Pour les Orphelins de la Mer.

(Almanach du Marin Breton – 1903)

Depuis quelques années les malheurs causés par la mer ont le don d’émouvoir les cœurs sensibles, et de nombreuses sociétés se sont fondées dans le but de venir en aide aux victimes des naufrages. Le problème est loin cependant d’être résolu, et dans bien des chaumières le pain est rare, lorsque le père n’est plus là

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Parmi ces fondations, il en est une qui se recommande par son esprit pratique et par la simplicité de son fonctionnement. L’œuvre « Pour l’Adoption des Orphelins de la mer » s’occupe exclusivement des fils d’inscrits maritimes décédés en mer ou par suite de maladies contractées dans l’exercice de leur métier ; elle les élève en vue d’en faire des marins. L’enfant adopté reste confié à sa mère, ou s’il a eu aussi le malheur de la perdre, à un oncle ou à un parent offrant toutes les garanties de moralité. Il reçoit 100 francs par an dans le premier cas, et 200 francs dans le second. Cette somme lui est allouée jusqu’à l’âge de 14 ans. A 13 ans il doit être embarqué et commencer à gagner sa vie.

Le Comité central de l’œuvre siège à Paris, 5, rue Bayard ; les propositions pour l’adoption des orphelins lui sont adressées par les curés des paroisses, qui sont chargés de surveiller les enfants, tant au point de vue de la moralité qu’à celui de la vocation maritime. Lorsqu’un enfant préfère un autre métier, le secours cesse de lui être alloué, pour être reporté autant que possible sur un de ses frères, ou sur un autre orphelin de la même paroisse.

Cette œuvre qui fonctionne depuis peu d’années a déjà adopté 220 orphelins. Ceux qui l’ont fondée étaient des marins dont la vie s’était écoulée au milieu des populations maritimes. Le vice-amiral marquis Gicquel des Touches et le contre-amiral Serre ont couronné par cette fondation leur noble carrière. Tous deux sont décédés depuis peu de mois, mais leur œuvre subsiste, et nous la recommandons à tous ceux qui désirent conserver à la France la race de marins qui si glorieusement fait flotter son pavillon.

Contributeur : Christian Frémont

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