Les battages avant 1960

Le mois d’août est le mois des battages : les cultivateurs se mettent d’accord sur un calendrier pour savoir quel jour ils pourront disposer de la batterie, du moteur à essence et des journaliers. Les fermiers des alentours viendront aussi donner un coup de main à charge de revanche !!!!

de gauche à droite au premier rang : Anne Prioux, Madeleine Bon, Jeanine Carfantan. Et au second rang : Marie Bon (Lemercier), Mme Prioux, Francine Bon, Francine Caradeuc, Louise Carfantan (Michel), Denise Fourchon (Bouvier).

de gauche à droite au premier rang : Anne Prioux, Madeleine Bon, Jeanine Carfantan.
Et au second rang : Marie Bon (Lemercier), Mme Prioux, Francine Bon, Francine Caradeuc, Louise Carfantan (Michel), Denise Fourchon (Bouvier).

Dès la veille, c’est l’effervescence : pour les repas, il faut tuer et plumer les volailles. Les voisines viennent aider. Quelques jours avant, le cochon a été tué, pour avoir de grandes plâtrées de pâté pour les casse-croûte. L’odeur embaume la maison (celui qui n’a pas mangé de ce pâté ne peut pas comprendre !!!!).

Dans l’aire à battre, les gerbes de blé sont placées en grosses meules rondes de 7 à 8 mètres de haut, les épis tournés vers l’intérieur. Et quand la batterie est bien calée, le moteur à essence prêt à démarrer, les courroies croisées bien tendues (aucune protection n’est prévue), c’est prêt !!. L’ « enguerneur » (celui qui passe les gerbes dans la machine) monte sur la passerelle, accompagné de la dame ou demoiselle de son choix, qui doit couper les « lians ». Il faut une harmonie des gestes entre ces deux personnes pour ne pas bourrer ou ralentir la batterie.

avec de gauche à droite : Armandine Talbourdet, Joseph Talbourdet (positionne un sac sur la batteuse), Armandine Talbourdet (avec une fourche) et Georges Merpault (fourche levée – Le Temple St Alban).

avec de gauche à droite : Armandine Talbourdet, Joseph Talbourdet (positionne un sac sur la batteuse), Armandine Talbourdet (avec une fourche) et Georges Merpault (fourche levée – Le Temple St Alban).

Pour jeter les gerbes dans l’échafaud, ce sont souvent les personnes les plus âgées qui s’en chargent. D’autres portent de grosses fourchées de paille pour faire les « dernes ». Là aussi, il faut un connaisseur pour bien tasser la paille autour du mât pour qu’elles résistent aux tempêtes. Les plus costauds portent les sacs de blé dans les greniers. Souvent, il faut monter à l’échelle, presque sur chaque rolon il faut rééquilibrer la position et passer par une gerbière pour vider le sac. Celui qui monte sa « pérée » (100 kilos) est admiré.!!!

avec de gauche à droite : Armand Lucas (La Couture), un prisonnier allemand, Jacques Besnard, Jeannette L’Hôtelier, Joseph Talbourdet (La Hazaie), Armandine Talbourdet.

avec de gauche à droite : Armand Lucas (La Couture), un prisonnier allemand, Jacques Besnard, Jeannette L’Hôtelier, Joseph Talbourdet (La Hazaie), Armandine Talbourdet.

                                                                            C’est une vieille femme qui tire le « gaospa » (enveloppes des grains de blé qui mélangées aux betteraves servent de nourriture aux vaches) de dessous la batterie et en fait un tas. Pour se protéger de la poussière, elle met son mouchoir sur sa tête après avoir fait un nœud aux quatre coins. Si une jeune femme vient chercher de la balle d’avoine : tout de suite on pense qu’elle attend un heureux évènement car cette balle sert à faire les couettes des nouveaux nés et les langues vont alors bon train. !! D’autres en prennent pour mélanger à la terre, pour la prochaine « pilerie » de place.

Pendant ce temps, les enfants s’occupent de remplir les briques de cidre au cul du fût et passent parmi les batteurs pour les désaltérer. Ca coule bien, le soleil et la poussière donnent soif et on entend souvent le couic de la chantepleure !! Pourtant le breuvage est sec et dur : c’est de la boisson d’hommes.

Le midi, le repas est copieux : charcuterie, poulets rôtis ou poules au blanc, camembert, fruits. Les patronnes des fermes se surpassent pour régaler leurs convives : « les volailles froides accompagnées de mayonnaise servies par Mme Caillibotte à la ferme du Dréneuf sont très appréciées, l’un des convives, obligé de déjeuner avant les autres pour s’occuper de ses animaux, a mangé une bonne moitié d’un bol de cette fameuse mayonnaise. »

 Joseph Talbourdet, Esprit Talbourdet et François Talbourdet.

Joseph Talbourdet, Esprit Talbourdet et François Talbourdet.

A la fin de la journée, certes fatigante, c’est la détente dans la bonne humeur. Les hommes viennent chercher les cuisinières, les portent en chaise ou sur une gerbe pour faire le tour de l’aire à battre et embrasser tous les messieurs. Les jeunes gens chahutent avec les jeunes filles, tandis que les anciens se lancent des défis aux bras de fer ou autres épreuves de force.

Le soir, ce sont les Nicolailles (c’est-à-dire la fin de la moisson). Le menu du repas est le suivant : Apéritif (vin cuit ), le bouillon du pot au feu avec vermicelles (cela remplace la soupe habituelle constituée de pain et de légumes ), bœuf sauce piquante, rôti de porc, gâteaux de riz, flans d’œufs, cidre et vin à volonté.

Certains poussent la chansonnette, ce sont souvent des chansons un peu paillardes !! Et après, dans la cour de la ferme, ceux qui ne sont pas fatigués dansent en Avant deux et la dérobée, au son de la vielle du père Gustave Clérivet ou du phono à Rosalie (dans le quartier de la Ville Ory).et aussi de l’accordéon de Constant Provost.

DANS LES ANNEES 1953 – 1960

Le matériel s’est modernisé avec d’abord la botteleuse : la paille sort en botte, puis la moissonneuse- batteuse avec laquelle tout se fait dans le champ. Il faut donc beaucoup moins de main d’œuvre et petit à petit tout a perdu de sa convivialité.

  Une contribution de Jeannine Fassier, Sylvie Moret et Serge Bürmann.

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4 commentaires

  1. J’ai assisté à plusieurs battages à la ferme des landes beuves. A 10 h, il y avait un gigantesque casse)croute car les batteurs travaillaient depuis déjà longtemps, et qu »on ne fait pas tenir debout un sac vide…

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  2. Enfant, (j’ai bientôt 67 ans, j’ai assisté plusieurs années de suite aux battages à la ferme des Landes Beuves (entre les Jeannettes et la Couture), tenue par Joseph Leforestier et son épouse. Là où j’ai été le plus surpris, c’esy vers 10 heures, où un plantureux casse-croute était servi (maquereaux, saucisses…) arrosé de cidre et à la fin d’une goutte. Il ne faut pas oublier que tous oeuvraient depuis tôt le matin et avaient bien besoin de cette coupure.

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