1904 – Erquy dans Le Journal de Pléneuf et ses Environs.

(source : Archives Départementales des Côtes d’Armor)

N° 6 – dimanche 7 février 1904

Dahouët – Bénédiction des navires

Dimanche prochain, 7 février, aura lieu, au port de Dahouët, la bénédiction des navires qui se destinent à la grande pêche d’Islande et de Terre-Neuve.
La cérémonie sera présidée, et l’allocution d’usage prononcée par M. le chanoine Le Covec, curé doyen de Saint-Malo de Dinan qui doit ouvrir, ce même jour, les exercices des adorations paroissiales.

N° 7 – dimanche 14 février 1904

Jardin dévalisé

Les jardins dépendant de la propriété de M. de la Houssaye, demeurant à Erquy, ont été mis au pillage, et de nombreux plants ont été mutilés.
Ce ne serait pas la première fois, dit-on, que cette propriété est ainsi dévastée, tout dernièrement encore des pommiers ont été brisés.
Les maraudeurs ont singulièrement aggravé leur cas, en escaladant un mur élevé de près de deux mètres.

 Villa cambriolée

La villa « Le Goulet » située sur le bord de la route d’Erquy à Pléneuf, et appartenant à M. Tourseille, avocat à la Cour d’appel de Paris a reçu la visite de cambrioleurs.
Il y a quelques jours, M. Blanchet, jardinier, en se rendant à son travail, s’est aperçu que les carreaux d’un soupirail avait été brisés.
Les malfaiteurs après avoir escaladé un mur assez élevé, auraient fait bombance dans la cave, et auraient emporté quelques bouteilles du meilleur cru.

N° 11 – dimanche 13 mars 1904

Un naufrage au rocher de Rohinet

Un évènement des plus douloureux vient encore d’atteindre d’honorables familles d’Erquy et d’Hénansal, en causant la mort de cinq personnes.

Bien que la mer fut très mauvaise, Joseph Héleut, patron pêcheur s’était rendu au rocher de Rohinet pour y pêcher des moules, le père de Héleut l’accompagnait, ainsi que son frère Emile, âgé de dix-sept ans.
Louis Lamandé, cordonnier à Hénansal, et Caradec, cultivateur également d’Hénansal, avaient eu la mauvaise inspiration de se joindre à eux ce jour-là, pour aller faire une partie de pêche.
La pêche terminée, ils embarquèrent à bord de grands sacs remplis de moules et en outre des quantités d’autres coquillages.
Le chargement était visiblement trop lourd pour la barque et un autre pêcheur en fit même la remarque à Héleut qui lui répondit qu’il n’y avait aucun danger. Ils se mirent en route, on les suivit des yeux pendant quelques instants, puis un rocher les cacha.
Que se passa-t-il alors ? On l’ignore. Toujours est-il qu’ils ne revinrent pas.
Pas un cri n’avait été entendu et rien ne pouvait faire supposer le terrible drame qui venait de se dérouler.
Dans la soirée, la femme du fils Héleut, ne voyant pas son mari revenir et dans une inquiétude mortelle, se lamentait sur la grève.
Le lendemain plusieurs pêcheurs d’Erquy se rendirent sur le lieu du sinistre, aux environs du rocher de Rohinet, et découvrirent le mat et la voile de la barque entre deux eaux, mais ils ne purent retrouver la barque ni les cadavres des malheureux naufragés. Les courants sont très forts en cet endroit et ont dû entraîner les victimes au large.
Deux avirons ont été retrouvés le lendemain dans l’anse de Plurien.
L’émotion causée par ce naufrage est loin d’être calmée. Au moment où nous mettons sous presse les cadavres des cinq victimes n’ont pas encore été rendus par la mer. Le seront-ils jamais ?
Nous adressons aux familles Héleut, Caradec et Lamandé, l’expression de notre vive sympathie en cette douloureuse circonstance.

N° 12 – dimanche 20 mars 1904

Un faux infirme

Mardi dernier les gendarmes de Pléneuf passant près du bourg d’Erquy, remarquèrent un individu qui avait une béquille qui partait sous chaque bras et marchant comme le commun des mortels. A la vue des gendarmes, le béquillard se remit à boîter, s’appuyant comme de plus belle sur ses bâtons.

Cet individu qui n’est autre que le nommé D., âgé de 39 ans, né à Plédran, sans domicile, déjà cinq fois condamné, ne se livre à aucun travail, il revient de Jersey et depuis le mois de novembre dernier, n’a vécu que de mendicité.

Déclaré coupable de vagabondage et de mendicité D. a été condamné à deux mois de prison à l’audience de mercredi.

N° 15 – dimanche 10 avril 1904

Saisie d’engins de chasse prohibés

Au cours de perquisitions faites par la gendarmerie de Pléneuf des engins de chasse prohibés ont été saisis au hameau des Rigodets en Saint-Alban, au village de Gault en Erquy. Les délinquants sont poursuivis devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc.

Découverte du cadavre de l’un des naufragés de Rohinet

Nos lecteurs se souviennent du douloureux évènement qui a plongé dans le deuil les familles Héleut, Lamandé et Caradec.

Le cadavre de Lamandé vient d’être découvert à Port-Barriau, en Pléhérel, où il était enfoui dans le sable de la grève. Aussitôt la découverte connue, de nombreuses personnes vinrent pour examiner le cadavre qui était méconnaissable. Dans l’après-midi le père et le frère de Lamandé purent reconnaître la malheureuse victime à ses vêtements.

Le cadavre a été transporté le soir même à La Bouillie, où a eu lieu l’inhumation.

N° 16 – dimanche 17 avril 1904

Elections municipales

Les soussignés :Le Mordan de Langourian, maire ; Reanaut, Auguste, 1er adjoint ; Loncle, Paul, 2ème adjoint ; J. Montjarret de Kerjégu, conseiller sortant ; Denoual, Constant ; Dutemple, Toussaint ; Brien, Auguste ; Denoual, Auguste ; Caillibotte, Jean ; Botrel, Louis ; Cornillet, Georges ; Pasturel, Louis ; Bourgault, François ; Vautier, François ; Lucas, François ; Bahier, Jean à Caroual ; L’Hôtellier, Mathurin, entrepreneur ; Docteur René Dayot ; Renaut, Joseph, à La Villebourse ;Lebreton, Charles, fils, à l’Abbaye ; Guéhenneuc, Constant, à Caroual ;

Candidats aux prochaines élections municipales de la commune d’Erquy, se regardant comme solidaires les uns des autres, défendent qu’on se serve de leurs noms pour la composition d’aucune autre liste.

Commencement d’incendie

Dans la nuit de mardi à mercredi dernier, la veuve Dubois, demeurant à La Ville-Roussel, était réveillée suffoquée par la fumée qui envahissait sa chambre.

Elle réveilla sa fille la femme Voisin qui couchait dans la même chambre et toutes deux se sauvèrent. Les habitants du village eurent vite raison du feu qui s’était déclaré dans le lit même de la femme Voisin. Une bougie avait dû tomber sur le traversin et avait communiqué le feu à la paillasse.

Les dégâts occasionnés sont peu importants et couverts par la Compagnie d’Assurances l’Urbaine.

En bordée

Deux marins engagés pour la pêche de Terre-Neuve, Léon Le D. et Denis F., tous deux d’Erquy, après avoir fêté, plus qu’il ne convenait leur prochain départ, se présentaient le 13 mars dernier chez la femme Le Gac, sur la banche, en Erquy, et réclamaient encore à boire. Mme Le Gac leur refusa l’entrée de sa maison. Ils ouvrirent alors la porte à coups de pied et Le D. frappa la femme Le Gac à coups de poing, si brutalement qu’elle ne put se relever.

Les époux Le Can qui passaient en ce moment ayant voulu intervenir, Le D. frappa encore le mari à coups de poing et Denis porta un si violent coup de poing à la femme Le Can dans le devant de la jambe que la blessure n’est pas encore guérie, et qu’elle dût se faire soigner par M. le Docteur Blanchet.

Poursuivi à l’occasion de ces faits devant le tribunal correctionnel, Denis et Le D., qui sont partis pour le banc, ont été condamnés par défaut, jeudi dernier, le premier à 15 jours de prison et le deuxième à un mois de la même peine.

Braconnier !

Joseph L., au village de Gault, a la réputation de chasser en temps prohibé et de tendre des collets un peu partout.

Tout dernièrement une certaine quantité de collets ont été saisis à son domicile, ce qui lui a valu une citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc. Il a prétendu pour sa défense que c’était son fils, âgé de 14 ans, qui avait trouvé ces collets dans un champ, ce qui ne l’a pas empêché d’être condamné à 50 francs d’amende.

Les collets cause de cette poursuite seront détruits.

N° 17 – dimanche 24 avril 1904

Le noyé d’Hillion serait-il des environs d’Erquy ?

Lundi matin la veuve Gaudu, du village de Saint-René, en Hillion, en se rendant au lavoir situé au Hameau de Saint-René, et sur le bord du chemin, a découvert le cadavre d’un individu fort bien mis, âgé d’environ 65 ans, de taille moyenne, cheveux blancs, nez busqué, bouche grande.

Vêtus de vêtements noirs, pardessus à col de velours, bottines neuves. Le chapeau de feutre noir porte l’inscription « Renault, Saint-Malo », et le prix 10 francs. Dans les poches du noyé, il a été trouvé un tire-bouchon nickelé, portant les mots : « Edmond Besserat ». N° de la montre 5024. Bague en or. Boutons en nacre aux manchettes, portant le mot « Saint-Malo ». Mouchoir de couleur marqué J.

Il est très vraisemblable, bien que le noyé porte au cou quelques égratignures, qu’il s’est volontairement jeté dans ce lavoir, car il n’a été relevé aucune trace de lutte aux environs. La misère, momentanée, a peut-être porté cet inconnu à se suicider.

Le bruit a été répandu que le noyé était un retraité des environs d’Erquy, plusieurs habitants de Pléneuf et d’Erquy ont examiné le cadavre sans pouvoir le reconnaître.

L’inhumation a eu lieu à Hillion, mais tous les objets et les vêtements trouvés sur le cadavre sont conservés à la mairie, où les personnes qui pourraient donner quelques renseignements sont invitées à aller les visiter.

N° 21 – dimanche 22 mai 1904

Bataille de dames

Lundi dernier, la femme D., de Guégonde et la femme R. se trouvaient dans la cour de la femme Grimault, lorsqu’à la suite d’un échange un peu vif de paroles aigrelettes, la femme D. aurait saisi une pierre, menaçant son adversaire la femme R., qui se précipita sur elle.

Un crépage de chignon en règle eut alors lieu. La femme D. aurait reçu quelques coups de griffe assez sérieux.

N° 24 – dimanche 12 juin 1904

Découverte du cadavre d’une des victimes du naufrage survenu au Rocher de Rohinet.

Le jeudi 2 juin, a été découvert sur la grève du Val-André, le cadavre de Héleut, père.

Ce cadavre qui était en complet état de putréfaction, fut déposé provisoirement à l’ossuaire du cimetière de Pléneuf où il a été formellement reconnu par la femme Héleut et son beau-frère M. Urban.

Nos lecteurs se souviennent que Héleut, père, des Hôpitaux, en Erquy, en compagnie de son fils, de Lamandé et de Caradec, d’Hénansal, s’était rendu à la pêche au Rocher de Rohinet. La mer était mauvaise, le chargement de la barque trop lourd ; au retour, ils sombrèrent.

Le cadavre de Lamandé a été retrouvé quelques jours après le naufrage à Port-Barriau, près de PléhéreL. Les autres malheureux naufragés n’ont pas encore été retrouvés ou reconnus.

N° 28 – dimanche 10 juillet 1904

Dévastation de récoltes

A différentes reprises, depuis quelque temps, les champs de pommes de terre de M. Auffret, charpentier au bourg étaient dévastés. Une surveillance établie a permis de surprendre une femme d’assez mauvaise réputation, au moment où elle cachait dans un panier les pommes de terre qu’elle venait d’arracher.

N° 30 – dimanche 24 juillet 1904

Chemin de fer de Lamballe au Val-André

Nous apprenons de bonne source que le chemin de fer de Lamballe au Val-André a été décidé au Conseil général. Cette voie ferrée fera partie du deuxième réseau. Le chemin de fer départemental de Lamballe au Val-André se rendra dans la commune de Pléneuf en traversant les communes d’Andel et de Planguenoual. Il se réunira sur le territoire de Pléneuf avec un autre chemin de fer départemental, qui partant d’Yffiniac se rendra vers Erquy en suivant toute la côte. Nous saluons avec joie cette bonne nouvelle, car le chemin de fer de Lamballe au Val-André accroîtra certainement le commerce et la prospérité de Lamballe et du Val-André.

Désignation des Biens à vendre

En l’étude et par le ministère de Me Robinot, notaire à Hénanbihen, le lundi 22 août 1904 à dix heures du matin :

En la commune d’Erquy,

Le Grand Clos, de quatre-vingt-cinq ares cinquante-sept centiares, numéro 654, section E, joignant du levant à Jean-Pierre Robert, du midi à Emile Rault, du couchant à un chemin et du nord à la rivière de l’Islet.

Mise à prix : mil huit cent francs, ci …………1.800 francs

Cette vente aura lieu en exécution d’un jugement rendu contradictoirement par le Tribunal civil de Dinan le dix juin mil neuf cent quatre, enregistré, entre Mme Jeanne Marie Heuzé, ménagère, veuve de M. Aldéric Martin, demeurant à l’Islet, commune de La Bouillie ; et M. Edouard Martin, coquetier, demeurant à La Périère, près l’Islet, commune d’Erquy …/…

N° 31 – dimanche 31 juillet 1904

Du haut d’un toit.

Louis Auffret, charpentier au bourg d’Erquy, s’apercevait depuis longtemps que les pommes de terre de son champ disparaissaient à vue d’œil, mais il lui était impossible de surprendre le voleur.

Etant à travailler à la toiture d’une maison en construction, il aperçut ces jours derniers une femme qui arrachait encore ses pommes de terre et les mettait dans un panier. Il reconnut sa voleuse au moment où elle venait de prendre la fuite en entendant un passant.

Grande a été la surprise de cette femme en apprenant qu’elle avait été surprise par le propriétaire du champ dans les conditions que nous venons d’indiquer.

N° 33 – dimanche 14 août 1904

Péri en mer

Jean-Baptiste Jégou, âgé de dix-huit ans, marin, demeurant à Erquy, embarqués sur le trois-mâts Cousins Réunis, au mouillage grand banc de Terre-Neuve, quittait son bord, vers 5 heures du matin, pour aller en doris, relever des lignes en compagnie du patron Guéguen.

Vers 8 heures, un faux mouvement fit chavirer l’embarcation et les deux hommes tombèrent à l’eau. Guéguen fut assez heureux pour saisir la bouée et s’y maintint jusqu’à l’arrivée d’un autre doris, monté par le marin Coatrieux, et put ainsi être sauvé. Jégou disparut et ne put être retrouvé.

Le Tribunal de Saint-Brieuc vient de déclarer judiciairement le décès de ce jeune marin.

Les Fêtes

Voici le programme des fêtes d’Erquy qui auront lieu le 21 août prochain :

A 9 heures, courses de bicyclettes :

  • Locale, 2.000 mètres ; Prix : 10, 7 et 5 francs.
  • Régionale, 3.000 mètres ; Prix : 20, 15 et 10 francs.

A 10 ½ heures, régates :

  • 1ère course, bateaux de pêche ; Prix : 1 baromètre et 10 francs, 1 médaille d’argent et 10 francs, 5 francs.
  • 2ème course, à la godille ; Prix : 5 et 3 francs.
  • Pendant les régates, courses aux canards.

A 2 heures, courses de chevaux sur la plage de Carroual :

  • 1ère course, au trot, Cantonale ; Prix : 40, 30 et 20 francs.
  • 2ème course, trot monté, pour chevaux des cantons limitrophes ; Prix : 40, 30 et 20 francs.
  • 3ème course, consolation pour chevaux n’ayant pas gagné de prix dans les autres courses .

Après les courses, distribution des prix, danses, jeux divers, tourniquet.

A 8 heures, bal champêtre sur les dunes. Une excellente musique prêtera son concours. Entrée : 0,30 franc. Illumination des dunes.

A 10 heures, feu d’artifice.

Résultat de l’élection

Inscrits : 3155 ; Votants : 2292 ; Suffrages exprimés : 2265 ; Majorité absolue : 1133.

  1. Dobet, conseiller municipal d’Erquy, conseiller sortant, ministre, 1195 voix, élu.
  2. A. Renault, 1er adjoint au maire d’Erquy, antiministériel, 1067 voix.

En 1898, M. Carfantan fut élu sans concurrent par 1632 voix.

Le 22 septembre 1901, M. Dobet fut élu par 1316 voix contre 973 à M. Loncle.

Inscrits              Votants             Dobet               Renault

Pléneuf                           758                  553                  266                  278

Erquy                             855                  609                  293                  310

Planguenoual                   605                  439                  247                  189

Plurien                           430                  326                  253                    72

Saint-Alban                     507                  365                  136                  218

Total                3155                 2292                 1195                 1167

  1. Dobet Jean a été proclamé élu.

Casino du Val-André (direction Abel Vouret)

Dimanche 14 août 1904 à 2 h ½

Concert Breton pour l’audition des Œuvres Nouvelles de Botrel

Avec le concours du Barde et de Mme Botrel ; de M. G. Launay, le chanteur humoristique,

Et du compositeur André Colomb.

1ère partie

Chansons et Poésies bretonnes

De Théodore Botrel, interprétées par Mme Botrel et l’auteur

Chansonnettes et Monologues comiques

Par M. G. Launay

2ème partie

Doric et Léna

Idylle bretonne en vers, de Théodore Botrel (inédite)

Léna                 Mme Botrel,

Doric                L’Auteur ;

Le piano d’accompagnement sera tenu par le compositeur André Colomb.

Prix des places : Réservées, 3 francs ; Premières, 2 francs ; Secondes, 1 franc.

Pour la location, s’adresser comme d’usage.

N° 34 – dimanche 21 août 1904

Les sobriquets dans l’armée.

Les soldats du corps expéditionnaire de Madagascar sont baptisés, ce sont des « malgaches ». Les troupes qui ont fait la campagne du Dahomey n’ont pas eu cet honneur d’un sobriquet. A ce propos, « L’Echo de l’Armée » rappelle ceux qui sont donnés aux diverses armes de France :

Les gendarmes sont des hirondelles de potence. – Les cuirassiers, des gros frères, coquillards ou blindés. – Les hussards et les chasseurs à cheval, des culs de singe. – Les dragons, des citrouillards. – Les lanciers, des gauleux, manches à balais ou chiffons. – Les chasseurs d’Afrique, des chasse-marais ou chass d’Af. – Les soldats du train, des tringlots ou hussards à quatre roues. – Les artilleurs, des bombardiers. – Les chasseurs à pied, des vitriers ou ventre à terre. – Les soldats de l’infanterie de marine, des marsouins. – Ceux du génie, des taupes. – Les infirmiers, des artilleurs de la pièce humide. – Les ouvriers d’administration, des riz-pain-sel. – Les zouaves, des chacals. – Les tirailleurs algériens, des turcos, nez sales, bedous. – Les soldats de bataillon d’Afrique, des zéphirs, joyeux, chevaliers du désert, voltigeurs du Sahara. – Les condamnés aux travaux publics, des grenadiers d’Arsew, spahis de la Minah, têtes de veau. – L’infanterie de ligne tient le record des sobriquets : pousse-cailloux, mille-pattes, écrevisses de remparts, pioupious, fontabosses, fantasmagots, lignards, gigornaux, grandes capotes, biffins, chiffonniers, jongleurs de kilomètres, marquent-mal, tristes à-pattes, carapins, etc.

Blessure accidentelle

Le jeune Dagorne, Aimé, âgé de 15 ans, journalier, demeurant à Erquy, aidait son oncle, Armand Michel, à loger du blé. Il était monté sur une charretée de gerbes. Au moment où il en jetait une, il a glissé et est tombé à terre d’une hauteur de 2,50 mètres.

Dans sa chute, il s’est fracturé le bras gauche au-dessus du poignet.

Le docteur Nicolas, en villégiature à Erquy, appelé aussitôt, a réduit la fracture et a conclu qu’un repos de quarante jours était nécessaire au jeune Dagorne pour se remettre de son accident.

N° 35 – dimanche 28 août 1904

Incendie

Dimanche dernier M. le docteur Dayot se rendait avec sa famille à la fête du bourg, après avoir soigneusement fermé sa grille.

A dix heures du soir, M. Charvet, professeur à l’école d’agriculture de Grignon passant devant la maison de M. Dayot, aperçut de la fumée qui s’échappait de la toiture de l’écurie. Il n’hésita pas à escalader la grille, et grâce à son énergie, réussit à sauver le cheval qui était enfermé dans l’écurie qui flambait.

De nombreuses personnes étant aussi survenues, les voitures et les harnais purent également être sauvés avant que le feu ne les atteignît.

L’incendie se propagea avec violence et bientôt l’écurie et la remise furent entièrement consumés. Le vent soufflait heureusement du côté opposé à la maison d’habitation, qui aurait pu courir un certain danger.

4.000 kilos de foin avaient été récemment remisés dans le grenier de l’écurie, il est très vraisemblable que c’est à la fermentation de ce foin que doit être attribué l’incendie qui a causé un préjudice d’environ 2.000 francs couvert par la Compagnie d’assurances La Nationale.

N° 37 – dimanche 11 septembre 1904

Concours de poulinières

Pouliches de 3 ans, ½ sang et trait.

…/… ; Minette, à Chatellier, Z., d’Erquy, 80 francs ; … ; Bat-de-la-Hanne, à Hamet, J.-L., d’Erquy, 80 francs ; …/…

Poulinières suitées d’un produit de ½ sang.

…/… ; Coquette, à Renault, J., d’Erquy, 100 francs ; … ; Robine, à Denoual, A., d’Erquy, 70 francs . Grisette, à Botrel, L., d’Erquy, 70 francs ; …/…

Poulinières suitées d’un produit de trait.

…/… ; Mourette, à Denoual, A., d’Erquy, 70 francs ; … ; Mourette, à Renault, J., d’Erquy, 60 francs ; Rosette, à Chatellier, Z., d’Erquy, 60 francs ; Mignonne, à Lebreton, Ch., d’Erquy, 50 francs ; … ; Jaquette, à Guéguen, P., d’Erquy, 50 francs ; Coquette, à Denoual, A., d’Erquy, 50 francs ; … ; Moutonne, à Renault, J., d’Erquy, 50 francs.

Poulinières issues d’arabe suitées d’un produit de trait.

…/…

N° 38 – dimanche 18 septembre 1904

Comice de Pléneuf

Le comice agricole du canton de Pléneuf a tenu son concours annuel le 8 septembre, au bourg de Saint-Alban. L’assistance était des plus nombreuses : très belle exposition de produits agricoles et de bestiaux ; remarqué notamment un lot superbe de pouliches de deux ans.

Voici les résultats du concours :

Labours à la charrue : …

Poulinières de trait : … ; Renaut, Erquy ; …

Pouliches de 2 ans : Denoual, Erquy ; … ; Talbourdet, Erquy ; … ; Chatelier, Erquy ; …

Taureaux de 2 ans : …

Taurillons d’un an : … ; Lefaucheur, Erquy.

Vaches laitières en groupe : …

Vaches laitières seules : …

Génisses (groupe) : …

Génisses (seules) : Cornillet, Erquy ; … ; Gorin, Erquy.

Béliers : …

Agneaux mâles : Denoual, Erquy ; …

Brebis : …

Verrats : Guéhéneuc, Erquy ; …

Truies : …

Plantes fourragères : …

Bons services dans les fermes : …

Bonne tenue des fermes : Prix d’honneur (offert par M. Limon, député), …

Le Président a exprimé le regret de ne pouvoir comme d’ordinaire, procéder à la distribution des primes obtenues, les mandats du département et de l’Etat ne lui étant point parvenus. Cette distribution aura lieu ultérieurement et sera faite au domicile des intéressés.

Incendie au Rocher-Morieux

Vendredi, vers 10 heures du soir, le sieur Thébault, ouvrier carrier, demeurant au Rocher-Morieux, en Erquy, se mettait au lit, laissant une certaine quantité de braise en feu, dans son foyer.

A une heure du matin, il fut réveillé par une épaisse fumée qui le suffoquait et aperçut le lit qui se trouvait en face du sien entouré de flammes. Thébault saisit son fils, âgé de 8 ans, qui couchait dans le même lit que lui et s’empressa de le confier à des voisins. L’incendie s’était propagé avec une telle rapidité aussi la porte de l’appartement ouverte que Thébault ne put rentrer chez lui. Lorsque les secours arrivèrent, sa maison ne formait plus qu’un brasier et rien ne put être sauvé.

Les pertes s’élèvent à 1.200 francs environ, plus une petite somme d’argent enfermé dans une armoire.

On suppose que le feu a été occasionné par deux chats qui avaient l’habitude de se coucher dans le foyer.

La maison incendiée était construite dans une lande, à 400 mètres de toute habitation, elle appartient à Mme Revel de La Coterie, en Erquy, qui subit un préjudice de 1.800 francs environ, mais couvert par la Compagnie d’assurances La Mutuelle de la Seine Inférieure et de l’Eure.

Chien volé

Une chienne épagneule, répondant au nom de Diane, a été volé dans la nuit de lundi à mardi, à la villa « Lodoïska », occupé par M. Poulain, propriétaire. Pour commettre ce vol, on a dû escalader un mur assez élevé. La chienne volée a de 8 à 9 ans, blanche, tête brune et quelques taches brunes sur le corps.

N° 39 – dimanche 25 septembre 1904

Chien retrouvé

Dans notre dernier numéro, nous faisions connaître qu’une chienne épagneule appartenant à M. Poulain, propriétaire, à la villa Lodoïska, avait été volée.

Cette chienne qui avait réussi à s’échapper des mains de son voleur a été retrouvée chez le sieur Hamon, son ancien maître, maçon à Erquy.

Chasse en temps prohibé

Célestin B., domestique à Erquy, excitait ses chiens, avant l’ouverture de la chasse, dans un champ de sarrazin, au village de Langourian. Deux gendarmes vinrent à passer et il fut pincé au moment où il fouillait les buissons à l’aide d’une baguette. Il a prétendu qu’il ne chassait pas et qu’il promenait seulement ses chiens.

Déclaré coupable de chasse en temps prohibé, il a été condamné à 50 francs d’amende.

Vol

Ces jours derniers, pendant une courte absence que fit Mathurine Gouranton, de chez elle au village de Kerbé (actuellement Querbet), une personne restée inconnue se serait introduite dans sa maison et aurait soustrait une assez grande quantité de linge.

La maison de Mathurine Gouranton n’était fermée qu’à l’aide d’une mauvaise serrure ce qui en a rendu l’accès facile au malfaiteur.

N° 40 – dimanche 2 octobre 1904

Ajournés de la classe de 1903

Arrondissement de Saint-Brieuc, Canton de Pléneuf, Erquy : Lesert, André-Désiré, unique de veuve ; Lucas, Joseph-Marie, unique de veuve ; Margueritte, François-Marie, soutien de famille.

N° 42 – dimanche 16 octobre 1904

Vol de blé

Un vol de blé a été commis la semaine dernière au préjudice de M. Pasturel, propriétaire à la Ville-ès-Renais, en la commune d’Erquy.

Déjà l’année dernière, M. Pasturel s’était aperçu que son blé disparaissait à vue d’œil, mais ne sachant pas au juste la quantité qui lui avait été soustraite, il renonça à porter plainte, n’ayant du reste de soupçons sur personne. Cette année encore, il renferma la récolte dans son grenier, et ces jours derniers, il constata que des voleurs s’étaient introduits dans cette pièce et lui avaient enlevé environ 500 kilos de blé. Le voleur se serait laissé enfermer le soir dans le grenier et une fois tout le monde couché, sera sorti tout à l’aise par une porte qui donne sur le chemin.

On soupçonne comme pouvant être l’auteur de ce vol, une femme des environs, dont la réputation est loin d’être bonne.

N° 44 – dimanche 30 octobre 1904

Chasse avec engins prohibés

Yves L., carrier à Tu-ès-Roc, dit « Le Zouave », chasse du 1er janvier au 31 décembre, jour et nuit, dit-on, et à plusieurs reprises a déjà eu maille à partir avec la justice à ce sujet.

Le 23 août dernier, il fut surpris près de la ferme du Gain, en action de chasse. Dénoncé à la gendarmerie, L. a de nouveau été poursuivi et condamné jeudi dernier par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, à 100 francs qui a décidé en outre que s’il ne payait pas cette amende, le maximum de la contrainte par corps lui serait appliqué.

Son fusil sera en outre confisqué.

N° 45 – dimanche 6 novembre 1904

Mort en mer

Le Tribunal civil de Saint-Brieuc a judiciairement constaté jeudi dernier, le décès de M. Hyacinthe Balan, d’Erquy, embarqué en qualité de maître sur la goélette Gustave-et-Louise du port de Granville.

Ce bateau parti pour faire la pêche de Terre-Neuve a dû sombrer dans une violente tempête vers le 24 avril 1903 et tout l’équipage a disparu.

N° 46 – dimanche 13 novembre 1904

Nouveau Garde

Eugène Le Maître, maître carrier, demeurant à Erquy, garde particulier des propriétés de M. Raoul de Langourian, a prêté serment en cette qualité devant le Tribunal civil de Saint-brieuc jeudi.

Contributeur: Jean-Michel Mori

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