Le patrimoine

9, rue de la Saline

Actuellement maison d’habitation.

Au Marin Breton, Mercerie, Librairie, Papeterie, tenu par la famille ERHEL.

Le magasin se trouve au premier plan, à droite.

A la suite du magasin, Mme Erhel, épouse du Capitaine Erhel, créa une pension de famille, Les Flots. Mme Erhel a cessé son activité vers 1950. Quand l’hôtel Beauséjour, tenu par sa fille Mme Marie Thomas, était rempli, l’hôtel Les Flots servait d’annexe. Beaucoup d’enfants venus passer les vacances avec leurs parents durant les mois d’été sont revenus plus tard  à Erquy. Chaque été, lorsque le cirque Zavatta s’installait à Erquy, Achille préférait séjourner aux Flots.

Par la suite la STR Taxi, gérée par Patrick Thomas, eut son siège social à cette même adresse.

Publicité

Au  8 rue de la Saline

Actuellement maison d’habitation

Vers 1910, se trouvait là un hôtel, Ker Fusains, tenu par Mme Hervé.

Au premier plan à droite, l’hôtel Ker Fusains
Arrière de l’hôtel Les Fusains 
où M Jean Hervé, fils de la propriétaire de l’hôtel,
exerçait son métier de serrurier.

On a retrouvé l’agenda et les factures de Jean Hervé qui donne une idée de ses activités:

  • chez Joseph Cornillet : une enveloppe Dunlop, mèches pour jantes; réparé les chambres à air;
  • à Ker Éole : repose de fourneau, un coude de 139 ; temps passé : 1h;
  • Govel, notaire : broc, 0, 30 fr;
  • chez Emile Durand : dégauchir une roue de vélo;
  • Durand, buraliste : réglé la roue arrière, mis un patin;
  • Vve Rault : réparé la pompe;
  • M. de la Houssaye : un bout de tuyau pour le lavoir, un crochet, une clé de portail;
  • Auguste Renault : 3 pointes de crochet de pêche, mis un clou à la soudrague (sic) du bateau;
  • Mme Revel : 2 serrures de 80 pour les cabinets;
  • Marie Erhel : réparé une rondelle de fourneau;
  • Huby, la Chaussée : 1,9kg de fer plat à 0,30 le kg;
  • le recteur : réparé un plateau pour chandelles, 1,50fr;
  • Chupy : soudé le robinet d’une lessiveuse : 0, 30.

Jean Hervé (1879 -1949) avait épousé le 1 juillet 1908 Marie-Julie Barbedienne. En 1909, ils ont eu une fille, Denise, qui a tenu le salon de coiffure au 3 rue de la Saline.

En 1925 : Construction de l’actuelle maison, À Dieu vat, par Jean Gagey ; cette maison a une « jumelle », À Dieu vat elle aussi, du même Jean Gagey, sur la commune de Saint-Lunaire.

Cadran solaire.
(détail de la villa À Dieu vat)
On peut noter la devise :
Nec tempus nec fluctus exspectant
( » ni le temps ni le flot n’attendent »)

Aux 3 – 5 – 7 – rue de la Saline

Au 3 rue de la Saline

Vers 1930 : Salon de Coiffure, tenu par Mlle Hervé

Le salon de coiffure de Mlle Hervé

Au 5 rue de la Saline

Actuellement, maison d’habitation

Il y avait un café. C’étaitaussi une annexe de l’hôtel Bon Accueil : les chambres étaient équipées de lavabo avec eau courante et de bidets portables.

A côté, il y avait un marchand de tissus, Julien Michel (grand-père de Christian Frémont).

Julien Michel
pendant la guerre 14-18
Marie Michel
Photo prise à la libération, guerre 14-18

Au 7 rue de la Saline

Actuellement maison d’habitation

Magasin de confection

Aux 2 – 4 – 6 rue de la Saline

Au 2 rue de la Saline
Actuellement maison d’habitation

La famille Gaillard a commencé à exercer à cette adresse. Sur la maison, à droite on aperçoit le panneau Coiffeur

Au 4 rue de La Saline

Actuellement maison d’habitation


Magasin de chaussures et atelier de réparations, tenus par M et Mme Morel .

Avant de s’établir rue Foch, M. Frémont a travaillé avec M. Morel.


Souvenir : je me souviens qu’à l’entrée de l’hiver, j’allais acheter des galoches. Une année, j’ai eu des galoches avec le bout carré et une bride avec une boucle sur le dessus :  c’était super chic.


Tenus ensuite, pendant très peu de temps, par M. et Mme Petton.

M et Mme Morel avec leur fils né en 1947

Au 6 rue de la Saline
Actuellement maison d’habitation


Publicité de 1916
Publicité de 1925

Restaurant la Cassolette, tenu par Christine Grimault

AU 1 RUE DE la SALINE

RESTAURANT TY PRINCE

tenu depuis 2016 par Julien et Sophie OUK et leur fils Alexandre.

Dans les années 1900, c’était une ferme dont les murs appartenaient à la famille Guyomard.

 De 1930  à  1952      Hôtel BON ACCUEIL, Pension de Famille,tenu par Mme MAHE aidée par sa fille Solange

Ange Mahé, son épouse Marie-Anne Mahé, née Ballavoine,

et Raymonde Mahé ( Hingant) en 1915.

De gauche à droite : Mme Couasme (lingère), Solange Mahé, Marie Mahé-Balavoine,Ange Mahé, Mme  Durand (cuisinière), M. Couasme, Mme Daniel (voisine), Jeannette , et le chien Pompo

Noces d’or à Erquy : Le mariage de M. et Mme Mahé fut célébré le 11 novembre 1913 à Erquy. M. Mahé a commencé comme mousse en 1900 puis il a été nommé capitaine en 1911 et mobilisé de 1914 à 1918.De 1920 à 1934, il entreprit les campagnes de terre-neuvas. Par la suite, il navigua au large d’Erquy alors que Mme Mahé dirigeait l’hôtel « Bon Accueil » et ce pendant 30 ans. M. Mahé, plusieurs fois décoré, tiens son journal de bord, même en retraite, comme au temps de Terre-Neuve. L’abbé Sort, recteur d’Erquy, célébra la messe des noces d’or et souhaita revoir les époux Mahé pour les « Noces de diamant ». M.Cornu, sénateur maire d’Erquy, et M. Ruellan, maire adjoint, se joignirent aux nombreux amis des jubilaires pour leur présenter leurs meilleurs vœux. Un déjeuner eu lieu dans la salle de l’hôtel « Beau regard ». Nous souhaitons aux époux de posséder un diamant dans leur gousset. (Résumé d’un article d’Ouest-France

A gauche Ange Mahé 

Jusqu’en 1952, l’Hôtel a été tenu par Raymonde Mahé-Hingant. 

De 1952 à 1972, par Alain et Genenviève Berthau.

De g. à dte : Alain Berthaux, le chef cuisinier, Georgette, Mme Olivier, le porte menu,

Annie, Monique, Geneviève Berthaux.

Sur la terrasse, sous l’épicéa, Géneviève et Alain avaient aménagé un bar d’été : c’était un demi-bateau bien équipé ou il était agréable de passer un moment.

Au fond, le bar-bateau en blanc avec une bande orange et Geneviève servant les clients de la table au premier plan.

Alain et Geneviève Berthaux

DE 1972 A   1974  :    Antiquaire de Baeker- Salon de Thé

 De  1974   à  1988 Restaurant Bar LES SALINES tenu par Gilbert Josset.

De 1988 à 1993 par Josie Martineau ;

De 1993 à 2000 par Michel Royer;

Puis, de 2001 à 2007, repris une 2 éme fois, par Gilbert Josset.

                                    

La spécialité du restaurant était les grillades sur feu de sarments de vignes, sa réputation attirait un grand nombre de clients. Entre 2001 et 2007, Gilbert & Rauni géraient en même temps leur restaurant gastronomique du Relais de Saint-Aubin. L’hôtel possédait onze chambres confortables.

Le pub était fréquenté par des touristes anglais, contents d’avoir un lieu ou leur langue était parlée. Le bar des Salines était pour beaucoup un passage obligé pour retrouver les copains, discuter et rigoler. C’était un lieu de vie. Le livre d’or des Salines est impressionnant par le nombre de personnalités du show-biz et autres qui ont séjourné, sur la première page un dessin dédicacé par Maurice Bernard. Pour en citer que quelques-uns : Suzanne Flon qui venait en pèlerinage après avoir été reçue auparavant chez Jean Anouilh. MichèleTorr, Thierry Le Luron lors de ses deux spectacles, Philippe Clay et sa compagne, les Compagnons de la chanson à deux reprises et les Platters.

Puis, de 2001 à 2007, repris une 2 éme fois, par Gilbert Josset.

De 2007 (date de cessation de G. Josset) à 2015 repris par M et Mme Geny

Les chambres ont été aménagées d’une kitchenette.

Depuis 2016  :  Le TY PRINCE

Anecdote : une dame anglaise, âgée, est venue déjeuner avec d’autres personnes, et elle me dit :« après la guerre dans les années 50, j’étais une jeune maman, j’ai fréquenté vôtre établissement qui s’appelait BON ACCUEIL : c’était une pension de famille. J’ai gardé de très bons souvenirs, et je tenais à y revenir accompagnée de mes enfants.

2 et 9 RUE DE LA CORNICHE

n°2 : Actuellement maison d’habitation

LE PETIT PLOMBIER

M. HERVE a construit sa maison et y a établi son magasin

Magasin de peinture de meubles

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n°9 : Actuellement maison d’habitation

Après avoir cédé son magasin de chaussures en 1958, M. Morel a continué à réparer les chaussures dans son garage

Au décès de son mari en 1962, Mme Morel a ouvert à son domicile une mercerie avec un rayon important de laine.

Le Manège Figuier

     Guy Figuier aime faire remonter ses origines d’enfant de la balle à ce fils d’un lieutenant de gendarmerie quercinois, son arrière-grand-père Léon, qui s’était épris d’une jolie comédienne d’un théâtre ambulant de passage à Cahors : le jeune homme grimpe dans la roulotte de la belle et, renonçant à la vie sédentaire, donne une direction nouvelle à la lignée des Figuier.

     De là naît, en 1923, le Nouveau Cirque, dirigé conjointement par les fils de Léon, Jean et Jules-Léon. C’est un chapiteau de 1200 places qui sillonne les campagnes de Bretagne et Normandie – s’annonçant chaque fois par une grande parade où un sanglier dressé se livre à toutes sortes de cabrioles. C’est là qu’Abel, le futur père de Guy, commence sa carrière comme colleur d’affiches ; là aussi qu’un débutant dans l’art du cirque, un certain Achille Zavatta, fait la connaissance d’une cousine d’Abel, Julia Figuier, qui deviendra sa femme.

                                                              

      Après la guerre 39-45, Abel Figuier épouse son amour de jeunesse, Lucienne Jigourel, la fille du garde-champêtre de Saint-Caradec : la vie les avait longtemps séparés et chacun s’était marié. Puis elle les a rendus veufs l’un et l’autre et décide donc de les réunir. Leur naissent deux enfants, Nadine et Guy. Pour entrer dans leur nouvelle vie, ils font l’achat d’une affaire foraine – un stand de tir et un vieux manège de bois, à courroie, avec montagnes russes et voitures vintage. L’attraction d’abord itinérante, s’installe bientôt à Binic au centre-bourg ; mais, quand on veut l’excentrer sur la Banche, Abel et Lucienne saisissent en 1972 l’opportunité, qui s’offre à eux grâce au Dr Velly de se transporter à Erquy, où les attend l’emplacement des anciens terrains de tennis à hauteur du Goulet.

       C’est la construction de la digue, plage du Centre, vers 1975, qui décide de l’installation actuelle du manège à la Chaussée ; dans les mêmes temps, il faut remplacer le vieux manège par celui qu’on peut voir aujourd’hui avec ses sujets volants ou roulants.

Après la mort d’Abel, Lucienne continue d’exploiter l’affaire avec son fils jusqu’en 2013, date de son décès.

Après la mort d’Abel, Lucienne continue d’exploiter l’affaire avec son fils jusqu’en 2013, date de son décès.

Aujourd’hui encore, l’arrivée du manège à Pâques marque pour tous l’ouverture de la saison : c’est un véritable personnage d’Erquy.

Guy le tient seul aujourd’hui, toujours avec le même soin, sur cet emplacement que lui concède la municipalité. Sa gentillesse et son affabilité aussi qui lui valent l’estime et l’affection des petits et des grands, Réginéens ou vacanciers : comme jadis Lucienne, il vient de recevoir à son tour la médaille de la Ville d’Erquy à l’occasion du cinquantenaire de l’installation du manège à Erquy.

Bernard Besnier

Le Grand Léjon

        

heures passées au phare du grand Léjon en 1934

(Article du journal Ouest-Éclair du 24 octobre 1934)

         Ouest-Eclair a souvent narré la laborieuse et difficile profession des gardiens de phare. Il fit même souvent appel à la charité de ses lecteurs pour procurer à ces braves guetteurs de l’océan, prisonniers du devoir dans leur tour de pierres, des livres et de « saintes distractions ». Embarqué sur un bateau de pêche d’Erquy, la Sarcelle, dont le  patron était Maurice Huby, un de nos collaborateurs a rendu visite  à quelques-uns d’entre eux. Ils ont ainsi pu passer quelques heures au phare du grand Léjon.

  Des nombreux écueils qui existent dans la baie de Saint Brieuc, le plus dangereux est le plateau du Grand Léjon, à mi-distance entre la pointe de Plouézec et celle du cap Fréhel. Tout d’abord, ce plateau fut signalé par une tourelle balise en maçonnerie. Les travaux commencés en 1859 furent terminés en1862. Vers 1880, on rehaussa ladite tourelle et on construisit une tour creuse destinée à porter un feu : le phare du Grand Léjon était né ! A l’heure actuelle, le phare du Grand Léjon se compose d’une tour cylindrique peinte en bandes horizontales blanches et noires, bâtie sur le sommet de la plus grosse roche du plateau du Grand Léjon: sa hauteur est de 23 mètres au-dessus de cette roche et de seulement 16 mètres au-dessus du niveau des hautes mers. L’ouvrage est parementé en moellons smillés de petits échantillons.

Du point de vue architectural, la tour n’est pas gracieuse : elle est massive de façon à résister aux énormes rouleaux de houle qui balaient le plateau lors des tempêtes. Sur la plate-forme de la tour sont installés un feu à cinq éclats qui émet toutes les vingt secondes et une cloche de brume à un coup, qui est doublé toutes les sept secondes.

         La relève des gardiens est faite tous les quinze jours au moment des marées de vives-eaux. Lors des marées de morte-eau, la relève devient plus difficile parce que la mer ne baisse pas assez et ne quitte pas le pied du phare.Le service est assuré par trois gardiens et par roulement : deux sont au phare pendant que le troisième est au repos. Chaque gardien, après un séjour d’un mois au phare, débarque à terre pour une période de quinze jours. Le personnel : M. Cavan, gardien-chef,  M. Jacquenet, gardien et M. Le Berre, auxiliaire. La surveillance et la direction de ce phare sont confiées à M Hebry, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Lézardrieux, qui s’emploie de son mieux à adoucir la vie rude des braves gardiens et assure lui-même leur ravitaillement en livres et en revues. Un gardien y faisait même de la tapisserie. 

Une anecdote :  le pain du Grand Léjon 

Loick aime nous raconter une anecdote que tous les marins racontaient à leurs enfants : son père partait à la pêche de très bonne heure. Il emportait toujours un bon casse-croûte. Au retour, quand le bruit du bateau de son père lui parvenait, Loïck courait au bout du môle et là, son père lui donnait une tartine de pain beurrée en lui disant que c’était du pain du Grand Léjon . C’était délicieux ! Quelques années plus tard, quand son père lui proposa de l’emmener au Léjon, il croyait découvrir la boulangerie et les mitrons. Bien-sûr, la déception fut grande : pas de boulangerie au milieu de la mer ! Ce pain avait simplement fait l’aller-retour car pas le temps ou météo trop mauvaise pour déguster le casse-croûte du matin.Beaucoup de marins à cette époque ramenaient  du pain du Grand Léjon .

L’histoire du pare emblématique de la baie de Saint Brieuc

d’après Louis Chauris

Construction de la tourelle-balise :

       Au milieu de la baie de Saint-Brieuc, le dangereux récif du Grand Léjon a été signalé en deux temps. Tout d’abord par une tourelle-balise (1859-1862) d’assise assez large pour pouvoir être exhaussée ultérieurement en vue de l’établissement d’un feu (1879-1881.)  Les différentes périodes de cette construction furent exécutées dans des conditions difficiles.

       Située à peu près à égale distance de l’île de Bréhat et du cap Fréhel, sur la route des navires qui se rendent de la Manche dans les ports de la baie de Saint-Brieuc, la roche du Grand Léjon est d’autant plus dangereuse que, fort éloignée des côtes, elle s’avère difficile à relever exactement.  Elle surgit à proximité immédiate de fonds atteignant localement près de 30 mètres sous le zéro des cartes marines et elle commence seulement à découvrir à mi-marée.

         En 1849, le ministre des Travaux publics demande des renseignements sur le balisage de l’écueil du Grand-Léjon. Par une dépêche datée du 31 août 1855, il invite les ingénieurs du département des Côtes-du-Nord à préparer un projet de tourelle en maçonnerie, surmontée d’un mât avec un ballon. Le 18 décembre de la même année, l’ouvrage sera constitué d’une tourelle cylindrique de 4,70 m de diamètre, d’une hauteur totale de 9,90 m s’élevant à 3,50 m au-dessus des plus hautes mers de vives eaux. Le socle, également cylindrique de 4,90 m de diamètre, doit être complètement noyé dans la roche ; le fût, couronné par une pointe conique, mesure 0,20 m de hauteur. La construction de la tourelle pleine du Grand Léjon ne devrait commencer qu’en 1859. En 1860, les premiers jours de juin, un douloureux événement survenait sur les travaux du Grand Léjon : un violent coup de vent de suroît (sud-ouest) que rien n’annonçait, mettait tout à coup les embarcations en danger. Une chaloupe du pays a sombré avec deux hommes à bord : les frères Bougeard, 30 et 15 ans, qu’il a été impossible d’arracher à la mort. L’embarcation leur appartenait « Ils étaient soutien de famille de leur mère veuve avec encore quatre enfants en bas âge ». Les ingénieurs proposèrent d’allouer à la dite veuve un secours de 300 francs par victime et de 1500 francs pour l’embarcation perdue ..

         Une quinzaine d’années plus tard, en décembre 1877, avant d’entreprendre l’exécution d’une tour creuse destinée à porter un feu sur la tourelle pleine du Grand Léjon, l’ingénieur rappelle que la construction de ces 550 m3 de maçonnerie avait été laborieuse. Effectuée par des ouvriers campés sur un bugalet stationnaire de la marine de l’Etat, elle s’est échelonnée sur trois campagnes (1859-1861-1862)

Construction du phare 

Les travaux de construction du phare, estimés à 90 000 francs, ont débuté en 1879. Les gabares assuraient l’acheminement des matériaux depuis Binic, ainsi que le service de la poste et des vives au Légué. Le conducteur  de travaux sur le rocher était M. Le Bozec, sous les ordres de l’ingénieur Jourjon. La première campagne fût très lente et seul le rez-de- chaussée fut élevé. Il allait en être tout autrement l’année suivante :  L’ingénieur Guillemoto, qui venait de prendre le service, mit à la tête du chantier le conducteur Le Renard. Ce dernier commença la campagne par l’installation d’un échafaudage très ingénieux autour du rez-de-chaussée déjà construit : son plancher formant une plate-forme de 2,50 mètres de large autour de l’ouvrage en construction était à l’abri des grosses lames… En dépit d’un dérapage de plusieurs jours dû à un violent coup de vent d’ouest, la campagne de 1880 dut être  exceptionnellement active  puisque tout le gros œuvre était achevé à la fin de septembre. Les escaliers en fonte et l’appareil optique étaient ensuite mis en place et le feu fut allumé le 20 juin 1881.

Plan du phare :

         Au rez-de-chaussée, le magasin pour l’eau potable et les huiles a un diamètre inférieur à 4 mètres. Au premier étage, où se situe la cuisine, le diamètre est de 4,30 mètres. Au deuxième étage, on trouve la chambre de service. Les deuxième et troisième étage offrent un diamètre semblable. L’accès du rocher au phare s’effectue par une échelle en bronze scellée dans les parois de la tourelle pleine. La hauteur de la tour creuse est de 12,40 mètres depuis le dallage de l’entrée jusqu’au sommet du parapet.Le plan local se trouve à 23 mètres au-dessus du rocher, c’est-à-dire à 28,40 mètres par rapport au zéro des plus basses mers et à 16,20 mètres  au-dessus des plus hautes mers. Par décision ministérielle du 22 mars 1881, le service du Grand-Léjon entraînait la création de trois emplois de gardiens.

Amélioration des conditions d’accostage et d’accès

         Dans un rapport en date du 6 septembre 1890, l’ingénieur déplore qu’il n’existe alors aucun ouvrage servant à l’accostage au Grand-Léjon. Il précise que les débarquements se font très péniblement à marée basse sur un rocher abrupt et que les opérations sont loin d’être exemptes de danger pour le personnel et pour le matériel  La roche comporte trois petites anses où l’on peut débarquer à marée basse. L’ingénieur suggère d’effectuer quelques arasements de rochers et de combler les trous et les failles. Il propose en outre « la construction d’une petite cale de débarcadère au sud- ouest de 1,20 m de large, une pente de 0,13 m sur une longueur de 6 mètres, permettrait un débarquement facile et sans danger à marée basse. Ces travaux seraient exécutés avec des moellons en provenance de l’île de Bréhat, déposés dans une coulée du rocher où la mer n’a qu’une action très faible. Les gardiens du phare eux-mêmes effectueraient le redressement du rocher et les maçonneries. »

Le phare et son quai de débarquement

Les phares en mer

         Placés de préférence sur un écueil dangereux surgissant des profondeurs, ils abritaient les gardiens, généralement trois qui survivaient tant bien que mal à la peur, au froid et à la solitude. Ils se relayaient pour surveiller le niveau d’huile, pour nettoyer les vitres de la lanterne noircies par les flammes de la lampe, cette dernière ne devant jamais s’éteindre !Les chambres des gardiens, le magasin à combustible, une cuisine sommaire avec ses réserves de nourriture et une salle de veille constituaient l’essentiel de l’aménagement  de la tour, au bout d’un escalier en colimaçon. C’est depuis la salle de veille que l’on scrutait l’océan et bien-sûr, pas question de s’endormir !

Les dates importantes pour l’amélioration du phare du Grand Léjon :

1881 : Feu fixe à huile minérale alternativement fixe blanc pendant 25 secondes puis 5 éclats blancs pendant les 25 secondes suivantes,1 secteur rouge et un secteur obscur au sommet de la tourelle en maçonnerie sur l’écueil et exhaussée à 23 m40 de hauteur pour porter le feu et abriter les gardiens.

1 septembre 1887 : Secteur obscur remplacé par un secteur rouge.

22 août 1905 :  Incandescence aux vapeurs de pétrole.

1938 : Un projet d’exhaussement est présenté pour améliorer le confort des gardiens mais cette réalisation est différée pour cause de guerre.

1948 :  La tour est peinte en bandes horizontales blanches et noires (1).

1960 :  La tour est peinte en bandes horizontales blanches et rouges.

5 juillet 1967 :  Feu automatique à gaz, installation d’une plate-forme d’hélicoptère. Les gardiens restent au phare pour surveiller le feu.

1975 : Éclairage au gaz propane et fin du gardiennage

1974 Yves Le Roux attend la relève au Grand Léjon. Ses caisses sont prêtes !
Photo Chasse-Marée Ar Men 

1987 :  Feu électrifié automatisé et contrôlé depuis Lézardrieux, à terre. 

1988 :  Installation d’une cloche à vague fonctionnant grâce à un système d’horlogerie afin de déclencher automatiquement une sonnerie indiquant la proximité de quoi ?

(1) …ce qui lui vaudra le sobriquet de Bagnard

Les deux optiques
La machine de rotation

Quelques heures passées au phare du grand Léjon en 1934

(Article du journal Ouest-Éclair du 24 octobre 1934)

         Ouest-Eclair a souvent narré la laborieuse et difficile profession des gardiens de phare. Il fit même souvent appel à la charité de ses lecteurs pour procurer à ces braves guetteurs de l’océan, prisonniers du devoir dans leur tour de pierres, des livres et de « saintes distractions ». Embarqué sur un bateau de pêche d’Erquy, la Sarcelle, dont le  patron était Maurice Huby, un de nos collaborateurs a rendu visite  à quelques-uns d’entre eux. Ils ont ainsi pu passer quelques heures au phare du grand Léjon.

  Des nombreux écueils qui existent dans la baie de Saint Brieuc, le plus dangereux est le plateau du Grand Léjon, à mi-distance entre la pointe de Plouézec et celle du cap Fréhel. Tout d’abord, ce plateau fut signalé par une tourelle balise en maçonnerie. Les travaux commencés en 1859 furent terminés en1862. Vers 1880, on rehaussa ladite tourelle et on construisit une tour creuse destinée à porter un feu : le phare du Grand Léjon était né ! A l’heure actuelle, le phare du Grand Léjon se compose d’une tour cylindrique peinte en bandes horizontales blanches et noires, bâtie sur le sommet de la plus grosse roche du plateau du Grand Léjon: sa hauteur est de 23 mètres au-dessus de cette roche et de seulement 16 mètres au-dessus du niveau des hautes mers. L’ouvrage est parementé en moellons smillés de petits échantillons.

Du point de vue architectural, la tour n’est pas gracieuse : elle est massive de façon à résister aux énormes rouleaux de houle qui balaient le plateau lors des tempêtes. Sur la plate-forme de la tour sont installés un feu à cinq éclats qui émet toutes les vingt secondes et une cloche de brume à un coup, qui est doublé toutes les sept secondes.

         La relève des gardiens est faite tous les quinze jours au moment des marées de vives-eaux. Lors des marées de morte-eau, la relève devient plus difficile parce que la mer ne baisse pas assez et ne quitte pas le pied du phare.Le service est assuré par trois gardiens et par roulement : deux sont au phare pendant que le troisième est au repos. Chaque gardien, après un séjour d’un mois au phare, débarque à terre pour une période de quinze jours. Le personnel : M. Cavan, gardien-chef,  M. Jacquenet, gardien et M. Le Berre, auxiliaire. La surveillance et la direction de ce phare sont confiées à M Hebry, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Lézardrieux, qui s’emploie de son mieux à adoucir la vie rude des braves gardiens et assure lui-même leur ravitaillement en livres et en revues. Un gardien y faisait même de la tapisserie. 

Une anecdote :  le pain du Grand Léjon 

Loick aime nous raconter une anecdote que tous les marins racontaient à leurs enfants : son père partait à la pêche de très bonne heure. Il emportait toujours un bon casse-croûte. Au retour, quand le bruit du bateau de son père lui parvenait, Loïck courait au bout du môle et là, son père lui donnait une tartine de pain beurrée en lui disant que c’était du pain du Grand Léjon . C’était délicieux ! Quelques années plus tard, quand son père lui proposa de l’emmener au Léjon, il croyait découvrir la boulangerie et les mitrons. Bien-sûr, la déception fut grande : pas de boulangerie au milieu de la mer ! Ce pain avait simplement fait l’aller-retour car pas le temps ou météo trop mauvaise pour déguster le casse-croûte du matin.Beaucoup de marins à cette époque ramenaient  du pain du Grand Léjon .

Travaux de recherches effectués par Christian Frémont.

ps : Nous rappelons que Mémoire d’Erquy a publié dans son n°6 un article sur le naufrage du Whynot à proximité du Grand Léjon.

On peut aussi signaler la curieuse étymologie du nom de Léjon : du breton an ejon (=le boeuf), dont l’article seul a été traduit, donnant d’abord : l’éjon, avant d’être intégré au nom dans l’appellation actuelle, Léjon.

  AU 21 rue de la Corniche

                                        

   Actuellement HOTEL BEAUSEJOUR, tenu par M. Miriel.

                                                     

  C’est en 1930 que Me Henry Aubry, notaire à Dinan – dont la famille venait en villégiature à Erquy depuis une cinquantaine d’années déjà, construit avec sa sœur Jeanne sur la route de la Corniche une importante maison de vacances, capable d’abriter leurs deux tribus réunies. Tournée face à la mer, elle est conçue en deux parties symétriques reliées entre elles par un corps central et respectivement nommées les Écrites pour celle de droite (du nom de la mare qui existe encore aujourd’hui dans le creux de la Heussaye), et la Lohouas pour l’autre (du nom de la terre d’origine des Aubry près de Dinan). Les deux familles y passent une dizaine d’été, entourées de leurs nombreux cousins, avant que la maison ne soit réquisitionnée d’abord pour accueillir les réfugiés en 1939, puis par les Allemands sous l’Occupation.

Vidée de son mobilier et endommagée, elle est en partie louée et en partie vendue à la Libération.

Villa Aubry, avec à dte les Écrites et à gche la Lohouas

En 1949, Mme Marie Thomas ouvre l’Hôtel Beauséjour.

Marie a fait abattre le mur qui séparait les deux habitations pour obtenir une grande pièce centrale. Dans la cour un jeu de boules a été aménagé, des tonnelles installées sur le bas-côté. Afin d’aider sa femme, Jo Thomas démissionnera de son poste d’officier de marine en tant que chef de rang sur le Normandie.

1972, le personnel:
En bas à gauche : Ernest Thomas, Michel Clech – au fond, au milieu ;      Marie Thomas, à sa droite Hélène Morin – en bas à droite : Jean-Jacques Thomas, Mme Massu

Anecdote

Marie voyant arriver une famille et persuadée que ce sont des étrangers, appelle son mari Jo qui est polyglotte afin de les accueillir. Jo leur souhaite la bienvenue en Anglais, Allemand et Italien. Aucune réaction, quand soudain l’un d’entre eux dit « Vous ne parlez pas Français ? »Cette famille créera à Caroual un petit café_- Restaurant – « Le Clapotis » en face le dancing « la Potinière » suivi quelques années plus tard d’une crêperie du même nom. C’est à la cessation d’activité de la crêperie que le Clapotis  deviendra à son tour « la Potinière ». C’est en 2021 lors du ravalement du restaurant que le nom de Clapotis est réapparu et que le Restaurant a repris son nom d’origine.

Marie était en avance sur son temps puisque tous les ans elle organisait en fin de saison, des cousinades réunissant ses deux frères Joseph et Claude Erhel ainsi que sa sœur Tina Brouard. Belles sœurs beau-frère ainsi que leurs petites tribus se réunissaient autour d’un bon gueuleton. La bonne humeur était de mise.

1973 REPRISE DE L’HOTEL par M. et Mme THEBAULT

Comme la quinzaine d’hôtels en exercice alors dans la station (ils ne sont plus que trois aujourd’hui), l’établissement est encore à l’époque une pension « dans son jus », qui comporte une dizaine de chambres, qu’on appelait les « bains », d’un confort très relatif – toilettes sur le palier et salle de bain partagée, équipée seulement d’un broc et d’une cuvette.

       A l’arrière, il ouvre sur une vaste prairie où, pour le plus grand plaisir de la clientèle, paissent des vaches et à l’occasion l’âne d’un client qui randonne dans la région ; et, pour compléter le cheptel, quand ils rouvrent l’hôtel à la belle saison, M. et Mme Thébault viennent de Merdrignac avec leurs poules qui n’hésitent pas à paraître parfois dans la salle à manger… Ils entreprennent la création de cabines de douche dans les chambres, ce qui nécessite un renouvellement complet de la plomberie lorsque les premiers usagers descendent se plaindre en peignoir et la tête toute moussue de shampooing !

1982 : Patrick et Arlette Thébault rachètent l’hôtel à leurs parents. Ils s’engagent dans l’amélioration du confort et l’agrandissement en construisant deux avancées symétriques, l’une pour le salon, l’autre pour la salle à manger, ainsi que de nouvelles chambres au second étage. L’hôtel prend ainsi peu à peu de l’ampleur : en plus de Patrick (en cuisine) et d’Arlette (à la réception et en salle), il faut compter un aide cuisinier, deux femmes de chambre et deux serveuses.

  A la retraite depuis 2017, ils soulignent combien le métier a changé avec l’évolution du mode de vie et aiment évoquer la relation personnelle et très gratifiante qu’ils ont pu tisser au long de leur carrière avec leur clientèle ; ils ne comptent plus les cadeaux qu’ils ont reçus de la part d’hôtes reconnaissants – jusqu’au prêt d’e’un chalet à la montagne ! Ils citent aussi la fidélité de certains estivants « abonnés » d’une année sur l’autre à telle ou telle chambre, qu’ils n’auraient changée pour rien au monde, et laissant une partie de leurs affaires à l’hôtel en perspective de leur prochaines vacances – la palme allant incontestablement à cette cliente revenue… quarante ans de suite ! Des enquiquineurs ? Oui sans doute, ils en ont eu, comme ce client du restaurant qui, protestant trop bruyamment contre le contenu de son assiette, s’était fait sortir par la salle tout entière ; ou cet assoiffé qu’il fallait accompagner à minuit jusqu’à sa dix-septième bouteille de bière ; on en rit après coup !… Dans leurs souvenirs enfin, quelques célébrités parfois et puis, cette élégante, habituée sans doute des palaces, qui, à son arrivée, s’informe du dress-code pour le dîner le plus sérieusement du monde !..