Auteur : memoirederquy

14 rue Foch (actuellement Crêperie « Chez Sylvie »)

Dans les années 50/60

meubles Barbé

 

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Fin 60 début 70

BANQUE CREDIT LYONNAIS

(La Proue, 1969)

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Fin 70 début 80

IMAGINE,  magasin de lingerie

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Ensuite

la boutique à été louée par le comité des fêtes

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de 1993 à 2003

IMAGINE 22 – BROCANTE,

tenue par Mr.et Mme ROHAIS qui habitaient 48 rue Foch

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 DE 2003 A 2014 

Fleuriste AU CAMELIA BLANC

 

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Depuis 2014:

Crêperie Bouvet

Au 13 rue Foch (parking fermé)

 

 

Après avoir tenu leur commerce rue du Square de l’Hôtel de ville (actuellement agence Cabaret)  la famille Poissonneau a construit son magasin au 13 rue Foch en 1964 jusque dans les années 90.

Le bâtiment était séparé en deux: d’un côté le garage et de l’autre un bazar.

 

Le Garage

Moteurs marins, Agent Simca, Tôlerie – Peinture – Neuf Occasion, Réparations toutes marques et pompes à essence.

Garage à bateaux

  L’atelier Simca

 

M et Mme Poissonneau (Camelia et Georges)  et leur fils Joël en 1964.

 

 

Le Bazar:

Articles de pêche et de plage (bouées pelles seaux matelas gonflables) vêtements marins (imper, bottes, matériel et combinaisons de plongée).

 

Dans l’angle du magasin (rue Foch , rue du Doué de la Cuve) il y avait un très grand aquarium, les enfants du quartier passaient beaucoup de temps à regarder la multitude de poissons rouge évoluer, ils aimaient aussi en échange de quelques pièces aller ramasser pour servir d’appât, des  petits vers de sable plus petits que les arénicoles appelés en gallo des  » chattes ».

Anecdote

Monsieur Poissonneau et son fils Joêl aimaient plaisanter; le jour de l’ouverture de la chasse, ils mettaient un panneau sur la porte du magasin : Fermé pour cause d’ouverture…

Le magasin à été détruit dans les années 90. Un projet immobilier a été envisagé…….sans suite!

 

 

 

Le travail du lin à l’époque de nos grands parents et arrière-grands parents, avant 1914.

  Le lin était cultivé depuis fort longtemps en Bretagne car sa culture nécessite un sol où les étés sont humides et relativement frais. Très apprécié pour sa solidité et son confort, il servait à la confection de la toile dont on faisait les chemises et d’autres pièces vestimentaires mais aussi à bien d’autres usages.  Ce lin était aussi récolté sur la ferme. Mêlé au chanvre, il était utilisé pour fabriquer des toiles de bateau, par exemple. Dans les Côtes du Nord (Côtes d’Armor, aujourd’hui), la production était localisée sur le littoral. Comme il n’existait pas de filatures mécaniques, l’essentiel du lin et du chanvre provenait du filage familial au rouet et à la quenouille. Le tissage était ensuite réalisé par l’artisan tisserand auquel le paysan faisait appel pour tisser la toile. Sous l’ancien régime, de nombreuses cités prospérèrent grâce à l’activité de leurs tisserands et surtout à celles des négociants toiliers, comme ceux de Quintin, par exemple, qui vendaient leurs « fines toiles » aux espagnols et jusqu’en Amérique.

   Les principales opérations concernant sa transformation après l’arrachage étaient le rouissage, le broyage, le teillage qui consistaient à débarrasser la fibre de ses parties ligneuses, le peignage, le filage puis le blanchiment du fil écru pour obtenir du fil blanc et enfin le tissage de la toile.On admirera l’ingéniosité dont faisait preuve nos ancêtres afin de réaliser des outils dont la fabrication artisanale faisait l’objet d’un savoir faire transmis de génération en génération.

  Je rapporte dans le passage suivant le récit que me fit mon grand-père de sa propre expérience il est alors un jeune adolescent. La veille, au soir, Alcide vient de charger une charrette de lin qu’on se prépare à rouir.

Avant de sauter sur le chargement, Alcide y jeta une botte curieusement ficelée à ses extrémités, à l’aide de liens d’osier. Il l’avait préparée la veille et comptait bien montrer son savoir-faire à son nouvel ami. Il admirait la force et la robustesse du jeune homme et le considérait déjà comme un membre de la famille. Ah ! S’il avait pu épouser sa sœur, comme il aurait été fier et heureux !

Bercée par le balancement du fardier et le pas lourd du postier qui claquait sur les pierres du chemin, sa rêverie suivait son cours lorsqu’ils atteignirent la vallée. Il aperçut le vieux moulin dont il connaissait bien le meunier Jacquot. Non loin de là, se trouvait une retenue d’eau et une jolie cascade qui jaillissait parmi les blocs de grés. Il aimait parfois s’y rendre avec ses camarades pour taquiner le gardon. Le petit ruisseau alimenté par les eaux de Bel air, la Ville Morhain , la ville Béheu, du bourg et du bois de la Ville Rogier, venait se prélasser l’été dans cet endroit avant de se jeter à la mer. L’hiver cependant, le lin était aussi récolté sur la ferme. Il faut vous dire qu’avant 1914, l’Etat versait une subvention de quelques centimes par are de lin ensemencé au-delà de huit ares par héritage. En cette période de crue, il perdait toute aménité et se transformait en torrent redoutable. Dans l’un de ses méandres, s’était formé une sorte de marmite de géant, à mi-chemin entre le moulin et le rivage. Alcide avait longtemps cru qu’elle appartenait aux lutins du coin dont les cercles de pierres et les nombreux chaos dispersés sur les mielles attestaient la présence. Sans doute était-elle réservée à leurs ablutions… Certains racontaient  même qu’il s’agissait d’une anti- chambre de l’enfer où Mourioche avait procuration du Diable pour y faire bouillir les damnés  qu’il avait ramassés dans sa charrette en faisant sa ronde par les nuits sans lune.

Autrefois, homme ou femme, ce suppôt de Satan, pour satisfaire de viles passions, n’avait pas hésité à vendre son âme au Malin. Dés lors, métamorphosé en cheval où en créature fantastique et griffue, il s’acquittait de sa dette en y employant tout son zèle. Il servait également de cocher à la grande « faucheuse » qui fraternisait par intérêt, avec Satan.Croire à ces balivernes n’était à présent plus de saison. Alcide avait passé l’âge des contes et devenait de jour en jour, un vrai travailleur de la terre.

Comme le terrain accidenté ne permettait pas à l’attelage l’approche du ruisseau, celui-ci devait se tenir en hauteur, à bonne distance de l’eau. Debout sur la cargaison, armé de sa fourche, Pierre lançait les bottes qui roulaient sur la pente où se tenait Isidore pour les guider et les pousser dans l’eau. Naviguant sur celle qu’il avait si soigneusement préparée la veille, Alcide tranchait d’un coup de couteau les liens d’osier qui les maintenaient et rejetait ceux-ci sur la berge. Il se mit alors en devoir de les retourner, racines en l’air et termina l’opération en soumettant son radeau improvisé au même traitement.

Il s’assura ensuite de la bonne immersion du lin, entrecroisant sur lui quelques fortes triques calées avec des grosses pierres qui abondaient en aval. Il ne restait plus qu’à l’abandonner au travail de l’eau. Il reviendrait de temps en temps visiter le dispositif et le lester en cas de besoin.

Une dizaine de jours plus tard, armé de crocs et de fourches, on sortait les bottes sur la berge, bien alignées, têtes et racines du même côté avant de les charger, reconstituées par paquets de vingt-cinq « serres », dans la charrette pour les étendre sur un prés fauché de frais afin de parachever le rouissage. La filasse devait se détacher facilement du bois pour le séchage. Lorsqu’il était fin prêt, on dégageait la partie basse de la botte pour la planter droit dans le sol, formant ainsi un champ d’éventails. Parfaitement sec et à nouveau « rebottelé », le lin était alors placé sur une claie grillagée, calée sur les poutres d’une grange pour le préserver de la voracité des rongeurs. En attendant d’être pilé, broyé et cardé, il allait pouvoir s’adonner à un bon somme.

Alcide et ses frères affectionnaient particulièrement la  pilerie  du lin. Cette tâche était presque réservée aux jeunes garçons de quinze à vingt ans. Elle avait lieu un soir d’hiver, le jour même de la cuisson du pain à la ferme, car ça n’était pas rien de chauffer le four et ça n’arrivait pas tous les jours !

Sitôt les odorantes miches sorties du four, le maître des lieux enfournait autant de bottes de lin que de participants. Chacun d’eux était muni de son pilon personnel, un bâton de branche d’orme aussi corpulent et rond qu’une bouteille. La plupart avait travaillé artistiquement au couteau, le manche de leur outil. Ainsi armé, chaque gamin ressemblait à s’y méprendre au valet du jeu de cartes d’Aluette, qui porte sa massue.

Une fois le lin chaud sorti du four, on saisissait son «  brichet »  pour s’y asseoir et se mettre à piler. Et que je te cogne sans rémission ! Et vlan ! Une fois sur la tête pour bien l’écraser ! Et vlan ! Une fois sur les racines ! On prenait bien garde cependant de préserver le lien de jonc, afin d’éviter les « éboulis », en tâchant d’attirer ce qui s’était réfugié au mitan de la « serre », pour lui administrer à son tour, sa correction et assouplir le tout.

C’était grand plaisir pour les anciens venus assister à ces deux heures de « pilerie ». C’est qu’au lieu de se plaindre de ce labeur ingrat, la jeunesse s’en donnait à cœur joie et les rires et les chansons fusaient, rythmés par le choc des bâtons. L’assemblée reprenait en chœur les couplets et les refrains familiers – dont l’inévitable Perrine était servante….

A ce moment de la chanson, les coquins en profitaient pour faire claquer une grosse bise sur la joue de la plus proche fillette qui s’empourprait jusqu’aux yeux.

Naturellement, les gais travailleurs étaient récompensés par une bonne collation. Comme le pain avait eu les honneurs du four, on avait droit à la galette du jour, bien dorée et croustillante accompagnée de la saucisse cuite sous la braise. C’était un vrai festin et l’on devisait encore, alors que la nuit était déjà bien installée.

Plus tard, les femmes achèveraient le travail, broyant le lin à la « braie » pour séparer la tige de la filasse

Certains jours d’été,  dans  les champs dépouillés de leur récolte et rendus au berger,  Alcide emportait  deux grosses bottes pour les réduire en filasse. Joséphine venait parfois le rejoindre pour l’aider, sous le bois de la Ville Rogier ou sur le tertre où il siégeait. En trois heures, la besogne était achevée et l’enfant admirait la dextérité de sa mère qui terminait toujours bien avant lui. Depuis sa jeunesse, elle avait la main et s’y connaissait pour ôter les « égrilles » piquantes. Elle maniait aussi habilement « l’égrignouère » et la « breusse »pour débarrasser la plante de ses impuretés avant de l’affiner et de la broyer sous la « braie ».  Durant les longues soirées d’hiver, le lin serait filé au fuseau ou au rouet auprès de l’âtre 

Le schéma suivant a été réalisé

de mémoire et à main levée

par Alcide Méheut, alors âgé de 80ans

Notes et légende du croquis :

  • 1 Fort banc. Attaches solides de chaque côté de « l’égrainouère» et siège des ouvriers à chaque extrémité.
  • 2 « Braie » ou broie.
  • 3 : La « frome » ou banc est prolongée à droite par la partie mobile tranchante et à gauche est fixé un « égrignoire » (4).
  • 5 « Breusse» ou brosse à affiner.
  • 6 Rouet à filer: De gauche à droite : En haut la quenouille, avec « peson » et « quenelle ». Le fil passe sur une bobine avant enroulement sur la quenelle. Dans la partie médiane, bielle et pédale. A droite, la roue du rouet.
  • 7 Rouet à embobiner. Dans la partie inférieure, « dévidoir » pour la mise en écheveaux avant embobinage pour l’ourdisseur.
  • 8 Ourdisseur avec dévidoir et bobine sur la droite.
  • 9 « Egrougeoir » ; « égrouger » : De « grouger » ou « gruger » en ancien français ( XIV- XV ème siècle) : réduire en grains. C’est pourquoi l’outil est encore appelé « égrainouère ». « Egruger » signifie littéralement « briser avec les dents ». Ici, c’est donc le sens mécanique qui est employé. Le verbe « grouger » était aussi fréquemment employé avec un sens alimentaire et signifiait alors « croquer » ou « avaler ». ( Cf  L’Huître et les Plaideurs de. La Fontaine : « Perrin, fort gravement, ouvre l’huître et la gruge »). On le connaît mieux pour son sens figuré : « gruger quelqu’un » c’est le spolier, le dépouiller de ses biens.
  • 10 « Jaquemart » : Figurine représentant un homme d’arme muni d’un marteau avec lequel il frappe les heures sur le timbre d’une horloge.
  •  11« serre » : Mot ancien. Vient du verbe « serrer », en ancien français, « enfermer ». Les « serres » constituaient en quelque sorte des paquets, « enserrés », c’est-à-dire « serrés » étroitement.
  • 12 « jeu d’aluette » : Jeu de  trente huit  grandes cartes représentant des figures symboliques, beaucoup pratiqué à l’époque dans nos campagnes. Il aurait été ramené d’Espagne ou du Portugal par les marins. On l’appelait aussi « jeu de la vache ». ( dans Ma Bretagne au bon vieux temps. Marcel Alory.)
  • 13« Le pessai » : De l’ancien Français « pëason » : fondation. (Du latin  «  pedationem », de « pedare », supporter. De « pedem » : pied.) Il s’agissait sans doute du chevalet qui a donné son nom à l’appareil.
  • 14- « L’égrignoire » ou « égrainouère » :  Peut-être de l’ancien français «  grigne » (XII ème –XIIIème siècle) : Action de montrer les dents. Ici, il s’agirait des dents du peigne à carder qui servait à démêler la filasse avant le filage. Il est aussi possible que le mot soit formé sur « égrille » qui désignait les impuretés restées dans la filasse.

un inventaire révélateur

Le lit, autrefois, lit clos pour mieux se protéger des froidures, puis, par la suite, lit de coin, était ainsi bien garni : le « balin » mettait le dormeur à l’abri des courants d’air. Il s’agissait d’une sorte de couverture tissée avec « le réparon », un lin grossier et du fil torsadé. Quelques années plus tard, on l’abandonnerait pour le couvre-lit en piqué, plus chaud et plus léger, puis couettes et oreillers de plumes d’oie avec leurs « doubliers », (leurs housses) apportèrent le confort avec les couvertures de laine. Les draps ou « linceuls », les torchons et toutes « les hardes de corps » comme les chemises étaient la plupart du temps tissés dans une toile épaisse et rugueuse  qui ignorait tout repassage ! Certains draps étaient faits de « brin et de réparon » et n’étaient sans doute pas des plus souples ! Parmi les effets féminins, on trouvait également abondance de coiffes, dites « coueffes » et quelques châles. Bons ou mauvais, tout cela était évalué et bon pour la vente !

Les meubles comportaient essentiellement des bois de lit et des armoires de chêne ou de châtaigner, des horloges avec leur boîte et parfois des boîtes sans horloges, tables et bancs et maies de chêne, coffres et coffres de marins. Pour les plus fortunés, buffets avec vaisselier… parmi les ustensiles de cuisines, trônait l’indispensable galetier pour les galettes de sarrasin qui était cultivé et des cuillères et des fourchettes de fer.

Quelques animaux étaient aussi recensés parmi les pièces de linge et de mobilier, un cochon, une vache âgée de cinq ans nommée Badie, un cheval…

Avant son mariage, chaque demoiselle préparait avec soin son trousseau : Draps de lit, torchons et serviettes tissés par le tisserand du coin, étaient soigneusement empilés dans une grande et belle armoire de châtaigner réalisée par le plus habile menuisier de la région. Il avait également  conçu la table, les bancs et le lit du même bois. Ce mobilier faisait naturellement partie de la dot.

La jeune fille avait souvent été initiée à l’art du filage dès son plus jeune âge et chaque soir, surtout lorsque les jours traînaient en longueur, les bielles ronronnaient en cadence en faisant tourner la roue de son rouet. Elle entraînait le peson, tordant la filasse et des mètres et des mètres de fil s’enroulaient sur la quenelle. Ainsi se préparait la belle toile qui malgré son caractère un peu rustique allait bercer les songes des travailleurs des champs. L’armoire recélait aussi des trésors : de magnifiques châles de cachemire, d’indienne, de mérinos ou de tartan si seyants aux femmes de cette époque. Les plus beaux et les plus précieux étaient les châles à franges de soie, longues d’une trentaine de centimètres. En pur lamé de soie,  ils formaient un carré de deux mètres de côté lorsqu’on l’avait plié en diagonale afin que l’étoffe ne glisse pas sur le dos de l’élégante, on fixait l’ensemble derrière le cou par une jolie épingle d’or ou d’argent si l’on était riche ou tout simplement par une épingle à nourrice si l’on ne pouvait s’offrir ce luxe.

L’armoire contenait aussi de robustes vêtements afin de résister aux rigueurs de l’hiver. C’était des cotillons de gros draps et de mitaine, un tissu dont la chaîne en purs fils de laine était cardée et tissée sur le grand rouet dont bien souvent, seule, la mère de famille connaissait le maniement difficile.

Liliane Lemaître

11 & 11bis rue Foch

 

au 11 rue Foch

(actuellement agence LECLERC)

FAU 11 RUE FOCH2

 De 1935 à 1960 :

Un magasin de chaussures a précédé l’agence Tillon. Il était tenu par Mr et Mme Henri Avril.

Nous pouvons apercevoir ce commerce sur la photo ci-dessous. (photo confiée par Nicole Allain).

De 1968 à 1995 :

 L’Agence Pierre Tillon a succedé au magasin de chaussures. »Ventes locations excursions »

 

(journal Proue 1969)

De 1995 à 2014

L Agence a été tenue par Martine et Christian Talbourdet.

Depuis 2014:

Agence Beatrice Leclerc.

11 bis Rue Foch

(actuellement parking fermé)

Dans les années 40 :

A cet emplacement se tenait le Studio Louis (photographe) tenu par Jean Blusson . Ensuite M. et Mme Roger Pansart ont ouvert le Studio Kodak.

 Photo du magasin de l’époque et prospectus  évoquant les activités  du  studio Louis:

(photo confiée par les demoiselles Poissonneau)

FAU 11 BIS RUE FOCH6 (1)

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Il y a eu ensuite une succession de magasins :

– Jean-Claude Martin: photographe

-Tilt pressing tenu par Mme Lebaudour jusqu’en 1986.

-Espace floral dans les années 90.

– La ‘Cave rouge et Blanc’ tenu par Daniel Berthelot.

 

10 rue Foch

Après plusieurs mois d’arrêt  pour cause d’épidémie, Mémoire d’Erquy a enfin pu reprendre ce mois-ci ses activités; nous sommes heureux de présenter ici une série de nouveaux articles.

  HISTORIQUE DES COMMERCES D’ERQUY

                                                                        (suite)

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AU 10 RUE FOCH

 (bijoux fantaisie, magasin saisonnier)

De 1946   à 1950 :

Epicerie Ludger-Le Glass

Pour la petite histoire les deux femmes Ninie et Nénette Jagueu étaient jumelles et nées dans la maison les ‘jumelles’ rue de la sacristie où leur mère Mme Jagueu-Blouin tenait un bazar et un atelier de réparation de parapluies.

La famille Blouin a toujours tenu des commerces à Erquy dont un débit de boissons à Tu-es-roc dans les années 1880.

Nous retrouverons d’ailleurs Mr et Mme Leglas au 27 rue Foch et au 10 rue Clémenceau.

Deux anecdotes:

    Les jumelles étaient les demoiselles d’honneur  au mariage d’Yvonne Chapelain et de Gérard Gicquel; celui-ci était officier de Marine et avait choisi comme garçons d’honneur deux de ses copains. En 1939, les jumelles se marièrent avec leurs cavaliers. (photo ci-dessous).

Par ailleurs, François Blouin, était Terre-Neuva. Lors du naufrage du Titanic en avril 1912, son bateau est intervenu sur les lieux et son équipage a pu sauver des naufragés.

De 1945 à 1958 :

Magasin Tetrel: Vente de  maillots de bains et de lingerie, commerce tenu par Mr et Mme Tetrel.

En 1958 :

Mlle Gauthier et sa vendeuse Mme Bertoni ont pris la suite de Mr et Mme Tetrel. Mlle Gauthier habitait Lamballe et prenait matin et soir les cars C.A.T.

En 1960 :

Une boutique numismatique a vu le jour, juste pour quelques mois.

De 1975 à 1990 :

Ouverture d’un pressing tenu par Titine Brouard.

En 1990 :

Un Magasins de bijoux fantaisie prend la suite du pressing. Il existe toujours, de façon saisonnière

Photo Claude 2014.

Informations

Don de l’Association

   Conscient des problèmes économiques qui, dans le contexte actuel de la pandémie, frappent certains de nos concitoyens, le Conseil d’Administration de Mémoire d’Erquy a voulu marquer sa solidarité.  Il vient d’adresser au Centre Communal d’Action Sociale un chèque d’un montant de 1000 euros qui permettra, espère-t-il, d’aider les familles en difficulté.

Annulation des Portes Ouvertes

      Suite à la décision de la Municipalité de maintenir fermée la Salle Municipale, l’opération Portes Ouvertes de Mémoire d’Erquy, initialement prévue pour le deuxième week-end du mois d’août est annulée.

Report de la publication du Bulletin n°5 

     L’Association Mémoire d’Erquy n’ayant pu recueillir ses adhésions dans les conditions habituelles se voit dans l’obligation de différer jusqu’après l’été la publication de son Bulletin annuel. Elle s’en excuse auprès des personnes qui ont déjà pris leur inscription.

 

 

 

Le domaine de la Ville-Rogon

 

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En laissant la rue de la Génière et en empruntant la rue de la Ruette, on remarque deux superbes chênes plusieurs fois centenaires avant d’arriver au domaine de la Ville Rogon. Derrière une petite haie l’ancien vivier a fait place à une petite mare qui faisait le bonheur des passants et surtout des enfants : chacun lançait par ci par là des morceaux de pain aux cygnes noirs accompagnés et aux canards de diverses couleurs et races.

 

 

    Quelques mètres plus loin, on découvre derrière un mur de grès rose surmonté d’une grille le manoir du 17ème s. ; remanié au 19ème s., il a été habité par la famille Rogon et ses descendants les Rogon, les Pasturel, les Dayot, les Marbaud de Brénignan avant d’être récemment récemment vendu.

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     Le manoir, comprenant un corps de logis et des dépendances, le tout en forme de U, est construit en grès d’Erquy, de même que des bâtiments agricoles de l’autre côté de la rue. Autrefois ce vaste domaine englobait les terres du Champ Noël, de Truquais (sauf le moulin qui appartenait à la abbaye de Saint-Aubin des Bois), le bois de Cavé ainsi que toutes les prairies du Vau Bourdonnet qui menaient à la plage de Caroual et un moulin à eau relevant de Bien-Assis.

 

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Revenons à présent sur le bois de Cavé, vaste espace boisé de chênes, hêtres, frênes, houx, peupliers, dont beaucoup sont plus que centenaires ; nous trouvons également de la frelonette, très recherchée au moment de Noël pour décorer les tables du réveillon. Cet endroit était le terrain de jeux des enfants : ils y confectionnaient des cabanes, grimpaient dans les arbres et certains fumaient en cachette leurs premières cigarettes. C’était aussi le point incontournable des retraites de communions et des kermesses paroissiales y étaient organisées. Aujourd’hui une piste cyclable traverse ce lieu de part en part et c’est toujours le paradis des enfants du centre aéré, des marcheurs et des promeneurs. Ce vallon réputé pour son calme inspira l’artiste peintre paysagiste Henri Saintin (1846-1899) qui fit plusieurs séjours a Erquy : en effet deux de ses toiles représentent la mare aux canards et le bief de Cavé occupé par une paisible lavandière.

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   En continuant notre promenade nous arrivons au niveau de la prairie où se dresse majestueusement le viaduc de Caroual mis en service en 1922 et désaffecté en1948. Deux chalets en bois ont été construits pour héberger des carriers italiens :  l’un des deux s’appelait « le vallon de Cavé ». Un lavoir fut aménagé en bordure du ruisseau pour le confort de ces locataires, ainsi qu’une fontaine près des habitations. Ces constructions ont été détruites il y a quelques années.

    Après avoir traversé la route départementale, on découvre alors une grande étendue où la famille Pasturel avait construit une cabine de bains en 184 la seule à proximité de la plage de Caroual, alors absolument déserte. Plus tard, une autre cabine fut construite à l’extrémité nord, la mieux abritée ; elle appartenait aux religieuses qui avaient choisi cet endroit très isolé. Par la suite elle sera occupée par un personnage, vivant en ermite et se nourrissant des produits ramassés sur les rochers à marée basse (moules, coques, berniques etc…) ; un tas impressionnant de ces coquillages jonchaient l’entrée de lademeure. Les habitants du village de Caroual lui donnaient le nom de  Marquis de Cavey.

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    Cette demeure existe toujours au niveau de l’ancien terrain de camping de Caroual ; pendant très longtemps l’entreprise Bourdon y brûla ses déchets de menuiserie ; mais suite à divers travaux d’aménagement, elle a complètement disparue sous un amas de terre. C’est dans les années 1950 que la municipalité fait l’acquisition des deux prairies pour aménager un terrain de camping ; ce dernier sera fermé en 1966 et transformé en terrain de football et, du coté plage, en parking et aire de camping-cars.

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Christian Frémont.

(Remerciements au Dr P.-L. Dayot pour les documents qu’il a bien voulu nous communiquer).

Les magasins d’Erquy n°8, 8bis et 9 de la rue Foch

Nous poursuivons ici notre visite des magasins de la ville.

En ces temps de confinement, l’Association Mémoire d’Erquy invite ses lecteurs à prendre le temps de rechercher  et, mieux encore: de retrouver leurs souvenirs relatifs aux commerces réginéens pour enrichir le travail de nos enquêtrices. N’hésitez pas à nous les communiquer!…

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n°8, 8bis et 9 de la rue Foch

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AU 8 RUE FOCH

actuellement Le Doris –   (Jégou-Toisoul) Plats préparés

  Jusqu’à la fin des années 50

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                   Premier magasin à droite, magasin de M. Henri Briend, électricien.                          

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A la droite du magasin, on voit ci-dessous la grille de la Ker Alexandra où ont habité.

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les familles: GAUTIER cordonnier au 21 rue Foch ;  M. DOUBNIKOF artisan peintre et sa famille (Annie, Josiane, Arlette) et la famille Cardin dont le fils distribuait les journaux de la librairie de J.P Alain.

Cette villa, détruite au début des années 2000 (2003/2005) afin de créer un passage entre la rue Foch et l’office du tourisme, appartenait à la famille Besnard. Pour anecdote, Mme Noëlle Besnard a exige lors de la vente, que sur l’acte notarié soit mentionné l’obligation de lui remettre la statue du chat qui ornait la maison.

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POISSONNERIE RHOEGINEENE

       Dans les années 1960 Antoine Legall était également mareyeur , il avait un hall dans le bâtiment du port.

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Christian (et d’autres personnes) se souvient avoir ramassé des moules une à une sur les rochers du Guen, Mr Legall les lui achetait pour 50 centimes le kg. Ils remontaient les sacs au parking, rue Léon Hamonet, une vraie corvée!

                                              MAISON LEGALL- GICQUEL  –

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FAU 8 RUE FOCH 11

(publicité extraite du Magazine Erquy 1969)

De 1963 à 2009 la poissonnerie a appartenu à la même famille :

De 1963 à 1986, la famille LE GALL gère le magasin. En 1970, formation d’une Société avec Jean-Paul Cochery leur gendre).

De 1986 à 2009, la Poissonnerie  Rhoeginéenne est reprise par les enfants Armelle et Jean-Paul  COCHERY.

De 2009 à  2017,  le gendre d’Armelle et de Jean Paul, Ronan Guiard a pris la succession.

Depuis  avril 2017,  Guylene JEGOU a repris la poissonnerie sous le nom de: « Le Doris ».

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AU 8 BIS RUE FOCH

magasin de vêtements (Mmes BARBEDIENNE)

 

En 1968 : CREATION MAGASIN SANITAIRE par André COLLET fils

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Le magasin est situé à droite sur la photo ci-dessus à l’emplacement des barrières et a été construit en 1967 sur un petit terrain vague (actuellement le parking du Nouvel Oupeye).  Le magasin est tenu par Marie Annick COLLET de 1968 à 2003.

FAU 8 BIS RUE FOCH 2(Source : Magazine Erquy 1973).

FAU 10 RUE FOCH2                                    (source: magazine du Cercle de Voile d’Erquy)

De 2003 à 2009: VETEMENTS ET SOUVENIRS BRETONS.Magasin tenu par Madame Michèle  POISSONNEAU.

De 2010 à 2018 Mme Josette Blanchet lui succède.

Actuellement, le magasin de vêtement ROMY est tenu par Stéphanie ROBERT BARBEDIENNE.

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AU 9 RUE FOCH

Carrefour Contact

En 1958, construction du magasin à l’emplacement du mur à gauche de la photo.

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     De 1958 à nos jours différentes enseignes d’alimentation se sont succédées: Suma, Stoc, Comod, Shopi.

       Sur cette photo:  L’ECONOMIQUE, alimentation- boucherie, fruits -liqueurs- crémerie:

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Les premières caisses enregistreuses faisaient leur apparition.

    Madame Le Bouil gérait le magasin; elle avait tenu une épicerie, une « Economique », en bas de la place de l’église (à l’emplacement du bureau de tabac actuel). Son mari, Basile Le Bouil, faisait l’après-midi des livraisons avec son triporteur qui lui servait le matin à distribuer le courrier; il était aussi facteur.

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   Au début des années 60, une Rhoeginéenne, Raymonde Erhel née  Couelan, fait ses courses.

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         Une petite anecdote enfin  : on entendait souvent à l’époque des rhoeginéens échanger entre eux : « Oyou que tu prends ton cid’, taï ? » Et la réponse était : « A l’Economique, pour avoir des timbres ».

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L’équipe de Mémoire d’Erquy

Des projets immobiliers auxquels a échappé Erquy…

    Au début du 20ème siècle, Erquy a déjà amorcé sa mue de petite bourgade de pêcheurs en station balnéaire ; et les projets immobiliers vont bon train…

    C’est ainsi qu’en juin 1914, le maire Jean Dobet observe devant son Conseil Municipal l’existence d’une spéculation sur les terrains de la garenne naguère dépourvus de valeur et qui font depuis quelque temps l’objet d’acquisitions diverses à des prix inconnus jusqu’à ce jour et même inespérés. Situation à vrai dire étonnante pour des terres frappées de servitude non aedificandi (et donc inconstructibles) en raison de la proximité du sémaphore dont il convient de sauvegarder la visibilité depuis la mer. On imagine aisément que ce soudain engouement pour des parcelles jusque-là peu recherchées n’était pas le fruit du hasard : l’idée de construire sur la garenne avait de longtemps déjà dû murir dans quelques esprits…

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     Quoi qu’il en soit, le maire estime inadmissible que des propriétaires soient de privés de la libre disposition de leurs biens ; inadmissible et infructueux même pour la collectivité, puisque s’ils étaient autorisés à construire, ils augmenteraient par là-même la valeur de leur terre et donc l’impôt auquel ils se verraient soumis : la commune – dont la situation budgétaire est loin d’être brillante – y gagnerait, le département et l’Etat aussi. L’argument est séduisant – presque pernicieux, faisant du sémaphore l’empêcheur de tourner en rond ; et la conclusion s’impose au Conseil qui demande dès lors à l’Administration compétente d’intervenir : il suffit de surélever le sémaphore – ou mieux encore de le déplacer sur un point extrême de la côte…

      On se doute que, pendant les quelques années qui suivirent (nous sommes, rappelons-le, en 1914), l’Administration eut d’autres préoccupations que le transfert du sémaphore d’Erquy… Mais le projet, inchangé, reparaît en 1926 ; soit refus de l’Administration, soit précarité des finances de la commune, il restera cependant lettre morte… On aurait pu craindre que la destruction du sémaphore à la fin de la guerre ne rouvre le débat ; il n’en a rien été et désormais la garenne, devenue domaine départemental, est – en principe – à l’abri des projets immobiliers…

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    Quelques années plus tard, en 1934, le bord de mer est quant à lui déjà largement bâti de nombreuses villas entourées de parcs spacieux et qui, pensent-elles, se sont réservé une vue imprenable. Mais c’est compter sans l’Administration des Domaines qui se verrait bien vendre une partie du lais de mer en vue de… construction.

marie_4w      Le Conseil Municipal réagit vivement à ce projet. Depuis plusieurs années, objecte-t-il, les marées d’équinoxe poussées par des vents violents, grignotent la dune – qui, évaluée en 1930 à 30 000m2, a perdu en quatre ans au moins 15% de sa surface et il est probable que les choses empireront encore à l’avenir. On ne peut donc que redouter le manque de stabilité d’éventuelles constructions sur cet espace et donc l’absence d’acquéreur pour des terrains appelés à être rasés tôt ou tard par la mer. Accessoirement, le Conseil Municipal fait valoir le préjudice qu’apporterait aux actuels riverains le lotissement de de la dune… On se prend à rêver sur ce qu’aurait pu donner un tel projet qu’il avait été conduit à son terme…

Claude Spindler et Bernard Besnier