Les Journées de Fêtes à Erquy avant 1914

(source : Archives Départementales des Côtes d’Armor)

Nous avons trouvé les affiches de présentation des fêtes organisées à Erquy : la première date de 1893 et la dernière de 1911, soit sur une période de 19 années ; après la guerre de 1914 – 1918, nous disposons du programme de l’année 1925 qui a occupé 2 dimanches consécutifs – les 2 et 9 août – et, il semble, que d’après les témoignages de certaines personnes, les fêtes se seraient arrêtées avant le début de la guerre de 1939 – 1945.
Nous n’évoquerons que les fêtes d’avant 1914 (par cohérence) en indiquant que sur la période, elles ont été organisées par le même ‘comité directeur’ :
Président : M. le Maire, A. Le Mordan de Langourian,
Vice-Président : J. de Kerjégu,
Commissaire général : Du Boislouveau,
Trésorier secrétaire : L. Renault, remplacé en 1907 par J.-B. Chatellier.
C’est dans la seconde quinzaine du mois d’août qu’une journée de fête se déroulait à Erquy. Si en 1893, c’est le 13 août qui fut choisi, en 1896, la date retenue fut le 30 août ; et nous trouverons dans l’ordre les 16, 18, 19, 20, 21, 22 et 27 !
Jusqu’en 1900, la journée commençait à 7 heures 30 du matin par une distribution de pain aux pauvres de la commune. Par la suite, cette pratique n’est plus mentionnée.
Ensuite :
Le Tir à la cible
A 7 heures 30 ou 8 heures du matin, ‘Tir à la cible aux Ecrites sur la plage d’Erquy’, sachant que seul l’usage du fusil de chasse est admis. La participation est de 0,25 franc par coup de fusil.
Le premier prix est de 30 francs en 2 séries, soit 20 francs pour la 1ère série et 10 francs pour la deuxième ; le second prix est de 20 francs, soit 15 francs pour la 1ère série et 5 francs pour la deuxième.
Mais cette organisation de 1893 semble compliquée car dès 1894, on s’est orienté vers un ‘prix unique de 30 francs’ avant d’interrompre cette épreuve pour la retrouver en 1898 avec comme prix ‘un objet d’art’ et en 1899 avec un ‘prix unique de 15 francs’ ; l’arrêt est ensuite définitif.
Les Régates
Elles étaient programmées, en fonction du niveau de la mer, généralement le matin vers 9 heures ou 10 heures, mais il y eu également 8 heures et même 7 heures 30 ! ou dans l’après midi vers 15 ou 16 heures.
Il est prévu que seuls les bateaux de pêche compris entre le Cap Fréhel et Dahouët sont admis à concourir. Le départ de chaque course est annoncé par un coup de canon.
En 1893, l’organisation est la suivante :
La 1ère course est prévue pour les bateaux de pêche non pontés en dessous de 20 pieds. Trois prix de 35, 25 et 10 francs sont distribués.
La 2ème course concerne les bateaux de pêche armés à 4 avirons. Deux prix de 20 et 10 francs sont alloués. Elle n’aura lieu que jusqu’en 1897, probablement en raison de l’évolution des techniques.
La 3ème course, de consolation, concerne les bateaux de pêche armés à 4 avirons, s’il y a au moins 3 concurrents. Deux prix de 15 et 10 francs sont en jeu. Mais, dès 1894, cette course ne sera plus programmée.
La 4ème course s’effectue à la godille pour les canots armés en pêche par des mousses de moins de 16 ans. Deux prix de 10 et 5 francs sont offerts.
Les années suivantes, nous retrouverons les mêmes principes avec toutefois, quelques évolutions, certaines importantes et d’autres à la marge :
Le montant des prix a été revu à la baisse au fil des années. Par exemple, le 1er prix de la 1ère course est ainsi passé de 35 à 30 francs en 1894, puis de 30 à 25 francs en 1896 ; tandis que le 2ème prix est passé de 25 à 20 francs à partir de 1894 mais s’est maintenu à ce niveau. Toutefois, pendant les années 1895 et 1896, chaque bateau à voile participant et ne gagnant pas un prix touchera une ‘gratification de 5 francs’, ramené à 3 francs dès 1896.
De la même façon, les prix de la course à la godille seront ramenés à 5 et 3 francs dès 1896.
Une nouvelle course fait son apparition en 1896, mais ne sera pas reconduite dès 1898 ! Il s’agit de la course pour bateaux de plaisance avec un prix offert par M. le Ministre de la Marine et consistant en une Médaille d’argent.
Une nouvelle course voit le jour en 1898 ; elle devient la 1ère course et concerne les ‘bateaux pontés et non pontés de toute catégorie et de toute provenance’. Le 1er prix consiste en une Médaille d’argent offerte par M. le Ministre de la Marine ; les 2ème et 3ème prix sont de 15 et 10 francs. Les années suivantes, en plus de la Médaille, il sera ajouté une somme de 15 francs – monnaie sonnante et trébuchante plus facilement utilisable !
Les autres courses de la journée sont maintenant réservées aux seuls bateaux d’Erquy et de Plurien.
C’est en 1895 que l’on voit apparaître, à l’issue des Régates, les ‘courses aux canards’. Elles s’arrêteront en 1898, mais on les retrouvera plus tard …
Nous avons retrouvé dans le ‘Journal de Pléneuf et ses Environs’ le compte rendu de la fête du 24 août 1902 :
« Les Fêtes d’Erquy ont été favorisées par un temps magnifique. Un grand nombre d’étrangers et beaucoup « d’engagements pour les diverses épreuves inscrites au programme.
«  Régates
« Course à la voile . – 1er prix : La Perle, patron Lafond ; 2ème prix : Noémie, patron Tirel ; 3ème prix : « Saint-Michel, patron Rollier.
« Course à la godille . – 1er prix : Mahé Ange, du Magnifique ; 2ème prix : Mahé Louis, du « Louis-« Victor.

A partir de 1907, nous avons constaté une organisation avec 2 courses seulement et la reprise des courses aux canards et jeux divers pendant les courses.
La 1ère course pour bateaux de pêche appartenant à la commune d’Erquy était récompensée par un 1er prix consistant en un baromètre offert par M. le Ministre de la Marine et 20 francs en espèces ; le 2ème prix était de 20 francs (ramené à 15 francs à partir de 1909) et le 3ème de 5 francs.
La 2ème course à la godille, pour canots armés en pêche, mousses âgés de moins de 16 ans donnait lieu à un 1er prix de 5 francs et un 2ème prix de 3 francs.
Les Courses de Chevaux
Elles étaient prévues sur la plage de ‘Carroual’ en début d’après-midi ; au plus tôt à 13 h00 (1895), elles ont eu lieu à 13 h 30, 14 h 00, 14 h 30 et au plus tard 15 h 00 (en 1907,1908 et 1909).
C’est alors qu’un cortège se formait, partait du Rond-Point, et allait chercher M. le Maire à son domicile ; puis la foule l’accompagnait, fanfare en tête, jusqu’à la Potinière, hôtel-restaurant, salon de thé qui se situait sur la promenade de la mer.
En 1893, était ainsi prévu :
La 1ère course, au trot monté. – 2000 mètres, deux tours d’hippodrome. Ouverte aux chevaux entiers, hongres, et juments de 4 ans et au-dessous, habitants le canton depuis au moins 6 mois et appartenant à des cultivateurs y résidant. Prix au 1er , 50 francs, 2ème , 40 francs et 3ème , 30 francs.
La 2ème course, au trot monté. – 3000 mètres en 3 tours. Ouverte aux chevaux entiers, hongres et juments de tout âge et de toute provenance, dans les trois cantons limitrophes, appartenant à des cultivateurs. ; sachant que les chevaux ayant couru sur des hippodromes classés et ayant gagné un premier ou un second prix ne seront pas retenus. Prix au 1er , 50 francs, 2ème , 40 francs, 3ème , 30 francs et 4ème , 20 francs.
La 3ème course de consolation est réservée aux chevaux qui ont couru dans la 1ère et 2ème course sans remporter de prix.
Les participants doivent respecter le règlement suivant :
Tout cheval devra être monté par son propriétaire ou le domestique du propriétaire.
Les engagements seront reçus seulement à la mairie d’Erquy, jusqu’au dimanche de la fête à midi. Aucun engagement ne sera reçu sur la plage avant les courses.
Tout cheval ayant gagné un prix dans une course précédente ne pourra concourir dans une autre. Le cheval qui ayant pris le galop serait maintenu à cette allure par son propriétaire sera exclu de fait .
Les chevaux gagnants attendront le cortège pour le retour à l’estrade ou la distribution des prix aura lieu immédiatement.
La 4ème course était pour les ânes. Ce fut l’unique fois – 1898 – qu’elle eut lieu. Prix au 1er , 10 francs et au 2ème , 5 francs.
Les années suivantes, les courses sont organisées suivant les mêmes principes ; on notera seulement la baisse du montant des prix à partir de 1896 (baisse de 10 francs pour chacun) et la suppression du 4ème prix de la 2ème course à partir de 1898.
Pour la Fête du 24 août 1902, le journal déjà cité donnait les résultats suivants :
Courses de Chevaux
1ère Course . – 1er prix : Guernion, Saint-Alban, 40 francs ; 2ème prix : Michel, du Vauroy, Erquy, 30 francs ; 3ème prix : Jégu, Marie-Ange, Saint-Alban, 10 francs.
2ème Course . – 1er prix : Joseph Michel, de Plurien, 40 francs ; 2ème prix : Michel, du Vauroy, Erquy, 30 francs ; 3ème prix : Cornillet, du Pusset, Erquy, 10 francs.
Course de Consolation . – 1er prix : Toutblanc, Saint-Aaron, 5 francs ; 2ème prix : Cornillet, Erquy, 3 francs.
A compter de 1907, les seules modifications concernent d’une part la dotation des prix de la 2ème course qui passent à 60 francs, 40 francs et 20 francs pour revenir dès l’année suivante à 50 francs, 60 francs et 20 francs ; d’autre part, la dotation des prix de la 3ème course de consolation à partir de 1908 qui sont officiellement définis à 15 francs, 10 francs et 5 francs.
On notera que les inscriptions sont dorénavant prises par M. Blanchet, villa de La Dune, à Erquy pour l’année 1907, et ensuite par M. Auguste Renaut.
Par ailleurs, les courses de chevaux de 1911 se sont déroulées sur l’hippodrome du Rond-Point au lieu de celui de ‘Caroual’.
Dans beaucoup de fermes du canton, les agriculteurs possédaient un cheval que l’on ménageait aux travaux des champs. Ils étaient surtout utilisés comme moyen de locomotion pour les propriétaires, le déplacement du dimanche pour la messe, les divers marchés, les diverses foires surtout celle de la Montbran. Le dimanche, ils participaient aux courses sur les divers cantons de Pléneuf, de Lamballe, et de Matignon. Seuls les chevaux de ces cantons étaient autorisés à concourir sur l’hippodrome de la plage de Caroual.
Dans d’autres communes, il était organisé des courses de chevaux de trait. Comme dans toutes les fermes ils y avaient ces fameux chevaux (postier-breton, boulonnais, percheron), les compétitions étaient rudes. .Mais le plaisir était immense de se retrouver un dimanche autour des divers chevaux après des semaines de durs labeurs.
Quelques noms de chevaux et leurs propriétaires :
Rosette à M. Denoual Erquy, Hermine à M. Chatellier Erquy, Henriette à M. Cornillet Erquy, Riquittat à M. Carpier Fougeray Erquy, Galantine à M. Prioux Erquy, Miss Annette à M. Cornillet Jean Erquy.
Les courses de vélocipèdes
C’est en 1894, pour la première fois, que cette discipline fait son apparition pour les coureurs et amateurs habitant le canton :
1ère course, de vitesse, environ 2800 mètres en 4 tours de piste. 1er prix 20 francs, 2ème prix 10 francs.
2ème course, de fond, environ 5600 mètres en 8 tours de piste. 1er prix 30 francs, 2ème prix 10 francs et 3ème prix 5 francs.
Ces deux courses existeront jusqu’en 1897 ; il faudra attendre 1900 pour retrouver ces épreuves sous une forme rénovée :
1ère course, course locale, distance environ 2000 mètres. 1er prix 15 francs, 2ème prix 10 francs et 3ème prix 5 francs.
2ème course, course régionale, distance 3000 mètres environ. 1er prix 50 francs, 2ème prix 20 francs et 3ème prix 10 francs.
Les résultats lors de la Fête du 24 août 1902 furent :
Courses de Vélocipèdes
1ère Course . – 1er prix : Guinard, Prosper, 10 francs ; 2ème prix : Guinard, François, 7 francs.
2ème Course . – 1er prix : Beauchat, 25 francs ; 2ème prix : Sicot, 15 francs ; 3ème prix : Hellio, 10 francs.
A partir de 1907, les courses eurent lieu dès 9 h 00 le matin ; elles faisaient l’ouverture du programme de la fête. Les distances à parcourir étaient inchangées ; seuls les prix avaient été revus.
Pour la 1ère course, le 1er prix était de 15 francs et le 2ème prix de 7 francs ; pour la 2ème course, le 1er prix était de 20 francs, le 2ème de 15 francs et le 3ème de 10 francs.
Distribution des prix à l’estrade
Les vainqueurs des régates, des courses de chevaux et courses de vélocipèdes recevaient leurs prix et c’était l’occasion de s’amuser avec des danses, jeux divers, mat de cocagne, tourniquet, course en sacs, etc.
Grand bal champêtre sur les dunes
A 19 h 30, puis à 20 h 00 par la suite, les bals étaient animés par ‘une excellente musique’. Une tenue convenable était rigoureusement exigée, des commissaires délégués veillaient au bon ordre. L’entrée était payante (en 1893, le prix était de 0,30 franc, il restera inchangé jusqu’en 1911 !).

Illumination des Dunes par un Grand Feu d’Artifice
Prévu à 21 heures en 1893, il aura lieu à 22 heures à partir de 1907.
C’était le point final de cette journée.

 

Contributeur : Christian Frémont, Jean-Michel Mori

2 commentaires

  1. Dommage qu’il n’y ai plus d’animation comme ça . Ca amènerait du monde et ça ferait marcher les commerces et restaurants . Il faudrait y penser !!!

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