La Couture

Erquy : Onze morts à La Couture (2-3 août 1944)
A Erquy, les Allemands, installés au château de Bien-Assis, ont « bétonné » le littoral et l’arrière-pays. Début août 1944, les FFI reçoivent l’ordre de paralyser leurs mouvements aux alentours de La Couture. Les 2 et 3 août, les combats font rage.

Alain Marbaud, de Brénignan, dit « Souriquet », a scindé son équipe de résistants en trois groupes. Commandés par trois « lieutenants » : René Laurent, aux Hôpitaux, Roger Fargier, au bourg d’Erquy et Pierre Méheust, à La Couture. Deux parachutages, en juillet, ont permis de mieux armer une centaine d’hommes.

« Dans l’après-midi du 2 août, raconte Pierre Méheust, j’ai reçu l’ordre de distribuer les armes et de me diriger avec mes hommes vers Hénanbihen, où avait lieu un sévère accrochage. » A peine sont-ils arrivés à La Bouillie que le contre-ordre arrive : « Faites demi-tour vers La Couture et attendez. »

Le lendemain matin « Souriquet » confie le commandement de la « compagnie Gautier-Lefèvre » au capitaine Berest. Celui-ci demande à Laurent et à Fargier de bloquer tout déplacement allemand à La Couture. Pierre Méheust, lui, doit contrôler les mouvements à hauteur des blockhaus du Chauchet, au sud.

Vers 11 h du matin, Pierre Méheust laisse deux équipes en embuscade. Avec quelques hommes, il s’approche, brassard à l’épaule et mitraillette en main, des batteries allemandes. Soudain, à l’entrée d’un champ, les résistants se trouvent face à deux soldats allemands.

Ceux-ci détalent vers Bien-Assis. « Je me suis dit qu’ils allaient prévenir leurs copains et qu’il allait y avoir du grabuge ». En fait, les Allemands sont déjà sur le pied de guerre. Deux de leurs soldats ne sont pas rentrés de la corvée de lait. Prisonniers dans une soue à cochons de la ferme de La Monnerie !

« Vers midi, les premiers coups de fusil ont été tirés à La Couture. » Sur le chemin du village, Pierre Méheust et les siens échangent quelques rafales avec une patrouille ennemie avant de plonger dans un champ de blé.

Entre-temps, les Allemands ont pris le village en tenailles. « Les balles passaient dans tous les coins. Ça a bien tiré pendant une heure, et puis ça s’est calmé. Les jeunes FFI ont réussi à se replier. » Mais six résistants y ont laissé leur vie : Tugdual Le Forestier, Joseph Déguen, Armand Houzé, Adrien Alain, Alfred Clément et Henri Tranchant.

Les nazis fouillent les maisons, brisent portes et fenêtres à coups de bottes, lancent des grenades à l’intérieur du café Le Monnier, tentent d’incendier La Monnerie. Et, surtout, prennent une douzaine d’otages. Après un tragique « tri » au château de Bien-Assis, cinq sont fusillés : Jean Garnier et Julien Michel, deux combattants FFI, le menuisier Jean Balan, âgé de 60 ans, et son apprenti Robert Roussel, 15 ans, ainsi qu’un jeune ouvrier agricole de 17 ans, Jean Tirel. Leurs corps seront retrouvés le lendemain, juste recouverts de terre, dans le potager du château.

Mais l’action des FFI et la nouvelle de l’avance américaine ont finalement décidé les Allemands à plier bagage. Le 4 août, Erquy fête sa liberté retrouvée.

Source : Supplément Ouest-France « La Libération des CDN » 1994, p. 9.

2 commentaires

  1. Mon grand père pierre méheust a fait partie de cette aventure j’ai toujours su que c’était un homme courageux intregre. Je suis fier de son parcours

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