Les Villas d’Erquy

     Parallèlement à notre « série » sur les commerces réginéens, nous inaugurons un travail concernant les villas d’Erquy.

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Villa Meryem

     A la fin du 19eme siècle, la villa  Le Goulet  est déjà construite.

  Elle s’inscrivait alors dans un terrain d’une superficie de plusieurs hectares qui s’étendaient côté rue de la corniche, de la rue de la Heussaye à la promenade Maginot, comprenait la pointe de la Heussaye et l’actuelle pinède (aujourd’hui propriété du Conseil départemental, ainsi que, côté mer, les terrains clos de mur qui ont fait depuis l’objet de nombreuses constructions (La Skota, Les Ondines, Pen Ker, Dahema…) .

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                Cette photo de 1896 montre bien l’absence totale de maisons côté Sud Ouest de l’actuel boulevard de la Mer.

      En 1890, un partage anticipé de cette immense propriété laisse à M. François Bourgault la parcelle sur laquelle sera édifiée la villa. Cette parcelle cadastrée à l’époque C714 (aujourd’hui AK4) fut vendue, au prix de mille francs, le 22 Août 1906 à Mademoiselle Jeanne Guivarch, alors dame de compagnie des  Kerjégu à Bien-Assis. Mme Guivarch fait édifier en 1908 la villa qu’elle appelle Beauséjour, en pierres de la carrière de Julien Lefebvre de Tu-Es-Roc.

MERYEM2La villa en 1913 .

 

       Le 26 Août 1921, Mme Guivarch, en l’étude de Maitre Le Vaillant, notaire à Erquy, (successeur de Me Gorvel, auteur de l’acte précédent) vend la villa au Comte et à la Comtesse d’Ozouville, demeurant à Montsurs en Mayenne au château de la Roche-Pichemer. Cette vente se fait au prix de 24 000 Fr, que l’acquéreur « paye comptant à la vue du notaire » (selon les termes de l’acte). Les acheteurs changent alors le nom de la villa pour l’appeler Meryem.

      Le 7 novembre 1936, c’est en l’étude de Maitre Joseph Maillard, que Mr et Mme d’Ozouville (représentés par Melle Huguette Tropinel, clerc de notaire habitant rue Foch) vendent à M. et Mme Dauvilliers la villa Meryem au prix de 71000 Fr auquel s’ajoute la somme de 10000Fr pour « meubles et objets mobiliers ». Mme Dauvilliers (née Amandine Lefebvre en 1903 à Tu es Roc) se souvenait avec amusement que, petite fille, sa mère lui avait raconté que son père fournissait des pierres de sa carrière à « une folle qui construisait sur la pointe de la Heussaye ».

     Depuis cette date, la maison est restée dans la famille. Quelques modifications ont, depuis, été apportées : en 1948, construction d’un garage côté Est avec baie vitrée pour accéder à la toiture terrasse. En 1991, agrandissement vitré de la pièce de vie côte Nord. En 2011, construction d’une pièce sur la toiture terrasse du garage, côté Est .

fullsizeoutput_433Aquarelle Léon Hamonet de 1947 avant la construction du garage.

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      Comme de nombreuses villas du Bd de la Mer (La Skota, Pen Ker…) et de la corniche (Ker Catherine), pour leur vue sur la baie, Meryem était occupée par des officiers et sous officiers, aides de camp et secrétaires (les hommes de troupe étaient essentiellement cantonnés à l’Hôtel des Terrasses et dans des blockaus dits « de cantonnement »). Les deux Ttobrouks, installés dans le jardin de la villa et rue du Goulet, étaient équipés de mitraillettes de même que la fenêtre de tir du Blockhaus AK5. Elles devaient contrecarrer un éventuel débarquement sur la plage du Centre.

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Tournage du film « Le Blé en Herbe » (1954)

 

       Le film a été tourné à Eerquy par Claude Autant-Lara, d’après le roman de Colette (dans son livre, Colette situe l’action à St Coullomb non loin de Cancale où elle passait ses vacances, quand elle a écrit le livre en 1923).

Les villas occupées par Mme Dalleray et la famille de Phil et Vinca sont « La Pouillouse » (appelée Ker Anna » dans le film) et Meryem (appelée « Les Algues »).L’extérieur de la maison a été fleuri et un potager créé par Jean Truand, d’Erquy.

20191112_160937 Phil et Vinca dans le Jardin.

      Si les extérieurs ont été tournés à ERQUY, il n’en est par de même pour l’intérieur de la villa qui a été reconstitué en studio à Boulogne Billancourt. Edwige Feuillère (Mme Dalleray) ne serait jamais venue à ERQUY. C’est une « doublure-lumiere »  qui est filmée pour les plans de dos, pour les plans de face, un trucage « ajoute » le paysage derrière l’actrice.

    Les vacances se terminent : les familles de Phil et Vinca , dans la cour de la villa se font amener à la gare par une charrette tirée par un cheval (à noter en arrière plan, Ker Eole propriété du Dr Dayot).

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Contributeur: Jean-Michel Dauvilliers

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