« Pattes Blanches » – avril 1949

source Hebdo Cinéphile (informations des Cinémas de France)

Un petit port breton, dans la baie de Saint-Brieuc, prête son décor au film : Erquy.

Sur une mise en scène de Jean Grémillon, avec des dialogues de Jean Anouilh, les acteurs qui interprètent les personnages sont :

– Suzy Delair …………   Odette

– Fernand Ledoux ……    Le patron Jack, propriétaire de la plus grande auberge du pays,

– Paul Bernard ……….    M. Julien de Kériadec,

– Arlette Thomas …….    Mimi, la petite servante de l’auberge,

– Sylvie ………………   La mère de Maurice

– Maurice Bouquet …..    Maurice, frère bâtard de Julien

Le scénario du film est le suivant :

Le mareyeur Jack Le Guen est lentement devenu le maître du pays : c’est au prix qu’il fixe que les pêcheurs lui vendent leur poisson, et c’est encore dans son auberge qu’ils dépensent l’argent qu’il vient de leur donner. Il est ainsi curieusement le véritable successeur des seigneurs dont le dernier descendant légitime Julien de Kériadec, ruiné mais obstiné, vit seul dans son château, sur la lande.

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Avec le phare au second plan

Les gamins du pays ne s’y trompent pas, c’est bien Kériadec qu’ils poursuivent à coups de pierre, et qu’ils ont surnommé « Pattes Blanches », à cause des guêtres qu’il ne quitte jamais, et qui sont, pour lui, la dernière façon de tenir son rang.

Maurice n’est pas sensible à ce ridicule, et pas davantage aux sentiments qui empêchent son frère de vendre pour vivre les inestimables trésors qui emplissent encore le château ; la haine la plus violente, le plus cruel désir de vengeance l’occupent beaucoup. Et si Mimi, la petite servante bossue de l’auberge de Jack n’avait pour Kériadec l’amour tenace et secret qu’elle essaye de dissimuler, c’est dans l’hostilité la plus complète qu’il devrait vivre.

L’arrivée d’Odette, jeune femme que Jack ramène un jour de Saint-Brieuc, va brutalement cristalliser les possibilités tragiques, exaspérer les contradictions que chaque personnage portait en lui, avec lesquelles il vivait, et dont il pensait s’accommoder.

De tout le jour, Odette n’a rien à faire, et l’odeur du poisson qui n’abandonne jamais le mareyeur lui rappelle assez cruellement que la facilité de sa vie n’est pas d’une parfaite gratuité.

Curiosité, ennui, flatterie secrète, aucun de ces sentiments seul, mais bien tous à la fois, expliquent qu’elle ait pu devenir la maîtresse de Kériadec.

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Maurice, sur le quai

C’est Maurice pourtant, avec sa méchanceté et sa maîtrise de soi, qui inspirera à Odette cette passion violente, sans aucune commune mesure avec ce qu’elle a jusqu’à maintenant appelé l’amour.

Elle acceptera même de devenir, entre les mains de Maurice, l’instrument de la revanche sur Kériadec qu’il cherche depuis sa plus petite enfance et qu’il n’a encore jamais su comment exercer.

Pour conserver Odette, Kériadec vendra les meubles, les souvenirs, les richesses accumulées par sa famille, et le jour du mariage d’Odette et de Jack, sous l’œil sarcastique de Maurice qui pense tirer les ficelles de ces marionnettes, riche comme il ne l’a jamais été, il lui proposera de s’enfuir avec lui.

Mais quand Maurice lui montrera les ficelles d’une comédie destiné à le couvrir de ridicule et de honte, une violence contenue, qu’il a toujours maîtrisée à grand’peine, s’empare de lui.

Débarrassé d’un Maurice qu’un coup suffit à abattre, c’est la mariée elle-même qu’il poursuit et étrangle, pendant que continuent les danses de la noce.

Les Kériadec rendaient eux-mêmes leur justice.

Il lui est intolérable que Mimi d’abord, se dénonçant pour lui éviter d’être soupçonné, ou que le suicide de Jack ensuite, qu’on croira coupable, permettent à la justice d’évaluer, avec des mesures qu’il refuse, la responsabilité de ses actes. Il ira donc se livrer, et Mimi, fidèle et impuissante spectatrice d’un drame nécessaire, l’attendra.

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Fernand Ledoux, avec  la Houssaye au second plan

Mme Maino Renault-Dayot se rappelle : Michel Bouquet était hébergé chez Mme Germaine Dayot, modiste, à l’angle de la rue Foch et de la rue de Gaulle. Cette maison a été construite en 1938 par l’entreprise de bâtiment de M. Dayot, elle possédait pour l’époque toutes les commodités, salle d’eau et toilettes à l’étage, et la chambre occupée par l’artiste avait un balcon. Elle garde le souvenir d’un homme très courtois. Suzy Delair logeait à l’Hôtel de la Plage.

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