HISTOIRE DE L’OFFICE DU TOURISME D’ERQUY (4eme partie)

(d’après les archives de l’office du tourisme)

Le 27 janvier 1937 : Réunion à la mairie des hôteliers et agences de location : les chemins de fer de l’état proposent pour l’année 1937 des « semaines à la mer ». Réponse favorable des hôteliers.

Le 15/06/1937 : Présentation du nouveau dépliant dont le succès est très grand. Voeux : qu’un arrêté soit prix pendant la saison pour interdire le stationnement nocturne des autos dans les rues !! Abandon de la surveillance des bains sur la plage de Caroual : le doris qui y était affecté n’ayant pas d’abri a subi de gros dommages !!

Le 27/08/1937 : Félicitations à M. Doradoux, l’actif et dévoué professeur d’éducation physique qui a su amuser les enfants et distraire les parents et se faire aimer de tous ! Constat que les prix et le coût de la vie ne sont pas plus élevés à Erquy qu’ailleurs. Le président lève la séance dans une atmosphère de confiance et de cordialité.

Le 16/11/1937 : Réunion des débitants pour décider des prix à pratiquer : vins ordinaires ou de qualité, café arrosé, petits verres (35°) apéritifs secs ou à l’eau, vins sur table (bouteilles)…

Le 12/O3/1938 : Réunion des loueurs de meublés. Souhait de les voir payer une cotisation au SI puisqu’ils profitent de la publicité faite par celui-ci ! En raison du coût de la vie le prix des locations augmentera de 20 à 30 %. Protestation est faîte auprès de la Cie des eaux contre les tarifs abusifs !

Le 21/03/1938 : Lettre à M. le Maire: les loueurs de meublés demandent à la municipalité la révision des contrats d’abonnement auprès de la Cie des eaux (le m3 à plus de 25 Frs) ce qui est absolument abusif ! Nécéssité de trouver un emplacement pour le Camping : possibilité d’un emplacement sur la Garenne !!

Le 27/08/1938 : Réunion du bureau. Réduction de la publicité et concentration sur les affiches dans les gares et centres de tourisme. Etablissement pour 1939 d’horaires des marées. Protestation contre les campements sauvages actuels ! Recherche d’un terrain de camping à aménager correctement. Discussion à propos de la location du « lais de mer ».

Le 12/09/1938 : Adhérents : 62 en 1934, 268 en 1938. Demande de renseignements : 718 en 1938 (328 en 1935). Souhait : avoir des hôtels plus confortables et qu’ils aient au moins tous l’eau courante ! Désirs de distractions les jours de pluie. Goudronnage des routes, trottoirs dans le centre. Achat aux domaines du lais de mer le long de la plage du centre. Intensifier la publicité. Attirer des touristes en mai et juin.

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Le 07/02/1939 : Une affiche commandée : problème du financement soulevé ! Côtes du Nord, ajouté sous Erquy et son port  à la suite de ses bois ! Le SI loue le lais de mer (aux Ecrites) aux Domaines afin d’éviter l’invasion des campeurs sur cesite. Les Cabines de bains devront disparaître.(photocopie d’un communiqué à la presse régionale au sujet du temps le 15/06/1961)

01/1940 :  Les hoteliers protestent contre le fait de la présence de 250 officiers polonais au Val André et autant à Sables d’Or alors qu’Erquy a été oubliée !

Le 17/03/1940 : Etant donné les circonstances, évènements à l’étranger, les frais de publicité se borneront à quelques annonces dans Paris-Soir et Ouest-éclair !

Le 16/04/1940 : Trois questions se posent : 1. Y aura t il une saison ? 2. Dans quelle proportion travaillera l’hotellerie ? 3. Etablissement d’un menu avec prix …. en supprimant la boisson et un plat à chaque repas.

Le 1/08/1940 : Erquy en plus des réfugiés volontaires, doit heberger 1200 évacués. Des Belges et des habitants du Nord. Des cantines sont aménagées à leur intention à la « Fosse Eyrand », à « l’hotel des terrasses », à « l’hotel des bains » et à la pension « Bon Accueil ». La question délicate est celle du ravitaillement pour approvisionner ces cantines ! Fin juillet, presque tous les réfugiés sont repartis. Notre pays reste sous l’occupation allemande. En attendant, des jours meilleurs……

*

Le 12/03/1945 : Reprise de l’activité et réunion du bureau du syndicat d’initiative en vue d’une saison balnéaire, au cas où les hostilités seraient terminées.20190917_103209

Le 14/03/1945 Assemblée Générale à l’ « Armoric Cinéma »

Le 06/02/1946 : Le comité émet le vœu que le sémaphore soit placé plus sur la pointe afin de libérer les terrains environnants de leur servitude ce qui pourrait permettre des constructions ! Voeux divers : nomination d’un garde-champêtre. Nettoyage des rues, du lai de mer…, destruction du blockauss de Caroual !

Le 27/01/1947 « Jeu de tennis » (à propos de son rétablissement):  demande à Me Heitz propriétaire du terrain, de le louer gratuitement !!

Le 3/02/1947 : Pourparlers avec Mr Dufretet au sujet d’un terrain possible pour l’établissement « du jeu de tennis » éventuel ! Accord pour faire placer aux gares Montparnasse et St Lazare un panneau de publicité suivant offre faîte par les bureaux de tourisme de la S.N.C.F.

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Le 4/03/1947 : Démarche auprès de M. Hamonet en vue du projet d’affiche du syndicat. M. Hamonet effectuera volontiers cette esquisse et désire que Mr Gagey soit informé auparavant de sa décision. Une tombola ou souscription proposée pour proposer des recettes au syndicat !

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Le 1/04/1947 : Le bureau proteste contre la création en divers points de la commune de dépôts d’ordures !

Le 3/06/1947 : Voeux divers : niveller de la dune; maintenir  l’interdiction du pâturage des bestiaux sur la plage durant la saison estivale; prévoir des trottoirs dans les rues principales. Protestation contre l’occupation par les ambulants, forains, nomades qui envahissent la plage, hors de propos (sic) .

Le 5/05/1947 : Examen de la question du ravitaillement en « lait » principalement pour les enfants des estivants.

Le 6/10/1947 : Etant donné les difficultés rencontrées au sujet du ravitaillement en « lait » des estivants et de la population, le SI s’est vu dans l’obligation d’assurer ce ravitaillement par ses propres moyens et d’avancer les fonds nécessaires à cet effet.Proposition est faite de procéder à l’aménagement du chemin d’accès de la grotte de « Galimoneux ».

Le 4/11/1947 : Demande de création de plusieurs dépôts de lait dans le bourg ! Nivellement de la dune. Aménagement de terrains de camping. Construction de trottoirs dans le bourg. Construction de plongeoirs. Couverture de la rivière. Exercice effectif du « garde champêtre ».

Le 2/12/1947 : Suggestions en vue de l’organisation du concours de « chant crochet » du 3O décembre.

Le 06/01/1948Accord avec le CM pour l’acquisition du lais de mer et la construction de  deux tennis, emprunt envisagé.

Le 3/03/1948 : Demande à la municipalité d’améliorer le passage jugé très dangereux « du port au pendu » par l’établissement d’une rampe de protection.

Le 4/051948 : Proposition d’organisation d’une semaine de gala de cinéma au profit du SI.

Le 6/07/1948 : Proposition pour le 18/07 de l’inauguration du nouveau pavillon du S.I. Suivie d’un bal de nuit.

Le 23/08/1948 : Réclamations de plusieurs estivants relatives au mauvais approvisionnement en beurre et en huile. Un adhérent réclame la réglementation du stationnement des voitures dans l’agglomération. Ce vœu est adopté. Demandes de constructions de cabines de bains.

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Le 7/09/1948 : Réclamations des loueurs en meublés protestant contre le taux trop élevé de la patente.

Le 15/11/1948 : Le bureau émet le vœu, relativement à la suppression à partir du 1/01/1949 du trafic du chemin de fer départemental, que les rails dudit chemin de fer soient conservées ! Et que soit étudiée l’éventualité de la remise à une entreprise privée, sous forme de concession, de l’exploitation de cette ligne.

Le 23/02/1949 : Le bureau est d’accord de construire simultanément les deux courts de tennis. Renouvellement de la publicité faite l’an dernier aux gares Montparnasse et St Lazare.

Le 6/04/1949 Décision d’organiser un concours de chant crochet dans la salle de l’Armoric cinéma le 12 Mai.

Le 20/07/1949 Constitution d’un futur « tennis club » dont le bureau siègera au SI.

Le 6/09/1949 : Organisation d’un bal dans le courant de septembre.

Le 8/11/1949 : Alerte du Conseil Général pour éviter une pénurie d’eau la saison prochaine. Appel aux hôteliers pour qu’ils présentent des « plats régionaux ». Réclamation pour que les cars soient plus nombreux jusqu’à Erquy. Le plan Marshall offre des fonds pour travaux d’amélioration touristique. Voeux pour l’établissement de « bancs et de water closets » à la plage du Bourg et à Caroual. Prévoir la signalisation des principaux sites et la pose de plaques d’indication des rues. Prévoir le plus tôt possible la construction de trottoirs dans les rues principales !

(d’après les archives de l’office du tourisme)

Contributeur : l’Equipe Mémoire d’Erquy

                                                                                                       (A suivre)

Les Journées Portes Ouvertes

de l’Association Mémoire d’Erquy

se tiendront

les 2, 3 et 4 août 2019

de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h30

à la Salle des Fêtes d’Erquy

 

Les Amis de la Chapelle Saint-Michel s’associent à l’exposition

LES SOIRÉES DES JEUNES

(racontées par son créateur Gilbert JOSSET)

        Dans les années 60, les soirées des jeunes à Erquy ont marqué la vie estivale de nombreux jeunes Rhoeginéens et jeunes vacanciers.

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     Voilà comment tout a commencé : en 1965, dans la salle paroissiale du presbytère, cinq jeunes rhoeginéens : Gilbert JOSSET, Roger BOURDON, Henri L’HOTELIER, Edouard LANDIER et Annick OLIVIER, décident de créer une association afin que les jeunes d’Erquy puissent pratiquer des activités : ping- pong, labo photo etc… et  également  rencontrer leurs copains de Pleneuf-Val André.

       En Février 1966 , l’association organise au Foyer Rural une soirée dansante, avec une vente de crêpes faites par des bénévoles, afin que la recette soit destinée au foyer des jeunes.

       L’été arrive et Gilbert est contacté par Gilles LACOMBE et Lucien LOGETTE qui ont entendu parler de l’association et souhaitent organiser des soirées régulières pour les jeunes pendant l’été. A l’époque il n’y avait vraiment rien pour ces derniers. Les bals ne leur plaisaient pas, la musique leur paraissant trop désuète… Gilbert allait souvent à Pléneuf assister aux répétitions d’un groupe de jeunes musiciens de la commune dans le grenier au-dessus de la boucherie LE NAOUR. Les deux fils Jean-Pierre et Jean-Yves démarraient leur groupe : les STRAUSS !! Les autres membres étaient Daniel MICHEL, Louis MORIN, Christian HILLION, le chanteur Alain PIETE. Nicolas CARVER (le saxo) un Anglais ,  les a rejoints plus tard  ainsi que John le trompettiste qui est venu consolider le groupe avec trois cuivres permettant ainsi de développer le répertoire en rhythm and blues .

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    Immédiatement et suite à la conversation qu’il a eue avec Gilles et Lucien, Gilbert pense tout de suite à eux pour venir jouer dans leurs soirées.  N’ayant pas de budget, il leur fait une proposition et pour la première soirée, l’entrée est fixée à 1fr. A l’époque l’entrée d’un bal était de 10frs (exemple : bal de Jo Haguet, connu dans la région) Il est convenu que les STRAUSS  auraient comme cachet 75 % de la recette des entrées. 25% seraient consacrés aux frais de fonctionnement (location de la salle etc…). La recette de la buvette (bière, Coca, Orangina..), non négligeable, était réservée pour le foyer des Jeunes.

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      1ère soirée : 200 entrées. Sans pub, uniquement par le bouche à oreille.                                  2ème soirée ; 400 entrées. L’entrée passe à 2frs. Ensuite le prix est resté constant.                3ème mercredi: 600 personnes ! Toujours sans pub.                                                                    Pendant les mercredis du mois d’août : 1000 personnes (à peu près 4 personnes au m2) !

      Dehors, pour se restaurer, un camion de frites, tenu par « La Frite » remporte un vif succès. Il s’installait devant chez M. et Mme SIDENIER.

   Madame SIDENIER, Mado, participait très activement et était la seule adulte à contribuer à l’organisation.

      Petite anecdote : durant l’été, Gilbert se rend à la kermesse paroissiale sur le terrain des sports. Là, il se fait apostropher par le recteur et une partie du conseil municipal, qui étaient extrêmement mécontents de ce rassemblement de jeunes et voulaient faire interdire les soirées. Gilbert les informe alors qu’une banderole sera apposée sur la salle des fêtes stipulant l’interdiction par la Conseil Municipal et les laissent imaginer la réaction des jeunes . Heureusement, et avec l’appui toujours de Mado les soirées continuent. A la grande joie des jeunes Rhoeginéens et des vacanciers .

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        A la fin de la saison, début Septembre, le bénéfice est de 12 000frs. Ne sachant pas comment utiliser cette somme d’argent, Gilbert, qui pratique l’équitation au manoir de la Ville-Rogon, et connaissant les difficultés du club hippique menacé de fermeture, décide d’acquérir un grand nombre de cartes d’abonnement pour douze leçons d’équitation. Elles furent distribuées dans les différentes écoles d’Erquy, publiques et privées et également au collège. Cela permit de relancer l’activité du club pendant plusieurs années et de faire plaisir à de nombreux élèves.

      La deuxième année, il a été convenu que chaque soirée serait organisée par une association différente (Union bouliste, Cols bleus, pompiers, USE, FNACA….) et que le bénéfice reviendrait à ces associations. Ensuite les soirées ont continué avec le même tarif pendant six ans, avec toujours ce succès phénoménal qui ramenait des jeunes de toute la région. Ces soirées avaient tellement de succès que par la suite s’en sont inspirés les casinos du Val André et des Sables d’Or. L’appellation « soirée des jeunes » impliquait alternance de slows( de longue durée) et de rock, jerk, etc… Ce qui fit le succès de ces soirées était le répertoire des STRAUSS : les Beatles, les Rolling Stones, Otis Redding, du Rhythm and blues…Ils ont fait un bon bout de chemin et ces soirées ont contribué par la suite à leur popularité car ils ont également connu un vif succès dans les nombreuses soirées dansantes dans toute la Bretagne.

                                                                             *

                 Ce 15 Août 2019, aura lieu une soirée spéciale de commémoration pour les 50 ans de ces soirées, à la salle des fêtes, organisée par Gilles LACOMBE, Lucien LOGETTE, avec le soutien de Gilbert JOSSET, bien évidemment.

                 Que ceux qui ont connu cette mémorable époque viennent nombreux à cet anniversaire pour partager ce moment « remember ». Il y a 25 ans une soirée anniversaire avait déjà eu lieu,  et rendez-vous avait été pris pour les 50 ans !!!!!

Les Bâtiments du Stade

Les Bâtiments du Stade

Dès le début de la deuxième guerre mondiale les allemands réquisitionnent le stade de foot, ils édifieront deux bâtiments de trente mètres de long (chacun) en briques, enduits au ciment et couverts en fibro-ciment. A l’intérieur, au sol, du parquet, les murs et les plafonds étaient recouverts de lambris. Ces baraquements étaient destinés à héberger des ouvriers (volontaires ou pas) venus du nord de la France, afin de participer à la construction des blockhaus (surtout au niveau du ferraillage de ces derniers.)

Quand l’occupant libère ces locaux, la résistance forme ses hommes pour aller combattre sur le front de Lorient .

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Laissés libres à la fin du conflit, ces deux baraquements seront mis en vente par adjudication par les domaines. Le 2 décembre 1946, la municipalité se porte acquéreur de cet ensemble, afin de créer le groupe scolaire primaire des garçons.

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Le bâtiment Est : Sera réservé dans sa plus grande partie à l’école primaire des garçons ; CP en 1, CE en 2, CM en 3 et, une petite partie, au milieu, sera réservée aux vestiaires du club de foot U.S.E. en 4, ainsi que dans le hall à l’extrémité comme vestiaires des arbitres, également occupé quelques fois par le Dr Dayot Paul, Mme Leménère et Melle Virot, pour des séances de vaccinations obligatoires pour tous les enfants en 5.

Le bâtiment Ouest : Une grande salle avec une estrade en 10, en travers du fond était à la disposition des écoles pour leurs animations, mais également pour les répétitions du groupe folklorique d’Erquy, très important à cette période en 6, également vestiaires des visiteurs en 6. Dans l’extrémité ouest, la cuisine de la cantine était installée (cuisinières Mme Lucas et Mme Rouinvy) en 7, le réfectoire des garçons occupait une partie de la grande salle en 6.

Les toilettes extérieurs étaient à l’entrée côté rue du parc des sports en 9, pour l’eau, un seul robinet d’eau froide à l’extérieur, sans eau en périodes de gel, qui étaient longues et nombreuses à l’époque, en 8.

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Dans les années 1962, les bâtiments seront détruits par le feu au cours d’une manœuvre par les sapeurs pompiers car les boiseries intérieures étaient infectées de termites et devaient êtres brûlées afin d’empêcher la prolifération de ses dernières.

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Les sapeurs pompiers au cours de la destruction par le feu des bâtiments

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1965 : construction des tribunes par l’entreprise Bravin frères.

 

Contributeurs : Ernest Brouard & Christian Frémont

 

Erquy, station balnéaire bretonne

Les pratiques balnéaires ont plus de deux siècles en Bretagne.

Dans les années 1820 – 1830, une société mondaine pratique une thérapeutique de l’eau, eau de source au départ puis eau de mer. Certaines communes du littoral combinent même sources minérales et bains de mer : la région malouine et Pornic en sont des exemples. La plage de Pornic est d’abord fréquentée pour son eau douce. L’historien Léon Maître précise que « les premiers baigneurs furent des buveurs d’eau simplement et non des amateurs de natation ou des partisans de l’eau froide ». Il ajoute : « L’habitude des bains de mer ne s’est pas répandue tout à coup dans les mœurs, elle s’est produite par contact et par entraînement comme beaucoup de coutumes ». Ce n’est donc pas la pratique de la baignade qui crée la station balnéaire (certains autochtones se baignent déjà) mais les demandeurs, généralement peu nombreux et issus de classes aisées, voire aristocratiques qui forment des noyaux balnéaires. Des stations comme Saint-Malo, Dinard ou Le Croisic furent développées par les anglais dans les années 1850. L’Angleterre connaît déjà les bains de mer avec les fameuses Bath et Brighton…

Certaines des « stations de la deuxième génération » sont fondées par des personnalités réputées comme l’ingénieur Cotard au Val-André, Alix à Saint-Cast, Brouard à Sables-d’Or-les-Pins. D’autres stations comme Erquy ne sont pas créées par des leaders mais suivent les mêmes principes.

               L’attrait du port breton

Très prisé pour les activités de la pêche, le pittoresque des bateaux et des gens de mer, c’est par excellence, le lieu de la flânerie et du spectacle.

Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires […] servent à entretenir dans l’âme le goût du rythme et de la beauté.

Ecrivait Baudelaire dans ses « petits poèmes en prose » et Victor Hugo en 1836 affirme sa préférence pour les petits ports : Il déteste toutes ces maçonneries dont on caparaçonne la mer […] Plus le port est petit, plus la mer est grande.

Peu à peu, la plaisance s’installe progressivement dans le port et les plus petits vont être recyclés en port de plaisance dont la popularité s’accroît après les années 1950.

Il est non seulement un pôle touristique mais aussi un site instructif propice aux leçons de choses de la mer. Aujourd’hui, on envoie les écoliers en classes de mer comme on les fait séjourner, l’hiver en classes de neige.

              Un retour à la nature et l’illusion de la vie sauvage

Bien souvent, le séjour à la mer se double d’un séjour à la campagne, toute proche. Les enfants, émerveillés découvrent les bêtes de la ferme, le bon lait et les œufs frais…

Lors de son séjour en Bretagne en 1894, Colette s’enivre du charme de la vie sauvage : « Pour la première fois de ma vie, je goûtais, je touchais le sel, le sable, l’algue, le lit odorant et mouillé de la mer qui se retire, le poisson ruisselant. » Lorsqu’elle séjourne un peu plus tard dans sa propriété de Rozven, à Saint-Coulomb, sur la côte cancalaise, elle retrouve cette vie paradisiaque où l’on « marche sans souliers, tout le temps dans l’eau, dans le sable.» Elle s’enivre du crachin du vent d’ouest, « cette pluie fine vannée par la tempête, la douce pluie marine, un peu salée, qui voyage dans l’air comme une fumée » (Le Blé en Herbe). C’est là qu’elle écrit Le Blé en Herbe (1923) et Claude Autant-Lara tournera l’adaptation cinématographique à Erquy en janvier 1954. Sans doute fut-il ému par la beauté des paysages… On y découvre les cabines et les tentes de plages sur la plage du centre prés de la villa Meryem où séjournent les deux héros Vinca et Phil durant les vacances, l’îlot de la chapelle Saint Michel où ils vont pêcher la crevette et où le jeune homme rencontre « la dame blanche » et la petite crique du Goulet où le jeune homme s’échoue après le naufrage de sa périssoire.

 

             « Un petit trou pas cher et reposant »

Le touriste parisien, de classe moyenne, recherche une plage familiale, accessible, bien fréquentée et surtout sécurisante pour les enfants. Naturellement, le séjour bon marché est un atout majeur.

La station d’Erquy correspond tout à fait à ce profil et compte nombre d’hôtels et surtout de pensions de famille aux tarifs très accessibles. Le séjour chez l’habitant facilite les séjours de longue durée et sont très prisés par ceux que l’on nomme à l’époque « les baigneurs ».

Au début du XXème siècle, les nombreuses pensions de famille (« Chanteclerc », « Brise Marine », « Angélique », « Bellatrix », « Les Falaises », « Emeraude », « Montcalm ») et les petits hôtels (« Beauregard », « La Chaumière », « l’Hôtel de la Plage ») sont recommandés par le syndicat d’initiative pour leurs « prix modérés » et leur « cuisine bourgeoise et soignée ». On offre, la plupart du temps « des arrangements aux familles ». On bénéficie de « l’eau chaude et l’eau froide » et le cidre est inclus dans les tarifs. Du 1er juin au 14 juillet et en septembre, le tarif est de 30 francs par jour et du 14 juillet au 31 août de 35 à 40 francs. La plupart se situent à proximité de la mer, du port et des plages, sources de loisirs appréciables.

Un pensionnaire de la pension Angélique fait ainsi l’éloge de son séjour :

«  Nous sommes bien nourris, cuisine saine et variée, portions suffisantes : Hors d’œuvre, poisson, plats de viande, légumes, salade ou fromage, dessert et cidre compris. » Au sujet de l’habitat, il précise : « Nous avons notre chambre en dehors de la pension car il y a trop de clients. Le pays est charmant, très accidenté, belles promenades au long de la mer, dans la campagne et bois de pins. Hier, beau temps, aujourd’hui, pluie. La plage est grande, celle de Caroual est magnifique. Pêche de crevettes, crabes, lançons ; pêche au port de tous les poissons. Excursions variées. »

De nombreux touristes séjournent chez l’habitant. Les locations estivales sont nombreuses et apportent des profits appréciables aux propriétaires et aux agences. Souvent trop limitées en chambres, les pensions de famille ont recours à des locations chez les particuliers. On prépare attentivement l’arrivée des touristes, les femmes s’adonnent aux soins du ménage et les adolescents eux-mêmes « font leur saison ». Dès l’âge de quatorze ans, les jeunes filles proposent aux familles aisées de garder leurs enfants et les garçons se font livreurs en se chargeant des courses dans les commerces…

Quelques jours avant leur arrivée, on a parfois reçu une malle. Puis c’est l’arrivée par le car de la CAT. Le ou la propriétaire accueille la famille la plupart du temps, dans son propre logis. Il faut dire qu’on a tout prévu : le garage ou une ou deux pièces sont aménagés et servent souvent de refuge aux propriétaires durant la saison estivale.

Le confort est plutôt sommaire dans la maison : rares salles de bains et lavabos dans les chambres. Les WC se trouvent au fond du jardin et chaque matin, les baigneurs, trimbalant leur seau de toilette, descendent l’allée du potager et contemplent avec attendrissement les lapins dans leur clapier, avant de pénétrer dans la petite guérite où l’on a empilé journaux et magazines au près du siège de bois. Un broc rempli d’eau de pluie puisée au lavoir remplace la bruyante chasse des toilettes de luxe…

Comme les jours sont longs et les soirées d’été chaleureuses, tout le monde descend dans la cour. On raconte des histoires, on décrit la vie parisienne ou le travail dans la mine. On plaisante. Durant les grandes marées, on initie le visiteur à la pêche dans les rochers, on excursionne et l’on devient ami. Le temps passe vite, trop vite…

Satisfaits de leur séjour, beaucoup reviennent d’année en année et durant l’hiver, on est parfois accueilli par les parisiens et l’on visite ensemble la capitale. Beaucoup ne la connaissent guère et profitent de la visite des bretons pour la découvrir !

A Tu-ès-Roc, grand père a fait construire un bâtiment neuf dont il a lui-même dessiné les plans. La grande demeure jouxte sa petite maison. Dotée d’une terrasse et d’une vue imprenable sur la mer, elle attend les visiteurs. Pour la meubler, il a écumé toutes les ventes aux enchères du contenu des grandes maisons de familles. Ses baigneurs jouissent d’un mobilier de style et mangent dans une vaisselle de faïence de Gien ou de Quimper… Il prend soin de ses hôtes et pour les inviter au respect du repos du voisin, il leur écrit de jolis poèmes qu’il affiche sur les murs :

« Chut ! Le voisin dort ! Il est si gentil ! » Attention charmante dont je souriais…

Cet ancien militaire, n’écoutant que sa bravoure, n’hésita pas un jour à braver les flammes qui embrasaient les vêtements d’une jeune locataire sortie sur la terrasse en hurlant de terreur. Heureux d’avoir sauvé l’adolescente, il ne prit pas garde à lui et se brûla gravement les mains… Il reçut quelque temps plus tard, la médaille du mérite.

Jolie époque où l’on sympathisait aisément avec l’étranger. La méfiance s’effaçait très vite, la nouveauté pointait son nez et ravissait tout le monde. L’heure du départ était bien souvent teintée de mélancolie… On se reverrait l’année prochaine. Une petite carte au nouvel an et puis les beaux jours amenaient les vacances ! Les vacanciers allaient arriver !

 

Contributrice : Liliane Lemaître

1906 – Erquy dans Le Journal de Pléneuf et ses Environs

(source : Archives Départementales des Côtes d’Armor)

N° 4 – dimanche 28 janvier 1906

Un magasin dévalisé

Dans la nuit de lundi à mardi dernier, le magasin tenu au bourg d’Erquy par Mme Vétier a été cambriolé. Plusieurs pièces d’étoffes ont été volées. La caisse a été fracturée et son contenu enlevé.

Les voleurs ont eu l’audace pour perpétrer ce vol, d’enlever un carreau avec un diamant.

On suit une piste sérieuse qui permettra peut-être de retrouver les voleurs.

N° 7 – dimanche 18 février 1906

Mort d’une pauvre chercheuse de pain

Une pauvre vieille mendiante, paraissant beaucoup souffrir, demandait depuis quelques jours l’hospitalité au village de Langourian ; samedi elle demanda l’aumône à Mme Brouard, aubergiste, qui la voyant couverte de haillons, lui donna des vêtements pour se couvrir ; la malheureuse dévorée par la vermine, ne semblait plus jouir de toutes ses facultés.

Vendredi dernier, Mme Andrieux la fit se coucher dans une petite maison près de la sienne et lui prodigua des soins ; le lendemain elle l’engagea à chercher un gîte meilleur. Après l’avoir soignée de son mieux et réconfortée, Mme Andrieux vit la pauvre mendiante s’éloigner mais à peine avait-elle fait 100 mètres sur la route, qu’elle s’affaissa pour ne plus se relever.

  1. Loncle, adjoint, qui passait au même moment, aida à la transporter chez Mme Andrieux ; on ne put la rappeler à la vie : elle avait succombé, d’après le docteur Dayot qui a visité le cadavre, à une congestion pulmonaire causée par le froid.

Cette mendiante, victime de la misère, aurait déclaré se nommer Angélique Monnieux et être originaire de Janzé.

Un vol audacieux

Des malfaiteurs ont eu l’audace, après avoir brisé un carreau de la fenêtre, de pénétrer en pleine nuit, dans le bureau de M. Renaut, négociant à Erquy.

A deux heures du matin, M. Renaut qui était couché dans un appartement situé au-dessus de ce bureau, ayant entendu du bruit, ouvrit sa fenêtre pour se rendre compte de ce qui se passait. Au même moment, il aperçut deux individus qu’il ne put malheureusement reconnaître, qui prenaient la fuite.

  1. Renaut ayant réveillé ses fils, descendit aussitôt dans son bureau et constata que la fenêtre était grande ouverte. Une somme de 20 francs, laissée sur un meuble, avait disparu.

Le coffre-fort n’avait pas été touché, c’était évidemment l’objectif des voleurs, mais le temps leur avait manqué.

Si on rapproche ce fait du vol récemment commis chez Mme Vetier, il y a tout lieu de croire qu’une bande de malfaiteurs exploitent en ce moment la région.

La gendarmerie a procédé à une enquête et ces recherches seront continuées.

Il y a tout lieu de croire que les voleurs qui ont opéré chez M. Renaut, n’en sont pas à leur coup d’essai.

N° 8 – dimanche 25 février 1906

A propos de bolées

Le sieur Casimir Michel, cultivateur au Gouin, en Erquy, se trouvait attablé dans une auberge dans la soirée de jeudi, lorsqu’il fut rejoint par trois individus qui le mirent en demeure de leur payer des bolées. Michel s’y refusa. A sa sortie de l’auberge, il fut rejoint et maltraité par ces mêmes individus qui le frappèrent à coups de pied et eurent l’audace de lui enlever son couteau de sa poche et de l’en menacer.

N° 10 – dimanche 11 mars 1906

Tentative d’inventaire de l’église

La tentative d’inventaire eut lieu lundi. Le tocsin sonna et la population toute entière accourut.

  1. le percepteur de Pléneuf se présente à 7 heures, avec deux gendarmes. M. le recteur, revêtu de ses ornements sacerdotaux, lut une énergique protestation.

« Montrons à ceux qui nous persécutent, dit-il, que la foi n’est pas morte dans notre pays et qu’à l’occasion nous serions prêt à la défendre contre les sectes impies … Mieux vaut la souffrance et les privations que la trahison. »

Plus de 1.000 personnes étaient présentes.

L’agent du fisc, voyant l’église fermée, se retira ; et un salut solennel fut donné à la population.

Depuis, l’église est fermée et gardée. On attend les crocheteurs. (suite…)

  L’Odyssée de Santa et Rosa.

 

   Certes, il ne s’agit pas de l’odyssée d’Ulysse, qui le mena sur mer avant de rejoindre Ithaque, mais de celle de deux marins, à Erquy, qui, du Cap Fréhel au Verdelet, poursuivirent leur graal, à savoir des bouteilles de vins de marque Santa et Rosa pendant une journée.

   Il ne s’agit pas non plus de la guerre de Troie, mais de celle, commerciale, que se livrèrent des années 1945 aux années 1980 deux grands négociants de « pinzed » du Nord Bretagne : Les Ets Le Fur, basés à Landerneau, qui distribuaient entre autres les vins Santa et Rosa et les Ets Guével-Rio, basés à Pleyber-Christ dont Grappe Fleurie et Dom Grégoire sont les marques les plus connues avec Père Benoit (les Ets Guével-Rio ferment en 1988).

    Issus de vins rouges d’Algérie, souvent coupés avec du Rosé d’Oran, ces « nectars » vont développer des stratégies assez agressives (le marketing d’aujourd’hui). Ainsi, les commerciaux de Guével n’hésitaient pas à poser des bouteilles de leur vin sur les sièges passagers des routiers pendant leur repas. Les Ets Le Fur tentèrent alors une opération commerciale originale en jetant, et le faisant savoir par voie de presse et auprès de leurs revendeurs, des centaines de bouteilles à la mer, sur la côte nord de la Bretagne. Ces bouteilles étaient vides (mais bouchées) et offraient à l’intérieur un bon d’échange contre une bouteille pleine.

     Sans doute, Georges S. et Yannick L, deux copains de Tu es Roc eurent vent de cette opération, ou tout simplement, se sont-ils retrouvés par hasard sur le trajet des lâchers ! Ils suivirent le bateau et à l’aide d’une simple épuisette, ils récupérèrent une grande quantité de ces bouteilles.

       L’affaire s’ébruita mais on loua, dans Erquy, plus leur opportunisme débrouillard que leur vénalité. Cependant, pendant plusieurs mois, ils furent appelés Santa et Rosa dans tous les cafés du port et de la remontée vers Tu es Roc!…

 

Jean-Michel Dauvilliers

Les exploits d’Alcide durant la deuxième guerre mondiale

  ( Mémoires d’Alcide Méheut )

   Réformé de la gendarmerie pour tuberculose, alors qu’il était un fringant brigadier chef, le vaillant militaire n’a jamais pu aller au front (Trop jeune pour 14, trop âgé pour 39-45 !). Il avait pourtant, suivant son expression, « déterré la hache de guerre ! »

      » Tout aurait été pour le mieux sans la présence allemande. Au lieu de remettre mon fusil aux autorités, je m’étais empressé de l’enterrer dans ma cave, ce qui aurait pu me coûter cher si j’avais été dénoncé. En revanche, je déterrai la hache de guerre ! L’ennemi l’avait sans doute deviné car je fus pris pour cible à trois reprises.

    Un jour, au début de l’occupation,  alors que j’étais bien occupé à pêcher le maquereau, à la ligne sur les rochers du Cap d’Erquy, vers la crique de Port Blanc, ce qui était naturellement interdit, j’entendis un sifflement à ras de mon oreille, suivi d’un petit « couic » qui s’étouffa dans une légère gerbe d’écume. Me retournant, j’aperçus alors deux compères, qui m’ajustaient avec leurs fusils. Je me jetai aussitôt à l’abri, derrière un rocher, tandis que les deux soldats me faisaient signe d’approcher.

        Je fis semblant d’obéir, mais arrivé près de l’abri du bateau de sauvetage, je me mis à courir contre l’assise de la falaise du haut de laquelle mes deux lascars étaient  alors incapables de m’apercevoir. Je battis sans doute tous mes records de vitesse car je détalai comme un lapin poursuivi par une meute de chiens. J’étais habitué dès mon plus jeune âge à escalader les falaises ; je retrouvai donc mes vieux réflexes et je me mis à grimper par l’endroit le plus abrupt et le plus dissimulé. Parvenu environ à la moitié de la pente, je me redressai légèrement afin d’examiner la situation, à travers de hautes fougères. Je vis alors mes deux gaillards qui dévalaient quatre à quatre la rampe conduisant à la crique. J’achevai alors mon ascension et je rentrai tranquillement à la maison, heureux du bon tour que je leur avais joué !!

     La deuxième fois que je fus pris pour cible, ce fut au cours de l’été 1942. L’accès aux  plages du nord d’Erquy était interdit à la population par les allemands. C’était avant la construction du Mur de l’Atlantique et le minage de tout le littoral. Il y avait eu, soi disant, un parachutage les jours précédents et ils étaient plus enragés que jamais dans leur surveillance.

Numériser                                              Alcide, retour de pêche, à Lourtouais

      Je connaissais bien le terrain et je me faisais un plaisir de braver leurs interdits. J’étais donc descendu sur la plage de Lourtouais, sans être remarqué et je progressais parmi les rochers pour aller pêcher dans un de mes coins favoris quand je remarquai, rejeté par les flots, les débris du fuselage d’un avion Mosquito, anglais. Il s’agissait sans doute de l’avion qui était tombé en mer et dont le pilote devait être le fameux parachutiste préoccupant l’ennemi. Je me suis donc mis en devoir de détruire les traces de la présence de l’appareil pour éviter les recherches et la capture du pilote. J’ai arraché, roulé et enfoui dans le sable et les galets, toutes les parties entoilées, les fils de commande et tout ce qui pouvait facilement être dissimulé. Il restait un grand morceau de bois léger et percé de grands trous, pour l’alléger le plus possible, sans doute, et quelques morceaux de bois en contre plaqué. Le tout n’était pas bien lourd mais très encombrant. Je me décidai donc à le ramener à la maison

    J’étais bien ennuyé car il me fallait escalader une rampe rocheuse conduisant directement sur le plateau mais pleinement visible du sémaphore, alors occupé par les soldats allemands. Si je n’avais pas été encombré, ils n’auraient pu déceler ma présence mais mon trophée dépassait largement la cime de l’écran formé par les jeunes sapins qui me dissimulaient habituellement. Je n’en avais pas conscience, lorsque le crépitement d’une mitraillette me rappela à la réalité et les balles sifflèrent autour et au dessus de ma tête.  Je me jetai alors  dans le fossé qui longeait le chemin où elles ne purent m’atteindre. Encore une fois, je rentrai chez moi, sain et sauf !!

     Il y eut une troisième et dernière fois. C’était quelque temps avant la débâcle allemande et deux jours avant le combat de La Couture.  (1)

     Chaque soir, j’allais chercher à manger à mes nombreux lapins et je passais à proximité d’un radar et d’un poste de défense anti- aérienne, installé sur un tertre et gardé par cinq  S.S.  Ils me connaissaient pourtant bien et me demandaient fréquemment du feu pour allumer leurs cigarettes. Me voilà donc, comme de coutume, en train de ramasser dans un terrain inculte, mes ajoncs dont la tendre cime devait nourrir mes lapins. A peine étais-je à pied d’œuvre que la grosse mitrailleuse entra en action, faisant tourbillonner autour de moi les branches d’ajoncs fauchées. Je ramassai à la hâte ma récolte et me précipitai dans la coupe de carrière la plus proche où je découvris une voisine qui s’y était réfugiée, complètement affolée. Ceux qui ont connu la Gouriotte (2), n’auront aucun mal à imaginer le chapelet d’injures qu’elle se mit à débiter contre nos agresseurs qui ne pouvaient, hélas, l’entendre !! »

1Combat de La Couture : Combat de la résistance locale au moment de la Libération, au cours du quel périrent huit résistants et plusieurs civils qui furent fusillés par les allemands. Ce combat  prélude à celui du Cap Fréhel qui mit fin le 15 août à l’occupation ennemie dans la région.

2- La Gouriotte : Surnom donné, suivant la coutume locale, à une marchande de poissons nommée Gouriot. Elle était bien connue pour sa forte personnalité et son franc-parler.

 

Contributrice: Liliane Lemaître

 

 

 

 

Du pétrole à Erquy – 25 août 1969

(source Le Marin, journal du 29 août et Jours de France du 27 août)

Triste jour que ce mardi 19 août 1969, le pétrolier « Gironde » de la Compagnie Européenne d’Armement était abordé par le navire israélien « Harbashan ». Par l’importante brèche située à tribord s’écoulait à la mer un filet d’hydrocarbures estimé à 1.500 tonnes. Le lieu de la collision se trouvant à environ 20 milles dans le nord de l’île de Bréhat.

De toute évidence, tout au moins pour ceux qui ont quelques connaissances des choses de la mer, la nappe devrait venir s’échouer sur les côtes bretonnes. En effet, dans cette région les vents dominants sont du secteur ouest et nord ouest et engendrent des courants de surface appréciables.

Le lundi 25 août, à la marée du soir, la plage de Caroual était souillée puis les jours suivants toute la région d’Erquy était touchée.

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Les mesures prises ? Un avion a pu « escorter » la nappe permettant de mieux la situer et dès le cinquième jour, deux unités de la Marine Nationale sont intervenues.

Mais un dragueur et un remorqueur qui déversent de la craie sur une pellicule d’hydrocarbures de dix kilomètres de long sur un de large peuvent-ils avoir des résultats appréciables ?

Il restait à faire appel aux bonne volontés. Lundi, des pêcheurs du port d’Erquy ont appareillé pour verser de la sciure de bois apportée en hâte (chargé sur les chalutiers par les pompiers d’Erquy sous les ordres du Commandant Morel, directeur départemental des services d’incendie et de secours des Côtes-du-Nord et de l’Adjudant C. Lefaucheur, chef de corps du centre de secours d’Erquy).

0-1                                       Chalutier Brin d’amour patron Pierre Le Duc

(suite…)