Auteur : memoirederquy

2 et 9 RUE DE LA CORNICHE

n°2 : Actuellement maison d’habitation

LE PETIT PLOMBIER

M. HERVE a construit sa maison et y a établi son magasin

Magasin de peinture de meubles

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n°9 : Actuellement maison d’habitation

Après avoir cédé son magasin de chaussures en 1958, M. Morel a continué à réparer les chaussures dans son garage

Au décès de son mari en 1962, Mme Morel a ouvert à son domicile une mercerie avec un rayon important de laine.

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Le Manège Figuier

     Guy Figuier aime faire remonter ses origines d’enfant de la balle à ce fils d’un lieutenant de gendarmerie quercinois, son arrière-grand-père Léon, qui s’était épris d’une jolie comédienne d’un théâtre ambulant de passage à Cahors : le jeune homme grimpe dans la roulotte de la belle et, renonçant à la vie sédentaire, donne une direction nouvelle à la lignée des Figuier.

     De là naît, en 1923, le Nouveau Cirque, dirigé conjointement par les fils de Léon, Jean et Jules-Léon. C’est un chapiteau de 1200 places qui sillonne les campagnes de Bretagne et Normandie – s’annonçant chaque fois par une grande parade où un sanglier dressé se livre à toutes sortes de cabrioles. C’est là qu’Abel, le futur père de Guy, commence sa carrière comme colleur d’affiches ; là aussi qu’un débutant dans l’art du cirque, un certain Achille Zavatta, fait la connaissance d’une cousine d’Abel, Julia Figuier, qui deviendra sa femme.

                                                              

      Après la guerre 39-45, Abel Figuier épouse son amour de jeunesse, Lucienne Jigourel, la fille du garde-champêtre de Saint-Caradec : la vie les avait longtemps séparés et chacun s’était marié. Puis elle les a rendus veufs l’un et l’autre et décide donc de les réunir. Leur naissent deux enfants, Nadine et Guy. Pour entrer dans leur nouvelle vie, ils font l’achat d’une affaire foraine – un stand de tir et un vieux manège de bois, à courroie, avec montagnes russes et voitures vintage. L’attraction d’abord itinérante, s’installe bientôt à Binic au centre-bourg ; mais, quand on veut l’excentrer sur la Banche, Abel et Lucienne saisissent en 1972 l’opportunité, qui s’offre à eux grâce au Dr Velly de se transporter à Erquy, où les attend l’emplacement des anciens terrains de tennis à hauteur du Goulet.

       C’est la construction de la digue, plage du Centre, vers 1975, qui décide de l’installation actuelle du manège à la Chaussée ; dans les mêmes temps, il faut remplacer le vieux manège par celui qu’on peut voir aujourd’hui avec ses sujets volants ou roulants.

Après la mort d’Abel, Lucienne continue d’exploiter l’affaire avec son fils jusqu’en 2013, date de son décès.

Après la mort d’Abel, Lucienne continue d’exploiter l’affaire avec son fils jusqu’en 2013, date de son décès.

Aujourd’hui encore, l’arrivée du manège à Pâques marque pour tous l’ouverture de la saison : c’est un véritable personnage d’Erquy.

Guy le tient seul aujourd’hui, toujours avec le même soin, sur cet emplacement que lui concède la municipalité. Sa gentillesse et son affabilité aussi qui lui valent l’estime et l’affection des petits et des grands, Réginéens ou vacanciers : comme jadis Lucienne, il vient de recevoir à son tour la médaille de la Ville d’Erquy à l’occasion du cinquantenaire de l’installation du manège à Erquy.

Bernard Besnier

Le Grand Léjon

        

heures passées au phare du grand Léjon en 1934

(Article du journal Ouest-Éclair du 24 octobre 1934)

         Ouest-Eclair a souvent narré la laborieuse et difficile profession des gardiens de phare. Il fit même souvent appel à la charité de ses lecteurs pour procurer à ces braves guetteurs de l’océan, prisonniers du devoir dans leur tour de pierres, des livres et de « saintes distractions ». Embarqué sur un bateau de pêche d’Erquy, la Sarcelle, dont le  patron était Maurice Huby, un de nos collaborateurs a rendu visite  à quelques-uns d’entre eux. Ils ont ainsi pu passer quelques heures au phare du grand Léjon.

  Des nombreux écueils qui existent dans la baie de Saint Brieuc, le plus dangereux est le plateau du Grand Léjon, à mi-distance entre la pointe de Plouézec et celle du cap Fréhel. Tout d’abord, ce plateau fut signalé par une tourelle balise en maçonnerie. Les travaux commencés en 1859 furent terminés en1862. Vers 1880, on rehaussa ladite tourelle et on construisit une tour creuse destinée à porter un feu : le phare du Grand Léjon était né ! A l’heure actuelle, le phare du Grand Léjon se compose d’une tour cylindrique peinte en bandes horizontales blanches et noires, bâtie sur le sommet de la plus grosse roche du plateau du Grand Léjon: sa hauteur est de 23 mètres au-dessus de cette roche et de seulement 16 mètres au-dessus du niveau des hautes mers. L’ouvrage est parementé en moellons smillés de petits échantillons.

Du point de vue architectural, la tour n’est pas gracieuse : elle est massive de façon à résister aux énormes rouleaux de houle qui balaient le plateau lors des tempêtes. Sur la plate-forme de la tour sont installés un feu à cinq éclats qui émet toutes les vingt secondes et une cloche de brume à un coup, qui est doublé toutes les sept secondes.

         La relève des gardiens est faite tous les quinze jours au moment des marées de vives-eaux. Lors des marées de morte-eau, la relève devient plus difficile parce que la mer ne baisse pas assez et ne quitte pas le pied du phare.Le service est assuré par trois gardiens et par roulement : deux sont au phare pendant que le troisième est au repos. Chaque gardien, après un séjour d’un mois au phare, débarque à terre pour une période de quinze jours. Le personnel : M. Cavan, gardien-chef,  M. Jacquenet, gardien et M. Le Berre, auxiliaire. La surveillance et la direction de ce phare sont confiées à M Hebry, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Lézardrieux, qui s’emploie de son mieux à adoucir la vie rude des braves gardiens et assure lui-même leur ravitaillement en livres et en revues. Un gardien y faisait même de la tapisserie. 

Une anecdote :  le pain du Grand Léjon 

Loick aime nous raconter une anecdote que tous les marins racontaient à leurs enfants : son père partait à la pêche de très bonne heure. Il emportait toujours un bon casse-croûte. Au retour, quand le bruit du bateau de son père lui parvenait, Loïck courait au bout du môle et là, son père lui donnait une tartine de pain beurrée en lui disant que c’était du pain du Grand Léjon . C’était délicieux ! Quelques années plus tard, quand son père lui proposa de l’emmener au Léjon, il croyait découvrir la boulangerie et les mitrons. Bien-sûr, la déception fut grande : pas de boulangerie au milieu de la mer ! Ce pain avait simplement fait l’aller-retour car pas le temps ou météo trop mauvaise pour déguster le casse-croûte du matin.Beaucoup de marins à cette époque ramenaient  du pain du Grand Léjon .

L’histoire du pare emblématique de la baie de Saint Brieuc

d’après Louis Chauris

Construction de la tourelle-balise :

       Au milieu de la baie de Saint-Brieuc, le dangereux récif du Grand Léjon a été signalé en deux temps. Tout d’abord par une tourelle-balise (1859-1862) d’assise assez large pour pouvoir être exhaussée ultérieurement en vue de l’établissement d’un feu (1879-1881.)  Les différentes périodes de cette construction furent exécutées dans des conditions difficiles.

       Située à peu près à égale distance de l’île de Bréhat et du cap Fréhel, sur la route des navires qui se rendent de la Manche dans les ports de la baie de Saint-Brieuc, la roche du Grand Léjon est d’autant plus dangereuse que, fort éloignée des côtes, elle s’avère difficile à relever exactement.  Elle surgit à proximité immédiate de fonds atteignant localement près de 30 mètres sous le zéro des cartes marines et elle commence seulement à découvrir à mi-marée.

         En 1849, le ministre des Travaux publics demande des renseignements sur le balisage de l’écueil du Grand-Léjon. Par une dépêche datée du 31 août 1855, il invite les ingénieurs du département des Côtes-du-Nord à préparer un projet de tourelle en maçonnerie, surmontée d’un mât avec un ballon. Le 18 décembre de la même année, l’ouvrage sera constitué d’une tourelle cylindrique de 4,70 m de diamètre, d’une hauteur totale de 9,90 m s’élevant à 3,50 m au-dessus des plus hautes mers de vives eaux. Le socle, également cylindrique de 4,90 m de diamètre, doit être complètement noyé dans la roche ; le fût, couronné par une pointe conique, mesure 0,20 m de hauteur. La construction de la tourelle pleine du Grand Léjon ne devrait commencer qu’en 1859. En 1860, les premiers jours de juin, un douloureux événement survenait sur les travaux du Grand Léjon : un violent coup de vent de suroît (sud-ouest) que rien n’annonçait, mettait tout à coup les embarcations en danger. Une chaloupe du pays a sombré avec deux hommes à bord : les frères Bougeard, 30 et 15 ans, qu’il a été impossible d’arracher à la mort. L’embarcation leur appartenait « Ils étaient soutien de famille de leur mère veuve avec encore quatre enfants en bas âge ». Les ingénieurs proposèrent d’allouer à la dite veuve un secours de 300 francs par victime et de 1500 francs pour l’embarcation perdue ..

         Une quinzaine d’années plus tard, en décembre 1877, avant d’entreprendre l’exécution d’une tour creuse destinée à porter un feu sur la tourelle pleine du Grand Léjon, l’ingénieur rappelle que la construction de ces 550 m3 de maçonnerie avait été laborieuse. Effectuée par des ouvriers campés sur un bugalet stationnaire de la marine de l’Etat, elle s’est échelonnée sur trois campagnes (1859-1861-1862)

Construction du phare 

Les travaux de construction du phare, estimés à 90 000 francs, ont débuté en 1879. Les gabares assuraient l’acheminement des matériaux depuis Binic, ainsi que le service de la poste et des vives au Légué. Le conducteur  de travaux sur le rocher était M. Le Bozec, sous les ordres de l’ingénieur Jourjon. La première campagne fût très lente et seul le rez-de- chaussée fut élevé. Il allait en être tout autrement l’année suivante :  L’ingénieur Guillemoto, qui venait de prendre le service, mit à la tête du chantier le conducteur Le Renard. Ce dernier commença la campagne par l’installation d’un échafaudage très ingénieux autour du rez-de-chaussée déjà construit : son plancher formant une plate-forme de 2,50 mètres de large autour de l’ouvrage en construction était à l’abri des grosses lames… En dépit d’un dérapage de plusieurs jours dû à un violent coup de vent d’ouest, la campagne de 1880 dut être  exceptionnellement active  puisque tout le gros œuvre était achevé à la fin de septembre. Les escaliers en fonte et l’appareil optique étaient ensuite mis en place et le feu fut allumé le 20 juin 1881.

Plan du phare :

         Au rez-de-chaussée, le magasin pour l’eau potable et les huiles a un diamètre inférieur à 4 mètres. Au premier étage, où se situe la cuisine, le diamètre est de 4,30 mètres. Au deuxième étage, on trouve la chambre de service. Les deuxième et troisième étage offrent un diamètre semblable. L’accès du rocher au phare s’effectue par une échelle en bronze scellée dans les parois de la tourelle pleine. La hauteur de la tour creuse est de 12,40 mètres depuis le dallage de l’entrée jusqu’au sommet du parapet.Le plan local se trouve à 23 mètres au-dessus du rocher, c’est-à-dire à 28,40 mètres par rapport au zéro des plus basses mers et à 16,20 mètres  au-dessus des plus hautes mers. Par décision ministérielle du 22 mars 1881, le service du Grand-Léjon entraînait la création de trois emplois de gardiens.

Amélioration des conditions d’accostage et d’accès

         Dans un rapport en date du 6 septembre 1890, l’ingénieur déplore qu’il n’existe alors aucun ouvrage servant à l’accostage au Grand-Léjon. Il précise que les débarquements se font très péniblement à marée basse sur un rocher abrupt et que les opérations sont loin d’être exemptes de danger pour le personnel et pour le matériel  La roche comporte trois petites anses où l’on peut débarquer à marée basse. L’ingénieur suggère d’effectuer quelques arasements de rochers et de combler les trous et les failles. Il propose en outre « la construction d’une petite cale de débarcadère au sud- ouest de 1,20 m de large, une pente de 0,13 m sur une longueur de 6 mètres, permettrait un débarquement facile et sans danger à marée basse. Ces travaux seraient exécutés avec des moellons en provenance de l’île de Bréhat, déposés dans une coulée du rocher où la mer n’a qu’une action très faible. Les gardiens du phare eux-mêmes effectueraient le redressement du rocher et les maçonneries. »

Le phare et son quai de débarquement

Les phares en mer

         Placés de préférence sur un écueil dangereux surgissant des profondeurs, ils abritaient les gardiens, généralement trois qui survivaient tant bien que mal à la peur, au froid et à la solitude. Ils se relayaient pour surveiller le niveau d’huile, pour nettoyer les vitres de la lanterne noircies par les flammes de la lampe, cette dernière ne devant jamais s’éteindre !Les chambres des gardiens, le magasin à combustible, une cuisine sommaire avec ses réserves de nourriture et une salle de veille constituaient l’essentiel de l’aménagement  de la tour, au bout d’un escalier en colimaçon. C’est depuis la salle de veille que l’on scrutait l’océan et bien-sûr, pas question de s’endormir !

Les dates importantes pour l’amélioration du phare du Grand Léjon :

1881 : Feu fixe à huile minérale alternativement fixe blanc pendant 25 secondes puis 5 éclats blancs pendant les 25 secondes suivantes,1 secteur rouge et un secteur obscur au sommet de la tourelle en maçonnerie sur l’écueil et exhaussée à 23 m40 de hauteur pour porter le feu et abriter les gardiens.

1 septembre 1887 : Secteur obscur remplacé par un secteur rouge.

22 août 1905 :  Incandescence aux vapeurs de pétrole.

1938 : Un projet d’exhaussement est présenté pour améliorer le confort des gardiens mais cette réalisation est différée pour cause de guerre.

1948 :  La tour est peinte en bandes horizontales blanches et noires (1).

1960 :  La tour est peinte en bandes horizontales blanches et rouges.

5 juillet 1967 :  Feu automatique à gaz, installation d’une plate-forme d’hélicoptère. Les gardiens restent au phare pour surveiller le feu.

1975 : Éclairage au gaz propane et fin du gardiennage

1974 Yves Le Roux attend la relève au Grand Léjon. Ses caisses sont prêtes !
Photo Chasse-Marée Ar Men 

1987 :  Feu électrifié automatisé et contrôlé depuis Lézardrieux, à terre. 

1988 :  Installation d’une cloche à vague fonctionnant grâce à un système d’horlogerie afin de déclencher automatiquement une sonnerie indiquant la proximité de quoi ?

(1) …ce qui lui vaudra le sobriquet de Bagnard

Les deux optiques
La machine de rotation

Quelques heures passées au phare du grand Léjon en 1934

(Article du journal Ouest-Éclair du 24 octobre 1934)

         Ouest-Eclair a souvent narré la laborieuse et difficile profession des gardiens de phare. Il fit même souvent appel à la charité de ses lecteurs pour procurer à ces braves guetteurs de l’océan, prisonniers du devoir dans leur tour de pierres, des livres et de « saintes distractions ». Embarqué sur un bateau de pêche d’Erquy, la Sarcelle, dont le  patron était Maurice Huby, un de nos collaborateurs a rendu visite  à quelques-uns d’entre eux. Ils ont ainsi pu passer quelques heures au phare du grand Léjon.

  Des nombreux écueils qui existent dans la baie de Saint Brieuc, le plus dangereux est le plateau du Grand Léjon, à mi-distance entre la pointe de Plouézec et celle du cap Fréhel. Tout d’abord, ce plateau fut signalé par une tourelle balise en maçonnerie. Les travaux commencés en 1859 furent terminés en1862. Vers 1880, on rehaussa ladite tourelle et on construisit une tour creuse destinée à porter un feu : le phare du Grand Léjon était né ! A l’heure actuelle, le phare du Grand Léjon se compose d’une tour cylindrique peinte en bandes horizontales blanches et noires, bâtie sur le sommet de la plus grosse roche du plateau du Grand Léjon: sa hauteur est de 23 mètres au-dessus de cette roche et de seulement 16 mètres au-dessus du niveau des hautes mers. L’ouvrage est parementé en moellons smillés de petits échantillons.

Du point de vue architectural, la tour n’est pas gracieuse : elle est massive de façon à résister aux énormes rouleaux de houle qui balaient le plateau lors des tempêtes. Sur la plate-forme de la tour sont installés un feu à cinq éclats qui émet toutes les vingt secondes et une cloche de brume à un coup, qui est doublé toutes les sept secondes.

         La relève des gardiens est faite tous les quinze jours au moment des marées de vives-eaux. Lors des marées de morte-eau, la relève devient plus difficile parce que la mer ne baisse pas assez et ne quitte pas le pied du phare.Le service est assuré par trois gardiens et par roulement : deux sont au phare pendant que le troisième est au repos. Chaque gardien, après un séjour d’un mois au phare, débarque à terre pour une période de quinze jours. Le personnel : M. Cavan, gardien-chef,  M. Jacquenet, gardien et M. Le Berre, auxiliaire. La surveillance et la direction de ce phare sont confiées à M Hebry, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Lézardrieux, qui s’emploie de son mieux à adoucir la vie rude des braves gardiens et assure lui-même leur ravitaillement en livres et en revues. Un gardien y faisait même de la tapisserie. 

Une anecdote :  le pain du Grand Léjon 

Loick aime nous raconter une anecdote que tous les marins racontaient à leurs enfants : son père partait à la pêche de très bonne heure. Il emportait toujours un bon casse-croûte. Au retour, quand le bruit du bateau de son père lui parvenait, Loïck courait au bout du môle et là, son père lui donnait une tartine de pain beurrée en lui disant que c’était du pain du Grand Léjon . C’était délicieux ! Quelques années plus tard, quand son père lui proposa de l’emmener au Léjon, il croyait découvrir la boulangerie et les mitrons. Bien-sûr, la déception fut grande : pas de boulangerie au milieu de la mer ! Ce pain avait simplement fait l’aller-retour car pas le temps ou météo trop mauvaise pour déguster le casse-croûte du matin.Beaucoup de marins à cette époque ramenaient  du pain du Grand Léjon .

Travaux de recherches effectués par Christian Frémont.

ps : Nous rappelons que Mémoire d’Erquy a publié dans son n°6 un article sur le naufrage du Whynot à proximité du Grand Léjon.

On peut aussi signaler la curieuse étymologie du nom de Léjon : du breton an ejon (=le boeuf), dont l’article seul a été traduit, donnant d’abord : l’éjon, avant d’être intégré au nom dans l’appellation actuelle, Léjon.

  AU 21 rue de la Corniche

                                        

   Actuellement HOTEL BEAUSEJOUR, tenu par M. Miriel.

                                                     

  C’est en 1930 que Me Henry Aubry, notaire à Dinan – dont la famille venait en villégiature à Erquy depuis une cinquantaine d’années déjà, construit avec sa sœur Jeanne sur la route de la Corniche une importante maison de vacances, capable d’abriter leurs deux tribus réunies. Tournée face à la mer, elle est conçue en deux parties symétriques reliées entre elles par un corps central et respectivement nommées les Écrites pour celle de droite (du nom de la mare qui existe encore aujourd’hui dans le creux de la Heussaye), et la Lohouas pour l’autre (du nom de la terre d’origine des Aubry près de Dinan). Les deux familles y passent une dizaine d’été, entourées de leurs nombreux cousins, avant que la maison ne soit réquisitionnée d’abord pour accueillir les réfugiés en 1939, puis par les Allemands sous l’Occupation.

Vidée de son mobilier et endommagée, elle est en partie louée et en partie vendue à la Libération.

Villa Aubry, avec à dte les Écrites et à gche la Lohouas

En 1949, Mme Marie Thomas ouvre l’Hôtel Beauséjour.

Marie a fait abattre le mur qui séparait les deux habitations pour obtenir une grande pièce centrale. Dans la cour un jeu de boules a été aménagé, des tonnelles installées sur le bas-côté. Afin d’aider sa femme, Jo Thomas démissionnera de son poste d’officier de marine en tant que chef de rang sur le Normandie.

1972, le personnel:
En bas à gauche : Ernest Thomas, Michel Clech – au fond, au milieu ;      Marie Thomas, à sa droite Hélène Morin – en bas à droite : Jean-Jacques Thomas, Mme Massu

Anecdote

Marie voyant arriver une famille et persuadée que ce sont des étrangers, appelle son mari Jo qui est polyglotte afin de les accueillir. Jo leur souhaite la bienvenue en Anglais, Allemand et Italien. Aucune réaction, quand soudain l’un d’entre eux dit « Vous ne parlez pas Français ? »Cette famille créera à Caroual un petit café_- Restaurant – « Le Clapotis » en face le dancing « la Potinière » suivi quelques années plus tard d’une crêperie du même nom. C’est à la cessation d’activité de la crêperie que le Clapotis  deviendra à son tour « la Potinière ». C’est en 2021 lors du ravalement du restaurant que le nom de Clapotis est réapparu et que le Restaurant a repris son nom d’origine.

Marie était en avance sur son temps puisque tous les ans elle organisait en fin de saison, des cousinades réunissant ses deux frères Joseph et Claude Erhel ainsi que sa sœur Tina Brouard. Belles sœurs beau-frère ainsi que leurs petites tribus se réunissaient autour d’un bon gueuleton. La bonne humeur était de mise.

1973 REPRISE DE L’HOTEL par M. et Mme THEBAULT

Comme la quinzaine d’hôtels en exercice alors dans la station (ils ne sont plus que trois aujourd’hui), l’établissement est encore à l’époque une pension « dans son jus », qui comporte une dizaine de chambres, qu’on appelait les « bains », d’un confort très relatif – toilettes sur le palier et salle de bain partagée, équipée seulement d’un broc et d’une cuvette.

       A l’arrière, il ouvre sur une vaste prairie où, pour le plus grand plaisir de la clientèle, paissent des vaches et à l’occasion l’âne d’un client qui randonne dans la région ; et, pour compléter le cheptel, quand ils rouvrent l’hôtel à la belle saison, M. et Mme Thébault viennent de Merdrignac avec leurs poules qui n’hésitent pas à paraître parfois dans la salle à manger… Ils entreprennent la création de cabines de douche dans les chambres, ce qui nécessite un renouvellement complet de la plomberie lorsque les premiers usagers descendent se plaindre en peignoir et la tête toute moussue de shampooing !

1982 : Patrick et Arlette Thébault rachètent l’hôtel à leurs parents. Ils s’engagent dans l’amélioration du confort et l’agrandissement en construisant deux avancées symétriques, l’une pour le salon, l’autre pour la salle à manger, ainsi que de nouvelles chambres au second étage. L’hôtel prend ainsi peu à peu de l’ampleur : en plus de Patrick (en cuisine) et d’Arlette (à la réception et en salle), il faut compter un aide cuisinier, deux femmes de chambre et deux serveuses.

  A la retraite depuis 2017, ils soulignent combien le métier a changé avec l’évolution du mode de vie et aiment évoquer la relation personnelle et très gratifiante qu’ils ont pu tisser au long de leur carrière avec leur clientèle ; ils ne comptent plus les cadeaux qu’ils ont reçus de la part d’hôtes reconnaissants – jusqu’au prêt d’e’un chalet à la montagne ! Ils citent aussi la fidélité de certains estivants « abonnés » d’une année sur l’autre à telle ou telle chambre, qu’ils n’auraient changée pour rien au monde, et laissant une partie de leurs affaires à l’hôtel en perspective de leur prochaines vacances – la palme allant incontestablement à cette cliente revenue… quarante ans de suite ! Des enquiquineurs ? Oui sans doute, ils en ont eu, comme ce client du restaurant qui, protestant trop bruyamment contre le contenu de son assiette, s’était fait sortir par la salle tout entière ; ou cet assoiffé qu’il fallait accompagner à minuit jusqu’à sa dix-septième bouteille de bière ; on en rit après coup !… Dans leurs souvenirs enfin, quelques célébrités parfois et puis, cette élégante, habituée sans doute des palaces, qui, à son arrivée, s’informe du dress-code pour le dîner le plus sérieusement du monde !..

    AU 11 bis RUE DE LA CORNICHE

    

                                          Actuellement RESIDENCE EOLE

GARAGE RENAULT créé par Valsamis Constantin, dit Costa, en 1929

Après le décès de son mari en 1964 Mme COSTA a conservé le garage avec un contremaitre, Mr Serge Diveux.

Voitures de l’époque

  C’est en 1966 que le garage est repris par Patrick Thomas ; il restera en activité jusqu’en 2005. La démolition du garage se fera la même année.

  Ce Réginéen de souche, parti à Flers pour ses études de dessinateur industriel, éprouve le mal du pays ; la mer lui manque et, à 22 ans, il reprend le garage Costa avec son beau-père ; ce dernier s’occupant de la mécanique et lui-même de la partie commerciale. Accompagné et soutenu par son épouse Yveline, il développe l’entreprise, qui ne comptera pas moins de quarante salariés. Ses activités sont diverses : agent Renault pendant quarante ans à la tête de deux garages, il crée une entreprise de transport (taxi, ramassage scolaire, livraison de fioul domestique et de carburant auprès de quatre-vingt stations-service). Parallèlement à ces activités, Patrick Thomas prend des responsabilités au sein des organisations professionnelles (présidence de l’Union des commerçants et artisans d’Erquy, Union des Garagistes, Vice-Présidence Chambres des Métiers, Vice-Présidence du Syndicat mixte du pays de St-Brieuc,  Présidence de l’Union des retraités, artisans et commerçants des Cotes d’ Armor), de l’Office de Tourisme et pendant cinq mandats, à la Municipalité, où il exerce notamment les fonctions d’adjoint à l’urbanisme et un mandat en qualité de 1er adjoint avec toutes délégations . Il est aussi un des fondateurs de l’Association Mémoire d’Erquy.

L’enseigne Renault a obligé M Thomas a faire un crépi sur le grès rose.
publicité 1984
Les chauffeurs de cars lors d’une journée de formation.
publicité 1998
Patrick et Yveline à leurs bureaux.

Des réunions festives réunissaient employeurs et employés

Repas fin d’année 1977.
En bas : Eugene et Denise Toublanc- Yveline, Patrick, Frédérique Thomas.
2 ème rang ; Julien Renault, Daniel Vautier,
En haut : Jean Yves Barbier, Yannick Bosreper, Nicole et Eugene Urban, Alain Rouget et son épouse
Méchoui de fin de saison
Employées de bureau et épouses de salariés.
Brigitte Vincent – Yveline Thomas- Geneviève Berthaud

Au 1 rue de la corniche

Magasin fermé (septembre 2022)

  Les bâtiments des 1 et 3 rue de la Corniche appartenaient à la famille Blanchet qui tenait une épicerie et un bazar.

Sophie Piron (épouse Houzé) y a ouvert une mercerie avant d’ouvrir Le Caprice rue de l’Eglise.

Devant son magasin Sophie Piron

Durant quelques années le bâtiment a été aménagé pour être loué en meublés.

Ensuite, se sont succédé divers magasins ou bureaux (M. Bodin, comptable).

De 1990 à 1994 : Pâtisserie R.Gaudin

De 1994 à 2022 : Ker Etienne Pâtisserie-Confiserie, tenue par Muriel et Yannick François.

BOULANGERIE 80 rue Foch

Actuellement Boulangerie LA POUDRE DE PERLIM’PAINPAIN

Tenue depuis le 09/08/2012 par Florent Falgon

La bâtisse appartenait à la coopérative de consommation La Ruche dont le siège social était place de l’Eglise. Elle était constituée d’une maison à usage de boulangerie, d’un puits (au milieu du fournil), fournil, pompe, four, jardin hangar en bois couvert de tôles ondulées.

Le 3/04/1927 : La Sté La Ruche a donné un bail à loyer à Désiré Clément boulanger et à Angèle Quiniou son épouse pour douze années consécutives, jusqu’en 1939.

Le 22/09/1927 : le bail de Désiré Clément a été repris par Francis Le Bail et Anne Ruellan, mariés en 1926. De ce mariage naitra Georges en 1928, fils unique du couple. En 1930 Francis décède. Anne est obligée de vendre le fonds de la boulangerie.

Le 26/05/1933 : le bail de Désiré Clément est repris par Jean-Baptiste Le Roux et Marie Glatre son épouse. Un bail a été fait par la Sté La Ruche jusqu’en 1943. Un nouveau bail a été établi pour 12 ans, de 1943 à 1955 par le bureau de bienfaisance d’ERQUY devenu propriétaire.

Jean Baptiste et Marie Le Roux
Paule et Jeanine Le Roux

Pendant l’occupation, le fournil a été réquisitionné par les Allemands qui venaient y faire leur pain. Ils décidaient de leurs horaires. Les résidents légitimes de la maison, M. Le Roux et l’ouvrier boulanger, devaient s’adapter, ce n’était pas facile ! Il fallait traverser la boutique et la pièce à vivre pour accéder au fournil, nous les voyions donc régulièrement passer et repasser ! Les soldats de la Wehrmacht pouvaient paraître un peu humains, ceux de la marine de guerre étaient odieux…

Les parents de Paule et Jeanine  interdisaient à leurs filles de parler aux soldats allemands et d’accepter friandises ou gâteaux.

Une anecdote : un Allemand qui parlait français a dit à Paule :  j’ai entendu que c’est ton douzième anniversaire et je sais que tes parents ne veulent pas que tu acceptes de gâteaux. Tu vas leur dire que je pars dans quelques jours sur le front russe ; et comme il y a beaucoup de chances que je n’en revienne pas, j’aimerais bien que tu acceptes ce gâteau aujourd’hui… 

Le 14 janvier 1943 Jean-Baptiste Le Roux fut arrêté. A cette époque il suffisait d’être dénoncé comme « gaulliste » et/ou « communiste pour être arrêté sans autre forme de procès, ce qui fut le cas. Il fut envoyé au centre de regroupement de Compiègne, puis déporté au camp de Sachsenhausen, à 70 km de Berlin. Ce camp fut l’un des premiers construits par les Nazis pour incarcérer dans un premier temps les Allemands opposés au nazisme. Il en revint en mai 1945.

Jeanine Le Roux

[Nous rappelons notre article Le journal de Régine (bulletin n°3, page 60) et aussi notre article Les petits sinistrés d’Alfortville  (bulletin n°2, page 42) pour comprendre l’atmosphère de cette époque.]        .

M Le Roux, Marthe Poilvé, Marie Le Roux, Mathurin Glatre ( frère de Marie Le Roux) Paule et Jeanine

A cette époque c’était la Boulangerie Parisienne

L’équipe devant le fournil

De 1955 à 1969           BOULANGERIE ANDRE LEMOINE

M. & Mme LEMOINE eurent trois filles Catherine, Pascale et Françoise. Maryvonne & Chantal se souviennent que la petite Françoise est décédée brutalement en 1957 à l’âge de 6 ans. Le jour de l’enterrement les enfants de sa classe ont suivi le petit cercueil blanc, de la maison à l’église.

De 1969 à 1989         BOULANGERIE A. LEMAITRE

M. & Mme Lemaitre eurent trois enfants. Régine, Frédéric et Philippe.  Régine est décédée d’un accident de voiture en 1983. Au début de leur retraite, M. et Mme Lemaitre décèderont également dans un accident de voiture. Geneviève Guyomard a Travaillé à la Boulangerie de 1977 à 1989.

Souvenirs de Geneviève Guyomard

Les après-midi, j’aimais aider à la pâtisserie, garnir les tartes, rouler les viennoiseries, mettre les barres de chocolat dans les petits pains. Quand j’ai eu mon permis de conduire en 1983, le matin je faisais les tournées dans la campagne, et les livraisons des dépôts de pains de Caroual et de Plurien ainsi que des campings.

Souvenirs de Maryvonne Chalvet

Je pourrais ajouter que, l’été de mes 14 ans et celui de mes 15 ans, j’allais chercher leur fils Philippe (qui avait quelques problèmes de santé) pour le garder la journée. Je l’emmenais à la plage tous les après-midis et comme le soleil le gênait beaucoup, il se mettait sous une serviette (pas de lunettes de soleil à cette époque-là). Il avait peur de la mer les premiers jours et reculait à chaque vague mais la crainte passée, il ne sortait plus que difficilement de l’eau ! Et un jour, une vague plus grosse que les autres l’a renversé et je l’ai rattrapé par le tee-shirt, complètement trempé. Mais cela ne l’a pas découragé car nous avons pris tout ça à la « rigolade » pour dédramatiser l’affaire. Il repartait ensuite à l’eau sans peur.Lorsque j’allais chercher le pain à la boulangerie, plusieurs années après, de la cuisine il reconnaissait ma voix et venait vite me faire un bisou. Il reste le seul de la famille, il a tout perdu. 

Souvenirs de Liliane Lemaitre

« Je n’ai plus assez de pain ! Va donc me chercher un pain de deux livres, comme d’habitude !

–  Bien sûr… mais je n’ai plus rien pour le goûter…

– Prends donc une tablette de chocolat ! »

 Et me voilà partie, enfourchant ma bicyclette à vive allure ! Un pain dans une sacoche, et surtout, le délicieux chocolat dans l’autre… aucune raison de négliger la précieuse tablette en la jetant dans le sac à miettes !

  C’est que j’y tenais, des inscriptions traditionnelles vantant la finesse des carrés si prisés par les enfants, puis délicatement, j’écartais le somptueux papier d’argent afin de décoller la précieuse image qui y était glissée… Chic ! Je ne l’avais pas celle-là ! Encore une nouvelle figure pour enrichir mon album !   Il faut dire que ma mère m’avait offert chez Paulette, l’une de ces ravissantes « collection des images du Chocolat-Menier » et tout cela imprimées d’images colorées humoristiques.

Sur la couverture, on découvrait dans une synthèse amusante, le chêne orgueilleux, flanqués de la vaniteuse tortue et des deux canards, puis le coche et la mouche importune suivaient la route tandis que le renard et le petit lapin semblaient fort intéressés alors que l’ours semblait sceptique. Au verso, les animaux des fables se délectaient à l’avance de leur futur festin de chocolat…

  Malgré la publicité publiée en dernière page de l’album, il semblait difficile de se procurer le double des images et nombre d’entre elles restent incomplètes.

  N’importe ! Je suis heureuse d’avoir conservé ce petit « trésor » et La Fontaine est toujours resté l’un de mes auteurs chéris ! De l’enfance à l’âge adulte, il fait le bonheur des petits et des grands !

Ci-dessus le règlement du jeu

Naturellement, tout le monde trouvait son bonheur dans la boulangerie de Paulette mais pour moi, mon plus beau souvenir est celui des fables illustrées ! 

  Je n’épiloguerai pas sur les souvenirs tragiques qui ont jalonné l’histoire de la boulangerie après la jolie histoire que je viens de vous raconter. Heureusement, aujourd’hui, ce commerce coule des jours tranquilles.

De 1989 à 1992 Frédéric, le fils, a repris la boulangerie ; malheureusement il est décédé tragiquement.

Geneviève Guyomard a continué à travailler jusqu’ en 1991 puis elle a été remplacée par Maryse Frémont

De 1992    à    2012 : BOULANGERIE GRANDJEAN                                             

Maryse est vite devenue le bras droit de Reine, c’est elle qui s’occupait de la caisse, et remplaçait les patrons quand l’occasion se présentait. Ils sont devenus amis.

En 2012, Florent Falgon reprend la Boulangerie.

L’architecture résidentielle à Erquy

      La caractéristique la plus évidente de l’architecture réginéenne réside dans l’abondant usage qu’elle fait du grès rose – qui lui donne son unité. Dans le bâti traditionnel le plus ancien et jusque vers le milieu du 20ème siècle, on l’utilise seul le plus souvent : murs, chaînages, linteaux et jambages – tout est en moellon de grès, plus ou moins équarri selon les cas. Plus tard, il peut être aussi associé à d’autres matériaux : la brique rouge qui sert à édifier les jambages des portes et fenêtres ou à réaliser des effets purement esthétiques ; mais aussi, le béton qui permet quelques fantaisies comme les faux pans de bois de certaines villas. Il peut être crépi, ne restant alors visible que sous la forme de linteaux, appuis de fenêtre et pierres d’angle. Enfin le grès rouge de Fréhel fait, ici et là, quelques apparitions, soit comme matériau unique de construction soit à titre décoratif.

       La maison traditionnelle, telle qu’on peut la trouver encore au Vaubourdonnay par exemple, est basse, étroite, souvent associée à une étable ; la porte en est volontiers cintrée et la toiture à deux pans percée de lucarnes (qui ont remplacé souvent les anciennes gerbières) ; en deux ou trois endroits de la commune, au village du Val notamment, on peut voir encore sur certains pignons la trace de la pente primitive des toits de chaume, beaucoup plus accentuée qu’aujourd’hui.

La Vieuville (ext. de J.-P. Le Gal la Salle)
La Mare-ès-loups

Puis le plan ternaire [1] s’impose peu à peu dans le bourg et ses alentours vers la fin du 19ème, prenant progressivement de la hauteur et de la profondeur et permettant l’ouverture de commerces au rez-de chaussée : cafés, mercerie, boucherie….

        C’est ce même plan ternaire qu’utilisent les premières villas construites sur le Boulevard de la mer ou sur ce qui fut le marais ; mais, plus ostentatoires et en quête d’un espace comparable à celui que leurs propriétaires connaissent dans leur maison en ville, elles le font évoluer:  toitures à quatre pans avec ou sans lucarne (Villa Saint-Michel, Ker Holen), imposantes souches de cheminées,

façades en pignon (Dour Glas, Ker Édouard) parfois nanties d’une niche destinée à recevoir une statue de la Vierge; il arrive même qu’on l’ennoblisse après coup en lui adjoignant un corps plus vertical qui fait office de tour (Stella Maris, La Dune).

Simultanément, on innove en introduisant le plan en équerre (Le Rêve, Ker Éole, Le Goulet) ; on complexifie les lignes et les volumes parfois à outrance (Pen Ker, Neïs Goalenet) ou, au contraire, on les simplifie dans le goût de l’art déco (La Rock Aria) ; on importe des styles régionaux – provençal, nordiste ou basque ; on est à la recherche d’ornements – aisseliers, lambrequins, bow-windows et autres oriels, balustres, décorations de céramique.

Le Goulet

          On ne saurait oublier de citer le nom de trois architectes aux réalisations particulièrement remarquables : Gagey, d’une famille très attachée à la commune, et à qui l’on doit la villa du Boulevard de la Mer qui porte aujourd’hui son nom, aux formes particulièrement complexes avec ses deux orientations, sa galerie et sa toiture à toit à l’impériale ; Robert Bignens, architecte à Enghien, et son imposante villa Cornouaille sur la corniche, en grès et béton; et enfin Jean Fauny (1895-1973), architecte du Département où il a beaucoup oeuvré, probablement concepteur d’une maison située sur la sente du Paradis (n°2 et 4).

Villa dite Gagey

       On assiste enfin à des (r)évolutions dans la seconde moitié du vingtième siècle. D’une part, l’irruption massive de la maison dite néo-bretonne qui, délaissant le matériau traditionnel,  devenu rare et cher, recourt désormais au parpaing enduit et peint de blanc, changeant du tout au tout l’apparence du bâti résidentiel (elle a aujourd’hui fait place à la maison de type cubique); et d’autre part, la construction d’immeubles de rapport qui n’ont pas manqué de défrayer la chronique, principalement le Rial au granite brunâtre et aux lignes à la fois obliques et brisées et Beau Rivage avec sa structure incurvée de béton peinte de blanc. Depuis ces réalisations, les architectes se sont efforcés de trouver un style qui, sans être nécessairement passéiste, se fonde mieux dans l’environnement en intégrant des pans de grès. 

Bernard Besnier


[1] Le plan ternaire présente trois ouvertures par étage