonne « la fille du patron ». Manque de chance, il fera deux ans de service militaire ainsi que cinq  ans de guerre. Georges et Yvonne se marieront en 1946 et prendront la direction du garage, devenu Garage Clerivet et auront deux enfants : Bernard et Yvette.

 

 Bernard sur le camion d’Emile Valot en 1950

Georges Clerivet mena de front la mécanique automobile Citroën et la mécanique Marine Baudouin pendant 40 ans, bien épaulé, il est vrai, par son épouse. (photo ci-dessus Bernard, Yvette et leurs parents.)

 Michel Caruel, Georges Clerivet et Eugène Toublanc.

 

En 1971, Georges et Yvonne achètent le café des sports et le cinéma Eden afin de créer une piste d’essence et agrandir l’atelier. Grand remous à Erquy car l’Eden abattu, l’Armor Ciné devient le dernier cinéma d’Erquy.

 

 

Une entreprise c’est avant tout une équipe et en 1995 seront remises six médailles du travail: deux médailles pour quarante ans d’ancienneté à Michel Caruel et Robert Martail, deux médailles du travail pour 25 ans à Geneviève et Claude Loncle, deux medailles du travail pourvingt ans d’ancienneté à Serge Guégan et Guy Tréhorel. Il y a sans doute une raison, et c’est la fierté de la maison.

En 1975 Bernard Clerivet prend les rênes de l’affaire. Il déplace l’activité marine à Langourian , crée un atelier à St Malo et un au Legué. Par la suite, il reprend une concession Iveco à St Malo. Il reprendra également une activité motoculture à Erquy, mais ceci est le début d’une autre histoire ! ..En 2005, le garage cesse son activité et est vendu pour construire à son emplacement en 2010 l’Immeuble VILLA MARINE

Il déplace l’activité marine à Langourian , crée un atelier à St Malo et un au Legué. Par la suite, il reprend une concession Iveco à St Malo. Il reprendra également une activité motoculture à Erquy, mais ceci est le début d’une autre histoire ! ..En 2005, le garage cesse son activité et est vendu pour construire à son emplacement en 2010 l’Immeuble VILLA MARINE

 

30 rue Foch

 

Actuellement:

Décor Erquy -Peinture-Papier peint-Moquette -tissus mural-décoration

LH Conception

Visiplus ( panneaux signalétiques)

Ostéopathe- Boitard Ronan

Caisse d’épargne

Cap- Beauté ( esthétique et Bijoux fantaisie)

.

De 1925 à 1965 ARMOR CINE et ECOLE SAINT-PIERRE

Armor ciné (avant d’être transféré rue du chemin vert)

     Entrée de l’Ecole Saint-Pierre

   

                        

Photo de 1950 des élèves de l’école Saint-Pierre ,avec leurs maîtres Mr et Mme Guéguen (parue dans notre hors série n°2 « l’Histoire de l’école ‘Erquy).

*

Depuis 1965 se sont succédé:

MAGASIN DE PAPIERS PEINTS ET PEINTURE

EXPOSITIONS DE TABLEAUX

MATERIEL POUR CALIGRAPHIE (plumes et porte – plumes, encre)

(angle rue Foch rue du Chemin Vert)

tenu par Madame Chauvel-Chevallier

ASSURANCES LOISEL

ASSURANCES FEIGEAN (1997)

AXA ASSURANCES- Hervé Cazin

PETIT PLOMBIER

METS TES TONGS (2019)

.

De 1988  à 2019  (magasin de gauche)

POLE POSITION COIFFURE

tenu par Michelle LEMOING

 

VERONIQUE COIFFURE

BEA COIFFURE

RS coiffure-esthétique-Barbier (2011 -2019).

(actuellement rue de l’Eglise)

 

29 RUE FOCH

 (actuellement toilettage pour chiens)

 

De 1945 à 1974    

MEUBLES BARBE

Le Magasin était au rez de chaussée et la  maison d’ habitation au 1er étage

et la menuiserie était dans la cour derrière.

En 1973  a lieu le transfert du magasin au carrefour des Jeannettes ( actuellement biscuiterie)

(dans Magazine Erquy 1973)

 

Dans les années 1950  

 AUX PRODUITS D’ARMOR

( cours des halles) spécialité de melons

EPICERIE tenue par Mr & Mme LEGLAS

Le  magasin était dans le local à droite de la maison

*

De 1958 à 1962

   CHAUSSURES PETON

(aile droite de la maison)

   Claude et Jannick PETON ont d’abord remplacé Mme Morel , rue des Salines, de 1954 à 1958. Tous les deux ont créé le groupe folklorique d’Erquy fin des années 50. (voir article dans notre bulletin n°1).

de g. à dte, Mme Peton, M. Cardin, Monique Amalliant (Mme Serge Millet);

celle-ci a été vendeuse  au magasin de chaussures d’Erquy

avabnt de tenir le magasin du Val-André lorsque la famille Peton s’y est établie.

 

De 1963  à 1980   

  PRESSING DIDELOT

          De 1980 à 2002              

à droite, CREDIT MARITIME  

          à gauche EXPOSITION DE PEINTURE DE MME MARCILLY     

                                                                                                                   &

                                                                                         MAGASIN DE DECORATION

 

 

 

 

Jusqu’en 2015

MERCERIE  DAME DE BRETAGNE

                                                                                   (laine- mode- lingerie -loisirs)

 

De 2015 à 2020,

                                                                        ce local est devenu une maison d’habitation .

En 2020,

    un commerce de toilettage pour chien s’y est installé.

 

Collectrices: S. Moret, J. Fassier et B. Maurer.

Historique des commerces d’Erquy

Nous invitons nos lecteurs à revenir  (provisoirement) sur leurs pas pour rejoindre le

 12 RUE FOCH

(actuellement Opticien Krys)

*

De 1925  à……….   

EPICERIE FELIX POTINCafé – Librairie – Tabac – Journaux

 (tenue par la famille Henri LARRIERE)

 

    L’épicerie LARRIERE était située à droite sur la photo, juste après le terrain vague existant avant la construction de la place du Nouvel Oupeye, juste en face la propriété Besnard.

 

 

       De …         à 1953       

BAR-TABAC- EPICERIE

   (tenu par la famille PIERRON)

 

De 1953 à  1957  

                                                                                         BAR TABAC-EPICERIE

                                                                                     (tenu par la famille BIHEU)

 

      Sur la droite au haut de l’escalier se tenait  le bar-tabac et  à gauche l’épicerie. Gilbert se souvient des figurants du film Les Vikings, tourné en 1957 : de grands et impressionnants gaillards, qui venaient s approvisionner à l’épicerie. Il se souvient aussi du studio Louis qui se tenait en face l’épicerie car le photographe venait chercher de l’eau pour le développement des photos.

De 1958 à 1975

 MAISON JOSSET

   Libre- service  CODEC

                                                                                              (livraison à domicile)

                                                             En 1958, ouverture de l’épicerie de M. et Mme Josset.

     L’enseigne CODEC a été crée par la suite.

 

 

 

     Sur cette photo du magasin CODEC, la voiture stationnant sur le parking appartenait à Mr LE GALL de la poissonnerie. L’illustration sur la façade du magasin avait été peinte par Loulou Vincent, qui  à l’époque était peintre décorateur rue de l’église. Il réalisait régulièrement les enseignes des magasins.

 

M. et Mme JOSSET

     Après avoir tenu une épicerie-café-tabac-cabine téléphonique (comme il en existait dans de nombreuses petites communes rurales) à St Denoual, et fait les marchés dans les communes avoisinantes, M. et Mme Josset s’installent à ERQUY au 12 rue Foch en 1958. Jean Baptiste continue ses tournées dans la campagne au volant de son camion Citroën, devenu un véritable « drugstore » ambulant. Aidé de son fils Daniel, et à l’affût des demandes, il n’hésite pas à charger le camion de tout ce que Maria, son épouse, vend dans l’épicerie du bourg : produits d’alimentation bien sûr mais aussi articles adaptés aux besoins de sa propre clientèle comme blouses, chaussons, sabots, mercerie, bonneterie. Ses tournées hebdomadaires lui  permettent de trouver pour le marché du samedi à Erquy des œufs, du beurre fermier, des lapins, des volailles. Il s’installe tous les samedis matins derrière l’église et retrouve une fidèle clientèle.

    Pendant les saisons d’été le travail est intense. Le magasin était toujours ouvert sauf le dimanche après midi. Jamais couchée avant 23h, Maria est opérationnelle dès 4h du matin pour préparer l’ouverture du magasin, sans oublier les jours où, accompagnée de son fils Gilbert, ils se rendent dès 2h aux Halles de St Brieuc pour acheter fruits et légumes. Les saisonniers de l’époque se souviennent de cette maison pleine de vie, de grandes tablées, de fous rires et d’éclats de voix.

   Pendant une saison d’été, en 1968, Gilbert ouvrira un petit marché de fruits et légumes rue de la Croix de la Mission (devenue on ne sait pas pourquoi la rue du bois de Cavé) au n°2 derrière le Crédit Lyonnais à l’époque (aujourd’hui permanence d’un maitre d’œuvre)

    C’est ainsi que le commerce grandira jusqu’au jour où la surface de vente ne sera plus adaptée aux exigences de la clientèle. Au mois de juin 1975, le grand « Codec » est construit à proximité, place du nouvel Oupeye, mais le couple choisit de ne pas en assurer l’exploitation. Le magasin est alors partagé en deux parties : Maria ouvre Ty Breizh et se spécialise dans la vente de spécialités bretonnes, galettes , crêpes, gâteaux bretons fabriqués « maison » par leur fille Nicole. De son côté, Jean Baptiste restera fidèle au grand marché d’Erquy jusqu’à la fin de l’été 80. La deuxième partie est occupée par sa fille Nicole qui vend alors des vêtements : magasin Ty Sold.

    En 1976, le magasin Ty Breizh s’agrandit dans la partie la plus importante (actuellement l’opticien) et Maria et Nicole vendent alors pendant trois étés consécutifs leurs spécialités bretonnes, avec dépôt de pain et de pâtisseries fournies par la maison Richecoeur de Pléneuf et la maison Barbedienne de St Brieuc. En 1979, M. Chrétien devient propriétaire des lieux, Maria continue son activité pendant cette saison estivale de 1979.

                                                                                                                    Source : Cap Magazine. Article de N. ROHOU

Photo d’une saison estivale chez Codec.

 

 

 

    Le magasin Codec est repris par M. Chrétien en 1975. M. et Mme Le Coq prendront sa suite et à la cessation d’activités de ces derniers, le magasin sera remplacé par un Crédit Agricole, les Galeries Ménagères de M. et Mme Morgand et enfin actuellement Trésor des Océans (vêtements de marin).

 

 

 

   Dans la rue Foch, les autres magasins ont été construits dans les années 50

(voir photo ci-dessous)

 

 

Collectrices: S. Moret, J. Fassier et B. Maurer.

L’ABBE PROSPER DAVID (1908 – 1975)

 

 

   L’abbé Prosper David est né à Erquy le 8 mars 1908, décédé le 3 avril 1975 impasse Foch, toujours à Erquy ; il était le fils de Prosper David, mort pour la France le 6 novembre 1914 à Langemarck en Belgique, et d’Anne-Marie Guihot tenancière de débit de boisson rue Clémenceau à Erquy.

        Commerce des parents de l’abbé David

    Reconnu pupille de la nation le 17 mars 1921, Prosper fréquenta d’abord l’école communale, avant d’entre au petit séminaire de Saint-Brieuc où, disait-il, la vie était rude : il y avait souffert du froid et même de faim. Ordonné prêtre le 1er avril 1933, il fut professeur à l’école Saint-Charles avant d’être nommé vicaire successivement à Plumaudan, Lanrelas, Langueux et enfin Plérin au début de la Seconde Guerre Mondiale. Démissionnaire pour raison de santé le 1 février 1946, il se retire à Erquy, impasse Foch.

    Les archives de l’Évêché  conservent cet éloge qui lui a été consacré par Pierre Clément: L’abbé Prosper David a voulu travailler de tout son cœur jusqu’à l’épuisement de ses forces, à la construction de la Maison de Dieu parmi les hommes. Tous ceux qui l’ont connu savent que toutes ses possibilités étaient tendues vers Jésus-Christ. A sa manière, parfois très personnelle avec ses limites comme avec ses dons particuliers, il a essayé d’ouvrir à ceux qu’il rencontrait le chemin qui monte vers Dieu. « Bon pasteur », il le fut. Ordonné prêtre en 1933, lors du jubilé de la Rédemption, il avait en grande estime son sacerdoce. Que ce soit à St Charles, Plumaudan, Lanrelas, Langueux ou Plérin, partout il a travaillé courageusement. Dans toutes les paroisses, malgré sa faible constitution, il parcourt routes et chemins, pour visiter toutes les familles avec le secret désiré de connaître chacun personnellement. Homme de devoir pas toujours compris, il continue avec opiniâtreté son travail. Confident de tous, ami des pauvres et des malades qu’il comprend mieux, son âme sensible était douloureusement atteinte par la détresse des jeunes. C’est cette estime des jeunes qui le poussa, au cours de sa retraite à Erquy, à accepter la Présidence de l’U.S.E. Il fallait voir sur la touche ce prêtre tout courbé, au verbe haut, se défendre de son mieux pour encourager son équipe parfois impatient et nerveux, il lançait des invectives bien frappées, mais sans méchanceté. « Serviteur souffrant »,comme le Christ, il le fut une grande partie de sa vie. Ce que nous n’oublierons pas, c’est qu’il savait trouver une plaisanterie pour qu’on oublie sa souffrance. Il a voulu être fidèle à la pensée de son vieux Maître, le Chanoine Jégou, qui traduisait avec talent la vérité de tout apostolat :

Ces affamés du ciel!Le Maître te les donne

Vis pour eux,aime-les jusqu’au dernier soupir.

Fais les gestes divins!Souffre,guéris,pardonne.

Songe aussi que tu viens,comme lui,pour servir

          *

     Malgré son infirmité, l’abbé David aimait rendre services à toutes les personnes qui le lui demandaient, célébrer un baptême, un mariage, des obsèques… Après chaque cérémonie, il aimait rencontrer les familles pour un mot de réconfort, ou de joie, voir une plaisanterie.

L’abbé David célébrant un mariage en 1963

    Le matin il n’était pas rare voir ce prêtre courbé dans sa soutane noire revenant de l’église sa canne dans une main et son coffret à calice dans l’autre :  malgré l’autorisation de dire la messe à son domicile il aimait rejoindre le lieu de culte le matin lorsque la douleur lui était supportable.

 

Un coffret à calice

    Sur son chemin retour l’Abbé David parlait à tout le monde, en s’asseyant sur sa canne afin de se redresser pour regarder son ,interlocuteur, demandant des nouvelles des uns et des autres. Quand on le sollicitait pour visiter des malades ou des anciens c’était toujours avec un immense plaisir qu’il promettait de rendre visite, ce qui lui donnait l’occasion de sillonner en 4CV les chemins de campagne,  y compris des communes limitrophes. Son véhicule avait été adapté, au niveau aussi bien des pédales que du levier de vitesse lui facilitant ainsi la conduite.

Une 4cv Renault

    L’Abbé David était passionné de foot depuis sa plus tendre enfance, il a même été licencié. En arrivant à Erquy en 1946, la place de président de l’U.S.E, étant vacante il a été nommé Président, en 1945/1946 puis de 1958 à 1961. Il fallait le voir sur la touche encourageant son équipe, ou lors des mi-temps dans le vestiaire sollicitant l’un ou l’autre sur sa façon de jouer… le discussions étaient souvent houleuses mais toujours dans le respect de l’autre et la bonne humeur.

L’Abbé David entouré des dirigeants de l’équipe de foot L’U.S.E.

    l’Abbé David jouissait d’une grande popularité. Combien de parents dont les enfants avaient des difficultés en latin, en français ou encore en math faisaient appel à lui pour quelques cours particuliers ? Il accueillait ces jeunes pendant les vacances avec un immense plaisir.

    Bon vivant, toujours souriant (Liliane se rappelle son sourire « à la Voltaire »), se moquant volontiers de son infirmité, il aimait blaguer. Je voudrais, disait-il, que le tonnerre me tombe dessus ! Il parait que cela foudroie! Ou encore ceci : La bombe atomique est la plus grande découverte au monde ! (On s’étonne : Comment un ecclésiastique peut-il penser cela?) – Eh bien, oui, ni Monsieur le Recteur, ni Eugène Morin (pompes funèbres) ne feront des affaires : on meurt tous le même jour. On cite encore cette anecdote qui se passe sur la place du champ de foire de Lamballe : un homme se moque de l’abbé David qui tient un corbeau (il faut savoir que les prêtres à l’époque portaient la soutane et était familièrement appelé les corbeaux) : d’où la réplique de l’abbé : quand les corbeaux arrivent la charogne n’est pas loin

    Un souvenir personnel de Patrick enfin : c’est l’abbé David qui m’a fait passer mon examen de 1ere communion qui s’est terminé par des questions de foot… Résultat 1er ex-aequo avec Daniel Mehouast, de l’école publique – qui, lui aussi, aimait ce sport. Le catéchisme se faisait à l’église le dimanche avant les vêpres. Une fois, j’avais demandé à l’abbé Méléard de sortir à la fin du « caté » pour un besoin urgent ; l’abbé m’avait dit oui à condition de laisser mon missel sur le banc. Une fois dehors, direction le stade où se jouait un match de foot !… Et là je retrouvais l’abbé David qui assistait lui aussi au match : j’ai prétexté avoir oublié mon missel sur mon banc et il me l’a gentiment rapporté à la maison. Merci l’abbé !…

 

 

   Contributeur: Christian Frémont

 

 

 

  Mémoire d’Erquy remercie particulièrement M. Raymond Granié de sa contribution.

La population d’Erquy au 19ème siècle

 

    L’examen conjoint du recensement de 1841 et des archives notariales des années 1864-1897 permet d’entrevoir la réalité professionnelle des quelque deux mille habitants d’Erquy et de leurs « métiers » au 19ème siècle.

 

     Sur les 1089 femmes recensées en 1841, quatre cents sont présentées comme des ménagères – ce qui n’empêche pas les femmes d’agriculteurs de contribuer aussi activement à l’exploitation. Cent cinquante autres femmes apparaissent avec des dénominations variées : filandières, blanchisseuses, lingères, repasseuses, et autres couturières – autant de métiers qui s’exercent le plus fréquemment à domicile et non en entreprise. On trouve encore au moins cinquante servantes – peut-être davantage, certaines se cachant probablement sous l’appellation unisexe de « domestiques » ; deux fermières, deux cuisinières, une institutrice et une sage-femme. Mais le compte n’y est pas : sans doute faut-il voir dans les absentes de ce décompte (40% environ) les filles, enfants et adolescentes, et les femmes âgées – qu’on ne nommaient pas encore des retraitées; à l’inverse, 20% seulement du nombre total des hommes ne sont pas identifiés: peut-être cela tient-il à ce que les jeunes garçons ne tardaient pas à entrer dans un métier (et s’y voyaient donc comptabilisés).

Une lavandière

 

     Les hommes,  au nombre de 979, offrent une palette plus étendue de métiers. Ceux de la mer et ceux de la terre occupent à eux seuls une bonne moitié de la population masculine d’Erquy. Les premiers qui se répartissent en terre-neuvas, capitaines, marins embarqués au long cours et pêcheurs sont proportionnellement beaucoup plus présents qu’aujourd’hui ; les seconds (près de deux cent cinquante) qui comprennent les laboureurs (propriétaires), cultivateurs (métayers) et journaliers, rappellent le morcellement de la propriété agricole au 19ème siècle comparée à celle de nos jours.  

     l’équipage du Saint-Michel à la manoeuvre

 

 

                                                                                          scène de battage

 

     Dans le « secteur tertiaire », le commerce est représenté par cinq cabaretiers, sept poissonniers et un marchand au profil indéfini – peut-être tient-il l’ébauche d’un bazar ou d’une épicerie. La fonction publique, avec son maire, son percepteur, ses dix douaniers ( ! ), ses divers préposés, ses deux instituteurs, se taille la part du lion – loin devant les métiers de la santé – un médecin, un officier de santé, qui, joints à la sage-femme déjà mentionnée, ne dépassent guère en nombre les gens d’église – le recteur et ses deux vicaires.

     L’artisanat est bien représenté sous les formes les plus diverses qui, pour beaucoup, témoignent de l’importance alors de ce que nous nommons « microentreprises » et « circuit court » : un bourrelier, quatre charpentiers, deux charrons, dix couvreurs (dont cinq « en paille »), quatorze cordonniers, quatorze forgerons, un horloger, quarante maçons, dix-huit menuisiers, neuf meuniers, sept tailleurs, seize tisserands… La présence enfin de trois carriers montre que l’exploitation industrielle des veines de grès roses du Cap n’a pas encore commencé.

    Un absent de taille parmi les artisans-commerçants est à signaler : le boulanger. Il faut souvenir ici que la confection du pain a longtemps été une activité domestique – dont s’acquittaient les femmes : pétrissage manuel, pénible et fastidieux, suivi jusqu’en 1789 de la cuisson au four banal, moyennant les droits dus au seigneur ; ces derniers une fois supprimés par la Révolution, chacun put édifier un fournil contre son pignon (Erquy possède encore quelques exemples) mais les ménagères n’étaient pas pour autant libérées de la corvée du pétrissage ; et il faut attendre 1863 pour que l’Etat, assouplissant des règlements très contraignants, permette la création de boulangerie dans les bourgades.

 

                                                                                                   *

     La consultation des archives notariales – légèrement postérieures au recensement que nous venons d’examiner – donne un angle de vue différent : certes plus partielles (seuls figurent les clients de l’étude), elles nous permettent pourtant de compléter notre perception des métiers.

     Nous retrouvons certains métiers déjà rencontrés plus haut : une (ancienne) institutrice, Marie-Louise Hercouët, demeurant à La Banche ; des laboureurs, François Houzé et Auguste Michel ; un maçon, Zacharie Renault, des Hôpitaux ; des charpentiers, Joseph Clément, de la Chaussée, ou Louis Renault, du Doublet ; des aubergistes – les plus nombreux, comme Marie Allain, Jean-Marie Buchon, Constant Chatellier. Mais surgissent également quelques métiers nouveaux : un maréchal-ferrant (était-ce jusque-là le forgeron qui en tenait lieu ?), un peintre-vitrier, Hilarion Choine, un chaisier (fabricant de chaise) et même un coquetier (collecteur et revendeur d’œufs), Yves-Marie Aleu, de Langourian. Le commerce quant à lui s’élabore lentement : un boulanger, Pierre Rault, et deux bouchers, Joseph Lucas et Pierre Hillion ont ouvert boutique et Anne-Marie Guérin est présentée comme charcutière et « maîtresse d’hôtel » – indice que les touristes commencent à arriver.

     Cette double fonction exercée par Anne-Marie Guérin n’a rien qui doive surprendre : beaucoup, comme elle, exercent en effet non pas un mais deux métiers pour compléter leurs revenus. Loin de n’être que laboureurs, François Houzé, du Moulin au Moine, et Auguste Michel, , du Verger,  sont  aussi respectivement meunier et couvreur ; les agriculteurs Désiré Jason et Joseph Lefort sont aussi cordonniers ; à ses moments perdus, Joseph Jasson est charpentier, Jean-Baptiste Barbedienne maréchal-ferrant, Jean-Marie Carré et Joseph Coupé tisserands ; Constant Chantoisel peut à l’occasion faire le bourrelier, et Joseph Bertin le voiturier – concurrençant en cela Alexandre Garnier – lequel, parallèlement, tient lui-même une auberge. Mais les marins également, après avoir posé leur sac à terre au retour de Terre-Neuve ou d’Islande, revêtent volontiers un autre costume – particulièrement le tablier d’aubergiste (rôle dans lequel les remplace leur épouse quand ils sont à la mer) : c’est le cas de Jean-Marie Décemat, de la Chaussée, de François Bouguet et de Marie-Ange Cabaret, au bourg ; mais ils peuvent être aussi carriers ou laboureurs, comme Henri Jéhan ou Joseph Forêt.

 

                                                                 Les carriers d’Erquy, par Y. Jean-Haffen

                                                                                                  *

Ainsi la lecture du recensement et des archives notariales nous offre-t-elle une image de la sociologie réginéenne bien différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. Certains traits frappent d’emblée : la faible part des commerces ou du secteur de la santé ; une école embryonnaire ; l’absence de toute banque, de toute agence immobilière et d’une façon générale de toute « entreprise » ; l’écrasante proportion des gens de mer et des paysans ; la nécessité, souvent, de compléter ses revenus par l’exercice d’une autre profession. Autant de caractéristiques qui donnent à voir une petite société, restée largement autarcique et quelque peu rudimentaire, que le progrès n’avait encore versée ni dans la consommation à outrance ni dans la mondialisation.

 

                                                                                                                                             Claude Spindler et Bernard Besnier.

 

Note sur les illustrations:  elles sont sensiblement postérieures à la période concernée par cet article (une trentaine d’années pour les photographies N. et B. dues à Ernest Besnier, davantage pour la gouache d’Y. Jean-Haffen); mais elles nous ont semblé pourtant pouvoir  figurer ici, les conditions matérielles d’existence de la population d’Erquy n’ayant guère évolué dans l’intervalle.