1906 – Erquy dans Le Journal de Pléneuf et ses Environs

(source : Archives Départementales des Côtes d’Armor)

N° 4 – dimanche 28 janvier 1906

Un magasin dévalisé

Dans la nuit de lundi à mardi dernier, le magasin tenu au bourg d’Erquy par Mme Vétier a été cambriolé. Plusieurs pièces d’étoffes ont été volées. La caisse a été fracturée et son contenu enlevé.

Les voleurs ont eu l’audace pour perpétrer ce vol, d’enlever un carreau avec un diamant.

On suit une piste sérieuse qui permettra peut-être de retrouver les voleurs.

N° 7 – dimanche 18 février 1906

Mort d’une pauvre chercheuse de pain

Une pauvre vieille mendiante, paraissant beaucoup souffrir, demandait depuis quelques jours l’hospitalité au village de Langourian ; samedi elle demanda l’aumône à Mme Brouard, aubergiste, qui la voyant couverte de haillons, lui donna des vêtements pour se couvrir ; la malheureuse dévorée par la vermine, ne semblait plus jouir de toutes ses facultés.

Vendredi dernier, Mme Andrieux la fit se coucher dans une petite maison près de la sienne et lui prodigua des soins ; le lendemain elle l’engagea à chercher un gîte meilleur. Après l’avoir soignée de son mieux et réconfortée, Mme Andrieux vit la pauvre mendiante s’éloigner mais à peine avait-elle fait 100 mètres sur la route, qu’elle s’affaissa pour ne plus se relever.

  1. Loncle, adjoint, qui passait au même moment, aida à la transporter chez Mme Andrieux ; on ne put la rappeler à la vie : elle avait succombé, d’après le docteur Dayot qui a visité le cadavre, à une congestion pulmonaire causée par le froid.

Cette mendiante, victime de la misère, aurait déclaré se nommer Angélique Monnieux et être originaire de Janzé.

Un vol audacieux

Des malfaiteurs ont eu l’audace, après avoir brisé un carreau de la fenêtre, de pénétrer en pleine nuit, dans le bureau de M. Renaut, négociant à Erquy.

A deux heures du matin, M. Renaut qui était couché dans un appartement situé au-dessus de ce bureau, ayant entendu du bruit, ouvrit sa fenêtre pour se rendre compte de ce qui se passait. Au même moment, il aperçut deux individus qu’il ne put malheureusement reconnaître, qui prenaient la fuite.

  1. Renaut ayant réveillé ses fils, descendit aussitôt dans son bureau et constata que la fenêtre était grande ouverte. Une somme de 20 francs, laissée sur un meuble, avait disparu.

Le coffre-fort n’avait pas été touché, c’était évidemment l’objectif des voleurs, mais le temps leur avait manqué.

Si on rapproche ce fait du vol récemment commis chez Mme Vetier, il y a tout lieu de croire qu’une bande de malfaiteurs exploitent en ce moment la région.

La gendarmerie a procédé à une enquête et ces recherches seront continuées.

Il y a tout lieu de croire que les voleurs qui ont opéré chez M. Renaut, n’en sont pas à leur coup d’essai.

N° 8 – dimanche 25 février 1906

A propos de bolées

Le sieur Casimir Michel, cultivateur au Gouin, en Erquy, se trouvait attablé dans une auberge dans la soirée de jeudi, lorsqu’il fut rejoint par trois individus qui le mirent en demeure de leur payer des bolées. Michel s’y refusa. A sa sortie de l’auberge, il fut rejoint et maltraité par ces mêmes individus qui le frappèrent à coups de pied et eurent l’audace de lui enlever son couteau de sa poche et de l’en menacer.

N° 10 – dimanche 11 mars 1906

Tentative d’inventaire de l’église

La tentative d’inventaire eut lieu lundi. Le tocsin sonna et la population toute entière accourut.

  1. le percepteur de Pléneuf se présente à 7 heures, avec deux gendarmes. M. le recteur, revêtu de ses ornements sacerdotaux, lut une énergique protestation.

« Montrons à ceux qui nous persécutent, dit-il, que la foi n’est pas morte dans notre pays et qu’à l’occasion nous serions prêt à la défendre contre les sectes impies … Mieux vaut la souffrance et les privations que la trahison. »

Plus de 1.000 personnes étaient présentes.

L’agent du fisc, voyant l’église fermée, se retira ; et un salut solennel fut donné à la population.

Depuis, l’église est fermée et gardée. On attend les crocheteurs.

Tentative infructueuse

Ces jours derniers, des voleurs se sont introduits pendant la nuit dans le magasin de rouennerie, tenu à Erquy par Mme Veuve Vétier de Pléneuf.

Les voleurs ont tout remué dans le magasin et ont surtout fouillé les tiroirs qu’ils ont trouvé vides. Ils se sont retirés sans avoir rien emporté.

Dans la nuit du vol, Mme Gesrel, maîtresse d’hôtel avait aperçu de la lumière dans le magasin, dans lequel les malfaiteurs ont du pénétrer à l’aide de fausses clefs, car on n’a remarqué aucune trace d’effraction.

Coup de feu

Lundi soir, M. Bouguet, plâtrier au bourg de Pléneuf, revenait d’Erquy, dans la voiture de M. Mulon, lorsque tout à coup il entendit deux coups de feu qui semblaient dirigés vers lui.

Une enquête a permis d’établir qu’il n’y avait eu aucune tentative criminelle, ces coups de feu avaient été tirés par le sieur Helliot, cultivateur à la Belle-Vue, qui avaient cru devoir tirer des coups de pistolet pour effrayer des voleurs ou de prétendus qui, dit-il, viennent lui voler son bois la nuit.

N° 13 – dimanche 1er avril 1906

Engin prohibé

Il y a quelques jours, les gendarmes de Pléneuf ayant eu besoin de demander des renseignements à Pierre H., cultivateur à la Belle-Vue, remarquèrent dans un placard, mal fermé, six collets de fil de laiton, ayant servi depuis peu. H. eut beau prétendre qu’il les avait trouvé et nié s’en être jamais servi, procès-verbal lui fut dressé et le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc appelé à statuer sur son cas, lui a infligé, sans doute à cause de sa réputation de braconnier, 50 francs d’amende.

N° 16 – dimanche 22 avril 1906

Terrible accident – Une chute de 25 mètres

Dimanche soir, M. Joseph Rault, carrier à Tu-ès-Roc quitta sa demeure, armé de son fusil, dans le but d’aller chasser sur la grève. Il ne rentra pas chez lui. Le lendemain, sa femme fit part de ses inquiétudes à ses parents et à ses voisins qui se mirent à la recherche de Joseph Rault. M. Renault, son cousin, du haut de la falaise, aperçut un corps, presque nu, qui flottait à la pleine mer ; il en prévint aussitôt le syndic des gens de mer. Ce cadavre, ramené sur la grève de Lourtoy, fut reconnu pour être celui de Joseph Rault. Il était dans le plus piteux état : une plaie profonde à la tête laissait à supposer une fracture du crâne, la main droite était brisée ; le ventre, la poitrine et une main étaient carbonisés.

  1. Joseph Rault avait évidemment fait une chute du haut de la falaise, élevée de 25 mètres au-dessus de la grève, dans sa chute les cartouches qu’il avait dans la poche firent explosion et mirent le feu à ses vêtements qui étaient en grande partie carbonisés. La mer montant à ce moment, avait bientôt [recouvert] le corps sanglant.

Sur la falaise, on a retrouvé de nombreuses traces de sang, et au pied le fusil brisé.

Ce terrible accident a produit une bien pénible impression à Erquy. M. Rault était marié et père de quatre enfants.

 

N° 27 – dimanche 8 juillet 1906

Dinan – Les musiciens de l’Ecole des Cordeliers à Erquy

Lundi prochain, 9 juillet, la musique instrumentale et la musique vocale de l’Ecole des Cordeliers de Dinan feront leur promenade annuelle. Le but de l’excursion sera notre charmante station balnéaire d’Erquy.

Le ‘Jacques Cartier’, de Saint-Malo, loué par l’Ecole des Cordeliers, prendra les excursionnistes au port de Dinan, vers 4 heures du matin, et les conduira avec une seule escale, jusqu’à Erquy.

L’après-midi, vers 3 heures, dans l’Eglise d’Erquy, les musiciens, au nombre d’une centaine, exécuteront des morceaux symphoniques et des chœurs, sous la direction de leurs chefs, M. Arscott, diplômé du conservatoire de Londres, et M. Pauwels d’Acosta, Grand Prix de Rome, ancien professeur au conservatoire de Gand.

Aux jeunes musiciens doivent se joindre M. Jules Leduc, le chanteur servannais et M. Henri Kowalski, le célèbre pianiste compositeur, qui vient d’obtenir de nouveaux succès, dans ses concerts polonais de l’Oelian et du Trocadéro.

N° 28 – dimanche 15 juillet 1906

Maison cambriolée

Dimanche dernier, Pierre Jaffrot, charpentier à Saint-Aubin, après avoir fermé sa porte à double tour, s’absenta pendant quelques heures. A son retour, il fut très surpris de trouver chez lui un chien qui ne lui appartenait pas. Ce soir-là, il ne trouva rien d’anormal, mais le lendemain il constata qu’une somme de 195 francs, qu’il avait laissé dans son armoire n’y était plus.

Le voleur qui avait pénétré chez Pierre Jaffrot, à l’aide d’une fausse clef, a été aperçu, au moment où il opérait, par la femme Morel, une voisine, mais cette dernière crut que c’était Jaffrot lui-même qui était revenu chez lui.

N° 32 – dimanche 12 août 1906

Incendie

Dimanche, dans la nuit, un incendie se déclarait dans une meule de foin, appartenant à Mme Guinard, de l’Hôtel des Voyageurs. Malgré des efforts qui se sont prolongés toute la nuit, tout a été brûlé.

N° 33 – dimanche 19 août 1906

Meules incendiées

Des meules de foin et de paille, situées au bourg d’Erquy et appartenant à Mme Rault, hôtelière, ont été incendiées. Ces meules étaient assurées.

N° 36 – dimanche 9 septembre 1906

Lamballe – Rentrée des classes

La rentrée des classes de l’école libre des garçons de Lamballe est fixée au samedi 15 septembre. – La rentrée des écoles communales aura lieu le 17 septembre.

Lamballe – Concours de poulinières

Poulinières suitées d’un produit de demi sang

… ; 2ème prix, Robine, 100 francs, M. Denoual, Constant, Erquy ; 3ème prix, Philouse, 100 francs, M. Dutemple, Jean, Erquy ; … ; 5ème prix, Fauvette, 90 francs, M. Chatellier, Zacharie, Erquy ; …

Poulinières suitées d’un produit de trait

… ; 5ème prix, Houlette, 70 francs, M. Denoual, Auguste, Erquy ; … ; 8ème prix, Fauvette, 60 francs, M. Le Breton, Jean, Erquy ; 9ème prix, Charlotte, 60 francs, M. Chatellier, Erquy ; 10ème prix, Coquette, 60 francs, M. Renault, Julien, Erquy ; …

Jument issue d’arabe

Pouliches de 3 ans

… ; 3ème prix, Dame de Cœur, 100 francs, M. Lefèvre, Edouard, Erquy ; 4ème prix, Dora 80 francs, M. Hamet, Jean-Louis, Erquy ; …

N° 47 – dimanche 25 novembre 1906

Chien supposé atteint de la rage

Vendredi dernier, vers 4 heures du soir, Mme Marie Bahier, âgée de 53 ans, ménagère au village de Caroual, en Erquy, aperçut un chien de moyenne taille couché sous un hangar situé dans son jardin.

L’animal qui s’était levé à son approche marchait avec peine, et en passant près de la niche du chien de Mme Bahier, s’élança sur lui et le mordit.

Un voisin, M. Vautier, supposant l’animal enragé, s’arma de son fusil et le tua.

Sur son collier était inscrit le nom de Aubault négociant à Saint-Guinoux (Ille et Vilaine).

Le mari de Mme Bahier, au retour de son travail pensa qu’il était préférable de se débarrasser aussi du sien et dans le doute il lui logea une balle dans la tête. Puis il les enfouit tous deux profondément après avoir déposé le collier à la mairie d’Erquy.

Il n’a pas été appris que ce chien ait mordu d’autres animaux dans la commune d’Erquy.

Une affaire délicate

Thomas R., âgé de 27 ans, cocher au service de M. Blanchet, propriétaire au bourg d’Erquy, fut arrêté le 7 courant sur la plainte de Fernande Tolleme, âgée de 20 ans, domestique dans la même maison.

Cette jeune fille sur le compte de laquelle les meilleurs renseignements sont donnés, se trouvait couchée chez son maître ayant dans la même chambre deux jeunes enfants de la famille Blanchet, lorsque tout à coup, R. à 6 heure du matin fit irruption dans cette chambre et voulut abuser de la jeune domestique qui réussit à se débarrasser de son agresseur, grâce à une résistance énergique.

  1. a eu la chance de n’être poursuivi à raison de ces faits que devant le Tribunal correctionnel pour violences.

Jeudi il a comparu à l’audience et a continué à nier les faits, affirmant qu’il avait seulement voulu jouer une farce à la jeune cuisinière.

Le Tribunal n’a pas entendu la chose ainsi et R. a été condamné à un mois de prison avec sursis.

  1. se prétendait célibataire, mais il est marié et père de famille. Il vit séparé de sa femme qui elle-même a été poursuivie pour avoir à Paris tiré des coups de revolver sur une maîtresse de son mari, elle fut acquittée.

N° 48 – dimanche 2 décembre 1906

Bris de carreaux

De jeunes gamins ses sont amusés à briser à coups de pierre les carreaux de la villa « Les Courlis » à Erquy.

 

Contributeur : Jean-Michel Mori

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