André Cornu

CORNU (André)

Andre CornuAncien maire d’Erquy

Né le 27 juin 1892 à Gap (Hautes-Alpes)

Décédé le 5 février 1980 à Cannes (Alpes-Maritimes)

Député des Côtes-du-Nord de 1932 à 1936

Sénateur des Côtes-du-Nord de 1948 à 1971

Secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts du 11 août 1951 au 8 mars 1952, puis du 10 janvier 1953 au 19 juin 1954

Secrétaire d’Etat à l’Education nationale du 14 mars 1952 au 8 janvier 1953

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome III, pp. 1137-1138, et deuxième partie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome III, pp. 191-192)

André Cornu sollicite un nouveau mandat de sénateur des Côtes-du-Nord lors des élections du 26 avril 1959. Candidat sur une liste d’Union, il est réélu dès le premier tour avec 743 voix sur 1 410 suffrages exprimés. Il est ensuite de nouveau aisément reconduit le 23 septembre 1962 dès le premier tour, recueillant 825 voix sur 1 387 suffrages exprimés.

Au Sénat, André Cornu s’inscrit au groupe de la Gauche démocratique. Nommé au sein de la commission des affaires culturelles en mai 1959, il y siége jusqu’en septembre 1971. Il en assure la vice-présidence d’avril 1967 à septembre 1971. Il est par ailleurs juge titulaire à la Haute Cour de Justice de 1959 à 1971.

Ayant particulièrement oeuvré à la restauration de monuments historiques lors de son passage au secrétariat d’Etat aux Beaux-Arts de 1951 à 1953, il continue de suivre de près cette question au Palais du Luxembourg sous la Ve République. Il rapporte ainsi au nom de la commission des affaires culturelles le budget des monuments historiques et des sites dans le cadre de la discussion du projet de loi de finances. Il est également l’auteur de plusieurs rapports concernant les monuments historiques au nom de la commission des affaires culturelles. En 1961, il est le rapporteur de la proposition de loi de Bernard Lafay tendant à rendre obligatoire la participation des collectivités publiques aux frais d’entretien et de réparation des édifices. En 1962 et en 1967, il présente un avis sur les projets de loi de programme relatifs à la restauration de grands monuments historiques.

Les questions d’enseignement retiennent également toute son attention. En 1966, il est ainsi nommé membre de la commission de contrôle chargée d’examiner les problèmes d’orientation et de sélection dans le service public de l’enseignement. Surtout, en 1968, c’est lui qui est chargé au Sénat de rapporter le projet de loi d’orientation de l’enseignement supérieur.

Elu breton, André Cornu se préoccupe en 1969 du sort des pensionnés de la marine marchande et de la pollution marine provoquée par l’accident de navires. Parmi ses autres sujets de prédilection figurent  la politique agricole et les infractions en matière de construction d’immeubles.

Mais au Sénat, de 1959 à 1971, André Cornu s’affirme avant tout comme un opposant résolu au général de Gaulle et à sa pratique présidentialiste du pouvoir. Il interpelle ainsi le Premier ministre Michel Debré en novembre 1959 sur une interprétation extensive des pouvoirs du président de la République. S’il vote en février 1960 pour la loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l’ordre, à la sauvegarde de l’Etat, à la pacification et à l’administration de l’Algérie, il regrette par la suite l’absence d’indemnisation des biens français nationalisés par l’Etat algérien au mépris des accords d’Evian. Il dénonce en outre en 1962 le manque d’objectivité de l’ORTF.

Désireux de manifester son opposition au général de Gaulle, André Cornu annonce en juin 1964 sa candidature pour l’élection présidentielle prévue en décembre 1965. Il doit cependant renoncer en avril 1965 à la suite d’un grave accident d’équitation qui le maintient immobilisé plusieurs mois. En 1969, il soutient la candidature du président du Sénat Alain Poher à la présidence de la République, contre celle du gaulliste Georges Pompidou. Il prend même la tête de son comité de soutien dans les Côtes-du-Nord.

A la tribune du Sénat, André Cornu concentre à deux reprises ses attaques contre le pouvoir gaulliste sur le propre fils du général de Gaulle, le capitaine de vaisseau Philippe de Gaulle. En décembre 1967, il demande que des sanctions disciplinaires soient prises contre lui pour des commentaires politiques prononcés sur le navire de guerre qu’il commandait. A l’occasion de cette intervention, André Cornu dresse le tableau d’un « régime de monarchie absolue », de « pouvoir personnel », dans lequel n’existent « ni Parlement ni Gouvernement ». En avril 1971, il s’en prend une seconde fois à Philippe de Gaulle, dénonçant son intervention lors de la campagne des élections municipales.

Malgré ses critiques récurrentes de la politique gaulliste, il vote en 1965 pour la loi portant réforme des régimes matrimoniaux, puis en 1967 pour la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances.

Après avoir choisi en 1964 de ne pas solliciter un nouveau mandat de conseiller général du canton de Pléneuf (Côtes-du-Nord), André Cornu, membre du comité directeur du parti radical-socialiste depuis décembre 1970, se retire définitivement de la politique en 1971 : il quitte en mars la mairie d’Erquy (Côtes-du-Nord) qu’il dirigeait depuis 1953, puis en septembre de la même année décide de ne pas se représenter aux élections au Sénat. Sa carrière sénatoriale prend ainsi fin après vingt-trois ans de présence ininterrompue au Palais du Luxembourg. Par la suite, inculpé de fraude fiscale en décembre 1971, il est condamné en 1974 à six mois de prison avec sursis.

Il continue de siéger à l’Académie des Beaux-Arts, ayant été élu membre de l’Institut en juin 1962, au fauteuil de Louis Réau, dans la section des membres libres. Il est par ailleurs administrateur de la Compagnie sucrière, de la Société d’investissement de Paris et des Pays-Bas, de la Société des accumulateurs Fulmen, ainsi que de la Société des Mines de Zellidja.

Commandeur de la Légion d’honneur, il publie ses mémoires, Mes Républiques indiscrètes, en 1976.

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