Le patrimoine

AU 2 RUE DE L’EGLISE

(Magasin d’antiquités depuis 1992)

Au début du siècle, à cet endroit il y avait une ferme.

Sur la carte postale ci-dessous, on aperçoit le store de la mercerie tenue par Melle Francine Hamet jusqu’en 1927, date de son mariage avec M Provost.

Sur la carte postale ci-dessous, on aperçoit le store de la mercerie tenue par Melle Francine Hamet jusqu’en 1927, date de son mariage avec M Provost.

C’est en 1942 que M. et Mme Houzé achètent les bâtiments de la ferme, c’est à cette époque que Mme Houzé, connue sous son nom de jeune fille,  Sophie Piron, a créé le magasin AU CAPRICE 

Toutes les marchandises étaient dans des boites bien étiquetées posées sur les étagères en bois, la quantité de références était impressionnante (multitude de boutons, de liserés, de croquets, d’épaulettes, etc.…).

1952  :   M. et Mme Van Marle.

Les couturières portaient à M. Van Marle un morceau de tissus correspondant au vêtement qu’elles confectionnaient, et celui-ci recouvrait avec un système de clip des boutons en métal avec le tissu fourni. Ainsi c’était bien assorti.

Anecdote de Christian : M. Van Marle était un pêcheur en eau douce chevronné, c’est grâce à lui que j’ai découvert les étangs du Guébriant et des Ponts Neufs.

Ensuite se sont succédé :

Mme BOURDON

Mlle LEVEQUE Denise

Mme ESNAULT

Depuis 1992  :  M. Vallat – Antiquaire

AU 7 & 9 RUE DES ANCIENNES ECOLES et AU 1 & 3 RUE DE L’EGLISE

Ce quartier historique d’Erquy était très vivant et animé jusqu’aux années 1965.

« Avant d’appartenir à la famille PROVOST ce groupe de maison se nommait la « MAISON DE LA FRANCHISE » ou « MAISON FRANCHE D’ERQUY », ainsi nommée parce qu’elle possédait l’exemption ou franchise du droit de billot (impôt sur la vente des vins), bref c’était l’un des deux débits de boisson d’Erquy, bien placé à la sortie de l’église.

En 1789 la maison se compose de deux bâtiments. Le bâtiment donnant sur la rue de l’église présente un four à pain. » (1)

                                                                    (Extrait de Histoire d’Erquy, par J.-P Le Gal la Salle)

AU 7 rue des ANCIENNES ECOLES

Jusqu’en 1930 M Adrien Blanchet travaillait aux carrières de l’Ouest.

L’activité des carrières de l’ouest fut à son maximum de 1900 à 1927; ensuite la production faiblit progressivement. En 1930 Les carrières de la Fosse-Eyrand périclitent ; c’est à ce moment-là que M. Julien Blanchet s’installa au 7 rue des Anciennes Ecoles en qualité de MARECHAL FERRANT. Bien sûr il ferrait les chevaux mais sa principale activité était les réparations du matériel agricole.

Marie Caillibotte qui était dans les années 1945 pensionnaire chez les sœurs de St-Vincent de Paul se souvient qu’elle s’endormait et se réveillait au son de l’enclume.

Céline Poilvé sa femme était très appréciée des voisins à qui elle rendait de multiples services.

Adrien et Céline eurent un fils Didi qui après avoir appris le métier de pâtissier, commença à faire des gâteaux dans la cuisine familiale. Il les vendait surtout le dimanche à la sortie de la messe sur des tréteaux dans la petite cour. Ils étaient appréciés et en plus ils étaient plus gros que ceux de la concurrence. Ensuite Didi s’est installé au 7 rue de l’Église.

Didi a eu deux fils : Jean-François et Alain.

AU 9 RUE DES ANCIENNES ECOLES

(SAUR COMPAGNIE DES EAUX)

Vers 1930   :      GUSTAVE CHEVALLIER   – BOURRELIER

Gustave travaillait souvent sur le pas de sa porte, à la sortie de l’école nous aimions le regarder, bourrer les licols avec du crin et les coudre avec l’alène qui lui permettait de passer le ligneul bien enduit de poix qui sentait la réglisse. Cécile sa femme était bedeau. 

Gustave et Cécile eurent deux filles (Germaine et Maryvonne) et un fils Pierre.

CABINET INFIRMIER (transféré à la maison médicale en 2019)

Après avoir exercé sente du Paradis, Brigitte Guinard, qui avait assuré la suite de Sœur Florestine, a ouvert fin 1989 son cabinet infirmier au 9 rue des anciennes Ecoles, Sylvie Boutier l’a rejointe courant 1990.

                                     AU 1 RUE DE L’EGLISE

                                        (Magasin fermé)

1920     PEINTURES COULEURS L’HOSTIS

1950 -1963 : Décoration intérieure – Peinture- Vitrerie – Papiers peint Revêtement de sol et moquette, repris par Mme Vincent, née Duclos, soeur de Mme L’Hostis.

Ensuite magasins éphémères:

  • Cabinet d’architecte Pierre Albertson (dans les années 80-90)
  • Magasin de vêtements
  • Magasin des senteurs

Au 3 rue de l’église

Salon de coiffure tenu par Sabrina Roussilhe

 1927/1950   :  PRINTANIA –   PROVOST-HAMET (Tissus- Mercerie – Laines- linge de table et de maison – Ameublement – souvenirs régionaux)

Avant son mariage en 1927 avec M. Provost qui était officier de marine, Mlle Francine Hamet tenait une mercerie au 2rue de l’Eglise. Mme Provost était souvent appelée  » La Hamette » car son nom de jeune fille était Hamet et il était mis au féminin. Il y avait au- dessus de son comptoir un mètre en bois fixé au plafond, qu’elle pouvait monter ou descendre pour mesurer les différents tissus destinés à ses clients. M. Provost qui avait du mal à se mouvoir était souvent assis sur un coin du comptoir. M. & Mme Provost eurent deux enfants, Madeleine (1928 et Francisque 1934).

Le magasin est resté sans activité durant plusieurs années 

Francisque Provost et Sabrina Roussilhe la responsable du salon de coiffure pendant les travaux.

(1) Se reporter à l’article « histoire de la maison de la Franchise » bulletin N° 1 page 28

5 et 7 rue de l’Église

(magasin fermé et parking)

« La maison au coin du chemin de l’Eglise et du chemin montant à la croix
Thébault (actuel emplacement du parking et du magasin fermé) s’appelait la
maison des « des Criées de Noël » et relevait de Bien-Assis. Le jour de Noël,
son propriétaire devait crier dans l’Eglise « qui reçoit les rentes de Bien-
Assis ? » ; alors le receveur se levait et donnait son nom. Il devait aussi porter au
seigneur de Bien-Assis assis sur « sa chaire » les trois deniers de rente
féodale : un denier à la messe de la nuit, un denier à la messe du point du jour,
un denier à la grand-messe. (cf. Les fêtes religieuses)
« La Criée de Noël « consiste en deux maisons dont l’une existe toujours et la
deuxième à été abattue en 1971 (parking actuel) »
Extrait du livre de J.-P Le Gal la Salle

Ferme tenue par Francois Bourgault.
Dans une pièce mitoyenne avec la famille Provost (3 rue de l’Eglise) se tenait
un pressoir qui servait aux deux familles. La ferme englobait une partie du parking actuel. L’épicerie était tenue par Marie Hervé (épouse de François). Elle était native de la petite Ville-ès-Mares. On y trouvait que l’utilitaire pas de stock superflu. François, son petit-fils, se souvient qu’il n’y avait que des bonbons à la menthe (gourmandise pour les enfants et médicament pour digestions difficiles). Le café vert arrivait par sac de 25 kilos, François devait tourner la manivelle du rouleau qui était sur le feu pour le torréfier. « Quelle responsabilité pour l’enfant que j’étais ! Surtout que ma grand-mère était intransigeante «. Ensuite il fallait l’ensacher en paquet de 250 grammes et pesé au plus juste.
M et Mme Bourgault ont eu deux enfants : Marie épousa Francis Lefaucheur et François qui épousa Marie Joseph L’Hotellier.

Marie décéda en 1944 en laissant un petit garçon, Claude, qui fut élevé par sa grand-mère. Francis décéda en 1945 à PARIS en revenant de la guerre. Claude qui était pupille de la nation fut pris en charge et ainsi appris le métier d’horticulteur. Il épousa Lili (Amélie) Leclerc, ils eurent quatre enfants. Martine,
Nelly, Patrick, Éric.

François géra la ferme des Champs-Noël, terrain acheté en 1910 à M. Le Mordan de Langourian.

A cette époque la rue de l’Eglise était animée avec les fêtes religieuses
Sur cette photo donnée par Maryvonne nous apercevons le magasin Le Faucheur

1955 : C. LEFAUCHEUR – Fleurs naturelles. Jardin – plants divers- horticulteur – fruits et l
Tenu par CLAUDE et LILI

Claude cultivait un grand champ à la ville Ory à l’emplacement actuel de « La pépinière des Caps » entreprise tenue par Nadine et Stéphane Etienne. Lili tenait une épicerie de produits de première nécessité. Elle s’occupait surtout de la commercialisation des légumes cultivés dans leur jardin. C’était le début des circuits cours.

Claude Lefaucheur était Adjudant-chef de corps des Pompiers d’Erquy. Le voici
ci-dessous avec M. Ruellan, Maire d’Erquy.

RESTAURANT LE NELUMBO:
Se sont succédé

MAartine Le Faucheur (fille de Claude et Lili)

Pascal Schmit et Carole Doublet

Sophie & Jean-Marc Giorgi

CREPERIE LA GROSSE TUILE

Galettes et crêpes – Carte et menu à volonté
Tenue par Nathalie Février

AU 7 RUE DE L’EGLISE
(voir photo du parking ci-dessus)
Avant d’être un commerce, cette bâtisse (photo ci-dessous) était une maison d’habitation. La famille Chapelain l’a occupée un certain temps. Yvonne se souvient que (comme la majorité des familles à cette époque), elle élevait un cochon. Le fermier qui fournissait l’animal tous les ans s’appelait Aristide. De
ce fait tous leurs cochons s’appelèrent Aristide. Dommage que cette maison qui était l’une des plus anciennes d’Erquy, ait été abattue en 1971 pour faire un parking.

1950 PATISSERIE BLANCHET, installée à cette adresse par Didi Blanchet.

1952 – 1968 CREPERIE EMERY

Les galettes étaient excellentes. Mme Emery faisait des galettes au chocolat
inégalées à ce jour. René Emery faisait des galettes et des crêpes à gauche en rentrant dans le
magasin. La fenêtre était toujours ouverte. Nous pouvions le voir faire et
discuter avec lui, acheter les galettes et les crêpes sans rentrer dans le magasin.
Ci-dessous René et son taxi

René faisait taxi des ports avec les marins du commerce et de la grande pêche ; il emmenait les marins dans les ports, Le Havre, Boulogne, Brest, allant même jusqu’à Bordeaux. Les marins partaient pour plusieurs mois. Ils avaient beaucoup de bagages, René ajoutait une remorque. Brigitte se souvient qu’il venait les chercher à la gare de Lamballe afin de passer leurs vacances d’été chez leurs grands-parents à Erquy. Nous n’étions pas habitués au transport en voiture et les virages de la Couture nous étaient souvent
fatals…

M. et Mme Emery ont eu trois garçons; ci-dessous deux d’entre eux.

Anecdote : Christian se souvient que sa mère et Mme Urban allaient vendre des galettes-saucisses sous une tente lors des fêtes sur la plage du bourg ou Caroual.

Ci-dessus la tente installée au port
Ci-dessus Marie Frémont et Jeannette Urban.

Les Lavoirs d’Erquy

         Les lavoirs étaient des bassins publics municipaux, creusés dans le sol maçonnés ou cimentés, et alimentés par une source ou un ruisseau. Ils étaient utilisés par les femmes pour laver et rincer le linge qui demandait des quantités d’eau propre importantes.

         On peut voir dans les archives municipales et dans le livre de M. Le Gal La Salle qu’ il existait déjà des lavoirs sur la commune dans les années 1700:  ils connaîtront une période d’expansion à partir des années 1850 alors que les épidémies de choléra, variole, typhoïde faisaient de nombreuses victimes en France. Cette prise de conscience hygiéniste entraîna en 1851 le vote par l’assemblée législative d’un crédit spécial pour subventionner à la hauteur de 30% la construction de lavoirs. Dans les années 1900 la commune reconnaît leur utilité en votant des crédits pour l’entretien les lavoir existants et en créer de nouveaux.

Lavoir  alimenté par un ru (Photo Mémoire d’Erquy)
Lavoir  alimenté par une fontaine à l’aide d’un caniveau en grès d’Erquy (Photo Mémoire d’Erquy)

         Voici quelques délibérations du conseil municipal:

1900             :  on parle du lavoir public du bourg… le Pussoué et Guérinet

23 fév.1908   :  le conseil vote 1100 francs pour la construction d’un lavoir à Langourian et 250 francs pour un autre à la Couture

23 mai 1909 :  le conseil municipal vote 31,50 francs pour la construction du lavoir du Port (la chaussée)

25 nov.1917  : le conseil municipal vote pour la construction d’un lavoir à la Noé-Niheu et une subvention pour la réfection du lavoir du Bignon.

15 oct. 1922  : vote du conseil municipal 100 francs pour la réfection du lavoir de Saint-Carreuc.

13 juil. 1930 : le conseil municipal vote pour la construction d’un lavoir à la Vieuville

28 sept.1932 : demande d’autorisation de couvrir le lavoir du Doué Neuf (lavoir de la Bastille).

9 avril 1934 :  921 francs alloués par le conseil municipal pour la réfection du lavoir des Moutiers.

1 déc. 1935 : demande par le Conseil Municipal d’un devis à MM. Le Frost, Bussi,et Thomelier pour la construction de lavoir au Saint Sépulcre, à Saint Pabu et Saint Aubin. 

28 fév. 1937 : demande de création d’un lavoir au Vaubourdonnet par M. Marbaud.

         On peut voir que chaque hameau et groupe de maisons, ainsi que quelques fermes, avaient leurs propres lavoirs. La distance entre le lavoir et la maison devait être la plus courte possible pour permettre à la lavandière, souvent employée à la journée pour la lessive (la buée), de ne pas perdre trop de temps en allers et retours avec la brouette chargée de linge.

      Il fallait emporter, outre le battoir, la caisse en bois remplie de paille ou garnie de chiffons pour protéger les genoux : la lavandière pouvait rester agenouillée plusieurs heures pour mieux laver, frotter avec une brosse en chiendent si nécessaire, rincer, battre le tissu afin de l’essorer au maximum. Le métier de lavandière était très pénible. Les grosses pièces (draps) étaient bien souvent essorées à deux personnes en le tordant une dans un sens l’autre dans le sens inverse.  
    Quelques lavoirs qui étaient couverts, protégeaient ces femmes exposées aux intempéries et pour qui les journées d’hiver étaient très difficiles. La lessive était un moment important dans la vie des femmes : elle leur permettait de se retrouver, de discuter ; les lavoirs résonnaient souvent des discussions, c’était là que convergeaient les nouvelles et les rires de ces femmes. Comme chaque lavandière avait sa pierre attribuée, si par malheur l’une prenait la place de l’autre, le ton montait et pouvait en venir aux mains.

         Dans certaines maisons, on ne voulait ou on ne pouvait pas aller au lavoir communal; on faisait alors l’acquisition d’un lavoir en ciment à un ou deux bacs, auprès de l’entreprise Bussi, rue Foch à Erquy. La citerne ou le puits fournissait l’eau nécessaire au lavage et au rinçage de la lessive.

Modèle de lavoir de l’entreprise Bussi
Modèle de lavoirs de l’entreprise Bussi

         Le terme de lavandière désigne toute femme qui lavait autrefois le linge essentiellement avec des cendres et de l’eau chaude, puis à la main ou au battoir, dans un lavoir ou un cours d’eau. Cette profession était reconnue unanimement pour sa dureté. 

Une lavandière à la rivière de la Ville Ory (Crédit photo J.Fassier)
Lavandière à Saint-Cano  (Crédit photo B.Besnier)

      La grande buée était une opération d’envergure qui avait lieu une fois à l’automne et une fois au printemps, pour laver l’ensemble du linge d’une famille, notamment les draps et le gros linge qui étaient stockés dans un grenier. Les petites lessives avaient lieu une fois par semaine, généralement le lundi, pour de petites quantités de linge, essentiellement des vêtements

Le matériel indispensable à la lavandière était constitué de :

–    la brouette en bois devait être à claire voie afin d’être le plus léger   possible

      – la caisse à laver en bois garnie de paille ou vieux chiffons et le battoir en bois de hêtre ou peuplier (le chêne n’était pas utilisé à cause de son tanin qui risquait de tacher le linge).

      – le savon de Marseille qui était stocké à sécher au grenier pendant au moins un an afin qu’il ne s’use trop vite et la brosse en chiendent

      Jusqu’à la fin du 19ème siècle n’existaient ni le savon ni la lessive : la femme lavait à la cendre. Au début du 20 ème siècle, on voit apparaître les cristaux de soude, les premières poudres à laver les boules bleues, le savon et après 1918, la lessiveuse à champignon : cela devient plus facile de faire la lessive. En 1920, première machine à laver motorisée est présentée à la foire de Paris et en 1929, apparaît la première machine à laver française avec essorage intégré.   

        Du fait de ces progrès fait, on la fait plus souvent : une fois par mois, puis une fois par semaine. Les détergents de synthèse font leur apparition en 1952.

Une lessiveuse (ci-dessus et dessous)

Nous avons recensé quarante-trois lavoirs dont deux incertains (aucun document). Aujourd’hui sur notre commune il reste treize lavoirs qui ont échappé à la destruction : il serait bon de les signaler et de les nettoyer.

 (0)   Lavoir de Saint Cano; (1) Le Moulin aux moines (Saint Cano); (2) Rue du chemin de fer (chez monsieur Sabin Patrick); (3) La vallée Saint Pabu; (4) Le Dréneuf; (5) La Ville Denais; (6) Caroual village; (7) Doublet; (8) Rue de la Sourdiére  (Privé); (9) Le Vaubourdonnet; (10) Rue de Doué de la cuve; (11) Place de la Bastille(12) Rue des plages sauvages (Pussoué); (13) 33 Rue des Hôpitaux (Maison J.-J. Trepps, privé); (14) Rue des Hôpitaux, avenue Hamonet (Privé); (15) 11 bis rue du val (maison R. Balan, privé);  (16) Impasse de la source du Val; (17) Les Ruault(18); La ville Gour(19); La Mare-ès-loups; (20) La Ville Louis (maison Jan, privé); (21) Ruelle du Bignonnet;  (22)Les Montiers (Privé); (23) Rue du Lormet; (24) Ferme du Guen (Privé); (25)Ferme du Portuais (Privé); (26) Lourtouais; (27) Rue de la Basse rue (Sous les doués); (28)    Rue des Prés Biard; (29) Saint Aubin; (30); La Corderie (appelé le lavoir des Lépreux); (31) Le Guigoude; (32) Langourian; (33); La Ville Louis; (34) La Noë-Niheux; (35) Lislet; (36) L’Abbaye; (37) Bien Assis; (38) La Couture; (39) Saint Carreuc; (40)  rue de la marre des Noés; (41) la Chaussée  (sans certitude); (42) La Vallée Roussel (sans certitude).

Il faut encore ajouter à cette liste quelques lavoirs sommaires (simples trous d’eau sans aménagement):

La mare de la couture; le bois de Cavé (Famille Sive); le lac Bleu; la ville Bourse; la Ville-Ory plusieurs (le long de la rivière); Quélard; le Vauroual.

Le bois de Cavé vers 1908
Le lac Bleu

         Angèle aimait raconter les buées au lavoir de Lourtouais.  

       Angèle habitait dans une petite maison de grès rose construite par son père à son retour de nombreuses campagnes sur les goélettes au large de l’Islande.

         Cela se passe vers 1929 au début du printemps, lors de journées ensoleillées, tôt le matin, plusieurs femmes de pêcheurs, quittaient Tu-es-roc (qu’on prononçait Tieuro) en poussant des brouettes (bérouettes) chargées de linge sale, en direction de Lourtouais. 1,5 km environ avec une belle côte à gravir avant de plonger sur le chemin menant au lavoir. Les nombreux enfants qui suivaient, leurs mères,

C’était le début d’une journée merveilleuse, de l’espace, des terrains accidentés avec de nombreuses cachettes, la plage un peu plus bas,  « la liberté». Les femmes s’installaient autour du lavoir lavaient, brossaient, battaient, rinçaient, tordaient le linge avant de l’étendre sur les ajoncs, genets et la bruyère où il séchait.

       Les laveuses et les enfants réunis après ce dur labeur profitaient d’un pique-nique bien mérité ; c’était un moment de gaîté qui permettait d’oublier l’absence des pères ! Nostalgiques en regardant vers le nord une mer légèrement houleuse, certaines femmes pensaient aux jours lointains où elles viendraient au même endroit pour essayer de voir passer au large les goélettes de retour d’Islande. Angèle allait souvent avec sa mère surveiller l’arrivée des goélettes en haut de Lourtouais.

Le lavoir de Lourtouais et l’oratoire Notre-Dame des bruyères édifié par M. Barbes en 1972

                                                                                                                                                                                Christian Fremont et  Claude Spindler

La « commune libre » du Portuais

A Erquy comme ailleurs en France, les années post 1968 ont modifié moeurs et mentalités.

Notre commune, déjà fréquentée par des touristes durant la saison estivale, vit s’installer plus durablement des jeunes de banlieues de grandes villes. La période des années 1970 étant très florissante dans le domaine de la pêche, les patrons-pêcheurs de l’époque ont bien accueilli cette main-d’œuvre jeune et courageuse.

C’est durant ces années fastes qu’on fit la connaissance de « la bande du Portuais ». Plusieurs Rhoeginéennes  et Rhoeginéens ont sympathisé avec ces jeunes fêtards et ont formé une équipe joyeuse et parfois provocatrice. L’époque était à la fête et nous nous souvenons que les bars de l’époque comme les Salines, le Fréhel, la Chaumière ou le bar du Centre, ne désemplissaient pas en fin de semaine. Il fallait jouer des coudes pour arriver jusqu’au bar et se faire servir un verre.

Les jeunes, installés à la ferme du Portuais, aimaient faire la fête et ils étaient très inventifs. Ils ont ainsi instauré « la commune libre du Portuais », ont « élu » un maire et leur slogan était « Pouères* de tous les pays, unissez-vous ! ». Evidemment, rien de politique dans tout cela, tout était prétexte à faire la fête et à boire « sans modération » dirait-on de nos jours !

Numériser 5

    Violette et Julot, chienne et chien de leur état, étaient aussi des « citoyens » à part entière de cette petite société de la ferme du Portuais.  Joël s’adressait à sa chienne en l’appelant « ma mie ». « S’il vous plaît ma mie, asseyez-vous ! » Et Violette s’exécutait ! Il n’était pas rare non plus de voir Violette et son maître, chacun une serviette de table autour du cou, attablés face à face dans un de leur établissement favori, déguster tranquillement leur repas, le maître conversant avec sa chienne aucunement troublée par cette situation. Et personne ne trouvait rien d’anormal à la scène !

    Un jour on organisa le « mariage » des deux animaux. Encore une occasion de faire une fête ! On put lire aussi l’annonce de la naissance des « enfants » de Violette et de Julot dans le Petit Canard, feuille de chou bien connue de l’époque !

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Un moment mémorable de cette époque fut sans doute la fête organisée lors du 1er mai 1973 : une kermesse avec des jeux inventés là aussi par ces « néo ruraux » des années 70, tels qu’un véritable casse-tête : les volontaires, à genoux, plaçaient la tête sur une planchette et recevaient des projectiles de tous ordres de la part de participants à la kermesse.

Numériser 4

Le clou de l’après-midi fut sans conteste un combat de boxe entre deux Rhoeginéens bien connus à l’époque. Le gagnant ne fut, bien entendu, pas celui que le public pressentait, Pierre-André surnommé « L’Eventreur du Grand Léjon » cela aurait été trop « normal »!

     Numériser 1  Numériser 2

Un méchoui avait été prévu pour clore la fête mais personne n’eut jamais le cœur de tuer Alexandre qui continua tranquillement sa vie de mouton au milieu des champs autour du Portuais.

Un peu de provocation, souvent de la dérision pour se moquer du monde « d’avant », mais jamais de méchanceté chez ces jeunes. Ils avaient envie de s’amuser, c’est tout. Nombre de Rhoeginéens ont su, je crois, sourire et même rire franchement à toutes ces farces.

                                                                                                                        Maryvonne Chalvet

 

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* « un pouère » est un mot utilisé par nos anciens pour désigner un cochon.

 

Le Château de Noirmont

           par Brigitte Maurer et Christian Frémont

         C’est un château moderne de belle allure, magnifiquement situé au-dessus de la Chaussée, bâti en 1845 en moellons d’Erquy cachés par un enduit. Seules les pierres d’angle ainsi que l’encadrement des portes et fenêtres sont en granit de l’Ile-Grande. Il domine tout Erquy. Il est adossé aux falaises de grès couvertes de pins maritimes qui le protègent des vents du nord et nord-ouest.

C’est Adolphe Le Mordan de Langourian, né au lieu-dit Langourian le 27 mai 1818, qui construisit le château du Noirmont sur une partie de la lande d’Erquy en face de la vieille « échaussée ». On lui doit aussi le boisement de la propriété. Il épouse en 1848 Virginie Herpin à Dinan. Il décède en 1887 au Noirmont laissant le château à son fils Alfred.

Alfred Le Mordan de Langourian, né en 1851, épouse en 1879 Louise Guilhe la Combe de Villers née également en 1851. Il fut maire d’Erquy de 1888 à1911.

Alfred Le Mordan de Langourian 

     

Louise de Guilhe la Combe de Villers,
épouse d’Alfred Le Mordan de Langourian

      Leur fille Germaine épousa Alain du Breil de Pontbriand.

Alain du Breil de Pontbriand

L’entrée principale se situe rue de Tu-es-Roc ; on y accède par un portail en fer forgé.  Un petit panonceau nous indique « fondation du patrimoine ». Une allée tracée dans une étendue d’herbe mène à la demeure et fait découvrir une superbe vue d’Erquy.

La plus grande partie du parc est planté de pins maritimes et de quelques feuillus. Au détour des sentiers nous découvrons des grottes. La grotte principale, St-Gilles, était aménagée en lieu de recueillement. La statue de Saint-Gilles avec son loup était entourée de deux anges monumentaux, surmontée d’une statue de la Vierge dans une petite niche en pierre. Une seconde grotte abritait une statue de Sainte Marguerite écrasant le dragon. Ces statues ont malheureusement disparu aujourd’hui.

Au-dessus de la chaussée à flanc de falaise se trouvait un belvédère entouré d’un petit muret, le Petit Fort, qui permettait de passer des après-midis et de recevoir des amis tout en admirant le va-et-vient des bateaux de pêches ainsi que la superbe plage du centre. Aujourd’hui, le belvédère a disparu. Un autre point de vue, le Môle, avait été aménagé plus à l’Ouest.

A l’est du domaine se situaient les communs, appelée la Maisonneuve. On y trouvait les écuries, une mare appelée mare aux chevaux, ainsi qu’une basse-cour (poules pintades etc…). Un couple de paons signalait la présence d’un visiteur par leurs cris « Léon Léon !» Evelyne et Michel habitaient près du parc. Ils se souviennent qu’ils attendaient avec impatience la période de mue afin de ramasser les superbes plumes de ces volatiles. Jean Anouilh (1910 – 1987), qui possédait une maison à la Chaussée, aimait se promener dans le domaine. Les paons l’accueillaient de leurs cris. Inspiré par ce cri, le dramaturge donna le nom de Léon à l’un des personnages principaux d’une de ces pièces, Le nombril écrite en 1981.

Un espace pour des tortues, le parc à tortues, avait été aménagé. Ces dernières suscitaient la curiosité des enfants.

Par ailleurs, le fameux peintre Léon Hamonet avait l’habitude de poser son chevalet dans le parc face à la mer.

M. et Mme de la Bourdonnaye ont eu huit enfants tous nés au Noirmont : Francoise, Hervé, Patrick, Brigitte, Olivier, Marie Madeleine, Aliette, Raoul. Françoise et Marie-Madeleine se marièrent au Noirmont.

Ils employaient sept salariés pour l’entretien du château et l’éducation des enfants : une cuisinière, une aide-cuisinière,deux femmes de ménage, un jardinier, un chauffeur et une « demoiselle » pour l’éducation des plus jeunes. Ensuite les garçons allaient à Saint-Pierre et les filles à Notre-Dame. Mme Hélène Guérin, était la lavandière du domaine. Elle passait une journée ou deux par semaine de bonne heure le matin à tard le soir à laver, rincer et essorer le linge de toute la famille. Elle était souvent aidée par la cuisinière quand celle-ci était disponible. Francois le jardinier entretenait le parc. Le potager, de toute beauté, possédait des serres.

Une employée et la lingère, Jeannette
(photos de M. Chadelas)

En juin 1940, les Allemands ont voulu occuper le château. M. de la Bourdonnaye a fait sortir ses huit enfants, ce qui a dissuadé l’officier. A cette époque les occupants coupaient des arbres dans le cadre de la construction du  Mur de l’Atlantique. Le parc n’échappa pas à la règle. Ces derniers étaient transportés sur la plage du Bourg et de Caroual pour la construction des « asperges » dites de Rommel (du nom du Maréchal Rommel qui avait conçu ce dispositif de défense), destinées au minage des plages.

En 1944, le jour de Pâques, la mère de Mme de la Bourdonnaye, de la fenêtre de sa chambre, prit des photos du va-et-vient des camions allemands chargés de troncs de sapin. Un Allemand l’aperçoit : elle est arrêtée aux vêpres et emmenée à la Kommandantur (à l’hôtel de la Plage). M. Raoul Dupas (photographe à Erquy) ouvrit son labo afin de développer la pellicule et ainsi prouver aux Allemands qu’il n’y avait rien de suspect. Ils la prenaient en effet pour une espionne.

Les garçons et leur père avaient construit dans le parc, un abri couvert avec quelques vivres et couvertures pour se replier dans l’hypothèse d’un débarquement sur les plages d’Erquy. Ils avaient été informés que le Noirmont, se trouvant sur la trajectoire sémaphore de Tu-es-Roc-plage du centre , n’aurait pas résisté aux bombardements.

M. et Mme de la Bourdonnaye aimaient ouvrir leur parc lors de diverses manifestations. En particulier les fêtes de Tu-es-roc, les kermesses paroissiales, les retraites de communions etc…

*

Souvenirs d’une employée durant les années 1944-1945.

par Liliane Lemaître

Cette brève période durant laquelle elle séjourna épisodiquement au château du Noirmont, fut pour ma mère une page heureuse dans l’album des souvenirs.

   La demeure paternelle était à deux pas du domaine et le comte avait accepté d’employer la jeune fille en tant que couturière dans la lingerie, une jolie chambre dont la fenêtre donnait sur le bois tout rempli de chants d’oiseaux et de grimpettes d’écureuils. Du côté de la ferme, on entendait se lamenter le paon, poussant sa plainte sempiternelle… C’était un havre de paix et l’on y oubliait les aigreurs et les contraintes familiales.

Jeanne Lemaitre

A peine franchi, le premier muret d’entrée, Jeanne ne prenait pas la peine d’ouvrir la grille et sautait prestement dans le domaine enchanté. Pas de maisons à l’horizon, juste le babillage des bêtes de la ferme…  Pressés les uns contre les autres, les grands arbres se déhanchaient pour regarder l’intruse. Ils étaient tous là, alignés derrière leur clôture de pierre et dans les allées et les sentiers, ils se côtoyaient jusqu’au Cap d’Erquy, tout près des lacs bleus . Face à la vaste demeure, un bois de pins sombres à la forme pyramidale s’ébouriffait joliment. Lorsqu’on parcourait le domaine, les allées ménageaient toujours quelques jolies surprises au visiteur, petites clairières, plantées d’un ou deux palmiers ou statues désuètes qui rappelaient peut-être les « fabriques » des grands parcs anciens…  Impossible de savoir leur date de création et d’épiloguer à leur sujet ! Simplement, on peut affirmer qu’elles étaient charmantes.

  Les châtelains, écoutaient eux aussi avec plaisir, la voix des oiseaux. M. de Pontbriand avait composé une chansonnette dédiée aux tourterelles au refrain plutôt répétitif.

   « Paies-tu un coup, Ponpon

Payes-tu un coup ? » 

  Quant à Madame, elle possédait un hibou, qu’elle se plaisait à nommer mon « Z’ibou »

  Le comte adorait ses arbres. Imaginez donc son désespoir lorsque l’occupant allemand, dépêcha des groupes de travailleurs réquisitionnés pour couper les fûts des plus beaux spécimens et les planter comme moyen de défense, sur les plages.

C’était la guerre… Les soldats ennemis, se promenaient donc l’arme au poing et hantaient les bois… Il n’était pas rare que l’un d’eux se plante devant la fenêtre de la lingerie et pousse la chansonnette pour charmer la jeune lingère !  La fenêtre se fermait alors brutalement et le ténor en était pour ses frais !

    Le père de la jeune fille n’était pas tendre avec l’ennemi qu’il exécrait. Un jour maladroitement, elle remarqua admirativement la prestance de ces régiments à l’allure martiale et arrogante. Jeanne reçut aussitôt une cuisante taloche qui la mortifia pour longtemps car elle avait ces régiments en aversion.

Oui, c’était la guerre. Les garçons avaient quitté leur collège, le collège St-Francois-Xavier à Vannes et avaient été confiés aux bons soins d’un précepteur doté de son bachot. Ce jeune homme n’était autre qu’un ancien prisonnier de guerre évadé et recueilli dans le domaine pour la bonne cause.

  De leur côté, les garnements faisaient la guerre à leur vêtement qu’on retrouvait toujours en piètre état… Jeannette travaillait donc également sur ce front et le faisait au mieux pour réparer l’irréparable !

Le précepteur éduquait les jeunes gens mais il était également sensible au charme de la lingère et lui débitait force poèmes et extraits d’œuvres choisies.  Jeanne y prêtait une oreille complaisante car elle adorait les Lettres et avait été contrainte d’abandonner ses études à la suite d’une longue maladie. Lorsque le précepteur demanda la main de la jeune fille qui avait à peine vingt ans, elle se trouva bien ennuyée d’autant plus que ses parents souhaitaient fort ce mariage…  Mais comme on le sait, « l’amour est enfant de bohême et n’a jamais connu de lois. »

Hervé de La Bourdonnaye et son précepteur.

Jeannette rêvait de partir faire les vendanges avec la famille du comte qui possédait des vignobles mais… ce fut peine perdue !

 Il y avait tout de même de bons moments. Parfois, la cuisinière Yvonne demandait à la petite lingère de l’aider dans le service de table, surtout lorsqu’il y avait du beau monde au château.  Ces jours-là, les dames gardaient leurs grands chapeaux par élégance sans doute mais surtout par souci de l’étiquette. Il fallait prendre soin de passer les plats du bon côté et ce n’était guère facile…. Le service se faisait au rez-de-chaussée et l’on accédait à la salle à manger par un étroit escalier où l’on devait par un jeu de contorsions, maintenir les vastes plats. Naturellement, l’entrée, solennelle, s’effectuait sur les notes convenues du traditionnel « madame est servie ».

Menu de « retour de noces  » au Noirmont en 1913.
On remarquer le design Art Nouveau de ce menu
ainsi que le nombre impressionnant des services : bouchées Montglas (garnies de salpicon ornées de petites escalopes de foie gras et de lames de truffes), pré-salé, poulet rôti et foie gras précédant les inévitables entremets et dessert.

Ce jour-là, madame ne fut pas servie, car le plat de légumes, mal équilibré, atterrit dans la place, dans le silence glacé des assistants figés par l’horreur du désastre. Il n’y eut pas de commentaires ! On faisait parfois des « chanciaux », plat plus simple du Berry.  Il s’agissait d’une crêpe épaisse fourrée aux pommes. Tous se régalaient alors autour de cette cuisine bon enfant.

   Ainsi allait la vie avec ses joies et ses peines.

Avant de quitter le pays, l’occupant avait mijoté une dernière destruction. Jeanne se trouvait au château ce jour-là, occupée à fignoler de petits travaux de couture dans la lingerie. Justement, elle venait d’achever une petite croix de Lorraine qu’elle avait brodée. Tout à coup, sa tête pensa exploser sous un fracas épouvantable. D’abord tétanisée par la peur, elle s’était précipitée à l’extérieur. Aliette, la petite dernière, « mademoiselle Pompadour », comme la surnommait sa maman qui admirait son teint délicat, la suivait en hurlant. Jeannette la prit dans ses bras. Yvonne secouait en pestant son tablier sali par les cendres que transportait le vent. C’était un dernier sale coup des « boches ».  Au nord, à l’arrière du domaine, le ciel noir roulait de grosses nuées d’incendie. Le sémaphore venait d’être détruit.

 – Ah ! Qu’ils aillent donc au diable ! Qu’ils nous fichent la paix ! Ils ont fait assez de mal comme ça !

C’était vrai que le pays avait payé son tribut de morts et de malheur à l’ennemi. Elle revoyait l’hommage de la population aux résistants et aux otages fusillés, autour des onze cercueils chargés de fleurs, sur la place de l’église, après les derniers combats. Pourtant, elle avait peu souffert de ces années d’occupation. 

   Lorsque la guerre fut finie, que la vie reprit tranquillement, Jeanne se rendait souvent dans les bois du Noirmont. Elle y était accompagnée par une petite fille qui lisait et passait son temps à s’émerveiller des grottes découvertes au détour d’un sentier, ou de la forme des feuilles qu’elle tressait en guirlandes.  Elle fit même sa retraite de communion dans ce bel endroit qui lui a toujours semblé un peu magique.

*

Nous remercions M. et Mme Patrick de la Bourdonnaye ainsi que leurs fils Arnaud et Éric pour leur accueil et leur participation.

AU 2 PLACE DU CENTRE

Actuellement : Magasin – MALICIA – Chantal TERMET

 Sur cette carte postale le magasin n’est pas encore construit (1920)

De 1930 (environ) à 1969 : AU PROGRES,   tenu par M. et Mme Leroy :

Confection pour hommes, femmes et enfants – Chemiserie, bonneterie, maillots de bains, robes, pantalons etc. Spécialisés dans la marque Veil. Ils vendaient également des cirés.

Le mannequin ROFA qu’on aperçoit dans la vitrine du magasin (ci-dessous) date des années trente. Pour 92 ans il est bien conservé, Chantal est quand même obligée de lui mettre un large bracelet pour cacher les méfaits du temps.

Avec M. Leroy tous les vêtements vous allaient comme un gant. C’était son slogan.

Dans la réserve derrière le magasin, un incendie a détruit dans les années 1955/1956 la majeure partie du stock, beaucoup de vêtements étaient tachés et avaient une forte odeur de fumée, M.et Mme Leroy avaient tout soldé à un prix dérisoire. Mme Lecan se souvient avoir acheté un manteau qui, malgré les nettoyages et le vent, a toujours gardé son odeur de fumée.

Sur cette publicité, on voit qu’il était possible de louer un caleçon de bains

1969 à 2001          Madame BOURDON et sa fille Monique SOULIER

                                                    Ensuite

                              Monsieur MILLET et Madame MILLET-SOULIER

  M. Millet avait également son bureau d’entrepreneur à cette adresse.

De 2001 à 2006 Le magasin a été repris par M. et Mme ALEXANDRE

Depuis 2006 Le magasin a été repris par Chantal Termet sous le nom de MALICIA. Elle a été vendeuse dans ce magasin depuis 1974.

1, place de l’Église

Actuellement : BISTROT DU CENTRE

  A L’origine c’était la maison des Magasins d’Erquy. Elle avait trois tourelles. Deux tourelles existent encore. Une se situe en haut de la place (voir ci-dessous) et la deuxième à l’angle du collège Thalassa côté rue du 19 mars.

Extrait de Histoire d’Erquy de Le Gal La Salle

La maison située face à la salle Pinel, au coin Est de la Motte et du chemin était dite « les magasins ». Selon un descriptif de 1784, elle consistait en un rez-de-chaussée composé de « trois en bas donnant l’un dans l’autre dont un servait de cave et deux de magasins ». A l’étage, trois salles de plein -pied et trois greniers au-dessus. Une tour située sur la façade Midi servait « de cage à un escalier à noyaux de pierre de garenne à la première volée puis de marche en bois ». Elle faisait communiquer les magasins aux salles et aux greniers. Au haut de la tour un petit cabinet. En 1785, elle est couverte d’ardoises.

Cette maison relevait du Vauclerc à devoir de chambellan. En 1556, elle appartient à un certain Mathurin Denis, dit Halna. En 1709 nous trouvons Marie Bourgault, veuve de Jacques Robinot de Saint Cyr, que nous avons maintes fois rencontré et qui était alors une des plus importantes propriétaires du bourg.

Vers 1760, elle fut vendue par les descendants Robinot de Saint-Cyr à la famille de la Villéon Ville gourio, propriétaire de la Vignette.

Le 29 Mai 1784, Jean Baptiste de la Villéon, Sgr de la Ville Gourio et ses deux frères, héritiers de la dite maison la vendent pour 1500 livres (avec jardin et le pavillon dont il est parlé ci-après) à Pierre Audren, marchand, époux (1769) de Pélagie Haguet , fils de Jean Audren, lui-même marchand et de Mathurine Denis, lequel en était locataire depuis plusieurs années avec son frère Jean Audren, époux de Gilette Clérivet qui y tenait échoppe de cordonnier.Le procès verbal de 1784 indique une maison en assez bon état, cheminée en pierre de taille à l’étage ainsi qu’armoires d’attache. Seule la tour servant de cage d’escalier est « lézardée des deux côtés dans toute sa hauteur,…il est nécessaire de la démolir… afin d’éviter « la chute du petit cabinet ». « Le pavillon étant au bout du jardin planté de quelques poiriers «à toit à croupe en ardoises et qui est encore debout de nos jours, comportait « un caveau »au rez- de -chaussée et deux appartements au-dessus. Les planchers étaient faits d sapin ce qui indique une construction relativement récente. »

Deux épis de faîtage intrigants près de la venelle de la sacristie

Ces drôles de petits bonhommes étonnent aujourd’hui…Encore faut-il les remarquer ! Petits et singuliers, ils suscitent parfois des questions … Que représentent-ils ? Qui sont-ils et pourquoi sont-ils là ? Il est vrai qu’ils sont rares dans nos villages où le modernisme fait loi parmi les habitations. Pourtant aujourd’hui encore, ils subsistent et redeviennent à la mode.

 Il ne faut guère s’éloigner pour trouver leur nid : Au village de potiers de La Poterie, près de Lamballe, certaines figurines persistent sur certains toits, et font la fierté de leurs propriétaires.

   Ces deux petits personnages en terre cuite vernissée peuvent certainement passer pour des « Frédéric », spécialité du hameau en question qui leur donna leur nom. On reconnaissait les Frédéric à leur chapeau : Le tricorne, au XVIIIème siècle, noble ancêtre du roi Frédéric II de Prusse, qui chevauchait splendidement un cheval. Le nôtre est un parent pauvre et n’a pas droit à sa noble monture… Il est vrai que le petit cavalier était un symbole de prestige et une manifestation de commandement. Les nobles et grands propriétaires en ornaient volontiers leurs colombiers, témoignant ainsi de leurs richesses. Certains étaient également coiffés de bicornes et de coiffure à la Napoléon. A chacun son époque !

 La figurine portait souvent des anses qui pouvaient être assimilées à des bras. Notre premier bonhomme est pourvu d’un grand bras semi circulaire, tandis que le second, toujours dans le dénuement, n’en a pas…Scellé ou vissé sur le poinçon de la charpente, l’épi servait de décoration mais la poterie, émaillée et étanchéifiée, isolait la pointe de l’extrémité des tourelles.La figurine était, comme ici, ancrée sur une série de rouelles, réalisées au tour de potier. Celles-ci étaient hérissées de « sifflets », c’est-à-dire de trous dans les boutons à la base du socle, de diamètres différents ce qui faisait que, différemment orientées, elles permettaient au vent de souffler avec des sons variés.  Il s’agissait en quelque sorte de girouettes immobiles.  

Liliane Lemaitre

C’est entre 1850 et 1900 que la famille Louis Briend est devenue propriétaire de la Tourelle (photo ci-dessus) et de la partie de la maison y attenant ou il a ouvert un débit de boisson

Depuis les années 1900, le CAFE DU CENTRE, tenu par Louis Briend         

Vers 1930, il est tenu par le fils, Georges, aidé de son frère Louis

De gauche à droite Céline Brosso (la fidèle serveuse) Suzanne et Georges, Marcel et Yvette Trévilly et Louis.

Puis Georges se marie avec Suzanne. Ils auront deux enfants Guy et Claude. Quand Céline a pris sa retraite c’est Marie Frémont qui remplaçait Suzanne au bar quand celle-ci avait d’autres occupations. Ensuite, une employée, elle aussi prénommée  Suzanne, à été embauchée à plein temps.

Anecdotes de Christian Frémont

Je me souviens que les fûts de cidre étaient déchargés sur la place de l’Église. Ensuite, ils étaient acheminés dans la cave à l’aide de tains (rondins de bois) graissés avec du saindoux. Il fallait les faire glisser avec beaucoup d’adresse pour les mener à bon port.  Le cidre était distribué aux clients par une belle tireuse en cuivre qui trônait entre la porte de la cuisine et le bar.Je me souviens également qu’en rentrant du match de foot le dimanche avec mon père, nous rentrions au café voire les joueurs de belotte. Beaucoup d’habitués répartis sur plusieurs tables. Souvent ils fumaient des grosses cigarettes « BOYARD « roulées dans du papier maïs.

Sur cette photo prise devant le bistrot, on voit Georges et Suzanne le jour du baptême de leur nièce Yveline Toublanc

Suzanne à ouvert dans la tourelle un très beau magasin de Faïencerie de Quimper et de petits meubles Bretons qui ont eu beaucoup de succès pour les listes de mariage.

Claude (le fils) et Christian qui étaient adolescents déballaient les caisses de vaisselles avec précaution. Elles étaient déposées sous le porche dans la venelle de la sacristie. Suzanne leur faisait confiance.

 Dans le Café c’était aussi la gestion des colis (CAT et SNCF). Il y avait également la billetterie pour les trajets en cars et en trains.

Claude a hérité du caractère enjoué de son grand-père. Beaucoup de convivialité. Claude organisait les anniversaires de ses clients et amis, Il aimait faire plaisir. Il était plein d’humour. Voici sa publicité.

Une bande de joyeux lurons créait une ambiance sympathique et festive. Des figures locales qui ont marqué pendant plusieurs décennies la vie à Erquy. Des touristes belges venaient tous les ans et le jour de la fête nationale Belge le 21 Juillet, un feu d’artifice était organisé par le café sur la plage du centre et sponsorisé par les limonadiers. Des prospectus étaient distribués et donnaient droit à une bière Belge. Le jumelage « Oupeye Erquy « à certainement commencé au café du Centre.

Rencontre avec les amis Belges

Claude le fils et sa femme Monique ont assuré la continuité. Ils ont eu deux enfants, David et Cédric. Ils ont ouvert une crêperie dans la salle attenante au bar dans les années 70. L’appartement au-dessus du café a été transformé en restaurant en 1985. La toiture à été relevée et la charpente refaite. Claude a récupéré le bois de la charpente pour refaire à l’ancienne la rampe de l’escalier accédant au restaurant

En 1996, M. et Mme Le Francois sont devenus propriétaires du fonds de commerce et ont continué la restauration dans la salle attenante au bar.

Depuis 1980,   se sont succédé dans a tourelle

  • l’électricien Cornillet
  • un salon de thé
  • un tapissier Blaise
  • l’opticien Krys
  • l’orthophoniste  

En 2000 le Bar a été racheté par Cédric (le fils de Claude) et son épouse. Suite au décès de Claude, Cédric a hérité des murs.

Une bande de joyeux lurons créait une ambiance sympathique et festive. Des figures locales qui ont marqué pendant plusieurs années la vie à Erquy, par leurs blagues et la joie de vivre. Des touristes Belges venaient tous les ans. C’était la fête. « Le jumelage « OUPEYE -ERQUY » a sans doute commencé au Café du Centre. D’ailleurs tous les 21 juillet (fête Nationale Belge) un feu d’artifice organisé par le café du centre et sponsorisé par les limonadiers avait lieu sur la plage du bourg. Des prospectus étaient distribués et donnaient droit à tout porteur à une bière gratuite au café du centre.   

Claudine, la femme de Guy a repris le magasin de faïence au décès de son beau-père.

La faïencerie Briend

   Parmi les boutiques magiques d’Erquy, je me garderai d’oublier, la petite loge jouxtant le CAFE DU CENTRE. D’abord tenue par Suzanne Briend puis par sa belle-fille Claudine, je considérais encore cet endroit comme un cabinet des merveilles.

Dédiée aux faïences de Quimper, le lieu empilait un assortiment de vaisselles et d’articles à la fois traditionnels et insolites. Créé en 1690, Les articles alors fort à la mode, séduisaient par le raffinement de leur fabrication : coup de pinceau à la touche, fabrication à la main et décoration à main levée…le travail de poterie ne devait rien au hasard et s’effectuait par étapes : Création du moule, préparation de la terre, calibrage, pressage, coulage et finissage. Ensuite venait la première cuisson, l’émaillage et la décoration et enfin, la deuxième cuisson et le contrôle final.

  Tout le monde connaît le célèbre bol à oreilles qui gagna sa célébrité lors des premiers congés payés de 1936… identifié par un prénom familier, il plaît encore aujourd’hui.

  Mon grand-père et mon père étaient séduits par la faïence HB Henriot et lorsqu’ils voulaient offrir un beau présent, ils se rendaient chez Claudine. Là aucune erreur possible : La qualité et le bon goût étaient au rendez-vous !

 Les teintes célèbres des motifs à grandes fleurs mais aussi la multitude des personnages originaux et qui ne possédaient pas leurs jumeaux, les scènes de noces bretonnes et les compositions champêtres, voire le graphisme moderne, rien n’échappait aux pinceaux des créateurs qui signaient les pièces du célèbre HB, derrière l’objet ou à l’intérieur, pour les plus anciens.

  Conquis par la beauté des créations, grand-père avait commandé à Claudine, le plus beau des services pour inviter sa famille à déjeuner. Il avait choisi des plats anciens pour y disposer charcuterie et crustacés.  « Point d’étonnement, ma fille, tout ça doit servir… Et puis, ça plaît à mes invités ! »  

                                                                                                     Liliane Lemaitre

En 1996 M et Mme Le François sont devenus propriétaire du fonds de commerce du bar et ont continué la restauration dans la salle attenante au Bar.

 Depuis 1980, se sont succédé dans la tourelle:

  • l’électricien Cornillet
  • un salon de thé
  • un tapissier Blaise
  • l’opticien Krys
  • ’orthophoniste

En 2000 le Bar a été racheté par Cédric (le fils de Claude) et son épouse. Suite au décès de Claude Cédric a hérité des murs.