Les témoignages

Le Naviplane « Ingénieur Jean BERTIN » sur la plage de Caroual

Le Naviplane N500 était un aéroglisseur de transport commercial construit par la SEDAM – Société d’Etude et de Développement des Aéroglisseurs Marins basée à Pauillac. Le N500-02 « Ingénieur Jean Bertin » fut commandé par la SNCF pour le trafic trans-Manche entre la France et l’Angleterre et construit en 1977.

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Une fois les premiers essais terminés (une trentaine de vols sur la Gironde), il convenait de livrer l’appareil à la société Seaspeed (filiale commune de British Rail et de la SNCF) à Boulogne-sur-Mer dans la perspective d’une mise en service à l’été 1978. C’était l’occasion de réaliser un périple de 750 milles (1.400 kms) entre Pauillac et Boulogne-sur Mer, soit 25 heures de vol avec escales. Le départ, initialement prévu le dimanche 20 novembre 1977, avec tout un dispositif pour assurer les contrôles et les ravitaillements de l’appareil sur le parcours, dû être reporté au vendredi 25 novembre, en raison d’une météo très mauvaise sans amélioration immédiate. Le jour dit, la première étape du voyage Pauillac – Le Verdon (embouchure de la Gironde) est couverte en 50 minutes de vol. Le lendemain, le temps est beau et l’appareil rallie Quiberon tôt dans la matinée. Il se pose sur la plage du camping de Pen-er-Lé où un camion citerne l’attend pour le premier ravitaillement. Le Naviplane repart à 13 h 30 en direction de Douarnenez où le point d’atterrissage, d’abord prévu à Sainte-Anne-la-Palud est déplacé à la Lieue de Grève. Il s’y pose vers 17 h 00 et une foule considérable se masse sur la plage. Le dimanche 27, le Naviplane part en direction de Cherbourg, mais il fait escale à Erquy, sans doute par précaution après un incident sur deux jupes entre les Sept-Iles et Bréhat. (suite…)

HISTOIRE DE LA POSTE D’ERQUY (4ème partie)

(d’après les délibérés du Conseil Municipal)

Le 24 août 1941 :
Le programme des grands travaux établi par le Conseil Municipal est le suivant :

Septembre 1949

Septembre 1949

1°) Achat du terrain Caillibotte pour construction d’une Mairie.
2°) Constructions d’édicules (c’est un terme d’architecture qui recouvre plusieurs petites constructions isolées dans l’espace public ou des espaces ouverts, d’emploi et de statut variés) au Bourg et à la plage de Caroual (cabines de bain).
3°) Construction de la vigie au Guen.
4°) Construction du chemin de Caroual à la mare dit « bigneuf ».
5°) Construction du chemin de Saint-Pabu à la limite de Pléneuf dit « la ville pierre ».
6°) Construction du chemin du Doublet à la Ville Pilange.
7°) Construction du tertre des Hôpitaux, chez Eugène Renault.
8°) Construction des trottoirs des rues principales.
9°) Goudronnage des rues.
10°) Continuation de la digue de Caroual devant chez M. Breton.
11°) Construction d’abris aux haltes du chemin de fer à Saint-Pabu et aux Hôpitaux.

Le 24 mai 1942 :
Le Conseil Municipal vote un crédit de 300 F en faveur de M. CORDON Jean, le « tambour afficheur ».

(suite…)

Le Bateau de sauvetage « La Marie »

(Ouest-Eclair du samedi 5 décembre 1903)
La Société Centrale de Sauvetage des Naufragés a doté le port d’Erquy d’un bateau de sauvetage, la ‘Marie’. C’est une baleinière de 10 mètres de long.
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La bénédiction a eu lieu dimanche, 29 novembre [1903], en présence de M. Granjon de Lépiney, président de la société. M. et Mme Vianelli étaient les parrain et marraine.
Le comité local est ainsi composé : M. Le Mordan de Langourian, maire, président ; M. Pincemin, garde-maritime, secrétaire-trésorier ; MM. de Kerjégu, armateur, Le Couturier, receveur des douanes, Henry, maître de port, membres.
L’équipage est composé comme suit :
Patron : Jean Rollier.
Sous-patron : Pierre Nevot.
Matelots : Jean Lefebvre ; Julien Lefebvre ; Ernest Lequelennec ; Julien Rault ; Jean Peignon ; Louis Coallan ; Louis Besrest ; Constant Rollier ; Auguste Lamothe ; Mathurin Macé ; Jean Rault ; Léonore Lequelennec ; Louis Jaffrelot ; Jules Pays ; Jean Corniet ; Marie-Ange Duclos ; Emile Rollier ; Joseph Corniet. »
marie_2wLa SCSN était une association créée en 1865, dont la mission était d’assurer le sauvetage des personnes en difficultés en mer. Elle était sous la protection de l’impératrice Eugénie qui offrit le premier canot. Ses ressources consistaient en dons et legs. Dès 1866, 20 stations étaient en service, pour atteindre 70 stations en 1883.
La ‘Marie’ était un canot à rames et à voiles (une grande voile et une misaine) construit en 1903 par le chantier Augustin-Normand du Havre. L’embarcation mesurait 10,10 mètres de long, 2,27 mètres de large au maître-bau ; son tirant d’eau était de 0,47 mètre. Disposant d’un arrière pointu et d’une étrave très haute, ses deux extrémités comportaient un caisson en cuivre rempli d’air ; elle était équipée d’une lourde quille de fer. Ainsi cette baleinière était insubmersible et à redressement après chavirement.
Cette opération devait être impressionnante comme le démontre le texte que nous avons retrouvé : « En cas de chavirage, ces dispositifs (caissons et quille) obligeaient le canot à se redresser (en 4 secondes d’après les essais effectués). Les canotiers étaient entraînés pour faire le tour avec l’embarcation en restant cramponné à leur banc, munis de leur ceinture de sauvetage. L’eau embarquée était automatiquement évacuée (en 22 secondes) par 6 larges tubes de cuivre reliant le pont au fond du canot. »
Ce bateau fut donc affecté à la première station de sauvetage d’Erquy qui était installée sur la dune de la plage du Bourg au niveau de l’hôtel Beauregard.
marie_3wUne sortie d’exercice avait lieu chaque mois. Par force 3 à 4, l’équipage, aux avirons, rejoignait le rocher de l’Evette à 3 milles au large d’Erquy.
Au cours de sa carrière, la ‘Marie’ n’effectua que six sorties pour des sauvetages réels dont la dernière se produisit le 14 mars 1934 : le ‘Saint-Georges’ de Saint-Malo avait coulé sur Rohinet.
Il fut remplacé par un canot de sauvetage à moteurs dont le baptême eut lieu le 28 juillet 1935 à 15 heures. Le ‘Vice-Amiral-Courbet’ était stationné dans un nouveau bâtiment situé à l’anse de la pointe du Cap.
marie_4wLa ‘Marie’ fut vendu en 1937 à un particulier d’Erquy. Des avirons (4 mètres de long) sont actuellement conservés dans la chapelle des Marins.
L’abri de sauvetage de 1903 fut déclassé pour sa mission initiale et, après différentes affectations, finalement détruit en janvier 1981.
Contributeurs : Christian Frémont & Jean-Michel Mori

« AUX BANCS « , les Terre-Neuvas.

« Mon grand-père fut capitaine à Terre-Neuve de 1905 à 1928. Mon père et ma mère passaient les deux mois d’été chez lui. A table il nous racontait ses histoires vécues à « la grande pêche ». Nous étions bien souvent lassés de les entendre. Elles commençaient toutes par : « AUX BANCS …. Alain Erhel.

Les Rhoeginéens furent très nombreux à faire « Terre-Neuve », nous vous proposons  trois épisodes vidéo, le premier sur le recrutement et le départ,  le deuxième  sur la vie sur le bateau et enfin le retour.

Première vidéo: le recrutement.

Alain Erhel petit fils du cap’taine Erhel  propose un document sur la vie de son grand père, cliquez ici AUX BANCS.

A écouter la complainte des Terre-Neuvas: cliquez ici : https://youtu.be/wTmiprWeIwA

Un singulier coup de filet en 1906

Bateau assailli par des pieuvres
(source : Le Petit Journal du dimanche 2 décembre)
Une grande barque de pêche, La Perle, de Cancale, se trouvait dans la baie d’Erquy, sur le banc des Ruinais.
Les pêcheurs s’apprêtaient à remonter à bord le filet traîné à l’arrière du bateau, quand soudain ils éprouvèrent une résistance inaccoutumée. C’était en perspective la pêche miraculeuse : aussi l’équipage tout entier se précipita-t-il au treuil.
Stupéfaction : le filet apparut à la surface de la mer, entièrement rempli de pieuvres ; le nombre de celles-ci a été évalué à au moins quinze-cents ; Certaines étaient pourvues de tentacules dépassant deux mètres de longueur.
19061202_image La situation ne laissait pas d’être angoissante. Il fallait décharger le filet des dangereux poulpes et éviter d’être enserré par leurs tentacules. A un moment donné, les pieuvres couvrirent un des côtés de la barque de leurs terribles lanières. Le patron n’eut que le temps de crier l’ordre de couper le câble reliant le chalut à la barque. Les huit pêcheurs, armés de haches, tranchèrent la corde du chalut et échappèrent ainsi à une submersion qui, sans cette mesure, eût été inévitable.
Il fut ensuite possible de débarrasser les flancs du bateau de celles des pieuvres qui avaient eu le temps de s’y attacher. Un certain nombre d’entre elles furent recueillies à bord et livrées au bateau terre-neuvier Consonne, qui s’en servira comme appât de pêche.

Quant au filet, il est entièrement perdu, et c’est un gros dommage pour le malheureux patron.

Une contribution de JM Mori.

Mémoire de marin, Yves Meslin.

Yves Meslin dialogue avec Jean Cornillet pour Mémoire d’Erquy

Les marins d’Erquy ont fait partie des équipages de la grande pêche sur les bancs de Terre-Neuve dès le début du 16ème siècle, en partance du port de Dahouët et plus tard du port de Saint-Malo. Islande fut une destination moins fréquente au cours de la seconde moitié du 19ème siècle et dans le 1er quart du 20ème siècle. Les marins d’Erquy (en particulier ceux du village de Tu Es Roc et des Hôpitaux), allaient souvent travailler dans les carrières pendant la saison d’hiver.
(suite…)

Les transports à Erquy au début du 20eme siècle.

La Patache.
Gare de Lamballe, au début du 20eme siècle, (1907 – 1909) la « Patache » de Mr Garnier attend les voyageurs débarquant du train de Paris pour les emmener en direction d’Erquy.

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Les chevaux s’impatientent : 21 km de mauvaises routes les attendent et 2 h à 2 h 30 sont nécessaires pour les parcourir !
A l’étroit dans la patache, souvent surchargée, les bagages haut perchés sur le toit, les odeurs de transpiration et les pets des chevaux, les cris de Mr Garnier encourageant ces derniers dans les côtes, les passagers prennent leur mal en patience.
Nous sommes en été, au cours de l’année 1908 : devant la gare de Lamballe stationne une drôle de machine ! Il s’agit d’une grosse voiture attelée de 3 wagons sur pneus ; le dernier sans fenêtre destiné à recevoir les bagages et autres sacs de dépêches et de colis.
train renardL’assemblage de ces divers wagons, grâce à un dispositif spécial, leur permet de prendre les virages sans obstruer la route, selon un trajet unique.
Nous sommes devant « le train Renard », du nom de son inventeur, qui au départ, visait l’armée pour utiliser son train lors des déplacements des troupes et de leurs harnachements dans leurs divers cantonnements !
(suite…)

Expressions en gallo recueillies à Erquy

Une contribution de Claude Spindler
– Les « ventres jaunes » noms donnés aux habitants des Hôpitaux (expressions utilisées aussi à Trébry et Cesson).
– Les « nombrils bleus » : noms donnés aux marins d’Erquy, ceux du port de la Chaussée (« l’échaussée »).
– Les « sabots râpés » : noms donnés aux habitants du hameau de Tu Es Roc ou Turo, ceux qui roulent les « r » (le « c » ne se prononce pas en gallo). Les habitants d’Erquy
étaient marins et/ou carriers et remontaient régulierement avec leurs sabots non cloutés
les coches (sentier qui mène du port à Noirmont), un chemin « graveleux ». Les marins « à terre », allaient aux carrières « débosser », préparer les pierres.
« Les Binicais » : les « manjous de lard » : nom donné aux habitants de Binic par les
marins d’Erquy.

(suite…)

Mémoire des  » Jannettes » de Tu es roc

(Jeannette Le Duc et Jeannette Toisoul)
Les lavoirs de Tu es Roc.

Jusque dans les années 1970, où les foyers ont commencé à s’équiper petit à petit d’une machine à laver , les rhoeginéennes de Tu es Roc allaient laver leur linge à trois endroits différents : le lac bleu, le lavoir de la Basse Rue, le lavoir de Lourtouais.

Le lavoir de la Basse Rue.

Source photos: sallevirtuelle.cotesdarmor

Ce lavoir communal date du 19e siècle . Les habitants  de Tu es Roc avaient aménagé un lavoir pour le rouissage du lin en amont de la « fontaine aux ânes » (les ânes étaient utilisés pour tracter les wagonnets sur les rails entre les carrières et le port d’Erquy.) Le rouissage du lin était pratiqué jusque dans les années 1930 par les tisserands de la commune. Ils faisaient une étoffe travaillée à quatre marches et cette étoffe après avoir été teinte en bleu servait à la fabrication des vêtements de travail pour les ouvriers des carrières (pantalons pour les hommes, cotillons pour les femmes …)

Ce lavoir est situé dans une petite impasse de la Basse Rue et est associé à une fontaine et à un puits construits en grès , équipés d’une rigole pour amener l’eau jusqu’au lavoir

Le Lavoir de Lourtouais

A Lourtouais, il existe une fontaine communale datant de la fin du 19 e siècle. Cette fontaine est située sur le site départemental du cap d’ERQUY. La source était réputée pour ne jamais tarir !!

Lors de la sècheresse de 1976 , le village de Tu es Roc venait s’y approvisionner. Le lavoir de Lourtouais est situé à proximité de la fontaine votive Notre Dame des Bruyères, des Côteaux et des Bois.

Le Lac Bleu.

Les deux Jeannettes se souviennent de l’époque où elles allaient laver le linge dans ces trois endroits de Tu es Roc dont le Lac Bleu. Le travail était dur en particulier l’hiver bien sûr. Le linge était transporté sur des brouettes faites de lattes de bois espacées. Chaque lavandière avait sa caisse, son savon et son « batouyé » (battoir). Elles venaient laver leur linge bouilli aux cendres (il était bouilli dans une lessiveuse sur un trépied et chauffé sur un feu de bois). Il était ensuite étendu sur les fougères et les ajoncs et était rapidement sèché par le vent du large.

Malgré la dureté du travail il y avait de bons moments de gaité. Toutes les rumeurs partaient de là et cela mettait du piment !!!!!

Outre les habitantes de Tu es Roc , les lavandières habitant à la Chaussée et sur le port lavaient également leur linge au lac bleu et profitaient des wagonnets des carrières pour redescendre le linge une fois lavé, sur le port pour le récupérer !